Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Politique’

Mardi 5 janvier 2016 | Mise en ligne à 17h08 | Commenter Commentaires (2)

Crédibilité recherchée

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La crédibilité d’administrations municipales et de santé sera sérieusement testée en 2016. Des conseils municipaux devront démontrer s’ils ont la capacité de reconnaitre leurs errements et la volonté d’y remédier. Et les administrateurs de nos services de santé devront trouver de vraies solutions au manque de médecins de famille.

Tour d’horizon de quelques enjeux qui attendent nos entités publiques.

De toutes les municipalités dans la région, la Ville de Bromont est celle qui a le plus de chemin à parcourir pour recouvrir un brin de crédibilité. En 2015, en grande partie grâce au travail du collègue Jean-François Guillet, on a appris que des documents névralgiques n’avaient pas été remis aux élus municipaux avant une prise de décision cruciale sur le projet résidentiel du Val 8. Puis on a su que ce même conseil, depuis 10 ans, verse des subventions à la Société d’agriculture du comté de Shefford, qui gère le centre équestre, sans que cet organisme ne soumette ses états financiers vérifiés au conseil.

Il est clair que des choses clochent à l’hôtel de ville. Est-ce la direction générale qui manque de transparence en informant mal les conseillers? Est-ce les élus qui ne sont pas outillés pour poser des questions ou exiger de voir des documents? Peut-être est-ce les deux!

Existe-t-il un lien entre ces problèmes et le passage en décembre de l’Unité permanente anti-corruption à Bromont?

Les citoyens de Bromont auraient intérêt à se montrer vigilants en 2016.

•••

En 2016, le conseil de la Ville de Granby doit trouver un moyen de mettre fin à la crise des allocations de transition. Elle est en train de miner le lien de confiance entre les élus et la population. Peu importe sous quel angle on l’analyse, l’allocation de transition, que la Ville verse à un élu qui quitte volontairement ou non son poste, est indéfendable. Il s’agit d’un salaire déguisé.

Lors de l’élection partielle dans le quartier 3, les six candidats au poste laissé vacant par Pierre Breton ont été maintes fois interpellés par des citoyens sur cette question. Ils ont tous dit que cette allocation devait être abolie. Devant le tollé, que pouvaient-ils répondre d’autre?

Il est assez paradoxal que des personnes non élues soient au front sur cette question alors que les élus évitent d’y aller… L’élection partielle dans le quartier 6, devenue nécessaire en raison du départ du conseiller Serges Ruel, tournera aussi autour du débat sur l’allocation de transition. Les quatre candidats en lice devront faire face au même mécontentement des citoyens. Et tous les quatre, prédisons-nous, s’afficheront contre l’allocation.

Espérons que les élus verront la lumière et aboliront ce cadeau qu’ils s’offrent.

•••

Dès mars, il ne sera plus possible pour une personne sans médecin de famille dans le grand Granby (plus de 80 000 personnes) de se présenter dans une clinique sans rendez-vous pour consulter un docteur. Le seul toubib qui offre encore ce «service, le Dr Luc Lasnier, passera au privé, laissant derrière lui 8000 patients.

Qui s’occupera de ses patients? Quels impacts cela aura-t-il sur l’urgence de l’hôpital de Granby? Sur le temps d’attente déjà inacceptable? Risque-t-on de boucher encore plus la seule porte d’entrée restante de ces gens dans le système de santé?

On n’en sait rien. Les patrons du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie et Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, la nouvelle mégastructure institutionnelle créée pour gérer tous les établissements en Estrie et dans l’est de la Montérégie, se sont défilés de leurs responsabilités en refusant nos demandes d’entrevue.

D’un problème alarmant, ça devient un problème terrifiant. Déjà en septembre 2011, 4761 personnes dans la MRC de la Haute-Yamaska n’avaient pas de médecin de famille. En octobre dernier, on en comptait plus de 7000. Dès 2005, pourtant, les autorités promettaient de s’y attaquer…

Les seules réussites des dirigeants du ministère de la Santé concernent les fusions des organisations. Mais qu’a gagné la population de la MRC de la énième fusion dans le réseau de la santé? Rien jusqu’à présent. Le seul bénéficiaire de ce regroupement, qui a vu déguerpir à l’autre bout de l’autoroute 10 les dernières miettes de pouvoirs décisionnels que nos gestionnaires régionaux avaient, c’est le système lui-même. On fusionne, on restructure, on renomme, on éloigne Monsieur et Madame Tout-le-monde des responsables du système.

Leur stratégie de reconfigurer les structures permet d’étouffer les revendications des citoyens, de passer outre leurs droits, de regarder ailleurs quand un jalon s’écroule.

Souhaitons qu’ils proposent de vraies solutions en 2016.

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Samedi 19 décembre 2015 | Mise en ligne à 17h43 | Commenter Aucun commentaire

Promoteurs du Far West

photo Janick Marois

photo Janick Marois

Les promoteurs des Boisés Martel, un important projet de construction résidentielle au sud de Granby, viennent de réécrire le grand guide du service à la clientèle. Au lieu d’entendre les doléances de leurs clients au sujet du mauvais état de la rue Richard-Frost, un chemin de terre accédant à leur quartier, les promoteurs exigent qu’ils cessent de s’en plaindre à la Ville. À défaut de quoi, ils menacent de fermer cet accès.

Ouf ! Même le département de service à la clientèle de Bell n’affiche pas un tel mépris envers ses clients…

Dans ses explications à ma collègue Marie-France Létourneau cette semaine, le porte-parole des promoteurs, Daniel Touchette, explique que le chemin emprunté par les résidants pour accéder à la rue Mountain est privé. Il a été aménagé pour permettre aux camions à bennes de circuler. Mais plusieurs résidants du secteur l’utilisent également pour accéder au centre-ville ou encore à l’autoroute 10. Une situation que les promoteurs tolèrent, dit l’homme d’affaires.

Dès qu’une trentaine de terrains auront trouvé preneur dans un autre secteur du nouveau quartier, soutient M. Touchette, des travaux pour prolonger les réseaux d’aqueduc et d’égout seront entrepris sur la rue Richard-Frost, dont la pose de bitume. La rue sera ensuite cédée à la municipalité, comme le prévoit l’entente entre les parties. D’ici là, les résidants sont invités à se la fermer, si on lit bien entre les lignes de la lettre envoyée récemment aux résidants de la part des Boisés Martel.

Au-delà du ton inapproprié de la part des promoteurs envers leurs clients, leur attitude nous rappelle que la soif des profits de certains ne connaît guère de limites.

L’un des principaux attraits de ce secteur est sa proximité à un accès direct au centre-ville et un autre vers l’autoroute 10. Les promoteurs ont d’ailleurs recours à cet argument pour vendre leurs terrains. Comment expliquer autrement l’immense panneau aux couleurs des Boisés Martel (avec numéro de téléphone et adresse internet) érigé justement à l’entrée de la rue Richard-Frost ? Cette intersection est tellement fréquentée que trois panneaux annoncent aussi des visites libres des maisons bâties par des partenaires des Boisés Martel. Il est clair qu’on les invite à emprunter le chemin de terre… Voyez l’ironie !

Les promoteurs sont-ils vraiment sérieux dans leur menace de fermer ce bout de chemin ? Aucunement. Leur message à leurs clients est d’autant plus pernicieux.

C’est le statut de leurs clients qui pose problème. Les promoteurs se permettent-ils de leur lancer un tel ultimatum parce qu’ils ont déjà payé leur terrain et maison ? Fort probablement. Et que disent-ils aux clients potentiels, ceux qui reluquent un terrain ou une maison dans le quartier en développement, qui posent des questions sur les accès routiers au quartier ? Ils répondent assurément qu’il n’y a aucun problème. Ça frise la fausse représentation !

On notera dans cette affaire que la Ville s’en lave les mains. Que fait-on à l’hôtel de ville des dangers pour les résidants du secteur advenant que les promoteurs décident de fermer l’accès à la rue Richard-Frost ? Avec un seul accès au quartier, comment les ambulanciers, pompiers et policiers pourront-ils y accéder si par malheur la seule artère encore disponible est, peu importe la raison, bloquée ? Et ne voit-on aucun problème au fait que tous les automobilistes du quartier circuleraient sur une seule rue pour en sortir, une rue qui ne compte aucun trottoir ?

Il appartient à la Ville de dresser les règles. Pas aux promoteurs.

On pensait cette ère de Far West révolue !

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Jeudi 26 novembre 2015 | Mise en ligne à 19h52 | Commenter Commentaires (2)

Problème de transition

photo Alain Dion La Voix de l'Est

photo Alain Dion La Voix de l'Est

Les citoyens de Granby ont deux raisons de remercier Serges Ruel. D’abord, parce qu’il a défendu avec conviction la culture à la table du conseil de la Ville. Le maire Pascal Bonin a d’ailleurs souligné son efficacité à faire cheminer les projets culturels. Les citoyens doivent aussi lui dire merci parce qu’il leur offre le meilleur argument possible pour que la Ville se débarrasse de l’allocation de transition accordée aux conseillers qui quittent leur poste : son inutilité.

Parce qu’il démissionne, M. Ruel recevra une allocation de transition de 21 830,02 $. Il touchera aussi une allocation de départ de 7141,83 $ basée sur ses années de services. Donc le vétéran conseiller s’en va avec un chèque de 28 971,85 $ en poche.

Tout ça est légal. Légal parce que prévu dans la Loi sur le traitement des élus municipaux. Celle-ci oblige en effet les municipalités à verser des allocations de départ aux élus qui quittent leur poste. La loi n’oblige toutefois pas les municipalités à leur accorder des allocations de transition. Elles sont libres de le faire ou non. En 2010, les élus du conseil de la Ville de Granby, défiant tout sens logique, ont voté pour s’offrir un tel luxe.

La loi dicte seulement comment le calcul de cette allocation doit se faire : quatre mois de salaire multiplié par le nombre d’années de services, mais sans excéder un an de salaire (l’allocation de dépenses est exclue du calcul). Parce qu’il compte huit ans de service, M. Ruel obtient le maximum. Tout comme Pierre Breton, qui a démissionné au lendemain de sa victoire aux élections fédérales dans la circonscription de Shefford. L’ex-conseiller Breton recevra en plus une allocation de départ de 8336,32 $, selon les données obtenues du service des finances de la Ville.

Lors de l’annonce de son départ, la semaine dernière, M. Ruel a indiqué aux journalistes que l’allocation de transition est un sujet tabou. « Quand on parle de sous, ça dérange toujours », a-t-il affirmé. C’est bien vrai. Ça dérange d’autant plus que le versement d’une allocation de transition à une personne dans sa situation est tout simplement indéfendable.

Qu’on soit à Granby, à Chibougamau ou à Gaspé, le poste de conseiller municipal en est un à temps partiel. Hormis peut-être une personne retraitée, tous les conseillers occupent un travail à temps plein ailleurs. Quand un conseiller quitte son siège, et ce peu importe la raison, en quoi une allocation de transition est-elle nécessaire pour qu’il se « replace » ?

Les conseillers granbyens sont bien payés. Pour ce travail à temps partiel, ils reçoivent un salaire annuel de 32 745 $ (majoré de 2,5 % par année et qui inclut une allocation de dépenses de 10 915 $). La Ville contribue aussi à leur régime enregistré d’épargne retraite et leur paie un iPhone. Le chausson aux pommes sera accordé bientôt !

On peut comprendre la pertinence d’une allocation de transition pour un maire qui ne demande pas de renouvellement de mandat ou qui est défait. Il occupait son travail à temps plein. Une fois sa démission ou sa défaite acquise, le maire perd sa source de revenus sans avoir parfois aucune perspective d’emploi. Dans ces cas, l’allocation de transition est utile.

Revenons à M. Ruel. Il a évoqué avoir des occasions d’emplois à explorer. Il est même très possible que le député Breton l’embauche dans son équipe. Imaginez si ça se produisait. On parlerait alors d’une infinitésimale « transition » vers un nouvel emploi. On parlerait aussi d’un geste irrévérencieux à l’égard de ses anciens employeurs, les citoyens de Granby.

En novembre 2013, lors de son élection à la mairie de Granby, Pascal Bonin avait indiqué qu’il allait s’informer des allocations versées aux élus dans les villes de tailles semblables. Le conseil, disait-il, étudierait ensuite le tout et déciderait si une nouvelle orientation devrait être donnée dans ce dossier.

Le temps est venu pour que les élus réévaluent la pertinence de leur allocation de transition. Si le courage leur fait défaut d’en débattre publiquement, ils peuvent soumettre la question aux citoyens par voie de référendum lors des prochaines élections générales, en novembre 2017. La population leur indiquera comment faire une transition vers le bon sens.

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