Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Général’

Lundi 25 janvier 2016 | Mise en ligne à 18h04 | Commenter Un commentaire

Vol d’idées, perte d’identité

photo Alain Dion La Voix de l'Est

photo Alain Dion La Voix de l'Est

La propriété intellectuelle n’existe pas en politique. Si tel était le cas, les coffres de la Coalition avenir Québec seraient pleins de dollars provenant du Parti libéral. Mais dans cette sphère, le plagiat n’est pas prohibé. Il est même encouragé. Quand le parti au pouvoir flaire une bonne idée dans la cour de ses adversaires, il ne fait ni un ni deux et se l’accapare.

Rares sont les bonnes idées qui naissent du côté gouvernemental. Elles émergent plutôt dans l’opposition, là où les élus et les militants de leurs partis ont le temps de réfléchir sur ce qui ne tourne pas rond autour d’eux, et qui possèdent les coudées franches pour imaginer des moyens de redresser la situation. Fut une époque où le Parti québécois proposait des idées novatrices à pleine pelle. C’est maintenant la carte de visite de la CAQ d’être un pourvoyeur d’idées. Le PLQ, lui, fidèle à son style, garde l’œil ouvert pour faire sien tout projet, idée ou suggestion susceptible de l’aider à rester aux commandes.

François Legault dit accepter cette dure réalité. Depuis 2014, le chef de la CAQ a vu les libéraux s’approprier deux des idées maîtresses de sa formation : son plan maritime et sa refonte du système scolaire réduisant le rôle des commissions scolaires en donnant plus de latitude aux écoles et aux parents.

La CAQ lance une nouvelle idée : que Québec investisse 1 milliard par année sur cinq ans pour aider les entreprises manufacturières à moderniser leurs équipements et à améliorer leur productivité. La mesure stimulerait l’économie, créerait des emplois et assurerait des entrées d’argent au gouvernement pour payer les services à la population. Il faut que les Québécois s’enrichissent, soutient M. Legault. Car ils en ont bien besoin, insiste-t-il.

Il s’agit d’un programme étatique de capital de risques, mais qui se ferait à coût nul pour le gouvernement, calcule M. Legault. C’est donc dire que le remboursement des prêts additionnés aux bienfaits économiques feraient que Québec récupèrerait ses investissements. «Des Québécois plus riches, c’est ce que la CAQ va proposer», a-t-il indiqué aux journalistes.

M. Legault, qui se dit « très inquiet de la situation économique » et de l’absence de stratégies du gouvernement libéral pour renverser la vapeur, invite le premier ministre Philippe Couillard à copier son idée. « Je vais l’applaudir », a-t-il lancé lundi aux journalistes, à Bromont, où son caucus est réuni pour préparer la rentrée parlementaire.

Les scribes ont fait peu de cas de sa proposition ; ils ne s’intéressaient qu’à ses réactions sur le recours par Québecor — et son ancien PDG, Pierre Karl Péladeau — aux paradis fiscaux. C’était certes la nouvelle politique du jour. Mais M. Legault n’avait pas grand-chose à dire sur le sujet, renvoyant les journalistes au chef péquiste. « C’est à lui de répondre », a-t-il répété à quelques reprises.

C’est toujours la même rengaine pour la CAQ : la formation est incapable de se faire entendre. L’avenir ne s’annonce guère meilleur. D’abord, notre système parlementaire confine les tiers partis à des rôles secondaires. Puis le système électoral les empêche d’avoir une députation proportionnelle aux votes obtenus. Un troisième obstacle nuit à la CAQ : sa tergiversation identitaire.

Le parti croit avoir choisi le bon cheval en réitérant son nationalisme vis-à-vis d’Ottawa. Reste à savoir comment se montrer exigeant envers le gouvernement fédéral quand on exclut l’indépendance. Où est le bâton pour être pris au sérieux ? Par la force du nombre, répond M. Legault, en entrevue à La Voix de l’Est. « Le bâton, on va l’avoir quand on va rassembler les nationalistes. Présentement, on est divisés. Ça profite aux gens qui font la promotion du statu quo. »

M. Legault est confiant d’arriver à créer une coalition de nationalistes. « On a réussi dans le passé », a-t-il dit citant l’obtention par le Québec de pouvoirs en matière d’immigration, de formation de la main-d’œuvre et des commissions scolaires linguistiques.

Rassembler les nationalistes, c’est l’idée du PQ. Au tour de François Legault de jouer au brigand !

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur et sur facebook

Un commentaire  |  Commenter cet article






Mardi 15 décembre 2015 | Mise en ligne à 12h19 | Commenter Commentaires (27)

Prononcez Pé Ka Subban, svp!

photo La Presse

photo La Presse

Suggestion surprenante reçue de l’Association pour le soutien et l’usage de la langue française.

La voici:

«De nombreux journalistes et commentateurs de langue française parlent du joueur de hockey Pi-Ké Subban, prononçant ces deux initiales et ce nom selon la phonétique anglaise. Or, l’usage veut que le locuteur dans une langue prononce les noms étrangers selon la phonétique de cette langue afin d’être compris. C’est ce qui explique que, lorsque les journalistes anglophones parlaient autrefois de Jean-Claude Tremblay du club de hockey les Canadiens, ils disaient Gé-Ci Tremblay, aucun d’eux n’ayant jamais songé un instant à prononcer ces deux lettres selon l’alphabet français. Aujourd’hui, leurs successeurs font de même et parlent naturellement de Joustin Trudeau et de Tomusse Molquère.

Le monde des médias de langue française devrait avoir le même comportement que celui de langue anglaise et prononcer, à la française, Pé Ka Subban avec l’accent tonique à la fin du nom. Allez-y donc en français! Votre auditoire francophone vous comprendra.

Cette suggestion est faite dans un but constructif et non pour faire la leçon, est-il besoin de le mentionner. L’écrivain Albert Camus, prix Nobel de littérature 1957, a écrit une phrase qui vous fera comprendre pourquoi nous attachons de l’importance à vos paroles : « Les journalistes : les instituteurs du grand nombre. » Vous voilà investis d’une grande mission.»

Le problème avec cette «suggestion» est que l’ami Subban est anglophone. Donc quel est le mal de prononcer son nom à l’anglaise?

Une question comme ça. Qu’en pensez-vous?

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur et sur facebook

Lire les commentaires (27)  |  Commenter cet article






Jeudi 19 novembre 2015 | Mise en ligne à 23h02 | Commenter Commentaires (4)

Impliquer les municipalités

photo Libération

photo Libération

Le Canada ne réussira pas à accueillir 25 000 réfugiés syriens d’ici la fin de l’année. Ça semble assez évident compte tenu de l’ampleur du défi. Et puis après ?, comme l’affirmait avec justesse cette semaine le député de Québec solidaire, Amir Khadir. L’important, c’est que le Canada, qui semble enfin sorti des limbes diplomatiques où le Parti conservateur le maintenait depuis trop longtemps, redevienne une terre de refuge pour des enfants, femmes, hommes et familles entières fuyant les horreurs de la guerre. C’est ce que la communauté internationale attend de nous.

La promesse de faire venir de l’autre côté de l’Atlantique autant de réfugiés en l’espace d’à peine dix semaines était audacieuse de la part de Justin Trudeau. Les électeurs l’ont appuyé en le portant au pouvoir. Que l’opération prenne plus de temps que promis, ça n’en fait pas une promesse brisée. Il n’est pas ici question de réduire les taxes, mais de sauver des vies, devons-nous nous rappeler.

Il serait quand même sage que le nouveau premier ministre reconnaisse que le défi s’annonce impossible, que le délai sera dépassé. Ça donnerait plus de temps aux différentes entités de son gouvernement, à celles des provinces et des municipalités de tout mettre en place pour que l’opération se déroule le plus rondement possible.

M. Trudeau ne le fera probablement pas, image oblige. Il va garder le cap. C’est peut-être mieux ainsi. On entend déjà trop de politiciens de l’opposition le critiquer. Ils lui reprochent d’être dépassé par les événements, de montrer des signes d’indécision, de désorganisation.

Les attentats de Paris ont donné d’autres arguments aux sceptiques. Et si des terroristes de l’État islamique se glissaient parmi les réfugiés?, demandent-ils. Le court délai que s’est donné le Canada pour accueillir les réfugiés accentue les risques pour sa sécurité nationale. Ça explique sans doute qu’autant de Canadiens ont signé la pétition s’opposant à la venue de réfugiés syriens chez nous.

La sélection des réfugiés par le Canada, les précautions à prendre les concernant et les vérifications à effectuer ne doivent pas servir d’excuses pour retarder ou repousser le début de l’opération humanitaire. Les fonctionnaires fédéraux de l’Immigration travaillent depuis longtemps sur des dossiers de réunification de familles syriennes. Des organisations non gouvernementales sur le terrain, qui s’occupent de milliers de réfugiés, peuvent aider les autorités canadiennes dans leur travail. Les connaissances et l’expertise de tous ces gens doivent être utilisées.

Dans cette opération sans précédent au Canada, le fédéral ne doit pas oublier d’impliquer sans plus tarder ses plus importantes organisations à la maison : les municipalités et les associations communautaires. Leur implication doit être immédiate.

Plusieurs villes, grandes et petites, sont ou seront appelées à faire de la place à nos futurs concitoyens. Quiconque s’intéresse un peu à la politique sait que seules les municipalités peuvent donner efficacement des services de proximité. Le fédéral, après son travail de sélection, s’occupera de transporter les réfugiés au pays et de les héberger quelque temps, notamment sur des bases militaires. Les nouveaux arrivants seront ensuite envoyés dans leur ville d’accueil. Puis le gouvernement central s’éclipsera. Les provinces — avec des subventions d’Ottawa — aménageront des programmes existants pour les aider à s’intégrer dans leur nouvelle communauté.

La réalité, c’est que les villes se retrouveront avec le gros du travail pour assurer un accueil structuré des réfugiés. Elles pourront compter sur des associations communautaires. Ensemble, elles seront à leurs côtés pour qu’ils se retrouvent dans leur nouvelle société. Elles leur donneront des vêtements, les aideront dans la recherche de logements, de travail, à s’inscrire à des cours de formation, accompagneront leurs enfants à l’école, les aideront à faire leurs devoirs. La valeur de tous ces services est inestimable.

La réussite de cette grande opération humanitaire repose sur les municipalités et les associations communautaires. Ottawa doit le comprendre et s’assurer qu’elles ont les moyens financiers de relever ce défi colossal. Le premier ministre doit s’y engager.

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur et sur facebook

Lire les commentaires (4)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    juillet 2016
    L Ma Me J V S D
    « juin    
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    25262728293031
  • Archives