Je me souviens cet après-midi passé avec le ministre Alexandre Cloutier, alors député de l’opposition, à discuter du potentiel pétrolier du Québec. À l’époque, il faisait de cet enjeu la planche de salut des Québécois, dénonçant avec insistance l’inaction du gouvernement afin d’obtenir pleine juridiction sur ces richesses naturelles. Il évoquait les milliards de retombées éventuelles, la fin de l’austérité.
En marge de l’entrevue, nous avons immobilisé cet argent virtuel comme deux gars qui parlent du gros lot du 6/49, à quelques heures du tirage.
Je me voyais à Dubaï.
Personnellement, j’en salive encore.
Surtout au lendemain d’un budget où l’on présente fumeurs, amateurs de vin et joueurs compulsifs telles des modestes vaches à lait de l’État.
Quelques semaines après notre entretien, j’ai questionné la chef du Parti québécois, alors qu’elle était de passage à Alma. Voilà ce qu’elle avait à dire sur le potentiel national en matière d’hydrocarbures : «On ne peut pas se priver d’une ressource qui est la nôtre, qui nous permettrait dans un premier temps de remplacer le pétrole étranger ou le gaz étranger par du pétrole ou du gaz québécois. Je tiens cependant à être claire sur un point : nous allons éliminer notre dépendance au pétrole.»
Disparue l’Émirat québécois ; disparus les revenus milliardaires et les écrans d’ordinateur sur chaque bureau en classe. Au mieux du pétrole «Made in Québec», pour les Québécois.
À lui seul, le gisement de Old Harry, dans le Golfe du Saint-Laurent, pourrait produire quelque de 2 milliards de barils de pétrole. C’est l’équivalent de ce qu’importe le Québec sur une vingtaine d’années.
Alexandre Cloutier m’a expliqué, lors de notre conversation, que le potentiel pétrolifère du sous-sol du Saint-Laurent serait deux fois plus important que celui du champ d’Hibernia, au large de Terre-Neuve.
Converti en devises étrangères, cette immense quantité de pétrole surpasse sans nul doute l’effort combiné de tous nos fumeurs, amateurs de vin et autres joueurs compulsifs, pour les centenaires à venir.
Ça mérite d’y réfléchir.

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 










vlkqqcja
21 novembre 2012
09h29
C’est bien beau de rêver mais c’est un rêve de gens de ville qui ne connaissent rien de la réalité de cette communauté maritime. Le moindre déversement ou naufrage d’un pétrolier dans cette mer intérieure cinq fois plus petite que le golfe du Mexique serait catastrophique a l’économie de cette communauté touchant cinq provinces qui bordent ce plan d’eau.
Le golfe St-Laurent est un garde-manger d’une grande richesse: fruits de mer en quantité et poissons en tout genre il est l’avenir d’une saine alimentation. Il faut oublier ce rêve de ville et ce cauchemard pour les habitants de cette communauté et le remplacer par la possibilité d’ériger des éoliennes sans danger pour la pêche et le tourisme base de l’économie locale.
Fernand Turbide