Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Politique’

Jeudi 20 novembre 2014 | Mise en ligne à 19h58 | Commenter Commentaires (2)

Le pacte fiscal truqué

Discussion très intéressante cette semaine avec Pauline Quinlan sur les municipalités et le développement économique. On peut dire que la mairesse de Bromont connaît deux, trois petites choses sur le sujet. Sa ville se démarque depuis plusieurs années par un développement économique remarquable basé sur la technologique et la recherche. C’est le résultat en bonne partie du travail de la Société de développement économique de Bromont et, depuis l’adhésion de Bromont à la MRC Brome-Missisquoi, du CLD Brome-Missisquoi.

Mme Quinlan est une ardente partisane du CLD. Pas seulement parce qu’elle préside son conseil d’administration. Fondamentalement, elle croit en l’organisme. L’une des raisons, explique-t-elle, est que les maires de la MRC, la principale pourvoyeuse de fonds du CLD grâce à une subvention de 1 026 500 $ à son budget d’opération, peuvent y imprimer leur vision. En clair, ils ont un grand mot à dire sur comment leur territoire va se développer, et ce sans être toujours obligés de demander l’avis des fonctionnaires et politiciens à Québec.

Ces dernières années, à la demande du conseil des maires de la MRC, le CLD a prêté une attention particulière aux entreprises agroalimentaires et touristiques, des secteurs emblématiques de la région. On cherchait à encourager l’entreprenariat et à diversifier les produits, souligne Mme Quinlan. Un grand succès, soutient-elle.

Cette autonomie n’est cependant pas totale. Le gouvernement québécois, jusqu’en octobre, participait à la bonne marche du CLD par l’entremise d’une subvention de 424 973 $ du ministère de l’Économie, de l’innovation et des Exportations. Sa participation vient de tomber à 172 114 $, conséquence d’une deuxième compression budgétaire dans la même année.

Pour le CLD Brome-Missisquoi, et pour tous les CLD au Québec touchés par ces compressions, le choc est énorme. Leur avenir est compromis. Des choix déchirants devront être faits, plusieurs emplois seront perdus. Un beau gâchis.

On dit que les municipalités sont des créatures de Québec. L’image est parfaite. Le gouvernement provincial renie ses engagements financiers auprès des municipalités sans que celles-ci ne puissent rien y faire.

•••

On a beaucoup parlé ces dernières semaines du pacte fiscal entre Québec et les municipalités. C’est en quelque sorte l’entente par laquelle le gouvernement québécois s’engage à donner des ressources financières aux municipalités pour qu’elles vaquent à leurs occupations. Mais contrairement à ce qu’on pourrait conclure en lisant le mot «pacte» ou en entendant les explications des ministres qui en chantent les louanges, ça n’a rien d’un partenariat. Québec peut changer les règles du jeu en cours de route à sa guise en passant outre les protestations des municipalités. Pour Québec, un «deal», clairement, ce n’est pas coulé dans le béton…

Dans les faits, le pacte fiscal est truqué en faveur du gouvernement. Il est basé sur une relation à sens unique au profit de Québec.

Mme Quinlan estime que les municipalités subissent un recul important avec le nouveau pacte fiscal conclut avec Québec. Elles récupéraient auparavant 62,8 % de la taxe provinciale qu’elles déboursaient. Québec ne remboursera maintenant que 50 %. Des millions de dollars de perdus pour les municipalités.

La mairesse de Bromont, avec sa classe habituelle, a évité de savonner l’État pour sa dernière oeuvre. Elle a dit espérer qu’une future entente tiendra compte des missions municipales, en outre le développement économique, et de leurs besoins financiers. Les municipalités participent directement à la création de la richesse, soutient-elle, en lançant plusieurs projets d’infrastructures. Ottawa et Québec en profitent directement en recueillant des millions de dollars en taxes sur les factures liées à ces travaux et en impôts sur les salaires des travailleurs concernés. Les municipalités? Que dalle!

La politicienne a tout de même souligné qu’Ottawa fait sa part pour donner un coup de main financier aux municipalités. Depuis 2005, le fédéral leur rembourse la taxe sur les produits et services (TPS) qu’elles paient. Pas 50 %. Pas 62,8 %. 100 % de la TPS. La Ville Branchée recevra 850 000 $ cette année.

Tout ça sans pacte fiscal… Un bel argument en faveur du fédéralisme.

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (2)  |  Commenter cet article






Jeudi 6 novembre 2014 | Mise en ligne à 20h27 | Commenter Commentaires (5)

L’attrape-mouche libéral

Image 2

Peut-être pourrez-vous m’aider. J’ai beau feuilleter depuis hier le programme électoral du Parti libéral du Québec, je ne trouve pas l’endroit où il est écrit que les parents paieront des tarifs de frais de garde dans les centres de la petite enfance selon leurs revenus. Non plus n’ai-je repéré les paragraphes traitant des compressions de 300 millions de dollars aux municipalités, ni ceux sur l’abolition des centres locaux de développement (CLD).

Les voyez-vous ? Peut-être trouve-t-on tout ça subtilement écrit entre les lignes. Remarquez que ça pourrait aussi être tout droit sorti d’un chapeau. On penche pour la deuxième possibilité. Ça prouve qu’un programme électoral, c’est comme un attrape-mouche; c’est un leurre pour attirer les insectes qui volent joyeusement vers leur fatalité. Vous aurez compris qui sont les insectes.

Personne ne contestera que les finances publiques du Québec sont dans un piteux état. Et qu’en l’occurrence, un sérieux coup de barre est crucial pour équilibrer le budget. Il faut arrêter de pelleter par en avant. Ça n’empêche pas que les dernières annonces gouvernementales pour réduire ses dépenses font qu’on vient d’atteindre un nouveau degré dans le baromètre du cynisme.

Jamais les libéraux n’ont annoncé leurs couleurs durant la dernière campagne électorale. Ils ont promis des milliards de dollars pour toutes sortes de programmes, de tout pour contenter tout le monde, mais ont brusquement appliqué les freins une fois de retour au volant du pouvoir. Pour se justifier, ils ont sorti la cassette, maintes fois entendue, du bordel financier laissé par leurs prédécesseurs.

Un jour, espérons que celui-ci ne soit pas lointain, nos élus abandonneront cette piètre excuse. Rêvons à ce jour où ils parleront franchement aux électeurs de leurs idées, projets et objectifs. Imaginons ce jour où ils trouveront le courage de dire clairement ce qu’ils feront une fois en poste et comment ils administreront l’ensemble de l’appareil étatique. Un jour…

Pour qu’un tel rêve se réalise, ça exige que l’autre partie de l’équation démocratique, l’électorat, gagne en maturité. On doit accepter de se faire interpeller avec franchise sur un tas de sujets. On doit également aiguiser notre sens critique à l’égard des partis politiques, cesser de vivre dans les nuages à l’effet qu’aucun effort ne nous sera demandé, et être capable de départager les engagements irresponsables de ceux dont la société a grand besoin. Un gros boulot nous attend.

Quand nous aurons réuni tous ces ingrédients, les élus auront les coudées franches pour redessiner les services offerts par l’État ainsi que ses structures. Et l’électorat, après avoir fait son devoir de vraiment s’informer des options offertes, aura participé avec son vote à construire la légitimité sur laquelle repose le gouvernement.
Pour l’heure, tout n’est que duperie du côté de la classe politique et paresse chez les électeurs. On se mérite mutuellement !

•••

La saison de la chasse aux structures est ouverte au Québec. Le gouvernement libéral raye de la carte les agences de santé et les conférences régionales des élus et est tenté de faire de même avec les commissions scolaires. L’abolition des CLD est la dernière trouvaille d’un gouvernement qui sabre sans réfléchir.

Les CLD ont un statut particulier. Contrairement aux autres structures passées dans le tordeur libéral, ils n’ont pas une mission administrative. Leur dessein est de stimuler l’économie régionale avec une boîte à outils pleine de services: déployer des efforts pour attirer des entreprises, les aider à trouver du financement, les accompagner dans leurs projets d’agrandissement et d’exportation (création d’emplois ou rétention de ceux-ci).

Ces organisations connaissent bien leur milieu et sont dirigées, sur place, par des gens compétents. Et surtout, surtout, ceux-ci rendent des comptes aux maires de la MRC qui leur accordent une grande partie de leur financement. C’est l’exemple parfait d’une décentralisation réussie.

Pouvez-vous nommer un seul ministère ou société parapublique dirigé à partir de Québec ou Montréal qui en fait autant dans une région donnée ? Un seul ?

Vous avez votre réponse.

L’abolition des CLD passe mal dans les rangs libéraux. En entrevue la semaine dernière sur ce sujet, le ministre de l’Agriculture et député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis reconnaissait le travail accompli par le CLD de son coin. Une organisation « performante » et « efficace », nous a-t-il dit.

Un peu agacé, M. Paradis n’a pas voulu poursuivre sur ce sujet, affirmant que les structures ne sont pas toutes nécessaires.

C’est le maire de Cowansville et préfet de la MRC Brome-Missisquoi, Arthur Fauteux, qui nous a le mieux résumé la situation : « Quand ça coupe de Québec, ça centralise à Québec. »

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (5)  |  Commenter cet article






Mardi 14 octobre 2014 | Mise en ligne à 17h09 | Commenter Commentaires (9)

Duo de négligents

Combien d'accidents du genre se produiront avant que la Ville de Granby et le MTQ aménagent un carrefour giratoire à l'intersection du boulevard Pierre-Laporte et de la rue Robitaille? Photo Alain Dion

Combien d'accidents du genre se produiront avant que la Ville de Granby et le MTQ aménagent un carrefour giratoire à l'intersection du boulevard Pierre-Laporte et de la rue Robitaille? Photo Alain Dion

On l’a déjà dit et on le répète: des accidents graves, mortels même, se produiront tôt ou tard à l’intersection du boulevard Pierre-Laporte et de la rue Robitaille à Granby. Des drames semblent inévitables.

La conception de l’intersection est dépassée. Elle ne permet pas, et ce depuis une quinzaine d’années, une circulation sécuritaire. Et la situation va aller en empirant dans les semaines et mois à venir puisque des quartiers des deux côtés du boulevard poussent comme des champignons. L’intersection verra son achalandage s’accroître à une vitesse exponentielle. On comptera encore plus d’automobiles tentant de s’élancer sur le boulevard Pierre-Laporte à partir de la rue Robitaille et, parmi celles-ci, des autobus scolaire en direction et en partance de l’école Eurêka située sur le coin de l’intersection.

Une solution existe: l’aménagement d’un carrefour giratoire. La Ville estime les travaux à 6 millions de dollars (approches et tunnel pour piétons et cyclistes inclut). Ça semble exagéré à première vue. Mais le débat, pour l’heure, est ailleurs et se résume encore et toujours à qui va payer. La Ville est prête à assumer sa part. Pas le ministère des Transports pourtant «propriétaire» du boulevard Pierre-Laporte (prolongement de la route 241). La Ville s’est montrée incapable de le convaincre de s’impliquer financièrement dans le projet.

Alors c’est l’impasse. Rien ne bouge. En fait, alors que politiciens et fonctionnaires bavardent de ce dossier, un seule chose progresse: les probabilités d’accidents.

Au MTQ, on est d’accord avec l’aménagement d’un carrefour giratoire. On donne même le feu vert à la Ville. Pas question cependant d’y injecter des sous. «L’intervention vise à permettre un important développement immobilier. Pour cette raison, les frais de cet aménagement devront être assumés par la Ville de Granby», a expliqué Stéphanie Langelier, du MTQ, à ma collègue Marie-Ève Martel samedi.

L’argumentaire du MTQ est étrange. En 2009, à moins de deux kilomètres au sud du boulevard Pierre-Laporte, Transports Québec a investi 644 000 $, le même montant que la Ville de Granby, pour aménager un carrefour giratoire à l’intersection de la rue Bruce. Il était périlleux alors de traverser à cette intersection. Beaucoup moins, cela dit, qu’aujourd’hui à l’intersection de la rue Robitaille…

Le maire Pascal Bonin et le député de Granby François Bonnardel ont raison de refuser que le MTQ se désiste de ses responsabilités. Ils promettent de se battre, de faire pression, de faire de gros yeux. Ça fait partie de leur travail. Tout comme d’assurer la sécurité de leurs commettants.

Ne nous racontons pas d’histoire; advenant que le MTQ cède aux pressions et sorte des millions de dollars pour payer une partie des coûts du carrefour giratoire Pierre-Laporte/Robitaille, ça ne se fera pas avant un ou deux ans. Ça repousse les travaux loin dans le temps. Des travaux qui auraient dû être complétés lors de l’ouverture de l’école Eurêka en 2010…

La Ville de Granby demande depuis 1997 que le MTQ modifie cette intersection. Est-ce qu’elle a joué d’imprudence en planifiant le développement résidentiel du secteur avant d’avoir un engagement ferme que Québec paierait sa part pour rendre plus sécuritaire l’intersection? Connaissant la culture du MTQ à pelleter ses dossiers de demandes de subventions en avant, il appert que oui.

Le conseil municipal s’est conduit dans un cul-de-sac. Bien qu’il répugne aux élus de voir la Ville assumer seule la responsabilité d’assurer la sécurité à cette intersection, ils doivent se faire une raison et inclure le projet de carrefour giratoire dans le budget 2015 de la Ville. Le retarder tant que le MTQ n’y participera pas financièrement équivaut à de l’insouciance. Les usagers de Pierre-Laporte et les citoyens du secteur en paient le prix.

Heureusement pour la Ville et le MTQ, les futures victimes d’accidents ne pourront les poursuivre devant les tribunaux pour négligence. Notre système d’assurance automobile est basé sur le no-fault (sans égard de la faute). Les coupables sont pourtant bien identifiés!

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (9)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    décembre 2012
    L Ma Me J V S D
    « nov   jan »
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Archives

  • publicité