Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Général’

Samedi 14 février 2015 | Mise en ligne à 11h59 | Commenter Commentaires (4)

Un gouffre sans fond?

photo François Gervais Le Soleil

photo François Gervais Le Soleil

La MRC de la Haute-Yasmaska a dépensé 1 747 292 $ depuis 2007 en vue de construire sa future usine de traitement de matières résiduelles. Malgré ces débours, on ignore quand la future usine sera bâtie et quand elle entrera en fonction. Et d’autres coûts pourraient s’ajouter dans les prochains mois.

L’argent dépensé se décline en plusieurs catégories : voyages d’élus et de fonctionnaires en Europe et aux États-Unis pour visiter des usines, consultations publiques avec commissaires, création d’une société paramunicipale pour planifier le projet d’usine de traitement des matières résiduelles, embauche d’employés pour y travailler, commandes d’études en ingénierie, octroi de contrats à des consultants en fiscalité et en affaires juridiques.

Parmi toutes les dépenses encourues et les contrats accordés, Dunton Rainville sort du lot avec des factures s’élevant jusqu’ici à 711 652,70 $, a appris La Voix de l’Est (voir tableau : De gros contrats). La MRC a retenu les services de la firme d’avocats de Montréal pour dresser les modalités du contrat pour construire la future usine en mode privé. Ces coûts juridiques sont beaucoup plus élevés que prévu. L’estimation du contrat, octroyé en 2012, était en effet de 212 013,90 $.

Le projet est aussi profitable pour KPMG. La firme a reçu un mandat du conseil des maires pour établir les balises financières du contrat qui liera éventuellement la MRC et le promoteur privé qui concevra, financera, construira et exploitera l’usine pendant 20 ans. Pour son travail, la firme comptable a reçu 315 161,78 $. Le contrat initial, accordé en 2012, était estimé à 192 583 $.

Les Consultants SM ont également contribué par leur expertise au projet d’usine. Leur facture se monte à 98 809,29 $. Des trois consultants embauchés, la firme de génie est la seule qui est restée près du montant initial entériné par le conseil des maires. Il était estimé à 96 291,56 $.

La réalisation de ces nouvelles études a eu pour effet de reporter au 7 avril l’ouverture des soumissions, le temps que les firmes mettent leur proposition à jour.

Notons que l’ensemble des modalités du contrat fait que l’appel de propositions sur invitation compte 1000 pages.

Les coûts d’autres études et rapports commandés par la MRC pour le projet d’usine s’élèvent à 248 000 $.

Par ailleurs, la MRC a accordé depuis 2007 un budget de 346 530 $ à la Corporation de gestion des matières résiduelles de la Haute-Yamaska. L’entité a été créée pour piloter le projet d’usine.

Les coûts ne s’arrêtent pas là. Le conseil des maires a demandé en janvier trois autres études à SM. Pour un montant n’excédant pas 34 742,96 $, la firme doit étudier davantage le terrain (type de sol, étendue de la présence de manganèse et conditions de l’aquifère) où la future usine sera construite. Ce sont les firmes sollicitées par la MRC pour construire l’usine qui veulent en savoir plus sur le terrain concerné.

Coûteux et complexe

Le projet est non seulement coûteux, il est complexe, reconnaît Pascal Russell, préfet de la MRC de la Haute-Yamaska. « Je peux comprendre les gens de trouver ça cher. Nous, on trouve ça frustrant. Mais on veut que ce soit une belle réalisation, qui réponde à nos besoins. Pour ça, il faut être soucieux des détails et on se donne l’expertise pour y arriver. »

Les difficultés sont également d’ordre réglementaire, signale M. Russell. Il rappelle que Québec dans ce dossier a modifié à quelques reprises son programme de subventions. Il déplore aussi les « délais et la lourdeur bureaucratiques » de l’appareil gouvernemental. « On était prêts en 2009, mais le gouvernement du Québec a changé les règles du jeu. On ne pouvait plus faire notre projet. On est repartis de la case départ. On travaille depuis pour se donner les outils pour réussir notre projet », a-t-il expliqué.

La MRC compte déjà sur une subvention de 12 millions de dollars du gouvernement fédéral pour son projet. Elle espère obtenir 9,6 millions de dollars du gouvernement provincial. Les subventions serviront à payer une partie des équipements, a dit M. Russell.

Le préfet se croise les doigts pour qu’aucun autre délai ne force la MRC à repousser encore la date d’ouverture des propositions.

M. Russell n’a pas voulu donner le nom des firmes que la MRC a invitées à soumissionner, au terme d’un appel de qualification. Il n’a pas voulu dire non plus combien d’entre elles ont accepté l’invitation. Ce sont des informations confidentielles, a-t-il insisté.

Les coûts de construction de l’usine sont évalués à 45 millions de dollars. Selon l’entente à signer avec l’entreprise dont la proposition sera retenue, la MRC deviendra propriétaire de l’usine 20 ans après.

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Mercredi 11 février 2015 | Mise en ligne à 13h11 | Commenter Commentaires (12)

PKP et les bonnes priorités

L’actualité nous rappelle sans cesse l’énorme fossé entre le sens de priorités de nos «leaders» et les véritables besoins des communautés.

La journée même que l’on apprend que l’Observatoire du mont Mégantic va fermer faute de sous, le candidat à la direction de la chefferie du Parti québécois Pierre Karl Péladeau s’engage à créer un institut de recherche scientifique et appliquée sur l’indépendance du Québec.

Je ne dis pas que M. Péladeau devrait promettre de financer les activités de l’Obvervatoire, si jamais il prend les commandes de l’État. Je dis qu’il est incroyable qu’on promette de mettre des deniers publics dans un institut pour promouvoir l’indépendance alors que les besoins en connaissances scientifiques, dans toutes sortes de domaines, sont tellement criants ailleurs.

Les politiques devraient éviter d’utiliser le terme «recherche scientifique». Ils n’ont aucune idée de sa signification.

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Lundi 9 février 2015 | Mise en ligne à 15h54 | Commenter Un commentaire

«Informer» les élus

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«Notre devoir envers les élus, c’est de les informer des points principaux, et non pas de leur présenter chacune des pièces au dossier. Le devoir, c’est de donner une information suffisante (les caractères en gras sont de moi) aux conseillers pour qu’ils puissent prendre une décision éclairée dans des sujets de tout acabit», soutient Jean Langevin, directeur général de la Ville de Bromont.

M. Langevin expliquait aux gens présents à l’assemblée du conseil la semaine dernière pourquoi les conseillers municipaux ne reçoivent pas toutes les informations et les documents sur les dossiers qu’ils traitent. Sa sortie faisait suite aux révélations que la direction générale, en septembre 2013, n’a pas informé les conseillers du fait que des écosystèmes forestiers exceptionnels (EFE) se trouvent dans le massif du mont Brome, là où un important projet immobilier est projeté. La mairesse Pauline Quinlan connaissait l’existence de deux lettres du ministère des Ressources naturelles confirmant l’existence de EFE. Le 30 septembre 2013, toujours dans l’ignorance de cette information cruciale, les conseillers ont entériné un protocole d’entente avec le promoteur.

Colliger, analyser, digérer l’information puis la transmettre aux élus, ce sont les tâches des directions générales des municipalités. On ne peut demander aux élus de tout savoir, de tout connaitre. C’est le boulot des fonctionnaires de les accompagner, de répondre à leurs questions, de leur fournir tout ce qu’ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées.

On peut faire un long débat sur quelles informations et quels documents doivent être transmis aux élus. Dans le cas débattu, on parle d’informations sensibles touchant des écosystèmes dans une forêt où un promoteur veut abattre des arbres, excaver dans la montagne, aménager un chemin et construire des maisons. Des lettres officielles attestant de la présence de EFE dans le secteur visé n’auraient-elles pas dû être portées à l’attention des membres du conseil? Ces lettres n’auraient-elles pas dû entrer dans la catégorie de «l’information suffisante»?

Les EFE sont importants à ce point pour le conseil de Bromont qu’il demande au promoteur, dans le protocole d’entente, «(…) de prendre en considération tout écosystème forestier exceptionnel (EFE) ainsi que toute forêts (sic) âgée de 70 et 90 ans et plus qui pourraient (les caractères en gras sont de moi) se trouver sur le site, ainsi que des mesures visant à les protéger. (…)»

Deux commentaires sur ce document. Si le protocole mentionne la présence possible de EFE, pourquoi la direction générale n’a-t-elle pas dit aux conseillers que des EFE s’y trouvent en effet? Et si la direction générale sait que des EFE s’y trouvent, pourquoi le protocole emploie-t-il le conditionnel?

Choisir de taire ces informations aux élus relève d’un manque de jugement de la direction générale. Ne pas inclure les faits des EFE dans le protocole d’entente ressemble à de la manipulation politique. On frise la tromperie.

À quelle fin? Quelqu’un dans l’appareil a-t-il un parti pris pour le projet immobilier? Ça reste à prouver, bien entendu. Mais l’apparence est là.

M. Langevin est nouveau en poste. Il a pris le relais de Jacques Des Ormeaux en septembre dernier. Il n’a donc rien à voir avec cette affaire de documents cachés. Toutefois, à l’entendre expliquer comment une direction générale travaille à informer le conseil, il cautionne un système dépassé.

Qu’attendent les conseillers pour exiger plus de transparence?

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