Vue d'Alma

Vue d'Alma - Auteur
  • Marc St-Hilaire

    Le blogue de Marc St-Hilaire traitera de nouvelles technologies, mais aussi de tranches de vie, d'actualités et de passions au quotidien.
  • Lire la suite »

    Partage

    Vendredi 6 septembre 2013 | Mise en ligne à 22h16 | Commenter Commentaires (6)

    Il s’en perd, des coups de pied au cul

    Quand on parle de Chartrand, c’est toujours cette même phrase qui revient à mon esprit : «Mon père m’a donné mon premier coup de pied au cul parce que je n’avais pas dit «monsieur» au gars qui ramassait le fumier.»
    Je la lui ai emprunté maintes fois et elle m’a valu bien des rires.
    Ce soir, au souper, mon plus jeune m’a lancé «La Honte !» en parlant d’un emploi de casse-croûte.
    On jasait ma blonde et moi, entre deux gorgées de vin, de nos anciens métiers.
    Et là, j’ai encore une fois pensé au coup de pied au cul de Chartrand. Les orteils m’ont chatouillé, mais c’est ma langue qui a bougé.
    Et quelle jase nous avons eue…
    Raconter à un kid de 8 ans qu’on a parcouru l’ouest américain à la mexicaine, sans carte verte; qu’on a armé du béton entre deux cueillettes de pommes; qu’on a traversé le continent de bout en bout, en voiture, sans le sou, et qu’on rêve qu’il fasse de même un jour…
    Vous savez, «La Honte !», je l’ai perdue il y a longtemps.
    J’ai vu des pères de famille trimer dur pour mettre du pain sur la table des leurs, retenus à 3000 kilomètres de distance. Je comprends ce que signifie «à la sueur de son front» pour avoir vu un homme dans la cinquantaine, faible, meurtri, se recourber le corps pour un autre panier de fruits.
    La vérité m’est apparue lorsque j’avais «vingt-quelques» années, mille coups de pieds au cul trop tard.
    Malheureusement, certains n’auront jamais cette chance.
    J’ai vu des personnes sourire à grandes dents lors d’une réception, fières et affables d’apparence, mépriser quelques jours plus tard une caissière de chez Wal-Mart.
    «La Honte !».
    J’ai vu des petits gérants de «binneries» ou des bénévoles «seigneurisés» abattre leur fausse supériorité sur des subalternes qui valent tellement mieux qu’eux…
    «La Honte !»
    Et au bout du compte, il y a mon fils. Aussi pur qu’influencé par ce qui l’entoure…
    Comment pourrais-je lui mettre mon pied au cul ?


    • ..Comme vous avez raison. Rien de plus méprisable que le mépris. Et le pire, à mon avis, c’est le mépris de ceux qui, ayant toutes les apparences de la réussite, en sont venus à oublier d’où ils sont partis. Si vous saviez comme j’éprouve du plaisir, quand l’occasion m’en est fournie ou que je la provoque, de remettre à l’endroit ce type de personnage.

    • Force est d`admettre qu`elle existe cette classe sociale face à qui nous ne sommes pas à la hauteur,habituellement auto-proclamée intellectuelle pour qui un diplome signifie un statut particulier et une réussite digne d`un vase clos.

      Et pourtant à ces seigneurs de la société, il manque ce je ne sais quoi. Ah oui ! La douce dose d`éducation. La claque en arriere de la tête judicieusement placée que notre mere savait si bien saupoudrer afin que toute notre vie nous nous souvenions…Et pourtant est ce que ca en faisant un être détestable, violente ,maltraitante et indigne ? Pas du tout au contraire !

      C`est justement à l`âge de votre kid que les lecons porteront le mieux les fruits de la vie et du respect. Ne pas croire qu`ils ne comprennent pas les sous-entendus. Ne pas tomber dans le non-dit et prendre pour acquis que quelqu`un , quelque part un moment donné…

      Reste maintenant à savoir si les mots ont la même portée que les pieds !

    • Combattre les préjugés, car il s’agit bien de ça, n’est pas facile. Surtout dans notre société où il fait bon de lever le nez sur des symboles (McDonald, WalMart, etc.). Pourtant, ces “symboles” permettent à de nombreuses personnes de payer leurs études, de gagner leur vie, d’arrondir les fins de mois. Le proverbe “Il n’y a pas de sot métier” tient toujours à mon avis, mais à 8 ans, je ne crois pas que l’on comprenne encore qu’il n’est pas donné à tous de devenir athlète professionnel, vedette de cinéma, entrepreneur extraordinaire et qu’il faut aussi des éboueurs, des nettoyeurs à sec et des plombiers pour que notre monde tourne.

    • .
      Bonne idée ce sujet … Même que le blogue “des coups de pied au cul perdus” devrait être institué et permettrait d’aborder des sujets qui aideraient bien des lecteurs de se calmer le pompon dans leurs commentaires.

      Auparavant, … jadis, il y avait ce qui s’appelait la bienséance et le respect …. cela n’existe plus aujourd’hui ! Il y a 50 ans (et avant) il y avait plus de travailleurs manuels que de cols blancs … il y avait donc la classe des cols bleus et celle plus petite des cols blancs (cette dernière comprenait beaucoup d’anglophones). Maintenant les cols blancs sont aussi nombreux que les cols bleus et la course à l’enrichissement a handicapé la moralité du citoyen qui est devenu cynique. (on le voit à la CEIC et à bien d’autres endroits).

      Un autre phénomène est celui de la deuxième génération de diplômé dans les familles. Il existe de plus en pus de jeunes qui n’ont pas vu leurs proches travaillés de façon manuelle. Ils ne sont pas en mesure d’apprécier l’effort et l’adresse de ceux qui oeuvrent manuellement et comme il y a de plus en plus de ces jeunes, ils développent des préjugés et s’encouragent entre eux.

      Ça me fait penser à la chanson “Dégénérations” du groupe “Mes aïeux”.

    • J’ai fait bien des “sots métiers”: effectivement, c’était pour garder un minimum de dignité en gagnant de l’argent, et pour aller au supermarché acheter de la nourriture pour ma famille.

      Quand votre fils sera en âge de gagner des sous, ce que j’ai fait dès l’âge de 11 ans, invitez-le à modérer ses attentes par rapport aux tâches qu’il aura à effectuer et à l’argent qu’il recevra en rétribution de ses services.

    • Huit ans? Il est encore temps. Si on ne devrait pas donner un vrai coup de pied, il y a toujours moyen de faire passer le message. On attend, par exemple, que le petit garnement demande quelque-chose (ce n’est jamais bien long) et on accepte, mais seulement en échange d’un service en lien avec le message que l’on veut faire passer (ramasser les crottes du chien, Plier le linge, etc.). Détail important: il faut que les deux parents s’entendent.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    septembre 2013
    D L Ma Me J V S
    « août   nov »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    2930  
  • Archives

  • publicité