Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Une époque formidable’

Jeudi 10 décembre 2015 | Mise en ligne à 22h09 | Commenter Un commentaire

Problème de transition (2)

Belle tentative lundi du conseil municipal de Granby d’enterrer la controverse autour des allocations de transition des conseillers. Tentative vouée à l’échec. Parce que les élus ont tout faux dans ce débat.

La seule question à se poser est celle-ci : est-ce normal qu’un conseiller travaillant à temps partiel empoche une allocation de transition lorsqu’il ne se représente pas à son poste, qu’il est défait ou qu’il quitte avant la fin de son mandat ?

Non.

Dire, comme le maire Pascal Bonin l’a fait cette semaine, que le conseil étudierait dans quelles circonstances une allocation de transition devait être versée, est une habile façon de créer une diversion pour éviter de vider la question. Peu importe dans quel sens on analyse le tout, une seule conclusion s’impose : l’allocation de transition pour les conseillers n’a pas sa raison d’être.

Qu’un conseiller quitte son poste en plein mandat sans raison, que son départ s’explique pour cause de maladie ou d’autres raisons personnelles, ça ne change rien. Il occupe en théorie un emploi à temps plein ailleurs. Et si ce n’est pas le cas, il savait au moment de se lancer en politique que le job était à temps partiel. Et un emploi à temps partiel ne vient pas avec tous les avantages d’un poste à temps plein.

Soyons clair : les conseillers municipaux ne sont pas des députés. Ces derniers occupent leur fonction à temps plein. Aussi, quand ils quittent, ils ont droit à une allocation de transition, soit un montant d’argent pour les aider dans la période où ils « transiteront » vers un autre emploi, une période qui peut prendre plusieurs semaines, sinon des mois.

Verse ou verse pas, même au niveau des députés une telle allocation est contestée. L’Assemblée nationale vient de baliser le tout en empêchant les députés qui quittent sans raison valable (maladie, drame personnel, etc.) de toucher leur allocation de transition.

J’ai eu de bons échanges la semaine dernière avec trois élus du conseil municipal de Granby. Ils m’ont tous affirmé travailler fort, consacrer plusieurs heures par semaines à répondre aux questions de leurs concitoyens, à répondre à leurs besoins, à assister à plusieurs rencontres. Bref, qu’ils méritaient leur salaire. Un meilleur salaire, m’ont dit deux d’entre eux.

Personne ne doute des efforts consentis à bien faire leur travail. Ils méritent nos félicitations et notre gratitude. Leurs commentaires sur le salaire obtenu sont toutefois très révélateurs de leur mécontentement. Une analyse de la direction générale de la Ville souligne que les conseillers gagnent de 4000 $ à 5000 $ de moins que dans villes de tailles similaires, a dit lundi le maire Bonin.
Si tel est le cas, peut-on s’entendre que les allocations de transition accordées par la Ville de Granby sont donc une forme de salaire caché ? C’est ce qu’on conclut à entendre les élus faire un lien entre leur salaire et la nécessité de conserver l’allocation de transition. Les deux ensembles font que leurs émoluments sont plus raisonnables, disent-ils entre les lignes.

Si les salaires que touchent les conseillers sont insuffisants, que le conseil les augmente. C’est une voie parsemée de critiques, bien entendu, mais c’est celle de la transparence.

Affirmer que d’autres municipalités offrent des allocations de transition à leurs élus n’est pas un argument sérieux. C’est aux membres du conseil de justifier à la population leur augmentation de salaire. En refusant de parler sans détour le sujet comme des gens responsables, ils font la démonstration de leurs limites à aborder des sujets délicats. Ils contribuent à épaissir la couche de tabou qui recouvre toute discussion en lien avec leur salaire.

Peut-être évitent-ils de discuter publiquement de la chose de peur de créer des expectatives de la part des employés salariés de la Ville. Au jeu des comparaisons de salaires, que font les membres du conseil, nos policiers, cols bleus et blancs ramènent-ils à la maison autant que des collègues dans des villes de tailles similaires ?

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Vendredi 20 mars 2015 | Mise en ligne à 14h28 | Commenter Commentaires (10)

Science et scepticisme

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Comment se fait-il qu’autant de gens nient tout lien entre les activités humaines et le réchauffement de la planète? Qu’autant de parents refusent que leurs enfants soient vaccinés contre la rougeole? Qu’autant de personnes contestent les bienfaits de la fluoration de l’eau? Qu’autant de bipèdes réfutent la théorie de l’évolution?

Dans tous ces cas, des consensus scientifiques, réaffirmés années après année, existent pour valider ces conclusions. Malgré tout, ça demeure insuffisant pour convaincre des milliers de gens de changer leur vision des choses. Dans son numéro de mars, le magazine National Geographic (signalé par les collègues du Kiosque Médias) propose un fascinant reportage sur le scepticisme scientifique, sur ce qui les empêchent de considérer ou de réaliser qu’ils ont tout faux.

Nos croyances, nos valeurs, notre entourage, les médias, internet influencent notre analyse des choses de notre monde et guident nos conclusions, expliquent les experts interviewés dans le reportage. Aussi est-il difficile de se retrouver dans tout ça, surtout que notre environnement, social et technologique, change rapidement. On se replie donc sur notre entourage, personnel et professionnel, pour trouver des réponses.

Un reportage éclairant.

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Vendredi 5 septembre 2014 | Mise en ligne à 13h57 | Commenter Commentaires (9)

Malbouffe et saine administration

Image 22

Devrait-on permettre à des restaurants servant de la malbouffe de s’installer près d’écoles secondaires?

Duh! Évidemment, non, répondrez-vous. La réponse va de soi. À moins que vous ne soyez conseiller municipal de la Ville de Granby…

Dans une décision mardi, le conseil municipal a mis en marche un processus de modification de zonage sur la rue Denison Ouest pour autoriser les commerces de restauration. Le tout doit passer avec succès l’étape du registre (ouvert le 18 septembre, de 9h à 19h à l’hôtel de ville), mais le danger est bien réel.

Trois conseillers se sont opposés à la décision du conseil, exprimant leur crainte qu’un restaurant de type fast-food s’installe et soit fréquenté par des jeunes. C’est également l’opinion des dirigeants de la commission scolaire Val-des-Cerfs et du Centre de la santé et des services sociaux de la Haute-Yamaska. Les deux organismes ont plaidé leurs appréhensions auprès du conseil. Vainement.

On ne se contera pas d’histoire; chaque fois qu’un changement de zonage est demandé à une municipalité, un projet bien précis est dans les cartons. On peut parier un Big Mac dans ce cas-ci que ce n’est pas un restaurant de fine cuisine française ou de sushis. Ce secteur de la ville ne s’y prête pas; il est trop loin du bourdonnement d’activités du centre-ville.

Quel est le potentiel de clientèle du secteur alors? Les adolescents.

Le secteur visé se trouve à environ 900 mètres de l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc. L’établissement accueille 1252 élèves. Tout juste à côté de la polyvalente, on retrouve le Centre régional intégré de formation (CRIF) et ses quelques 700 étudiants en formation professionnelle.

On connaît tous l’attrait qu’exerce la malbouffe sur les jeunes. Les propriétaires du futur restaurant sur Denison Ouest le savent aussi.

Cette affaire est symptomatique d’une méconnaissance des conseillers de leur rôle et responsabilités. Il y a des limites à ce qu’ils fassent preuve d’autant de largesse pour encourager le commerce. C’est d’autant plus invraisemblable quand on sait que la ville adhère depuis quelques années déjà à une politique d’offre d’aliments sains dans ses bâtisses, dont l’aréna, un lieu souvent champion de la malbouffe dans le monde municipal.

Comment le conseil peut-il d’un côté interdire la malbouffe dans sa cour et en même temps essayer de changer un zonage pour favoriser l’ouverture d’un restaurant en servant près d’une école secondaire? Il faut être conséquent. À moins d’abolir sa propre réglementation sur la malbouffe. C’est possible, remarquez bien, pour ce conseil qui vient de répudier un règlement sur le bruit adopté par la précédente administration et qui faisait consensus.

Le conseil municipal perd de vu qu’il est le gardien du plan d’urbanisme de la Ville. Ce document, l’architecture de l’utilisation du territoire, est le guide du «vivre ensemble». Il identifie quelles activités sont permises et où elles peuvent l’être. Il est le fruit de réflexion d’experts en urbanisme et de consultations publiques.

Ce n’est pas un hasard si les activités de restauration dans ce secteur de la rue Denison Ouest sont interdites. L’incompatibilité du quartier et de tels commerces saute aux yeux.

Le conseiller Joël Desmarais, en faveur de la modification de zonage, assure que le conseil est malgré tout en faveur d’une saine alimentation. Étrange affirmation, mais bravo quand même. Sauf que les citoyens méritent une saine administration, pas des conseillers aussi faiblards en argumentaire.

Leur décision nous amène à soupçonner qu’il manque d’oméga-3 dans leur alimentation…

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