Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Une époque formidable’

Vendredi 5 septembre 2014 | Mise en ligne à 13h57 | Commenter Commentaires (9)

Malbouffe et saine administration

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Devrait-on permettre à des restaurants servant de la malbouffe de s’installer près d’écoles secondaires?

Duh! Évidemment, non, répondrez-vous. La réponse va de soi. À moins que vous ne soyez conseiller municipal de la Ville de Granby…

Dans une décision mardi, le conseil municipal a mis en marche un processus de modification de zonage sur la rue Denison Ouest pour autoriser les commerces de restauration. Le tout doit passer avec succès l’étape du registre (ouvert le 18 septembre, de 9h à 19h à l’hôtel de ville), mais le danger est bien réel.

Trois conseillers se sont opposés à la décision du conseil, exprimant leur crainte qu’un restaurant de type fast-food s’installe et soit fréquenté par des jeunes. C’est également l’opinion des dirigeants de la commission scolaire Val-des-Cerfs et du Centre de la santé et des services sociaux de la Haute-Yamaska. Les deux organismes ont plaidé leurs appréhensions auprès du conseil. Vainement.

On ne se contera pas d’histoire; chaque fois qu’un changement de zonage est demandé à une municipalité, un projet bien précis est dans les cartons. On peut parier un Big Mac dans ce cas-ci que ce n’est pas un restaurant de fine cuisine française ou de sushis. Ce secteur de la ville ne s’y prête pas; il est trop loin du bourdonnement d’activités du centre-ville.

Quel est le potentiel de clientèle du secteur alors? Les adolescents.

Le secteur visé se trouve à environ 900 mètres de l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc. L’établissement accueille 1252 élèves. Tout juste à côté de la polyvalente, on retrouve le Centre régional intégré de formation (CRIF) et ses quelques 700 étudiants en formation professionnelle.

On connaît tous l’attrait qu’exerce la malbouffe sur les jeunes. Les propriétaires du futur restaurant sur Denison Ouest le savent aussi.

Cette affaire est symptomatique d’une méconnaissance des conseillers de leur rôle et responsabilités. Il y a des limites à ce qu’ils fassent preuve d’autant de largesse pour encourager le commerce. C’est d’autant plus invraisemblable quand on sait que la ville adhère depuis quelques années déjà à une politique d’offre d’aliments sains dans ses bâtisses, dont l’aréna, un lieu souvent champion de la malbouffe dans le monde municipal.

Comment le conseil peut-il d’un côté interdire la malbouffe dans sa cour et en même temps essayer de changer un zonage pour favoriser l’ouverture d’un restaurant en servant près d’une école secondaire? Il faut être conséquent. À moins d’abolir sa propre réglementation sur la malbouffe. C’est possible, remarquez bien, pour ce conseil qui vient de répudier un règlement sur le bruit adopté par la précédente administration et qui faisait consensus.

Le conseil municipal perd de vu qu’il est le gardien du plan d’urbanisme de la Ville. Ce document, l’architecture de l’utilisation du territoire, est le guide du «vivre ensemble». Il identifie quelles activités sont permises et où elles peuvent l’être. Il est le fruit de réflexion d’experts en urbanisme et de consultations publiques.

Ce n’est pas un hasard si les activités de restauration dans ce secteur de la rue Denison Ouest sont interdites. L’incompatibilité du quartier et de tels commerces saute aux yeux.

Le conseiller Joël Desmarais, en faveur de la modification de zonage, assure que le conseil est malgré tout en faveur d’une saine alimentation. Étrange affirmation, mais bravo quand même. Sauf que les citoyens méritent une saine administration, pas des conseillers aussi faiblards en argumentaire.

Leur décision nous amène à soupçonner qu’il manque d’oméga-3 dans leur alimentation…

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Mercredi 27 août 2014 | Mise en ligne à 10h35 | Commenter Commentaires (3)

Stationnez à vos risques

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Remarquable travail de synthèse de la municipalité de Culver City, en banlieue de Los-Angeles, pour expliquer aux automobilistes les restrictions de stationnement près d’une école élémentaire.

Le temps de les lire et vous vous retrouvez avec deux contraventions!

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Mardi 4 mars 2014 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (5)

Choisir son lièvre

Pascal Proulx, candidat libéral dans Granby

Pascal Proulx, candidat libéral dans Granby

On apprend que le candidat du Parti libéral du Québec dans Granby, Pascal Proulx, a flirté avec la Coalition avenir Québec en 2012. Et encore il y a deux semaines, 24 heures avant sa confirmation comme représentant libéral…

C’est la deuxième fois en autant d’élections que le PLQ présente un transfuge caquiste dans Granby. En septembre 2012, Guy Gaudord avait été choisi. Le plus ironique est qu’il était (et est toujours) commissaire à la Commission scolaire Val-des-Cerfs. Il avait peiné à expliquer son intérêt pour un parti qui prônait l’abolition des commissions scolaires alors qu’il en était un représentant. Sa campagne, teintée d’une telle invraisemblance, était terminée avant qu’elle ne commence.

Pour le PLQ, c’est une situation pour le moins bizarre. Comment un parti politique aussi structuré peut-il, coup sur coup et dans la même circonscription, faire de sympathisants caquistes ses porte-étendarts?

Voici deux hypothèses :

1. Comme le font bien des entreprises pour dénicher de nouveaux clients, les éditeurs de magazines et les banques, par exemple, le PLQ a acheté la liste des candidats potentiels de la CAQ et leur a fait un pitch de vente.
2. Le PLQ ne s’accorde aucune chance de ravir la circonscription de Granby. Mais puisqu’il doit aligner une équipe complète de 125 candidats pour ne pas avoir l’air désorganisé, on «recrute» le premier venu (et probablement le seul intéressé), on le confirme candidat et on lui promet de belles affiches, un bureau électoral avec des sachets de café filtre et un budget de 25 000 $ pour faire campagne. Tout ça sans vérifier ses «origines» politiques. Ça donne des situations embarrassantes.

J’aime bien la première hypothèse. La deuxième est cependant plus plausible.

Je ne connais pas M. Proulx. Mais en entrevue à ma collègue Marie-Ève Martel le 26 février, il affirmait avoir «toujours été un gars du peuple et un libéral». Fort bien.

Seuls les imbéciles ne changent pas d’idées, dit-on. Nos expériences de vies font que nos idées peuvent évoluer. Raymond Bachand, l’ancien ministre des Finances du PLQ, pour citer son exemple, était souverainiste plus jeune. Il a expliqué son passage dans le camp fédéraliste avec des arguments économiques, notamment que le développement du Québec s’opérait plus facilement au sein de la fédération canadienne. Son opinion se défend.

Comment M. Proulx, en vrai libéral comme il le soutient, peut-il expliquer sa «relation» avec la CAQ? Courrait-il deux lièvres à la fois? Si oui, est-on en présence d’un opportuniste? Plus important encore, a-t-il le jugement requis pour être député?

Désolé pour cette dernière question, mais quelles sont ses convictions libérales?

Peut-être, avant de répondre, devrait-il en discuter avec le Dr Gaétan Barrette…

•••

Message aux organisateurs libéraux. Au lieu d’abaisser vos standards dans le choix de vos candidats dans des circonscriptions difficiles ou imprenables, inspirez vous du Parti québécois. Le PQ parachute régulièrement de jeunes attachés politiques à l’intérieur de vos châteaux forts dans l’ouest de l’île de Montréal. Ils n’ont aucune chance d’être élus. Mais ils connaissent le programme électoral de leur parti et sont capables de véhiculer ses messages. Aussi le font-ils avec… conviction.

C’est une approche plus respectueuse des électeurs. Et elle rehausse le débat.

Sur ce, bonne campagne!

photo Janick Marois

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