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Archive de la catégorie ‘Général’

Vendredi 3 février 2017 | Mise en ligne à 8h31 | Commenter Commentaires (2)

Problème de scénarios

Malgré les erreurs et l’excès de réalisme de ses dirigeants, la Ferme Héritage Miner demeure un endroit exceptionnel. La Ville de Granby doit aider les citoyens à relancer les activités qui s’y tenaient. — photo Julie Catudal

Malgré les erreurs et l’excès de réalisme de ses dirigeants, la Ferme Héritage Miner demeure un endroit exceptionnel. La Ville de Granby doit aider les citoyens à relancer les activités qui s’y tenaient. — photo Julie Catudal

Que réserve l’avenir pour la Ferme Héritage Miner? Difficile à dire. Un groupe de citoyens dévoués se rencontrera la semaine prochaine pour réfléchir aux différents moyens pour relancer ce site historique de Granby.

Tous les espoirs sont permis. Quand des citoyens s’engagent dans une cause, ça débouche habituellement sur quelque chose de positif. Cette démarche citoyenne fait que la Ville ne peut rester sur les lignes de côté comme le souhaite une majorité de membres du conseil municipal. Elle doit jouer un rôle important, financier ou autre, dans la réussite de la FHM.

S’il faut sauver cet endroit exceptionnel, il faut également admettre que l’administration municipale précédente a cédé aux charmes de marchands de rêve. Une comparaison du plan d’affaires du projet, lancé en 2009, et des états financiers de 2014 démontre que certaines personnes croyaient à l’existence de licornes.

Le plan d’affaires de la FHM prévoyait en 2014, à sa cinquième année complète d’activités, des revenus de 281 233 $, selon le «scénario réaliste». Le «scénario conservateur» prévoyait des revenus 231 252 $.

Les vrais revenus se sont plutôt chiffrés à 173 303 $. C’est 107 930 $ (scénario réaliste) et 57 949 $ (scénario conservateur) de moins que prévus.

Dans ces revenus, le plan d’affaires, préparé par Marie-Andrée Delisle Tourisme-Conseil, proposait un «scénario réaliste» où la billetterie de la FHM en 2014 encaisserait 98 067 $. Le «scénario conservateur» évoquait des revenus de 65 378 $.

La réalité : la billetterie n’a rien généré en 2014…

Bien que d’entrée de jeu le plan d’affaires dit reposer sur une «approche conservatrice», ses projections de rentabilité baignent dans l’irréalisme. En fait, le «scénario réaliste» prévoyait des profits dès 2012 de 42 110 $ ou encore, selon un «scénario conservateur», des profits de 5 662 $ en 2014.

Les vrais chiffres sont moins roses : en date du 31 août 2015, la perte d’exploitation se chiffrait à 208 475 $ (avant les subventions provenant de toutes parts), selon la lettre remise par la présidente de l’époque Manon St-Louis au conseil municipal l’automne dernier. La perte était de 124 568 $ (avant subvention) en date du 31 août 2016.

On ne sait pas grand chose des états financiers 2016. Ils sont en préparation, m’a dit mardi Céline Gauthier. La femme d’affaires a pris la direction de l’OSBL aux Fêtes alors que tout s’écroulait. Elle tente de susciter l’intérêt des citoyens autour de la sauvegarde de la Ferme. Difficile alors qu’elle doit aussi opérer son propre commerce.

Mme Gauthier est confiante que des solutions émergeront. Des gens d’expérience, dit-elle, ont levé la main pour s’assurer que la FHM ne soit pas laissée à l’abandon.
Les plans d’affaires ont leurs limites. Leurs auteurs diront que tout doit être respecté pour atteindre les projections. C’est vrai. Pour la FHM, on peut affirmer que la Ville a honoré ses engagements. Elle a allongé 581 662 $ pour rénover la maison, la grange et la laiterie et ses employés ont travaillé pour une valeur de 127 124 $ depuis 2010 pour exécuter des travaux d’entretien sur le site et dispenser différents services.

Dès le début, il était clair que la Ville n’allait pas subventionner les opérations courantes de la Ferme. Le contrat liant les deux entités jusqu’en 2020 le stipule. Ça n’inquiétait pas les dirigeants de l’époque; la Ferme allait être rentable sans aide de la municipalité à ce niveau, disaient-ils. Ils ont bien vendu leur salade.

Que faire maintenant? Abandonner le site ou bâtir sur ce qui reste?

Malgré les erreurs et le manque de réalisme de ses dirigeants, l’endroit demeure exceptionnel. Le défi est de le rendre accessible à toutes les classes de citoyens, de continuer à développer des activités éducatives (ferme, jardin, nature), d’en faire une vitrine des produits du terroir et artistiques. C’est ce à quoi le groupe de citoyens travaillera.

La direction de la FHM demande à la Ville 250 000 $ pour les deux prochaines années le temps qu’elle développe ses activités pour augmenter ses revenus. C’est risqué, mais quelle est l’alternative de la Ville? Combien lui coûterait l’administration du site?

La Ville doit être conséquente dans ses décisions. Elle ne peut injecter 581 662 $ pour rénover un site historique puis six ans plus tard refuser de mettre la main à la pâte pour que ses citoyens profitent de son investissement.

Mais sera-ce rentable un jour? Il est probable que non. Il faut donc considérer la plus-value ajoutée à la qualité de vie des citoyens. Comme on le fait avec le CINLB où la Ville injecte environ 125 000 $ par année.

L’administration du maire Bonin peut exiger d’être remboursée lorsque (et si) la FHM vient qu’à dégager des profits.

Il faudrait par ailleurs que M. Bonin cesse d’attaquer les réalisations de son prédécesseur, Richard Goulet, grand promoteur de la FHM. Difficile de ne pas voir dans l’attitude du maire un relent de cette rivalité malsaine.

***

La Ville n’a pas entièrement honoré ses engagements envers la FHM. Le contrat stipule que la Ville s’occupait de payer les coûts pour indiquer la présence de la FHM sur les panneaux de couleur bleu le long des autoroutes et routes provinciales. L’Alliance de l’industrie touristique du Québec nous a confirmé n’avoir jamais reçu de demande de la Ville pour que la FHM se retrouve sur cette signalisation touristique.

Les coûts sont très abordables: il en coûte 1889,33 $ par année pour deux panneaux le long d’une autoroute et un panneau dans la bretelle (contrat de trois ans).

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Lundi 19 décembre 2016 | Mise en ligne à 8h59 | Commenter Un commentaire

Corriger le tir

La Ville de Granby doit trouver une solution définitive aux problèmes de bruit causés par le centre de tir. Le déménagement du centre n’est pas à exclure. photo Christophe Boisseau-Dion

La Ville de Granby doit trouver une solution définitive aux problèmes de bruit causés par le centre de tir. Le déménagement du centre n’est pas à exclure. photo Christophe Boisseau-Dion

Que Granby Multi-Sports convainque ou non la Cour suprême que les activités de son centre de tir servent l’intérêt public, son emplacement dans un quartier résidentiel demeure problématique. La Ville, patronne de l’organisme qui gère le site, est propriétaire du terrain de 13,5 hectares. C’est à elle de trouver une solution définitive. Un déménagement n’est pas à exclure.

S’il est vrai que des inconvénients viennent avec les activités du centre de tir, il est aussi véridique de dire que l’endroit a des utilités pertinentes, comme souhaite le plaider la procureure de Granby Multi-Sports, Me Vanessa Gravel, devant les juges de la Cour suprême. Des détenteurs d’armes à poing ont l’obligation de s’entraîner au minimum une fois par année s’ils veulent conserver leur permis, des policiers s’y rendent fréquemment pour s’exercer tout comme des centaines d’amateurs de tir. Les besoins sont grands et les centres de tir, rares.

Il y a aussi l’intérêt des citoyens du secteur à considérer. Leur droit de profiter en toute quiétude de leur propriété existe. Or, non seulement la fréquence des activités du centre de tir a augmenté ces dernières années, mais le niveau sonore également, ont souligné dans leur jugement les trois juges de la Cour d’appel. Leur décision d’imposer un horaire restreint pour les activités du centre de tir, notamment en les limitant à deux week-ends durant l’été, découle de leur reconnaissance de la préséance des droits des deux demandeurs dans cette cause, le couple Sébastien Lefebvre et Julie Bourgea. Par extension, ils reconnaissent ce même droit à tous les résidents du coin.

Ce n’est pas la première fois que des problèmes d’incompatibilité d’usages secouent un voisinage. Des villes comme Granby, qui a un historique industriel important, doivent faire face à de telles situations. Encore aujourd’hui, des décennies après la désignation de secteurs à vocation industrielle, des îlots industriels sont parsemés ici et là à travers des quartiers résidentiels. Bruit, odeurs, va-et-vient de camions, les inconvénients pour les résidents nuisent souvent à leur qualité de vie.

Quand les entreprises coincées dans ces îlots doivent moderniser leurs installations ou veulent ajouter à leur superficie, elles sont encouragées à déménager dans un secteur plus propice à leurs activités. Des municipalités, comme Granby, les aident financièrement. Tout le monde s’en porte mieux.

Certains diront que les résidents du secteur du centre de tir, ouvert en 1976, connaissaient son existence avant de s’y établir. En l’occurrence, qu’ils savaient quels inconvénients ils allaient devoir endurer. Ils le savaient tous, aucun doute à avoir là-dessus. C’est la même chose avec les gens qui ont acheté une maison dans le secteur de l’Autodrome Granby.

Les citoyens qui habitent près du centre de tir ne pouvaient, cela dit, savoir que les lieux allaient être encore plus utilisés ces dernières années. Et c’est là que Granby Multi-Sports s’est rendu vulnérable. L’autodrome n’a pas outrepassé les limites de son droit acquis.

Une ville évolue. Et cette évolution exige des ajustements sur le plan de l’urbanisme, comme des modifications de zonages pour tenir compte de nouvelles réalités terrain. On en est là avec le centre de tir.
D’autres maisons se construiront dans ce secteur. Le terrain où se trouve le centre de tir pourrait en accueillir également. La vente du terrain, dont l’évaluation municipale s’élève à 168 000 $, pourrait aider le centre à être relocalisé dans un endroit plus propice.

Le couple Lefebvre-Bourge a obtenu 10 000 $ de la cour en guise de dédommagement. Quel pourrait être le montant à payer par Granby Multi-Sports au terme d’un recours collectif des citoyens du quartier ?
Il appartient à la Ville de Granby de respecter ses citoyens et de corriger le tir.

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Jeudi 27 octobre 2016 | Mise en ligne à 8h31 | Commenter Aucun commentaire

Incurie et aqueduc

Le ministère de l'Environnement autorise la construction de réseaux d'aqueduc privés, mais se pousse quand des problèmes surviennent. photo archives La Voix de l'Est

Le ministère de l'Environnement autorise la construction de réseaux d'aqueduc privés, mais se pousse quand des problèmes surviennent. photo archives La Voix de l'Est

Apprendre coûte parfois cher. Cette vérité de La Palice touche les citoyens de Granby. Ils verront 2,25 millions de dollars de leur argent s’envoler parce qu’une précédente administration municipale s’est commise auprès d’un promoteur immobilier proposant un projet qui, dès le départ, était au mieux douteux.

La Ville versera ce montant à Joël Neault parce qu’elle a décidé de ne pas prolonger son réseau d’aqueduc au bout de la rue Fréchette pour desservir les terrains de son futur projet immobilier. L’homme d’affaires est d’avis que le précédent conseil s’est engagé à ce que la Ville desserve ses terrains. Il a intenté une poursuite de 11,5 millions de dollars à titre de compensation pour ses pertes encourues. Le présent conseil, voulant éviter tout risque d’être condamné, lui a sagement offert de régler ça en dehors d’une salle de cour.

Ça n’empêche pas que cette affaire masque une incroyable incurie du ministère de l’Environnement mêlée d’une naïveté navrante de l’ancien conseil, dont quelques membres siègent encore, notamment le maire Pascal Bonin.

Dans les faits, l’objectif premier du prolongement du réseau d’aqueduc était de fournir de l’eau potable aux 29 ménages de la rue Fréchette. Le puits qui alimente le réseau privé d’aqueduc, construit par M. Neault, s’est tari en 2009, les privant d’eau potable. Autre fait : la Ville est intervenue, à la demande du ministère de l’Environnement, pour s’assurer que les citoyens touchés peuvent avoir accès à de l’eau. Depuis, le puits est fréquemment rempli par des camions-citernes d’eau provenant de l’usine de filtration de la Ville.

Cette saga trouve ses origines dans la décision du ministère de l’Environnement au début des années 2000 de permettre à M. Neault de construire un réseau privé d’aqueduc pour son projet les Verrières Saint-Alexandre. Une première dans l’ancien Canton de Granby pour des maisons, m’a expliqué mercredi Yvan Degré, inspecteur de la municipalité à cette époque. L’administration du maire Louis Choinière privilégiait plutôt des terrains de 3000 mètres carrés avec puits. «C’est plus simple pour une municipalité qui n’a pas d’aqueduc quand tout le monde a son propre système», a-t-il dit. «C’est moins contraignant» en cas de problème, a-t-il ajouté.

Le Ministère a donc permis à M. Neault d’aller de l’avant avec son projet immobilier comprenant un réseau privé d’aqueduc. Moins de dix ans plus tard, le puits ne fournit plus assez d’eau. Entre à nouveau en scène le ministère de l’Environnement qui demande à la Ville par ordonnance d’intervenir. D’abord, elle s’assure régulièrement de remplir le puits. Puis, elle commence une prospection d’eau dans le sous-sol du secteur. En dépit de ses efforts et de dizaines de milliers de dollars investis, elle ne trouve aucune nouvelle source capable d’alimenter le réseau d’aqueduc.

La seule solution possible était de prolonger le réseau de la ville à partir du boulevard David-Bouchard vers, rappelons-le, les terrains et maisons construites et vendues par M. Neault. Une distance de deux kilomètres sépare les deux réseaux d’aqueduc. Coûts estimés par la Ville : plus de 7,3 millions $.

Le promoteur Neault y voit la solution parfaite. Il pourrait alors poursuivre son projet immobilier en vendant des centaines de terrains desservis par l’aqueduc de la Ville. Reste à savoir qui aurait payé pour les deux kilomètres de tuyaux et d’excavation.

La règle d’or dans le monde municipal est que les riverains assument au minimum la moitié de la note. Petit problème ici : ils ont tous des puits qui fonctionnent parfaitement…
Le conseil a finalement réalisé l’iniquité du scénario et a abandonné en février le projet. Mais le mal était fait puisque le promoteur, avec l’assentiment du conseil en 2012, avait commencé à lotir ses terrains. Dans une résolution, le conseil indiquait que les terrains seraient desservis par ses réseaux d’aqueduc et d’égout… Une erreur majeure causée par un manque de prudence et de réalisme de l’administration municipale.

Ce mauvais film porte la signature du ministère de l’Environnement. D’abord pour avoir permis la construction d’un réseau d’aqueduc privé, puis pour avoir exigé que la Ville fournisse de l’eau aux familles concernées et enfin pour l’avoir laissée tomber dans la recherche de solutions. Malgré une responsabilité évidente dans ce fiasco, le Ministère ne déboursera pas un sou des 2,25 millions de dollars versés au promoteur…

Ce n’est pas la première fois que le ministère de l’Environnement pellette un tel problème dans la cour d’une municipalité. C’est même devenu son motus operandi. On l’a vu à Brigham où des problèmes de qualité de l’eau ont été signalés dans un réseau privé d’aqueduc dont le propriétaire ne veut plus s’occuper. Et c’est ce qui se trame dans le secteur de West Brome où le propriétaire des terrains d’un parc de maisons mobiles est incapable de payer pour réparer son système d’égout. Dans les deux cas, le Ministère s’en est lavé les mains, refilant la responsabilité de corriger le tout aux municipalités.

L’imputabilité est un concept qui lui échappe!

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