Vue d'Alma

Mercredi 6 août 2014 | Mise en ligne à 0h02 | Commenter Commentaires (18)

Nous méritons d’avoir honte

Photo Rocket Lavoie

Photo Rocket Lavoie

Saguenay est ville blanche.
J’ai peine à l’écrire.
Les doigts me brûlent et j’hésite entre chaque mot pour bien traduire le fond de ma pensée. Mais la réalité est telle qu’elle est et elle est à vomir.
Personne ne s’admet ouvertement raciste.
Personne ne s’avoue homophobe.
Jamais.
Pourtant, les sexistes, racistes et homophobes abondent encore à Saguenay.
«Je n’ai rien contre les Noirs, mais c’était une fois un nègre…» ou «Ton chandail est rose, es-tu gay ?»
Les préjugés les plus rétrogrades existent encore dans le Royaume. Vous seriez étonnés de voir à quel point.
C’est pourquoi je refuse de jouer les vierges offensées.
Trop facile de se laver les mains à la Ponce Pilate, sur Facebook, en jetant son fiel sur un groupuscule d’anonymes.
Ce soir, c’est de honte que je souffre.
Une honte collective.
Ces pancartes où il est inscrit «Saguenay – Ville Blanche» sont le reflet de ma société.
Vous vous souvenez le 15 août 2012 ?
À une virgule près, ça sonnait comme ça : «Nous les mous, les Canadiens français, on va se faire dicter comment se comporter, comment respecter notre culture par une personne qui arrive d’Algérie. On n’est même pas capable de prononcer son nom. (…) Je n’aime pas que ces gens-là arrivent ici et établissent leurs règles.»
C’était le maire Jean Tremblay, en entrevue à Paul Arcand.
Étrangement me direz-vous, je ne crois pas que le scandale réside dans ces paroles. Chacun a droit à ses opinions, quelle que soit son ouverture – ou son étroitesse – d’esprit.
Le scandale s’est plutôt manifesté deux semaines plus tard, dans le journal Le Quotidien.
Un sondage démontrait alors que 77 % de la population de Saguenay endossait ces propos. Plus de trois personnes sur quatre.
Et aujourd’hui, on sort le goudron et les plumes ?
Franchement.
Saguenéens, nous méritons la honte qu’entraînent ces pancartes dégoutantes. Que cet événement largement médiatisé nous serve de leçon.
Mea Culpa.

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Vendredi 11 juillet 2014 | Mise en ligne à 23h57 | Commenter Commentaires (5)

Yves Bolduc: le Chuck Norris de la Santé

J’ai déjà dit qu’il savait maximiser chaque grain d’un sablier. Mieux, Yves Bolduc allait jusqu’à diviser ce même grain de sable par deux, par quatre, par huit.
Un Séraphin du temps.
C’était au milieu des années 2000.
Il était alors mon médecin de famille. C’était sa fonction première, la plus importante de toutes.
Simultanément, il assumait toutefois quelques tâches secondaires: celle de directeur des services professionnels à Alma et à Charlevoix. Il campait un rôle similaire à Val d’Or, où il était également directeur général par intérim.
Il était professeur à l’UMF d’Alma, pour le compte de l’Université de Sherbrooke.
Son curriculum vitae de l’Assemblée nationale m’apprend qu’il était aussi «responsable-du-programme-national-de-formation-sur-les-facteurs-humains-et-la-sécurité-des-patients», qu’il était professeur associé à l’UQAC et qu’il devait évaluer les établissements du pays pour le conseil d’agrément.
Sans compter qu’il était un coroner bien en vue, étonnamment accessible pour les médias.
On m’aurait demandé s’il avait un clone et, sans blague, j’aurais hésité avant de répondre.
Et là le ministre Barrette me dit qu’il est juste plus vaillant que les jeunes médecins ?
Une affirmation médiocre et tellement réductrice.
Car comment est-il humainement possible de s’illustrer efficacement à Val d’Or, à Charlevoix et à Alma tout en s’occupant de plus de 1000 patients en cabinet, de tous les macchabées du Lac-Saint-Jean et de tout ce qui entoure l’univers médical ?
Arrêtez, M. Barrette.
Vous savez très bien qu’Yves Bolduc est beaucoup plus que ça…
En vérité je vous le dit, votre confrère est Superman ; le Chuck Norris du système de la Santé et des Services sociaux.
Mieux : Yves Bolduc est un reptilien ; un humanoïde qui œuvre en secret pour l’avènement sur terre d’une quelconque race extraterrestre.
Sinon, dites-moi, qui voudrait occuper quatre ou cinq postes de direction grassement rémunérés, aux quatre coins du Québec, en plus de s’acquitter de son serment d’Hippocrate ?

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Dimanche 6 juillet 2014 | Mise en ligne à 23h30 | Commenter Commentaires (3)

«S’il était mon maire, je ferais de la politique»

Drôle de jasette hier soir, au feu, quelque part sur une île au beau milieu d’un océan d’épinettes.
La mise en situation sera brève.
Mon «beauff» et sa conjointe sont citoyens de Ham-Nord, près de Victoriaville. Ils étaient en visite au Lac cette fin de semaine. Et comme souvent quand c’est l’été, nous nous sommes retrouvés à Saint-Prime, au chalet des beaux-parents.
À chaque fois c’est la même chose : bière et fatigue aidant, nous réinventons le monde pour nous réveiller avec une gueule de bois bien sentie et quelques souvenirs impérissables.
C’est dans le cadre de l’une de ces discussions débridées que notre maire de Saguenay s’est invité sans prévenir. D’ordinaire, j’esquive habilement ce genre de discussion. C’est comme parler de job. Cette fois-ci, c’était impossible.
C’est quoi l’histoire de traiter les journalistes de cruches ? C’est quoi son buzz avec la religion ? L’accident de vélo à Sylvain Gaudreault, c’était une phrase tirée hors de son contexte, non ? Sans blague, il le pensait vraiment ???
De leur autre bout du monde, ils avaient eu vent des spasmes du maire Tremblay.
Et là, ils m’ont parlé d’Alain Rayes, le maire de Victoriaville.
Ce n’est pas leur maire. Mais, il est la figure de proue de leur coin de pays.
Pendant que je me morfondais avec les sorties indéfendables de Jean Tremblay, eux, ils vantaient les mérites de ce jeune homme adepte de sports et de développement durable; de concertation et de modernisme. Ils avaient les yeux pétillants en parlant d’un politicien, assis autour d’un feu, une ou deux broues de trop dans le toupet. Avouez que comme sujet, c’est éteignoir. Pas cette fois-là.
«S’il était mon maire, je ferais de la politique», m’a lancé ma «Peace & Love» de belle-sœur.
J’ai souri et j’ai enchaîné avec un autre sujet.
Dans mon for intérieur, toutefois, j’ai été saisi d’un bref sentiment de jalousie.

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