Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Politique’

Mercredi 27 juillet 2016 | Mise en ligne à 13h52 | Commenter Un commentaire

Oeillères bromontoise, précision

Dans mon blogue mis en ligne mardi, j’ai affirmé que la Ville de Bromont n’a pas assuré le suivi nécessaire auprès de la Société d’agriculture du comté de Shefford (SACS) pour s’assurer que le site équestre olympique était bien géré. S’il est vrai que la Ville n’a jamais reçu d’états financiers vérifiés de la SACS, elle assure avoir obtenu des «avis au lecteur». Ces documents financiers, qui précisons-le ne sont pas validés par un comptable agréé, démontraient que le site était bien géré, soutiennent la mairesse Pauline Quinlan et le directeur général de la Ville, Jean Langevin. Je ne peux donc prétendre, disent-ils, que la Ville a donné aveuglément des subventions à la SACS sans s’informer de ses activités.

Un commentaire: l’entente notarié entre la SACS et la Ville pour que cette dernière lui verse annuellement une subvention de gestion pour le site stipule que des états financiers vérifiés devaient être déposés.

Deux questions: les conseillers municipaux qui siègent ou qui ont déjà siégé ont-ils eu accès aux «avis au lecteur» de la SACS avant de lui octroyer ses subventions annuelles? Connaissaient-ils le niveau d’endettement de la SACS?

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Mardi 26 juillet 2016 | Mise en ligne à 16h25 | Commenter Un commentaire

Oeillères bromontoises

La Ville de Bromont a été une contributrice de premier plan dans cet échec en abdiquant ses responsabilités de bon gestionnaire de biens publics. photo Catherine Trudeau La Voix de l'Est

La Ville de Bromont a été une contributrice de premier plan dans cet échec en abdiquant ses responsabilités de bon gestionnaire de biens publics. photo Catherine Trudeau La Voix de l'Est

On retiendra plusieurs choses du rêve avorté de tenir les Jeux équestres mondiaux à Bromont en 2018. Tant de choses ont contribué à transformer le projet en fiasco. Un fiasco annoncé.

D’abord l’absence d’une adhésion de la population pour l’événement. Comme l’écrivait avec justesse le collègue Michel Tassé samedi, le manque d’intérêt de la part des citoyens a compliqué à la puissance 10 le travail des organisateurs. Difficile, dans un tel contexte, de convaincre les commanditaires d’allonger des dollars pour financer ce rendez-vous international.

Des tensions et des rivalités dans le petit monde équestre de la région ont aussi limité la capacité des organisateurs des JEM 2018 à bien faire leur travail. La Société d’agriculture du comté de Shefford (SACS), qui depuis 2005 gère le site équestre olympique où les JEM 2018 devaient se dérouler, n’a pas su (ou voulu) passer à temps le flambeau au Comité organisateur des Jeux équestres mondiaux (COJEM) pour lancer les préparatifs en vue de l’événement en août 2018. Cette relation déjà pénible se complexifiait dès que les discussions portaient sur les rôles de l’un et de l’autre pour la construction du manège intérieur.

Était-ce de la jalousie, une réaction de chasse gardée, un contrôle maladif, de la méfiance, des égos brusqués, une culture du secret ? Le fait demeure que le courant n’a jamais passé entre les dirigeants de la SACS et ceux COJEM. Les premiers s’assoyaient sur la légitimité de leurs années de services à gérer le site, les seconds sur leur mandat d’organiser les jeux. Ce souque à la corde politique n’est pas passé inaperçu dans le petit univers équestre et les officines gouvernementales. Résultat : le financement public attendu d’Ottawa n’est jamais venu et les grandes compagnies traditionnellement associées aux JEM n’ont pas mis de chèques dans la poste à destination de Bromont.

Il ne faudrait pas oublier le rôle de la Ville de Bromont dans ce cafouillage. Elle a été une contributrice de premier plan à cet échec en abdiquant ses responsabilités de bon gestionnaire de biens publics.

Entre 2006, au moment où la Ville a confié la gestion du site équestre à la SACS, et 2015, le conseil n’a pas cru bon s’intéresser de près aux activités de cet organisme même si 76 % du site appartient à la municipalité. Les élus ont continué de verser chaque année des subventions de dizaines de milliers de dollars à la SACS sans lui demander de reddition de comptes. On sait maintenant que ses finances sont instables et qu’elle supporte de grosses hypothèques.

La lecture des états financiers de la SACS ou des rapports annuels de ses activités aurait permis au conseil de constater une situation financière précaire. Mais la SACS n’a jamais déposé de tels documents à la Ville, même si l’entente de 2006 les liant le stipulait.

Plusieurs municipalités versent des subventions aux organismes communautaires sur leur territoire. Elles exigent souvent en retour de subsides de quelques milliers de dollars des rapports financiers. Dans le cas de la SACS, même si les subventions de Bromont ont totalisé 997 180,74 $ depuis 2006, elle n’a rien eu à produire… C’est là qu’a débuté le déraillement des JEM 2018!

Non seulement le conseil municipal de Bromont s’est dédouané de ses responsabilités en confiant la gestion d’un bien public à une organisation privée sans assurer de suivi, mais il a fait preuve de cette inertie pendant près de 10 ans. Des vérifications de base des états financiers de la SACS auraient pu mener à la mise en place de mesures correctrices en plus d’assurer un minimum de transparence dans la gestion de la SACS.

Un conseil plus vigilant, libéré de ses énormes œillères, aurait-il mené à la tenue des Jeux équestres mondiaux en 2018 à Bromont ? Impossible de le dire. Le projet ne serait cependant pas mort-né.

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Vendredi 22 juillet 2016 | Mise en ligne à 16h22 | Commenter Commentaires (5)

Austère trahison

photo Janick Marois

photo Janick Marois

Y’a de ces décisions gouvernementales qu’on ne peut comprendre. Celle de mettre fin à deux subventions totalisant 186 000 $ pour aider la Maison Gilles-Carles à offrir des services de répit à des proches aidants dans la région de Brome-Missisquoi en fait partie.

Quand on parle de désengagement de l’État à l’égard de la population, c’est probablement le meilleur exemple récent.

Incapable de fonctionner sans cette aide, la direction de l’établissement a annoncé jeudi qu’elle fermait ses portes pour dix semaines. Cette annonce est vécue comme une tragédie dans la région où 211 familles de proches aidants bénéficient des nombreux services offerts par la Maison Gilles-Carles, nommée à la mémoire du célèbre cinéaste qui a vécu les 17 dernières années de sa vie avec la maladie de Parkinson.

Au-delà du désarroi ressenti par les familles, cette situation s’apparente à une forme de trahison de la part du gouvernement québécois à l’égard de la région. La philosophie d’austérité qui guide l’action gouvernementale depuis quelques années repose notamment sur une prise en charge des communautés. L’État ne peut pas tout faire, ne peut pas tout payer, se sont-elles fait dire.

La région de Brome-Missisquoi a saisi le message. En 2012, au terme d’une intense campagne de financement, de promotion et de persuasion, le Regroupement soutien aux aidants de Brome-Missisquoi a réalisé une première au Québec en construisant une maison destinée à accueillir des personnes non-autonomes pendant de courts séjours. Le but était de permettre à leurs aidants-naturels, soit leurs filles, fils, sœurs ou frères qui s’occupent d’elles à temps plein, de pouvoir souffler un peu. En 2015, un total de 4013 heures de répit ont ainsi été offertes.

La réussite du projet s’explique par l’implication de toute la communauté :

L’entrepreneur Daniel Bélanger a fait don du terrain où la maison a été bâtie en 2012 (valeur du terrain de 76 000 $, selon l’évaluation municipale);

La Ville de Cowansville, où la maison se trouve, a contribué 25 000 $ pour la construction de l’établissement et lui verse tous les ans l’équivalent des taxes foncières (4317 $ en 2015);

La Fédération des médecins spécialistes a contribué 100 000 $ (l’argent a permis de construire l’ascenseur dans l’établissement);

Le Regroupement soutien aux aidants naturels de Brome-Missisquoi a récolté 60 000 $ lors de sa campagne de financement pour construire la maison (valeur d’environ 350 000 $).

La Caisse Desjardins de Brome-Missisquoi rembourse à l’organisme les intérêts annuels de son hypothèque;

Durant sa dernière année financière, 200 000 $ ont été obtenus en différents dons, dont 100 000 $ de la Fondation Gilles-Carles.

La générosité des citoyens et des institutions n’a pas été la seule au rendez-vous. Cinquante-six bénévoles offrent de leur temps pour que l’établissement puisse remplir sa mission. Ils accompagnent les aidants, font la comptabilité de l’organisme, siègent à son conseil d’administration, s’occupent des campagnes de financement, assurent l’entretien de la propriété.

En 2015, ces bénévoles ont investi 2488 heures pour la cause. Soyons chiche et mettons-les au salaire minimum: la valeur de leur travail s’élève à 26 746 $.

La masse salariale de la Maison Gilles-Carles, qui emploie jusqu’à dimanche à minuit sept employées à temps plein et huit à temps partiel, était de 335 000 $. Le taux horaire varie entre 15 $ et 25 $ de l’heure.

Question aux ministres de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, et à sa collègue ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau : combien coûterait au secteur public la brochette des services offerts par la Maison Gilles-Carles?

Quand les deux ministres auront déterminé quel ministère est responsable de la suppression des deux subventions, espérons qu’ils réaliseront l’ampleur de cette bêtise et s’amenderont en rétablissant le financement de l’établissement.

L’État ne peut, au nom de l’austérité, abandonner une région qui s’est prise en main. Il doit être un fidèle partenaire et respecter son contrat social.

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