Vue d'Alma

Archive, novembre 2012

Mardi 20 novembre 2012 | Mise en ligne à 20h10 | Commenter Un commentaire

Entre cigarettes et pétrole

Je me souviens cet après-midi passé avec le ministre Alexandre Cloutier, alors député de l’opposition, à discuter du potentiel pétrolier du Québec. À l’époque, il faisait de cet enjeu la planche de salut des Québécois, dénonçant avec insistance l’inaction du gouvernement afin d’obtenir pleine juridiction sur ces richesses naturelles. Il évoquait les milliards de retombées éventuelles, la fin de l’austérité.
En marge de l’entrevue, nous avons immobilisé cet argent virtuel comme deux gars qui parlent du gros lot du 6/49, à quelques heures du tirage.

Je me voyais à Dubaï.

Personnellement, j’en salive encore.
Surtout au lendemain d’un budget où l’on présente fumeurs, amateurs de vin et joueurs compulsifs telles des modestes vaches à lait de l’État.
Quelques semaines après notre entretien, j’ai questionné la chef du Parti québécois, alors qu’elle était de passage à Alma. Voilà ce qu’elle avait à dire sur le potentiel national en matière d’hydrocarbures : «On ne peut pas se priver d’une ressource qui est la nôtre, qui nous permettrait dans un premier temps de remplacer le pétrole étranger ou le gaz étranger par du pétrole ou du gaz québécois. Je tiens cependant à être claire sur un point : nous allons éliminer notre dépendance au pétrole.»
Disparue l’Émirat québécois ; disparus les revenus milliardaires et les écrans d’ordinateur sur chaque bureau en classe. Au mieux du pétrole «Made in Québec», pour les Québécois.
À lui seul, le gisement de Old Harry, dans le Golfe du Saint-Laurent, pourrait produire quelque de 2 milliards de barils de pétrole. C’est l’équivalent de ce qu’importe le Québec sur une vingtaine d’années.
Alexandre Cloutier m’a expliqué, lors de notre conversation, que le potentiel pétrolifère du sous-sol du Saint-Laurent serait deux fois plus important que celui du champ d’Hibernia, au large de Terre-Neuve.
Converti en devises étrangères, cette immense quantité de pétrole surpasse sans nul doute l’effort combiné de tous nos fumeurs, amateurs de vin et autres joueurs compulsifs, pour les centenaires à venir.
Ça mérite d’y réfléchir.

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Mercredi 14 novembre 2012 | Mise en ligne à 8h34 | Commenter Commentaires (4)

Histoire d’orgueil, d’amitié brisée et de jeux vidéos

«Vas-y donc à Alma !»
Je ne me souviens pas avoir vu Yves Bolduc dans un tel état de colère et d’impatience. À une autre époque, il était mon médecin de famille. J’avais également une excellente relation avec lui dans le cadre de ses fonctions de coroner ou de directeur des services professionnels.
Toujours calme, pausé. Comme immunisé aux effets du café.
Même lorsque l’un de ses anciens collègues a refusé publiquement de lui serrer la main lors de sa campagne électorale de 2007, dans Lac-Saint-Jean, à peine son visage a-t-il rougi. Il a ravalé, candidement.
Mardi à l’Assemblée nationale, c’est un autre Dr Bolduc que j’ai vu. Sans réserve, piqué au vif. Mais aussi, profondément blessé dans son amour propre. Ne cherchez pas plus loin. Il refuse d’accepter l’échec de son parti lors des dernières élections. Il refuse d’avoir perdu son ministère. Il refuse d’être simple député.
Et s’il a qualifié d’incompétent son successeur à la Santé, c’est qu’il le trouve en effet vachement incompétent.
L’orgueil l’a toujours mené vers les plus hauts sommets, mais c’est également son talon d’Achille.
Il demeure que son invitation pourrait faire un très bon slogan promotionnel pour le secteur : «Vas-y donc à Alma !»

Liens rompus
En marge de la sortie virulente d’Yves Bolduc, j’ai aussi découvert un autre Alexandre Cloutier. Le titulaire des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Gouvernance souverainiste a toujours eu de bons mots pour son adversaire libéral, du temps que ce dernier était au pouvoir. Les deux hommes semblaient unis par une étrange mais sincère complicité.
Dans le projet de l’Hôpital d’Alma, justement, Yves Bolduc confessait : «Alexandre a été d’un grand support dans ce dossier-là.»
Et le nouveau ministre de renchérir : «Yves et moi avons bâti une relation de collaboration depuis 2007. Je m’entends très bien avec lui et ça facilite grandement les choses.»
Comme larrons en foire, disait-on.
Aujourd’hui, les ponts sont rompus. Alexandre Cloutier accuse le Dr Bolduc d’alimenter la peur au sein de la collectivité almatoise. Il se dit très déçu.
Comme quoi les temps changent.

Le docteur «gamer»
C’est drôle, écrire ainsi sur Yves Bolduc me rappelle une anecdote. Rien à voir avec la tourmente actuelle.
Ça s’est passé le 19 novembre 2006, date de sortie de la console Wii de Nintendo.
Adepte de jeux vidéos, je voulais à tout prix mettre la main sur l’une des rares unités disponibles. Nintendo nous a habitué aux pénuries.
Je me suis donc rendu au Wal-Mart aux environs de 5 h du matin, armé d’un grand café. Nous étions une quarantaine dans le stationnement, à attendre l’ouverture des portes.
Je me sentais comme un chien dans un jeu de quilles à travers tous ces jeunes nourris à l’adrénaline des jeux «online».
Quand soudain, une main se pose sur mon épaule : «Salut Marc.»
C’était mon docteur.
Nous étions finalement deux chiens dans un jeu de quilles.
C’est là qu’il m’a dit qu’il songeait à faire le saut en politique, qu’il avait rencontré le premier ministre Jean Charest et que Philippe Couillard le présentait comme son digne successeur.
Il m’a aussi confié que la Wii était pour ses garçons. Je lui ai dit la même chose…

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Mardi 6 novembre 2012 | Mise en ligne à 8h07 | Commenter Commentaires (2)

Un peuple résigné

Ça y est, le maire de Montréal a quitté ses fonctions. D’autres devraient suivre sous peu.
Le grand ménage a commencé, a analysé le maire d’Alma, Marc Asselin, lorsque invité à commenter la démission de Gérald Tremblay, lundi soir dernier, en marge de la séance publique de son conseil.
J’observe l’actuelle crise qui ébranle la grande couronne métropolitaine et je me dois d’adhérer, dans une certaine mesure, au discours du maire Asselin. Ce dernier insiste sur un ménage qui s’impose, dans un contexte où le cynisme n’a jamais été si élevé à l’égard du monde politique.
À une époque, la population aurait tôt fait de sortir le goudron et les plumes. Une guillotine aurait été installée sur la Place d’Armes, sous les projecteurs de la basilique Notre-Dame.
Le crieur public se serait époumoné à reprendre les grandes lignes de la commission Charbonneau, alimentant un courroux devenu incontrôlable.
On aurait pris Laval d’assaut ; on aurait marché sur Mascouche.
Le peuple abusé serait devenu juge et jury et les présumés coupables aurait été cloués au pilori.
Pourtant, rien de tout ça n’est arrivé.
Aucune croix enflammée devant la résidence millionnaire du maire Vaillancourt. Bien au contraire, ils étaient à peine une vingtaine à manifester devant l’Hôtel de ville de Laval dans les minutes qui ont suivi le départ de Gérald Tremblay.
Que s’est-il donc passé pour que la population soit ainsi passive ? Le maire d’Alma propose une partie de la réponse : c’est trop sale dans la cabane.
Si sale que les citoyens se sont finalement résignés. Et c’est dans cette résignation que réside le cynisme sous sa forme la plus obscène.
Qui ne s’est pas encore insurgé depuis le témoignage des Zambito, Dumont et TPS ? Tous s’insurgent, mais personne ne réclame son dû.
Dans toute cette théorie, une question demeure toutefois sans réponse : comment se fait-il qu’au nom d’une hausse des frais de scolarité, ils se sont mobilisés par milliers, fracassant vitrines et incendiant les rues ?
Difficile à comprendre, le peuple…

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