Vue d'Alma

Vue d'Alma - Auteur
  • Marc St-Hilaire

    Le blogue de Marc St-Hilaire traitera de nouvelles technologies, mais aussi de tranches de vie, d'actualités et de passions au quotidien.
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    Jeudi 20 septembre 2012 | Mise en ligne à 8h59 | Commenter Commentaires (2)

    Du petit journalisme

    Cette semaine, je reçois un coup de fil. Une amie d’enfance. Une recherchiste, associée à une émission d’intérêt public bien connue, l’a contactée quelques heures plus tôt. L’histoire n’est pas banale : sa belle-mère souffrant de la maladie d’Alzheimer et âgée de 80 ans aurait été agressée sexuellement dans un foyer de personnes âgées.
    L’événement a été généreusement abordé dans l’actualité, le suspect interpelé devant la justice puis transféré dans un autre centre en attendant la conclusion de l’enquête.
    Mais, revenons à la recherchiste. Après avoir essuyé un refus, cette dernière se tourne vers une tante. Encore une fois, elle encaisse un «pas de commentaire». La journaliste a insisté, puis insisté. «Si vous ne nous donnez pas d’entrevue, nous devons comprendre que la famille s’en balance.»
    Quoi ?
    Mon amie répète ; j’avais bien compris.
    J’ai un malaise.
    Je lui ai chaudement recommandé de ne pas commenter l’histoire et de prévenir ses proches d’en faire tout autant. L’enquêteur en charge de cette affaire lui a dit la même chose.
    Je lui ai expliqué qu’une règle non écrite nous suggère fortement le respect des victimes.
    Les journalistes et recherchistes d’aujourd’hui subissent une pression accrue avec l’avènement des médias en continu et de l’information 2.0. Il demeure néanmoins que leur position privilégiée auprès du public leur impose un comportement irréprochable.
    C’est pourquoi je suis dégoûté par le chantage émotif qu’a utilisée ma consœur recherchiste. Plus qu’un malaise, c’est réducteur pour la profession.
    Et le pire dans tout ça, c’est que les proches de la victime ont failli flancher, par crainte d’être identifiés tels «les méchants» dans cette sordide histoire.

    D’un pôle à l’autre
    Heureusement, il existe encore de vrais journalistes qui ont pour mission d’informer la population.
    Mon collègue Frédérick Lavoie, qui évolue sur la scène internationale, était de passage à Alma la semaine dernière pour le lancement de son livre «Allers simples», inspiré de son périple en post-soviétie.
    J’ai acheté le bouquin, qui sera mon livre de chevet pendant ma saison de chasse. J’en salive.
    J’ai rencontré Frédérick dans un café. Après une accolade, nous avons jasé environ une demi-heure. Ç’aurait pu être une journée entière. Un être tellement intéressant et intéressé, si calme et pourtant débordant de dynamisme.
    J’ai reconnu le journaliste aguerri qu’il se promettait de devenir en début de carrière.
    Tellement loin du chantage émotif, de la petite nouvelle à cinq cennes, et du sensationnalisme de boîte de conserve…


    • Ouf! comme vous dites vrai au sujet du comportement de certains journalistes et/ou recherchistes. Cela me rappelle un fait vécu par une connaissance.

      Un membre de sa famille a été arrêté pour une grosse histoire judiciaire mais cela s’est passé en dehors du Canada. La famille s’est vite réunie et a conclu de n’accorder aucune entrevue aux médias et que si jamais un journaliste sonnait à leur porte ils n’auraient comme unique réponse que le classique: «Je préfère ne faire aucun commentaire pour l’instant.»
      Ils ont aussi choisi un représentant pour parler au nom de la famille au cas où cela deviendrait nécessaire. Naturellement leur choix a porté sur celui qui s’exprime le mieux et qui reste toujours en contrôle de ses émotions. Celui aussi qui a le flair de ne répondre que l’essentiel sans nourrir la bête médiatique.

      Étonnamment, cette grosse histoire n’a jamais fait la manchette des journaux d’ici.

    • Chantage pour chantage, avoir été mis dans cette situation, j’aurais répondu à cette fouille merde (ne mérite même pas le titre de journaliste – recherchiste) que non, je ne me balance pas de son intervention. Même qu’il me ferait le plus grand plaisir d’exposer son manque total de respect sur la place publique avec son nom et celui de son employeur.

      J’aurais bien aimé savoir de qui il s’agit, mais j’ai quand même des doutes sur l’employeur.

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