Vue d'Alma

Archive de la catégorie ‘Général’

Jeudi 26 février 2015 | Mise en ligne à 22h49 | Commenter Un commentaire

Un homme libre

Pour faire ça court, il était comme un poisson hors de l’eau.
Aussi dépourvu, aussi malhabile. Condamné à une lente agonie.
En politique, où le moindre cafouillage peut être fatal, sa démission était imminente.
Son bref passage à l’Éducation a fait d’Yves Bolduc une tête de Turc, à un point tel que le premier ministre Couillard, son grand ami, l’homme à l’origine de son entrée en politique, a été contraint de le museler.
À une époque, ç’aurait été le bonnet d’âne.
Aujourd’hui, un ministre disparaît et un doc renaît. Un gestionnaire aussi.
Car s’il est une chose dont je suis persuadé, c’est qu’Yves Bolduc ne restera pas longtemps dans l’ombre d’un cabinet privé.
Surtout en cette période de grand bouleversement dans le système de la santé et des services sociaux.
Il appartient au ministre Gaétan Barrette de nommer les administrateurs de ses futurs Centres intégrés. Ce même Barrette qui a détrôné Bolduc comme numéro un de la médecine à saveur libérale.
Il lui en doit une.
C’est comme un et un font deux.
L’idée n’est pas de savoir si le Dr Bolduc aura sa place au sein de l’appareil gouvernemental remodelé, mais plutôt dans quel coin de pays il sera promu. Ou plutôt «quels coins de pays» au pluriel, quand on pense que le type a occupé simultanément de multiples postes de direction, dans de multiples établissements, pour empocher de multiples primes.
Ces mêmes primes qui ont ternis son image, qui l’ont rendu vulnérable dans l’opinion publique et qui, une fois médiatisées, ont marqué la fin de son règne.
Je suis heureux pour Yves Bolduc aujourd’hui. Il est un homme libre.
L’actualité l’aura oublié dans peu de temps. Ses dénigreurs aussi, je le souhaite ardemment.
Car, malgré ses bourdes ministérielles, il ne mérite pas les injures qui lui sont adressées depuis l’annonce de son départ. Surtout pas celles formulées par de petits politiciens qui, incapables de s’élever en hommes d’État, résument cette démission tel un «aveu d’échec» du gouvernement.
Bonne continuité, Yves.

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Mercredi 6 août 2014 | Mise en ligne à 0h02 | Commenter Commentaires (19)

Nous méritons d’avoir honte

Photo Rocket Lavoie

Photo Rocket Lavoie

Saguenay est ville blanche.
J’ai peine à l’écrire.
Les doigts me brûlent et j’hésite entre chaque mot pour bien traduire le fond de ma pensée. Mais la réalité est telle qu’elle est et elle est à vomir.
Personne ne s’admet ouvertement raciste.
Personne ne s’avoue homophobe.
Jamais.
Pourtant, les sexistes, racistes et homophobes abondent encore à Saguenay.
«Je n’ai rien contre les Noirs, mais c’était une fois un nègre…» ou «Ton chandail est rose, es-tu gay ?»
Les préjugés les plus rétrogrades existent encore dans le Royaume. Vous seriez étonnés de voir à quel point.
C’est pourquoi je refuse de jouer les vierges offensées.
Trop facile de se laver les mains à la Ponce Pilate, sur Facebook, en jetant son fiel sur un groupuscule d’anonymes.
Ce soir, c’est de honte que je souffre.
Une honte collective.
Ces pancartes où il est inscrit «Saguenay – Ville Blanche» sont le reflet de ma société.
Vous vous souvenez le 15 août 2012 ?
À une virgule près, ça sonnait comme ça : «Nous les mous, les Canadiens français, on va se faire dicter comment se comporter, comment respecter notre culture par une personne qui arrive d’Algérie. On n’est même pas capable de prononcer son nom. (…) Je n’aime pas que ces gens-là arrivent ici et établissent leurs règles.»
C’était le maire Jean Tremblay, en entrevue à Paul Arcand.
Étrangement me direz-vous, je ne crois pas que le scandale réside dans ces paroles. Chacun a droit à ses opinions, quelle que soit son ouverture – ou son étroitesse – d’esprit.
Le scandale s’est plutôt manifesté deux semaines plus tard, dans le journal Le Quotidien.
Un sondage démontrait alors que 77 % de la population de Saguenay endossait ces propos. Plus de trois personnes sur quatre.
Et aujourd’hui, on sort le goudron et les plumes ?
Franchement.
Saguenéens, nous méritons la honte qu’entraînent ces pancartes dégoutantes. Que cet événement largement médiatisé nous serve de leçon.
Mea Culpa.

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Dimanche 6 juillet 2014 | Mise en ligne à 23h30 | Commenter Commentaires (3)

«S’il était mon maire, je ferais de la politique»

Drôle de jasette hier soir, au feu, quelque part sur une île au beau milieu d’un océan d’épinettes.
La mise en situation sera brève.
Mon «beauff» et sa conjointe sont citoyens de Ham-Nord, près de Victoriaville. Ils étaient en visite au Lac cette fin de semaine. Et comme souvent quand c’est l’été, nous nous sommes retrouvés à Saint-Prime, au chalet des beaux-parents.
À chaque fois c’est la même chose : bière et fatigue aidant, nous réinventons le monde pour nous réveiller avec une gueule de bois bien sentie et quelques souvenirs impérissables.
C’est dans le cadre de l’une de ces discussions débridées que notre maire de Saguenay s’est invité sans prévenir. D’ordinaire, j’esquive habilement ce genre de discussion. C’est comme parler de job. Cette fois-ci, c’était impossible.
C’est quoi l’histoire de traiter les journalistes de cruches ? C’est quoi son buzz avec la religion ? L’accident de vélo à Sylvain Gaudreault, c’était une phrase tirée hors de son contexte, non ? Sans blague, il le pensait vraiment ???
De leur autre bout du monde, ils avaient eu vent des spasmes du maire Tremblay.
Et là, ils m’ont parlé d’Alain Rayes, le maire de Victoriaville.
Ce n’est pas leur maire. Mais, il est la figure de proue de leur coin de pays.
Pendant que je me morfondais avec les sorties indéfendables de Jean Tremblay, eux, ils vantaient les mérites de ce jeune homme adepte de sports et de développement durable; de concertation et de modernisme. Ils avaient les yeux pétillants en parlant d’un politicien, assis autour d’un feu, une ou deux broues de trop dans le toupet. Avouez que comme sujet, c’est éteignoir. Pas cette fois-là.
«S’il était mon maire, je ferais de la politique», m’a lancé ma «Peace & Love» de belle-sœur.
J’ai souri et j’ai enchaîné avec un autre sujet.
Dans mon for intérieur, toutefois, j’ai été saisi d’un bref sentiment de jalousie.

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