Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Général’

Mardi 29 avril 2014 | Mise en ligne à 15h33 | Commenter Commentaires (5)

Drame et insouciance

photo Alain Dion archives La Voix de l'Est

photo Alain Dion archives La Voix de l'Est

Un drame se prépare à l’intersection du boulevard Pierre-Laporte et de la rue Robitaille à Granby. Tout est en place: une intersection mal adaptée, la quantité croissante de véhicules qui empruntent les deux artères matin et soir et, surtout, surtout, la grande vitesse de leurs conducteurs. De l’accident appréhendé, seul le moment reste à déterminer. Un moment d’inattention, d’impatience ou de hardiesse le décidera.

Quand l’inévitable se produira, s’enclenchera alors un système dont on connaît les rouages perfides dans leurs plus fins détails: élus et décideurs déploreront la perte de vie et les blessures des victimes, s’entendront pour dire qu’une solution doit être mise en place et promettront de travailler de concert pour la trouver et l’appliquer.

Aucun de nos élus et décideurs, cela dit, ne reconnaîtra sa responsabilité dans l’accident pour cause de négligence. Même si tous les indices, données et informations sont connus sur un problème de circulation, rarement les appareils gouvernementaux sont-ils prompts à agir. Ils privilégient la multiplication de rencontres, d’études et d’analyses. C’est le propre de notre système politico-administratif qui encourage la lenteur et interdit que ses acteurs soient imputables de leur inaction.

Le problème de cette intersection n’est pas théorique; il est bien réel. Des citoyens du secteur, inquiets pour la sécurité de leurs enfants, ont interpellé le conseil municipal en janvier. L’affaire est compliquée, leur a-t-on expliqué. La Ville a les mains liées parce que le boulevard Pierre-Laporte est sous la juridiction du ministère des Transports du Québec. Et le MTQ, peu importe que des vies soient en jeu ou non, n’est pas réputé être vite sur ses patins. Résultat, on va devoir attendre au mieux en 2016 avant que l’intersection soit modifiée d’une façon ou d’une autre.

C’est très long. Beaucoup trop long. Des discussions sont engagées depuis 1999 avec le MTQ à propos de cette intersection. On sait depuis 2010 que des nouveaux quartiers résidentiels, comptant des centaines de maisons, seront construits sur les terres Miner. L’arrivée de nouveaux ménages dans le secteur accentuera les problèmes de circulation.

Quatre ans plus tard, comment se fait-il que l’intersection n’ait pas encore fait l’objet de modification pour tenir compte de cet important développement résidentiel? Difficile de ne pas y voir de l’insouciance de la part du MTQ et de la Ville. Ajoutons un manque de poids politique de cette dernière devant Québec (où êtes-vous M. Bonnardel?).

Comment la Ville de Granby peut-elle vendre les terres Miner pour des fins de développement résidentiel, mais demeurer inerte quand vient le temps de s’assurer que les déplacements se feront de manière sécuritaire?

Même la commission scolaire Val-des-Cerfs, qui nous a habituée à des décisions irréfléchies (fermeture de l’école Saint-Benoit), a fait preuve de clairvoyance en érigeant une nouvelle école dans le secteur en 2011 pour répondre à la demande. Pour l’heure, ses élèves habitent du côté est du boulevard Pierre-Laporte. Ils n’ont pas à traverser l’artère. Que se passera-t-il quand de nouvelles maisons seront construites du côté ouest? Comment les enfants traverseront-ils pour aller à l’école? Va-t-on les emmener en autobus scolaire?

C’est difficile, pour ne pas dire, impossible de pousser le MTQ à prendre en considération les demandes des citoyens. Une pétition signée par plus de 900 résidants de Cowansville pour l’installation de feux de circulation sur le boulevard Jean-Jacques-Bertrand (route 139) à l’intersection de la rue Beaumont n’a pas convaincu le MTQ de bouger.

Là aussi, un drame se jouera, craignent les signataires de la pétition.

Des citoyens ont suggéré que la vitesse permise sur le boulevard Pierre-Laporte dans le secteur de l’école Eurêka soit abaissée de 70 à 50 km/h. Le comité de circulation de la Ville a rejeté la demande.

Le président du comité, le conseiller Joël Desmarais, a indiqué que l’intersection avait fait l’objet d’une analyse par le service de police. Aucune problématique particulière n’a été relevée, a-t-il dit.

Suggestion d’activité pour les conseillers municipaux à commencer par M. Desmarais: arrêtez de baser vos décisions uniquement sur des recommandations des fonctionnaires, aussi compétents soient-ils. Allez sur le terrain voir de visu ce dont vous parle vos concitoyens. Allez-y en automobile, à 8h le matin. Essayez de traverser l’intersection. Peut-être alors ressentirez-vous leurs craintes. Et comprendrez-vous qu’un drame va se jouer là tôt ou tard.

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (5)  |  Commenter cet article






Mercredi 12 mars 2014 | Mise en ligne à 12h21 | Commenter Commentaires (7)

Le NPD perdu dans le courrier

Image 27

En politique, le temps de réaction est presque aussi important que la teneur du message.

Reçu trois communiqués du Nouveau parti démocratique depuis une semaine sur les conséquences de la cessation de la livraison à domicile du courrier dans les milieux urbains.

C’est à se demander si cette nouvelle, annoncée le 11 décembre par la direction de Postes Canada, s’est perdue dans le courrier destiné au NPD…

N’est-il pas trop tard pour réagir?

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (7)  |  Commenter cet article






Samedi 1 mars 2014 | Mise en ligne à 10h22 | Commenter Un commentaire

L’ambassadeur Fern

photo Janick Marois

photo Janick Marois

Il nous a fait découvrir Lyne Bessette, Clara Hughes, Charles Francis et Anne-Marie Lapalme. Il a suivi le parcours de centaines d’athlètes vers les Jeux du Québec, des championnats canadiens et mondiaux, les olympiques. Il s’est intéressé à eux bien avant que les médias nationaux n’allument. Mais voilà qu’après quatre décennies à raconter leurs rêves et leurs exploits, l’heure de la retraite sonne pour Fernand Bélanger. Départ d’un champion du journalisme sportif.

Semaine émotive et éprouvante pour Fernand Bélanger. Non seulement a-t-il réalisé ses dernières entrevues et écrit ses derniers reportages en tant que journaliste, mais il a bossé durement ces derniers temps pour faire le ménage dans ses centaines de carnet de notes, ses milliers de documents, de photos et de textes accumulés depuis son entrée à La Voix de l’Est en septembre 1975.

Il part aujourd’hui en remettant aux patrons une liste exhaustive des athlètes à suivre, ceux à surveiller et des événements à couvrir. Pour les guider, il leur laisse une liste de contacts renfermant plus de 900 noms, numéros de téléphone, de cellulaire et des courriels.

Il est comme ça Fern, comme l’appellent amicalement la légion d’athlètes, d’entraîneurs et de bénévoles de la région: soucieux que leurs exploits et leurs efforts continus d’être connus de tous après son départ. Il a joué auprès d’eux un rôle d’ambassadeur. «Il faut qu’on fasse connaître nos athlètes», m’explique-t-il. «Ça les encourage à continuer leur progression.»

En bon journaliste, il a bâti au fil des ans un impressionnant réseau de contacts et tissé d’étroits liens avec les athlètes, leurs parents, leurs entraîneurs, des bénévoles, des officiels.
«Le fun, c’est d’être avec le monde. Les gens se confient, ils sont au courant de choses qui vont intéresser nos lecteurs. Il faut être là avec eux, présent. C’est ce que j’ai toujours fait», dit-il.
Cette volonté d’aider les athlètes à aller au bout de leurs rêves a retenu l’attention des dirigeants du Fonds d’excellence en sport de la Ville de Granby. En 2007, ils l’invitent à siéger sur le comité. Il est appelé, en compagnie des autres membres du comité, à étudier des candidatures d’athlètes granbyens en vue de remettre des bourses. Une tâche qu’il assume avec joie.

Cordes à son arc

Peu de gens le savent, mais Fernand Bélanger a commencé sa carrière à La Voix de l’Est en tant que journaliste à l’actualité générale. Lorsque le directeur de l’information de l’époque Valère Audy l’embauche le 29 septembre 1975, il lui confie la couverture des affaires municipales à Farnham, Waterloo, Saint-Césaire, Acton Vale et Valcourt. Méchant contrat pour un jeune qui n’a pas d’automobile…

Heureusement, le scribe est débrouillard. «Pour les assemblées de Farnham, je prenais l’autobus à 15h, 15h30. Je descendais à l’hôtel Montcalm, sur la rue Principale. Je soupais puis j’allais à l’assemblée. Je dormais à l’hôtel et revenais le matin au journal. Là, j’écrivais mes textes», se rappelle-t-il.

Le jeune Bélanger vit, pense et rêve aux sports. Mais il n’est pas transi de peur à l’idée d’écrire au général, comme on dit dans le milieu. Il a eu le flair de suivre les conseils d’un de ses professeurs de journalisme au cégep de Jonquière. «Il insistait pour qu’on s’intéresse à toutes sortes de choses. Je travaillais au journal étudiant dans le temps des fusions municipales au Saguenay. Il en a eu à La Baie, à Chicoutimi et à Jonquière. On a fait beaucoup de textes là-dessus. Disons que ça m’a servi quand je suis revenu dans la région», raconte le petit gars de Waterloo.
C’est en 1982 que la porte du journalisme sportif s’ouvre devant lui. La direction lui demande de remplacer le populaire Bernard Brodeur pendant trois mois, le temps que le vétéran journaliste écoule ses vacances. Fernand n’a jamais quitté son poste, comme quoi rien n’est plus permanent qu’une situation temporaire…

Journalisme terrain

Depuis lors, soirs ou week-ends, il fréquente tous les arénas de la région, suit les nombreux tournois et championnats qui s’y déroulent. Beau temps, mauvais temps, il arpente les lignes de côtés aux matchs des Incroyables et des Cosmos prenant des notes avec ses crayons à mine (ils ne gêlent pas). On lui réserve une place dans les fourgonnettes qui suivent les cyclistes lors d’épreuves dans les chemins des Cantons-de-l’Est. Du solide journalisme de terrain.

Le monde du sport régional ne perdra pas son ambassadeur. Fernand entend poursuivre sa mission différemment. Il ajoutera son expérience aux délégations de Richelieu-Yamaska lors des prochains Jeux du Québec à Longueuil et Drummondville. Il agira en tant que missionnaire bénévole aux communications.

«Les jeux du Québec, pour certains c’est l’expérience d’une vie. Pour d’autres, c’est un tremplin vers une carrière nationale et internationale», dit-il.

Un tremplin dont des jalons portent sa signature.

***

Les collègues Michel Tassé et Pascal Faucher parlent de Fernand ici et ici.

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Un commentaire  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    juillet 2014
    L Ma Me J V S D
    « juin    
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    28293031  
  • Archives

  • publicité