Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Général’

Mardi 4 février 2014 | Mise en ligne à 21h51 | Commenter Commentaires (2)

L’argent des autres (corrections)

photo Alain Dion La Voix de l'Est

photo Alain Dion La Voix de l'Est

Il est rarement avisé de se débarrasser de quelque chose sans se demander d’abord si on peut y trouver une utilité.

Le conseiller municipal Jean-Luc Nappert soulève un bon point en s’opposant à ce que la Ville de Granby vende un immeuble de la rue du Centre acheté en 2011. «Ça serait sage de conserver ça», a-t-il dit lundi soir en assemblée du conseil. Surtout, a-t-il rappelé, qu’une étude menée par Commerce et tourisme Granby, l’organisme paramunicipal responsable de dynamiser le centre-ville, est en cours pour jeter les bases d’un plan stratégique pour les cinq prochaines années.

La bâtisse pourrait servir d’une quelconque façon ou, comme le souligne le vétéran conseiller Michel Mailhot, son terrain pourrait éventuellement être utilisé pour agrandir le terminus d’autobus situé à côté.

De très bons arguments.

Ça nous amène cependant à la question centrale : pourquoi la Ville a-t-elle acheté l’immeuble si elle ne savait pas d’emblée ce qu’elle en ferait?

La Ville a déboursé 238 000 $ pour acheter la propriété. C’est 25 000 $ de plus que l’évaluation foncière. L’explication donnée à l’époque était que le conseil voulait éviter de passer par un processus d’expropriation. Une telle démarche comprend toujours des frais de toutes sortes payables par l’acquéreur.

Cet argument tiendrait la route si la Ville savait déjà ce qu’elle ferait de la bâtisse. Quand une ville exproprie, c’est habituellement pour un projet précis : un parc, une rue, une piste cyclable, pour démolir un bâtiment en ruine ou incendié. Ce n’est manifestement pas le cas ici : on parle d’un bâtiment en briques qui semble en bon état, situé à une cinquantaine de mètres d’une section achalandée de la rue Principale. Son potentiel commercial est bien réel.

Pourquoi donc l’ancien conseil a-t-il autorisé l’achat de cette propriété? Parce qu’il était vacant? Espérons que non. Ce n’est pas le rôle d’une Ville d’agir en promoteur immobilier avec l’argent des contribuables. Pas sans plan de match précis et réfléchi à tout le moins.

Voici une hypothèse : la Ville a acheté parce que ses coffres le permettaient…

C’est le problème des élus qui gèrent beaucoup d’argent qui ne leur appartient pas : souvent, ils se lancent sans prendre le temps de bien s’assurer que la dépense est incontournable ou bien qu’elle se justifie parce qu’elle est nécessaire à court ou moyen terme. Cette façon de fonctionner est possible parce que l’argent est là.

L’ancien conseil était affublé de ce vilain et coûteux défaut. Le nouveau conseil, jusqu’ici, semble plus allergique aux dépenses liées à des projets incomplets, improvisés ou frivoles.
Vendre ou pas, donc? Le service d’urbanisme estime que la Ville peut obtenir entre 180 000 $ et 220 000 $ pour le bâtiment. À ce prix, le conseil ne perd rien d’attendre le rapport de Commerce et tourisme Granby. Peut-être y trouvera-t-on une idée lumineuse.

•••

photo Alain Dion la Voix de l'Est

photo Alain Dion la Voix de l'Est

Le club de golf Miner, dont le parcours et les installations appartiennent à la Ville de Granby, a accumulé un déficit d’opération de 154 000 $ en 2012 et 2013.

Pour cette raison, la direction du golf demande au conseil de le libérer de son obligation de verser sa redevance annuelle de 20 000 $ pour ces années ainsi que pour les deux prochaines années. Elle veut aussi cesser de verser 10 700 $ par année pour rembourser des travaux effectués par la Ville.

Ça sent la débandade pour l’OSBL qui administre le club. Même libéré de ses obligations financières à l’égard de la Ville, ça laisse un déficit énorme à combler pour un si petit club de golf. Et la prochaine saison s’annonce tout aussi difficile…

Le conseil mandate Granby Multi-Sport, un autre organisme paramunicipal, pour aider le golf. On veut favoriser la pratique et le développement de ce sport en offrant, entre autres choses, des cours.
On entend déjà les propriétaires de clubs de golf privés à Granby crier à la concurrence déloyale. Qui pourrait les blâmer? Le fait que la Ville devienne propriétaire du club de golf passait toujours. Le terrain venait en effet dans un tout avec les terres Miner. Mais depuis, le conseil a autorisé qu’on y construise un chalet, un champ de pratique en plus d’améliorer le système d’arrosage et de faire des aménagements paysagers. Des investissements de près de 2,5 millions de dollars, selon le maire Pascal Bonin. Voilà qu’on veut y offrir des cours.

Le club de golf Miner rivalise avec trois clubs privés. Et ceux-ci paient de grosses taxes foncières chaque année: 28 150 $ au club les Cèdres, 61 100 $ à Granby-Saint-Paul,88 600  $ à Inter Golf.

On semble l’avoir oublié à la Ville.

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Mardi 4 février 2014 | Mise en ligne à 9h54 | Commenter Commentaires (2)

L’esprit des Jeux de Sotchi

Image 6

Notre caricaturiste, Serge Paquette, résume parfaitement ce que risque d’être l’esprit des Jeux de Sotchi…

Brillant esprit de synthèse… encore une fois.

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Mardi 7 janvier 2014 | Mise en ligne à 18h47 | Commenter Commentaires (11)

Le colonialisme du capital humain

photo David Riendeau

photo David Riendeau

Des ingénieurs conduisent des taxis à Montréal. Des physiciens travaillent comme concierges. Des infirmières bossent dans des usines. Ces gens ont deux points en commun : ils sont tous immigrants et n’occupent pas ces emplois par choix. Ils le font par nécessité, pour prendre soin de leur famille, parce que les autorités les empêchent d’exercer la profession pour laquelle ils ont étudié dans leur pays d’origine.

On pourrait croire que ça relève de la légende urbaine. Et pourtant, ces cas sont bien vrais. Nombre d’immigrants venus s’installer au Québec sont surqualifiés pour les emplois qu’ils occupent. Tout ça parce que des ordres professionnels et des ministères refusent de reconnaître la qualité des cours et des programmes universitaires donnés dans des pays non occidentaux. Ils exigent donc qu’ils retournent sur les bancs des universités pour décrocher de beaux et bons diplômes québécois. Ils pourront alors exercer leur profession en toute légalité.

Florencia Molina est victime de ce chauvinisme de l’État québécois à l’égard de tout ce qui s’enseigne ailleurs. Immigrée en 2004, l’Argentine travaillait depuis 2006 à l’école primaire Bois-Joli-Sacré-Cœur à Saint-Hyacinthe comme enseignante d’espagnol. Elle était populaire autant auprès des jeunes, de ses collègues que de la direction de l’établissement, raconte le collègue David Riendeau, qui a rencontré la dame. Tous ont vanté sa compétence, sa passion de l’enseignement, son engagement envers ses élèves. L’enseignante parfaite, pourrait-on conclure.

Pas pour le ministère de l’Éducation, qui a refusé de lui émettre cet automne une « tolérance d’engagement », charabia de fonctionnaire pour désigner une autorisation d’enseigner quand on n’a pas de brevet d’enseignement. D’une université québécoise, doit-on préciser. Car Mme Molina est titulaire d’un baccalauréat dans son pays (programme d’enseignement de l’espagnol première langue et de l’anglais langue seconde). De plus, elle enseigne maintenant depuis 23 ans, dont sept au Québec.

Pour les responsables du Ministère, le parcours, la formation et l’expérience de Mme Molina ne suffirent pas. Pour retourner enseigner, ils exigent un baccalauréat d’une université du Québec. Le programme dure trois ans, auxquels s’ajoute une année de stage non rémunéré.

Évidemment, la néo-québécoise refuse. Pour des raisons économiques, elle ne peut se permettre d’entreprendre une telle aventure. Comme les autres immigrants bloqués pour les mêmes raisons, Mme Molina doit s’occuper de sa famille, nourrir ses deux enfants, les loger.

Bien entendu, des différences existent entre les pays où ces immigrants ont étudié et le Québec. Mais sont-elles énormes à ce point qu’on écarte toute leur formation reçue ? Ne peut-on pas reconnaître leur parcours, les cours suivis, leur expérience de travail ? Si on trouve des carences ou si on juge qu’ils ont besoin d’en savoir plus sur tel aspect de leur profession, des cours pourraient leur être offerts. Ils pourraient être parrainés par d’autres professionnels pour assurer une bonne intégration.

Mme Molina se dit prête à suivre une formation de « mise à niveau ». Mais pas question de recommencer à zéro, insiste-t-elle. Les faits sont là : cette dame enseigne l’espagnol à des élèves de 6e année depuis 2006, la direction de son école se déclare plus que satisfaite de son travail. N’est-ce pas là la meilleure évaluation de ses compétences ?

Le ministère de l’Éducation, comme le font tous les ordres professionnels avec des gens formés ailleurs que dans des pays industrialisés, lui reconnaît l’équivalence d’un certificat d’études universitaires… On comprend Mme Molina d’être insultée.

Comment une société peut-elle se priver d’autant de talent, de compétence et de capital humain ? A-t-on le luxe de tourner le dos à des gens compétents venus d’ailleurs pour travailler ? C’est d’autant plus choquant que les écoles peinent à recruter des enseignants de langues. La remplaçante de Mme Molina à l’école Bois-Joli-Sacré-Cœur n’a pas non plus de certificat d’enseignement…
Refuser de reconnaître les études des immigrants qui viennent chez nous pour travailler, c’est regarder nos nouveaux concitoyens de haut. C’est une forme de colonialisme.

Mme Molina s’est intégrée, a appris le français, s’est trouvé du travail, paie des impôts, est vaillante et compétente. Que peut-on lui demander de plus ? Aurait-elle fait erreur en choisissant pour sa famille le Québec comme nouvelle patrie ?

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