Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Une époque formidable’

Vendredi 19 février 2016 | Mise en ligne à 8h31 | Commenter Commentaires (3)

Méandre municipal

La Ville de Cowansville appuie le projet de construire un édifice de 150 logements à l'endroit où se trouve la maison Robinson, dans un secteur patrimonial de la rue Principale. photo Alain Dion

La Ville de Cowansville appuie le projet de construire un édifice de 150 logements à l'endroit où se trouve la maison Robinson, dans un secteur patrimonial de la rue Principale. photo Alain Dion

Deux causes opposant des citoyens et des villes de la région nous prouvent que le processus démocratique dans la conduite des affaires municipales est avant tout une question de perspective. Elles nous rappellent aussi que le citoyen n’est pas impuissant devant l’État, mais seulement s’il se pare de détermination, de patience et de résilience pour se faire entendre. Ça aide aussi de posséder un bon portefeuille.

La Cour supérieure entend depuis la semaine dernière un groupe de citoyens de Sutton opposé à des modifications de zonage et de lotissement. Ils reprochent à la Ville de ne pas avoir bien informé la population des changements apportés, d’avoir compliqué la tâche à ceux qui voulaient s’y opposer par voie référendaire en plus de faire fi des grandes orientations de son plan d’urbanisme, notamment la construction en zone de préservation.

Au même moment, du côté de Cowansville, des citoyens ont interpellé la Commission municipale du Québec, inquiets que la Ville ignore son plan d’urbanisme en permettant la construction d’un édifice de 150 logements de quatre étages dans un secteur patrimonial.

Sans présumer des desseins des deux administrations municipales, difficile de ne pas s’interroger sur les processus qu’elles ont choisis pour adopter leurs projets.

Le conseil de Sutton a adopté en février 2015 deux règlements (zonage et lotissement) renfermant 215 dispositions modifiées, 67 qui étaient nouvelles et 127 qui ont disparu des règlements initiaux, selon les calculs de l’avocat des citoyens. La Ville, qui n’avait pas fait cet exercice de comparaison, n’a pas contesté ce décompte.

Pour savoir dans quelle zone ils se trouvaient et pour connaître les modifications concernant leur zone ou les zones contiguës à la leur, les citoyens ont dû consulter un document de plus de 1000 pages, trouver les modifications puis les situer sur une carte de la Ville… Une participation citoyenne, dans un tel contexte, était particulièrement ardue.

Le juge François Tôth ne s’est pas gêné pour qualifier l’ensemble du processus retenu par Sutton de «monstre», félicitant au passage les citoyens qui ont dû travailler fort pour se retrouver dans les méandres créés par la Ville.

Le projet de construire un édifice de 150 logements dans un secteur patrimonial de la rue Principale à Cowansville remonte à juillet dernier. Une modification de zonage était nécessaire puisque le secteur n’autorisait que des bâtiments de trois étages. La solution retenue par le conseil a été de l’inclure dans le nouveau règlement de zonage en lien avec la refonte de son plan d’urbanisme à l’automne.

Cette décision a un impact immense. En temps normal, seuls les résidants de la zone concernée et des zones contiguës auraient pu se prononcer sur la modification de zonage. Maintenant, pour s’opposer au nouveau zonage, 500 signatures sont requises pour obliger la Ville à tenir un référendum sur le plan d’urbanisme. Comment réunir autant de signatures lorsqu’un seul élément fait l’objet de mécontentement? Tout indique que le projet immobilier ira de l’avant.

Les deux administrations municipales assurent avoir respecté les exigences de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme lors de l’adoption de leurs règlements. C’est probablement le cas. Ça ne veut pas dire que le tout est éthiquement acceptable, font valoir les citoyens.

Pourrait-on également parler de détournement de démocratie? N’est-ce pas la résultante quand, de manière volontaire ou pas, des embûches sont créées pour nuire à la participation citoyenne aux affaires publiques?

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Jeudi 10 décembre 2015 | Mise en ligne à 22h09 | Commenter Un commentaire

Problème de transition (2)

Belle tentative lundi du conseil municipal de Granby d’enterrer la controverse autour des allocations de transition des conseillers. Tentative vouée à l’échec. Parce que les élus ont tout faux dans ce débat.

La seule question à se poser est celle-ci : est-ce normal qu’un conseiller travaillant à temps partiel empoche une allocation de transition lorsqu’il ne se représente pas à son poste, qu’il est défait ou qu’il quitte avant la fin de son mandat ?

Non.

Dire, comme le maire Pascal Bonin l’a fait cette semaine, que le conseil étudierait dans quelles circonstances une allocation de transition devait être versée, est une habile façon de créer une diversion pour éviter de vider la question. Peu importe dans quel sens on analyse le tout, une seule conclusion s’impose : l’allocation de transition pour les conseillers n’a pas sa raison d’être.

Qu’un conseiller quitte son poste en plein mandat sans raison, que son départ s’explique pour cause de maladie ou d’autres raisons personnelles, ça ne change rien. Il occupe en théorie un emploi à temps plein ailleurs. Et si ce n’est pas le cas, il savait au moment de se lancer en politique que le job était à temps partiel. Et un emploi à temps partiel ne vient pas avec tous les avantages d’un poste à temps plein.

Soyons clair : les conseillers municipaux ne sont pas des députés. Ces derniers occupent leur fonction à temps plein. Aussi, quand ils quittent, ils ont droit à une allocation de transition, soit un montant d’argent pour les aider dans la période où ils « transiteront » vers un autre emploi, une période qui peut prendre plusieurs semaines, sinon des mois.

Verse ou verse pas, même au niveau des députés une telle allocation est contestée. L’Assemblée nationale vient de baliser le tout en empêchant les députés qui quittent sans raison valable (maladie, drame personnel, etc.) de toucher leur allocation de transition.

J’ai eu de bons échanges la semaine dernière avec trois élus du conseil municipal de Granby. Ils m’ont tous affirmé travailler fort, consacrer plusieurs heures par semaines à répondre aux questions de leurs concitoyens, à répondre à leurs besoins, à assister à plusieurs rencontres. Bref, qu’ils méritaient leur salaire. Un meilleur salaire, m’ont dit deux d’entre eux.

Personne ne doute des efforts consentis à bien faire leur travail. Ils méritent nos félicitations et notre gratitude. Leurs commentaires sur le salaire obtenu sont toutefois très révélateurs de leur mécontentement. Une analyse de la direction générale de la Ville souligne que les conseillers gagnent de 4000 $ à 5000 $ de moins que dans villes de tailles similaires, a dit lundi le maire Bonin.
Si tel est le cas, peut-on s’entendre que les allocations de transition accordées par la Ville de Granby sont donc une forme de salaire caché ? C’est ce qu’on conclut à entendre les élus faire un lien entre leur salaire et la nécessité de conserver l’allocation de transition. Les deux ensembles font que leurs émoluments sont plus raisonnables, disent-ils entre les lignes.

Si les salaires que touchent les conseillers sont insuffisants, que le conseil les augmente. C’est une voie parsemée de critiques, bien entendu, mais c’est celle de la transparence.

Affirmer que d’autres municipalités offrent des allocations de transition à leurs élus n’est pas un argument sérieux. C’est aux membres du conseil de justifier à la population leur augmentation de salaire. En refusant de parler sans détour le sujet comme des gens responsables, ils font la démonstration de leurs limites à aborder des sujets délicats. Ils contribuent à épaissir la couche de tabou qui recouvre toute discussion en lien avec leur salaire.

Peut-être évitent-ils de discuter publiquement de la chose de peur de créer des expectatives de la part des employés salariés de la Ville. Au jeu des comparaisons de salaires, que font les membres du conseil, nos policiers, cols bleus et blancs ramènent-ils à la maison autant que des collègues dans des villes de tailles similaires ?

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Vendredi 20 mars 2015 | Mise en ligne à 14h28 | Commenter Commentaires (10)

Science et scepticisme

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Comment se fait-il qu’autant de gens nient tout lien entre les activités humaines et le réchauffement de la planète? Qu’autant de parents refusent que leurs enfants soient vaccinés contre la rougeole? Qu’autant de personnes contestent les bienfaits de la fluoration de l’eau? Qu’autant de bipèdes réfutent la théorie de l’évolution?

Dans tous ces cas, des consensus scientifiques, réaffirmés années après année, existent pour valider ces conclusions. Malgré tout, ça demeure insuffisant pour convaincre des milliers de gens de changer leur vision des choses. Dans son numéro de mars, le magazine National Geographic (signalé par les collègues du Kiosque Médias) propose un fascinant reportage sur le scepticisme scientifique, sur ce qui les empêchent de considérer ou de réaliser qu’ils ont tout faux.

Nos croyances, nos valeurs, notre entourage, les médias, internet influencent notre analyse des choses de notre monde et guident nos conclusions, expliquent les experts interviewés dans le reportage. Aussi est-il difficile de se retrouver dans tout ça, surtout que notre environnement, social et technologique, change rapidement. On se replie donc sur notre entourage, personnel et professionnel, pour trouver des réponses.

Un reportage éclairant.

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