Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Politique’

Lundi 15 juin 2015 | Mise en ligne à 15h56 | Commenter Commentaires (3)

Déry et le Boys Club

photo La Presse

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Si on s’interroge encore sur la volonté réelle des partis politiques de tout mettre en oeuvre pour que des femmes soient élues sous leur bannière, le Parti conservateur du Canada vient de dissiper tout doute en envoyant sa «candidate-vedette» Pascale Dery dans la circonscription de Drummond. Ses chances de l’emporter sont improbables, au mieux ténues.

Ce parachutage est tellement gros — l’ancienne journaliste de TVA habite au coeur de l’île de Montréal, dans l’ultra-cossue Ville de Mont-Royal — qu’il deviendra assurément un enjeu électoral dans cette petite communauté semi-rurale du coeur du Québec. Comment Mme Déry pourra-t-elle se libérer de son image de citadine de la grande ville et clamer pouvoir défendre à Ottawa les intérêts des gens du coin? Que connaît-elle de cette région? De ses habitants? De sa culture? De son économie? Rien. Et emménager dans un petit pied-à-terre à Drummondville n’y changera rien.

Drôle de décision pour le PCC d’expédier une candidate intéressante si loin de chez elle (112 kilomètres sépare son domicile de la circonscription où elle tentera de se faire élire le 19 octobre). Certes, Mme Déry a perdu la course à l’investiture du PCC dans la circonscription qu’elle habite (Mont-Royal). Mais n’y avait-il pas une circonscription libre ailleurs dans l’île de Montréal, sur les rives Nord ou Sud? Aux dernières nouvelles, les conservateurs n’en détenaient aucune dans la grande région de Montréal. N’aurait-ce été une belle occasion pour eux de tenter une percée dans ces secteurs avec Mme Déry, une jeune et intelligente professionnelle? Disons que ça changerait des candidatures d’hommes qui ont comme fait d’armes leur membership dans des chambres de commerce…

La montagne à gravir pour Mme Déry est énorme: en 2011, le candidat conservateur Normand Bernier a récolté 15,9 % des voix, selon les résultats d’Élections Canada. Il a terminé derrière l’éventuel gagnant, le néo-démocrate François Choquette (51,6 %), et le député sortant, le bloquiste Roger Pomerleau (22 %).

Mme Déry joue gros. Elle a accepté de quitter un travail stimulant et payant pour défendre ses idées devant le peuple. Elle aurait été en droit de s’attendre à plus de considération et d’aide de sa famille politique.

Le PCC aurait-il agi de la sorte avec une «vedette» masculine? On en doute.

Les partis politiques demeurent des Boys Club!

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Mardi 2 juin 2015 | Mise en ligne à 15h59 | Commenter Commentaires (2)

Un chaleureux économiste

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Le Québec a perdu un grand bâtisseur en Jacques Parizeau. On l’a connu comme ministre des Finances dans le gouvernement de René Lévesque puis comme premier ministre. Mais on oublie que plusieurs grandes réalisations de l’État québécois portent sa signature dont la création de la Caisse de dépôt et placement et de la Société générale de financement.

Dans le concert d’éloges entendus depuis l’annonce de sa mort, j’ai appris que son legs comptait également l’adoption de la Loi sur l’équité salariale et la perception automatique des pensions alimentaires. On entend souvent les hommes politiques faire la promotion des droits des femmes. Mais combien d’entre eux ont mis leurs poids derrière des politiques et des gestes concrets pour faire valoir ces droits?

J’ai eu l’occasion d’interviewer l’ex-chef péquiste à deux reprises: une première fois alors qu’il était chef de l’Opposition en 1993, une deuxième alors qu’il était retourné à une carrière privée en 1998.

Je retiens le souvenir d’un homme rigoureux, excellent vulgarisateur de la chose économique et surtout très chaleureux. Durant mes entrevues, il m’a posé des questions sur ma carrière et a sondé mes opinions sur certaines politiques.

L’un des plus grands avantages d’être journaliste est la rencontre de gens exceptionnels. Ce fut un honneur d’avoir croisé la route de ce monsieur. Peut-on lui pardonner son écart de langage lors de la défaite référendaire de 1995 et se rappeler sa contribution à l’édification de la société québécoise?

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Lundi 20 avril 2015 | Mise en ligne à 15h56 | Commenter Un commentaire

Un tour de manège

Le manège équestre projeté à Bromont en pleine zone rurale ressemble à un magasin Cosco.

Le manège équestre projeté à Bromont en pleine zone rurale ressemble à un magasin Cosco.

La Ville de Bromont devrait peut-être repenser son slogan. Parce qu’elle est toute sauf branchée sur les intérêts de sa population. Les opinions et attentes de promoteurs semblent l’intéresser plus que celles de ses commettants. Pire, c’est comme si la Ville cherche à écarter ses citoyens de participer à la vie démocratique de leur municipalité.

Le conseil municipal de Bromont vient d’autoriser le Comité organisateur des Jeux équestres mondiaux 2018 (COJEM) à construire un manège équestre de 5853 mètres carrés (63 000 pieds carrés) sur un terrain appartenant à la Ville. Quatre des six conseillers ont accepté les plans soumis, malgré la recommandation du Comité de consultation d’urbanisme de la Ville de refuser le projet. Des professionnels embauchés par la Ville pour analyser le projet arrivaient à la même conclusion que le CCU: le projet présenté va à l’encontre de la règlementation municipale.

La résolution adoptée reconnait qu’un éléphant se trouve dans la pièce: «Attendu que, même si le projet ne répond pas à l’ensemble des objectifs et critères des règlements sur les PIIA (plan d’implantation et à l’intégration architecturale) applicables, que le conseil considère que le projet est conforme à l’intention principale du règlement de distinguer Bromont comme une destination équestre», peut-on lire dans le document.

Les citoyens ont été les premiers à soulever les problèmes des plans du COJEM lors d’une rencontre d’information à la mi-mars: l’immensité de la structure et son aspect architectural détonneront dans ce secteur rural du chemin Gaspé cerné de monts et de forêts. Le manège équestre, un bâtiment sosie de l’architecture des magasins Cosco, transformera radicalement l’endroit.

Ce qui est étrange dans cette décision, c’est que la Ville abdique toutes ses responsabilités de planification du développement de son territoire. Pourquoi ne pas avoir demandé des modifications au COJEM pour un bâtiment qui s’harmoniserait mieux avec l’environnement? Les CCU demandent souvent aux promoteurs de revoir leurs plans pour qu’ils respectent ou s’approchent des règlements en vigueur.

Une ville peut refuser votre projet de cabanon au simple motif que le pignon est trop haut ou que le bâtiment est trop près du voisin. Existe-t-il à Bromont des règles pour le contribuable et des règles pour les promoteurs? Y pratique-t-on la philosophie du deux poids, deux mesures?

Difficile de ne pas voir dans cette décision du conseil un parti pris à l’égard du COJEM. Les élus seraient-ils aveuglés à ce point par l’ampleur de l’évènement qui s’amène qu’ils en ont perdu leur sens critique?

Cette décision du conseil suscite un autre malaise, plus profond encore que son apparence d’acoquinement avec le COJEM. Pourquoi le conseil a-t-il choisi une assemblée extraordinaire pour régler ce dossier?

Les propos la mairesse Pauline Quinlan sur un possible manque de communication entre les services du greffe et des communications expliquant pourquoi les citoyens n’ont pas été avisés de la tenue de cette assemblée spéciale sont inélégants. Elle tente de faire porter le blâme par des fonctionnaires.

L’importance de ce projet, suivi de près par une grande partie de la population, exigeait que le conseil en dispose lors d’une assemblée régulière du conseil, pas en cachette. Surtout que rien ne pressait, les Jeux équestres n’ayant lieu qu’en 2018.

Pourquoi fait-on des consultations publiques? Pourquoi la Ville de Bromont a-t-elle un CCU? À quoi servent les règlements d’urbanisme? Pourquoi la démocratie?

La politique bromontoise est-elle devenue un grand… manège?

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