Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Politique’

Vendredi 18 novembre 2016 | Mise en ligne à 11h10 | Commenter Commentaires (2)

Les avantages de l’austérité

L’architecte qu’était Paul-O Trépanier, un ancien maire de Granby, aurait applaudi cette réalisation : la bibliothèque qui porte son nom est moderne, lumineuse et accueillante. Une grande réussite ! — photo janick marois La Voix de l'Est

L’architecte qu’était Paul-O Trépanier, un ancien maire de Granby, aurait applaudi cette réalisation : la bibliothèque qui porte son nom est moderne, lumineuse et accueillante. Une grande réussite ! — photo janick marois La Voix de l'Est

L’austérité n’est pas toujours une vilaine maladie en politique. Elle peut pousser à penser différemment, à aborder les choses d’un nouvel angle, à réfléchir autrement, à poser un regard neuf sur une situation donnée, à considérer d’autres options pour atteindre ses buts.

Une visite à la bibliothèque Paul-O.-Trépanier de Granby suffit pour se convaincre qu’il faut parfois prendre un pas de recul pour bien analyser ses besoins. Ce même pas en arrière a permis de découvrir des moyens novateurs de les combler. À un coût fort intéressant: 2,3 millions de dollars, un budget des plus sveltes pour doter la Ville d’une bibliothèque digne du 21e siècle.

L’architecte qu’était M. Trépanier, un ancien maire de Granby, aurait applaudi cette réalisation : la bibliothèque est moderne, lumineuse et accueillante. Une grande réussite !
Même si l’affirmation est galvaudée, on s’aperçoit qu’il est possible d’agrandir par en dedans. Bref, l’appel à l’imagination a non seulement mené à des rénovations réussies, elle se conclut par des économies majeures pour les citoyens.

On se rappellera que la précédente administration penchait pour un déménagement de la bibliothèque municipale dans l’église Notre-Dame, achetée par la Ville à l’automne 2012. La population n’a pas su grand-chose des discussions entourant cette option. Rien sur les coûts en tout cas. Tout s’est pas mal passé à huis clos entre quelques fonctionnaires et élus. C’est, malheureusement, la culture de la Ville quand de gros projets sont à l’étude.

Transformer la vénérable église de la rue Principale en bibliothèque municipale était une idée audacieuse. Nul doute que le tout aurait été spectaculaire, grandiose. Le hic est que les coûts auraient été tout aussi spectaculaires, sans doute plus élevés que 2,3 millions de dollars.

Il est toujours ardu de convaincre une majorité de citoyens de l’importance d’investir dans la culture. Proposer des projets dispendieux, c’est leur donner d’autres raisons de s’opposer à ce que les municipalités injectent de l’argent dans ce domaine.

Un conseil municipal a le droit de rêver. Mais pas en couleurs. Et pas si une alternative moins coûteuse est possible.
Rénover les locaux de la bibliothèque au lieu de transformer l’église Notre-Dame à cette fin s’est avéré une sage décision des élus actuels.

***

Petite suggestion : pour bien mettre en valeur le magnifique sarcophage romain installé dans le hall d’entrée de la bibliothèque, un texte explicatif est nécessaire. On comprend mal pourquoi les responsables de la Ville ont choisi d’expliquer l’origine de cette précieuse antiquité en collant le texte sur la grande baie vitrée du hall. Pour le lire, il faut être à l’extérieur et se placer en plein dans le stationnement…

Il faudrait aussi que les coupons du système automatisé confirmant le retour des livres empruntés soient en français.

L’ancienne quincaillerie a été transformée avec goût et intelligence en un lieu de lecture, de rencontres et de découvertes. photo La Voix de l'Est

L’ancienne quincaillerie a été transformée avec goût et intelligence en un lieu de lecture, de rencontres et de découvertes. photo La Voix de l'Est

Des félicitations sont également de mise pour le conseil de Cowansville. Les membres du conseil ont eu la sagesse de mettre de côté 150 000 $ par année pendant cinq ans dans une réserve pour acheter l’édifice qui accueille la bibliothèque Gabrielle-Giroux-Bertrand.

La Ville est officiellement devenue propriétaire en octobre de l’ancienne quincaillerie transformée avec goût et intelligence en un lieu de lecture, de rencontres et de découvertes.

On reproche souvent aux politiciens de gouverner à courte vue. Le conseil de Cowansville a fait la preuve qu’il est possible de bien planifier à moyen terme. Il est possible pour les municipalités de vivre selon leurs moyens tout en offrant des services de qualité dans de beaux et bons bâtiments. Les bibliothèques des deux villes-centres de la région le prouvent.

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Mercredi 9 novembre 2016 | Mise en ligne à 14h13 | Commenter Un commentaire

Sombre option

Donald Trump a reçu l'appui des oubliés d’une société qui carbure à la création de richesse, mais qui rechigne à la partager. photo La Presse

Donald Trump a reçu l'appui des oubliés d’une société qui carbure à la création de richesse, mais qui rechigne à la partager. photo La Presse

Le type est xénophobe.

Il est misogyne.

Il s’oppose à l’avortement.

Il est menteur.

Il aime provoquer et insulter.

C’est un va-t-en-guerre.

Qu’importe, Donald Trump sera assermenté le 20 janvier comme 45e président des États-Unis. Ça nous concerne parce que chacune de ses décisions aura un impact sur nous. Pas pour le mieux.

Son élection mardi soir était totalement inattendue des élites, des sondeurs et des médias. Les analyses de ces derniers expliquant pourquoi ce rustre ne pouvait être envoyé à la Maison-Blanche exposaient sans ambages son incompétence pour le poste, ses failles, ses mensonges, ses dérives. C’était leur responsabilité de faire ressortir toutes les raisons pour lesquelles il n’était pas fait pour occuper cette fonction.

Les faits, exemples et témoignages étalés dans les médias pendant des mois durant n’ont pas suffi à convaincre l’électorat de lui tourner le dos.
On s’est tous trompés. Par aveuglement, par refus de croire que des gens le moindrement intelligents et sensés puissent lui confier les clés de la présidence américaine. On n’a pas mesuré l’écœurantite aiguë de toute une classe de citoyens. Ces gens en avaient assez des promesses récitées tous les quatre ans par les candidats des deux grands partis. Ils ont choisi M. Trump, pour qui le Parti républicain n’était qu’un véhicule pour présenter sa candidature, afin que les choses changent.

Les États-Unis forment un pays unique, riche en ressources naturelles, en ressources humaines, en rêves, en percées technologiques. On oublie que ce pays est aussi champion des inégalités sociales. Quiconque a voyagé un peu à travers différents États a pu constater la pauvreté dans les milieux ruraux. Ces gens n’ont cure des indices économiques sur le chômage et des investissements servis durant toute la campagne électorale indiquant que le pays se porte très bien. Leur réalité est tout autre. Ils travaillaient naguère dans les industries automobiles, de l’acier et des mines. Ils ont perdu des emplois bien rémunérés. Ils sont maintenant sans emploi ou occupent des boulots mal payés, peinent à joindre les deux bouts et n’entrevoient rien dans l’avenir les encourageant à espérer pour eux et leurs enfants une vie meilleure. Ils sont les grands oubliés d’une société qui carbure à la création de la richesse, mais qui rechigne à la partager.

Ces gens attribuent leurs malheurs à l’establishment financier et politique. Alors quand tous les représentants de ce milieu se dressent devant un candidat comme M. Trump, c’est qu’ils cherchent à protéger leurs acquis, concluent nombre de citoyens. Il presse d’apporter des changements, disent-ils. Pour eux, parce qu’il est rejeté des élites, M. Trump incarne ces changements.

Difficile de ne pas noter l’incroyable ironie de leur choix : le type est milliardaire, issu de l’establishment économique new-yorkais, ne paie pas ses impôts, a licencié des milliers de personnes dans ses entreprises. On n’imaginait pas que des oubliés du système veuillent d’un tel porte-étendard. Et pourtant.

On doit accepter leur choix de placer le destin de leur pays entre les mains de M. Trump. Ainsi va la démocratie. Leur désespoir est tel qu’ils ne voyaient aucune autre option pour que l’Amérique retrouve sa grandeur, comme le dit le slogan de leur candidat, et qu’ils accèdent enfin à la terre promise du rêve américain. Que leur champion soit habité de valeurs de haine et de rejet de l’autre ne semble pas les inquiéter. Certains, malheureusement, adhèrent entièrement à sa philosophie.

En s’adressant à ses partisans la nuit dernière, M. Trump a appelé les Américains à s’unir. Comment réussira-t-il à se réconcilier avec les millions de ses compatriotes qui sont des femmes, des immigrants ou des Américains de confession musulmane après les avoir insultés et intimidés par ses paroles et gestes ?

L’option Trump est teintée d’une grande noirceur et construite sur des promesses illusoires de prospérité. Il est terrifiant qu’il puisse maintenant la propager au nom de la plus puissante démocratie au monde !

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Jeudi 27 octobre 2016 | Mise en ligne à 8h31 | Commenter Aucun commentaire

Incurie et aqueduc

Le ministère de l'Environnement autorise la construction de réseaux d'aqueduc privés, mais se pousse quand des problèmes surviennent. photo archives La Voix de l'Est

Le ministère de l'Environnement autorise la construction de réseaux d'aqueduc privés, mais se pousse quand des problèmes surviennent. photo archives La Voix de l'Est

Apprendre coûte parfois cher. Cette vérité de La Palice touche les citoyens de Granby. Ils verront 2,25 millions de dollars de leur argent s’envoler parce qu’une précédente administration municipale s’est commise auprès d’un promoteur immobilier proposant un projet qui, dès le départ, était au mieux douteux.

La Ville versera ce montant à Joël Neault parce qu’elle a décidé de ne pas prolonger son réseau d’aqueduc au bout de la rue Fréchette pour desservir les terrains de son futur projet immobilier. L’homme d’affaires est d’avis que le précédent conseil s’est engagé à ce que la Ville desserve ses terrains. Il a intenté une poursuite de 11,5 millions de dollars à titre de compensation pour ses pertes encourues. Le présent conseil, voulant éviter tout risque d’être condamné, lui a sagement offert de régler ça en dehors d’une salle de cour.

Ça n’empêche pas que cette affaire masque une incroyable incurie du ministère de l’Environnement mêlée d’une naïveté navrante de l’ancien conseil, dont quelques membres siègent encore, notamment le maire Pascal Bonin.

Dans les faits, l’objectif premier du prolongement du réseau d’aqueduc était de fournir de l’eau potable aux 29 ménages de la rue Fréchette. Le puits qui alimente le réseau privé d’aqueduc, construit par M. Neault, s’est tari en 2009, les privant d’eau potable. Autre fait : la Ville est intervenue, à la demande du ministère de l’Environnement, pour s’assurer que les citoyens touchés peuvent avoir accès à de l’eau. Depuis, le puits est fréquemment rempli par des camions-citernes d’eau provenant de l’usine de filtration de la Ville.

Cette saga trouve ses origines dans la décision du ministère de l’Environnement au début des années 2000 de permettre à M. Neault de construire un réseau privé d’aqueduc pour son projet les Verrières Saint-Alexandre. Une première dans l’ancien Canton de Granby pour des maisons, m’a expliqué mercredi Yvan Degré, inspecteur de la municipalité à cette époque. L’administration du maire Louis Choinière privilégiait plutôt des terrains de 3000 mètres carrés avec puits. «C’est plus simple pour une municipalité qui n’a pas d’aqueduc quand tout le monde a son propre système», a-t-il dit. «C’est moins contraignant» en cas de problème, a-t-il ajouté.

Le Ministère a donc permis à M. Neault d’aller de l’avant avec son projet immobilier comprenant un réseau privé d’aqueduc. Moins de dix ans plus tard, le puits ne fournit plus assez d’eau. Entre à nouveau en scène le ministère de l’Environnement qui demande à la Ville par ordonnance d’intervenir. D’abord, elle s’assure régulièrement de remplir le puits. Puis, elle commence une prospection d’eau dans le sous-sol du secteur. En dépit de ses efforts et de dizaines de milliers de dollars investis, elle ne trouve aucune nouvelle source capable d’alimenter le réseau d’aqueduc.

La seule solution possible était de prolonger le réseau de la ville à partir du boulevard David-Bouchard vers, rappelons-le, les terrains et maisons construites et vendues par M. Neault. Une distance de deux kilomètres sépare les deux réseaux d’aqueduc. Coûts estimés par la Ville : plus de 7,3 millions $.

Le promoteur Neault y voit la solution parfaite. Il pourrait alors poursuivre son projet immobilier en vendant des centaines de terrains desservis par l’aqueduc de la Ville. Reste à savoir qui aurait payé pour les deux kilomètres de tuyaux et d’excavation.

La règle d’or dans le monde municipal est que les riverains assument au minimum la moitié de la note. Petit problème ici : ils ont tous des puits qui fonctionnent parfaitement…
Le conseil a finalement réalisé l’iniquité du scénario et a abandonné en février le projet. Mais le mal était fait puisque le promoteur, avec l’assentiment du conseil en 2012, avait commencé à lotir ses terrains. Dans une résolution, le conseil indiquait que les terrains seraient desservis par ses réseaux d’aqueduc et d’égout… Une erreur majeure causée par un manque de prudence et de réalisme de l’administration municipale.

Ce mauvais film porte la signature du ministère de l’Environnement. D’abord pour avoir permis la construction d’un réseau d’aqueduc privé, puis pour avoir exigé que la Ville fournisse de l’eau aux familles concernées et enfin pour l’avoir laissée tomber dans la recherche de solutions. Malgré une responsabilité évidente dans ce fiasco, le Ministère ne déboursera pas un sou des 2,25 millions de dollars versés au promoteur…

Ce n’est pas la première fois que le ministère de l’Environnement pellette un tel problème dans la cour d’une municipalité. C’est même devenu son motus operandi. On l’a vu à Brigham où des problèmes de qualité de l’eau ont été signalés dans un réseau privé d’aqueduc dont le propriétaire ne veut plus s’occuper. Et c’est ce qui se trame dans le secteur de West Brome où le propriétaire des terrains d’un parc de maisons mobiles est incapable de payer pour réparer son système d’égout. Dans les deux cas, le Ministère s’en est lavé les mains, refilant la responsabilité de corriger le tout aux municipalités.

L’imputabilité est un concept qui lui échappe!

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