Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Politique’

Mercredi 7 janvier 2015 | Mise en ligne à 15h51 | Commenter Commentaires (46)

Dangereux amalgames

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Les musulmans ne sont pas des terroristes. Les extrémistes islamiques le sont. Et exiger des musulmans qu’ils dénoncent les actes meurtriers commis par des fous, comme le fait une frange grandissante d’individus en colère, n’empêchera aucunement d’autres illuminés à répandre la terreur au nom d’Allah. C’est une forme d’intimidation à l’endroit de nos concitoyens.

Les amalgames sont toujours boiteux. Et presque toujours dépourvus de sens logique. Lorsque l’Armée républicaine irlandaise faisait exploser des pubs à Londres dans les années 80, a-t-on accusé les catholiques irlandais de terrorisme? Non. On savait qui se cachait derrières ces gestes infâmes: des extrémistes.

Pourquoi stigmatise-t-on les musulmans après un attentat signé par Al-Qaïda ou l’État islamique — surtout quand ça se produit quelque part en Occident? Pourquoi interpelle-t-on les leaders de leurs communautés, leurs imams, pour qu’ils dénoncent publiquement ces barbaries? Que peuvent-ils faire contre le barbarisme?

Le seul fait de les mettre au défi de condamner publiquement ces actes, c’est de les associer à ces meurtres sans autre preuve qu’ils sont de foi musulmane. Ça somme comme étant de l’islamophobie.

Demande-t-on à tous les hommes, après qu’elle femme ait été violée, de dire publiquement qu’il s’oppose au viol et à toutes violences faites aux femmes? Évidemment non. D’ailleurs, quelle serait la valeur d’une telle prise de position?

L’Important n’est-il pas que les hommes éduquent leurs fils à respecter les femmes, les aimer, les chérir? Encore plus, à mettre en pratique tous les jours ce qu’ils enseignent. L’affirmer publiquement ne suffit pas.

Les meurtres gratuits de caricaturistes, de journalistes et de policiers dans les locaux de Charlie Hebdo ce matin à Paris par des extrémistes islamistes nous rappelle cruellement que nous vivons dans un monde dangereux. Il n’existe qu’une seule façon de s’opposer à la violence des extrémistes: en réaffirmant nos droits et en garantissant que chaque citoyen, peu importe sa confession religieuse, possèdent les mêmes droits.

Il s’en est trouvé au Québec, après cet horrible drame, pour réclamer une charte des valeurs. De grâce, délivrez-nous de ces sots.

Les Québécois ont rejeté cette façon rétrograde de voir le Québec. Ils ont refusé de s’enfermer dans la peur de l’autre. On peut certes plaider que le Parti libéral a berné les électeurs à bien des chapitres durant leur campagne électorale, mais son refus d’engager le Québec dans une chasse aux musulmans doit être applaudi.

Ce qui importe en ces temps incertains, c’est de garantir la liberté sous toutes ses formes. À commencer par la liberté d’expression. Jean-François Nadeau, directeur adjoint de l’information du Devoir, l’a souligné avec justesse ce matin sur les ondes de Radio-Canada. Il a rappelé que les artisans de Charlie Hebdo, notamment son ami Stéphane Charbonnier (alias Charp), proposaient des idées pour voir le monde différemment et une approche différente de l’information par l’usage de la satire. Ces meurtres, a-t-il affirmé, sont une «attaque contre une forme différente de pensée.»

L’œuvre de victimes et leur genre journalistique ne disparaitra pas, assure M. Nadeau. «Ça serait bien bête de penser ça. Ça serait croire qu’on peut supprimer des idées en supprimant les gens qui les portent. Je crois au contraire que ça va être un élan supplémentaire pour les idées que défendaient Charp, des idées très républicaines, de idées de libertés. (…) C’est une façon extraordinaire pour que ses idées rebondissent dans le temps et de leur assurer une forme d’immortalité», a-t-il dit au micro de Marie-France Bazzo.

Les islamistes ne toléraient pas le travail des artisans de Charlie Hebdo. «C’est évidemment la façon la plus brutale de faire taire quelqu’un, mais c’est de loin la façon la moins intelligente, c’est bien sûr», a dit M. Nadeau. Pour le journaliste, on ne peut faire taire la parole publique. «Ce qui est important, c’est de concevoir que dans une société comme la nôtre, qu’on puisse se battre pour que les gens aient le droit de dire ce qu’ils veulent dire. C’est le principe de Voltaire : ‘’Je suis contre ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire.’’»

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Mercredi 17 décembre 2014 | Mise en ligne à 11h02 | Commenter Aucun commentaire

Coiteux et le Père Noël

Une autre perle aujourd’hui dans nos pages signée Serge Paquette.

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Pardonnez-moi de le répéter, mais La Voix de l’Est mise sur un des meilleurs caricaturiste au pays.

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Jeudi 11 décembre 2014 | Mise en ligne à 14h19 | Commenter Commentaires (10)

Crétins et vue de l’esprit

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Le ministre Affaires municipales Pierre Moreau incarne un nouveau type de politicien: baveux oui, mais équipé d’un franc-parler. Il appelle un chat, un chat. Rarement un ministre québécois nous a-t-il habitué à dire les choses aussi clairement. Aussi, quand il pourfend les municipalités qui haussent les comptes de taxes foncières de leurs contribuables, il a raison. Mais est-il bien placé pour leur faire la leçon?

Les Villes de Laval et de Longueuil viennent d’annoncer des hausses de taxes foncières de 3,2 % et de 3,9 %. Les deux administrations disent n’avoir pas le choix pour faire face aux compressions de Québec les privant de revenus qu’elles attendaient, conséquence du nouveau Pacte fiscal paraphé cet automne avec les municipalités. En signant l’entente, le monde municipal acceptait que 300 millions de dollars de transferts étatiques lui étant destinés disparaîtraient. M. Moreau y voit un engagement des municipalités à faire leur part pour redresser les finances publiques du Québec… sans fouiller dans les poches de leurs citoyens.

Pour marquer son dégoût des hausses de taxes décrétées à Laval et Longueuil, M. Moreau pointe les surplus de ces deux grandes villes: 117 millions de dollars pour Laval, 17,5 millions de dollars pour Longueuil. Une situation «scandaleuse», soutient-il. La solution des municipalités n’est pas d’augmenter la charge fiscale des citoyens, insiste-t-il, mais de puiser dans leur surplus. À défaut de le faire, le ministre menace de retenir des transferts aux récalcitrantes.

La «relation» qu’entretient Québec avec ses municipalités est très particulière. Elle n’a rien d’égalitaire. La sortie de M. Moreau et le dernier pacte fiscal le démontrent bien; comment une partie peut-elle accepter que sa «partenaire» renie ses engagements fiscaux sur le remboursement de la taxe de vente et en plus élimine 300 millions de dollars de ses transferts? La réalité, bien que triste pour le monde municipal, est toute simple à comprendre: Québec dicte, les municipalités suivent. Tant que leur seule source de revenus va se limiter aux impôts fonciers, elles seront à la merci du créateur. Rien ne présage des jours meilleurs pour elles, le gouvernement n’ayant aucun intérêt à changer la donne. Tous les prétextes continueront d’être bons pour leur refuser un accès fiscal plus large.

Ce qui est remarquable dans l’attitude du ministre Moreau, c’est son parti pris pour les «payeurs de taxes». Laissez-les en paix, urge-t-il à l’intention des municipalités. Enfin une voix forte se fait entendre. Un beau vœu. Peut-être devrait-il formuler le même à l’endroit de son propre gouvernement…

On ne reviendra pas ici sur les engagements électoraux brisés des libéraux — trop long à énumérer. Ils ont fait leur choix: la lutte au déficit passe avant tout. Mais M. Moreau ne peut à la fois blâmer les décisions d’administrations municipales qui affectent le portefeuille de leurs commettants et continuer de servir dans un gouvernement qui fait la même chose. Il faut assumer ses gestes et ses décisions. Les citoyens ne sont pas des crétins, comme il le dit si bien.

Le mérite de M. Moreau est de mettre sur la table des données précises sur les finances des municipalités. C’est aux citoyens et aux médias de s’en inspirer et de poser des questions aux élus municipaux. Et à ceux-ci d’y répondre. Ils ont toute la légitimité de gouverner. Ça vient également avec le devoir de s’expliquer.

Si le franc-parler du ministre l’honore, son côté intimidateur gâche l’ensemble de l’œuvre. Menacer les municipalités de couper encore plus leurs vivres n’est pas digne d’une personne avec autant de responsabilités. On le paie pour qu’il trouve des solutions par pour être le goon de la cour d’école.

Ça semble être une tactique bien libérale que de lancer des ultimatums pour forcer un changement de cap. Le ministre de l’Éducation Yves Bolduc y a eu recours à quelques reprises avec des commissions scolaires. Ça n’a provoqué aucune entente, seulement des querelles.

Et ce n’est pas une vue de l’esprit, comme dirait le premier ministre Couillard.

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