Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Général’

Lundi 19 décembre 2016 | Mise en ligne à 8h59 | Commenter Un commentaire

Corriger le tir

La Ville de Granby doit trouver une solution définitive aux problèmes de bruit causés par le centre de tir. Le déménagement du centre n’est pas à exclure. photo Christophe Boisseau-Dion

La Ville de Granby doit trouver une solution définitive aux problèmes de bruit causés par le centre de tir. Le déménagement du centre n’est pas à exclure. photo Christophe Boisseau-Dion

Que Granby Multi-Sports convainque ou non la Cour suprême que les activités de son centre de tir servent l’intérêt public, son emplacement dans un quartier résidentiel demeure problématique. La Ville, patronne de l’organisme qui gère le site, est propriétaire du terrain de 13,5 hectares. C’est à elle de trouver une solution définitive. Un déménagement n’est pas à exclure.

S’il est vrai que des inconvénients viennent avec les activités du centre de tir, il est aussi véridique de dire que l’endroit a des utilités pertinentes, comme souhaite le plaider la procureure de Granby Multi-Sports, Me Vanessa Gravel, devant les juges de la Cour suprême. Des détenteurs d’armes à poing ont l’obligation de s’entraîner au minimum une fois par année s’ils veulent conserver leur permis, des policiers s’y rendent fréquemment pour s’exercer tout comme des centaines d’amateurs de tir. Les besoins sont grands et les centres de tir, rares.

Il y a aussi l’intérêt des citoyens du secteur à considérer. Leur droit de profiter en toute quiétude de leur propriété existe. Or, non seulement la fréquence des activités du centre de tir a augmenté ces dernières années, mais le niveau sonore également, ont souligné dans leur jugement les trois juges de la Cour d’appel. Leur décision d’imposer un horaire restreint pour les activités du centre de tir, notamment en les limitant à deux week-ends durant l’été, découle de leur reconnaissance de la préséance des droits des deux demandeurs dans cette cause, le couple Sébastien Lefebvre et Julie Bourgea. Par extension, ils reconnaissent ce même droit à tous les résidents du coin.

Ce n’est pas la première fois que des problèmes d’incompatibilité d’usages secouent un voisinage. Des villes comme Granby, qui a un historique industriel important, doivent faire face à de telles situations. Encore aujourd’hui, des décennies après la désignation de secteurs à vocation industrielle, des îlots industriels sont parsemés ici et là à travers des quartiers résidentiels. Bruit, odeurs, va-et-vient de camions, les inconvénients pour les résidents nuisent souvent à leur qualité de vie.

Quand les entreprises coincées dans ces îlots doivent moderniser leurs installations ou veulent ajouter à leur superficie, elles sont encouragées à déménager dans un secteur plus propice à leurs activités. Des municipalités, comme Granby, les aident financièrement. Tout le monde s’en porte mieux.

Certains diront que les résidents du secteur du centre de tir, ouvert en 1976, connaissaient son existence avant de s’y établir. En l’occurrence, qu’ils savaient quels inconvénients ils allaient devoir endurer. Ils le savaient tous, aucun doute à avoir là-dessus. C’est la même chose avec les gens qui ont acheté une maison dans le secteur de l’Autodrome Granby.

Les citoyens qui habitent près du centre de tir ne pouvaient, cela dit, savoir que les lieux allaient être encore plus utilisés ces dernières années. Et c’est là que Granby Multi-Sports s’est rendu vulnérable. L’autodrome n’a pas outrepassé les limites de son droit acquis.

Une ville évolue. Et cette évolution exige des ajustements sur le plan de l’urbanisme, comme des modifications de zonages pour tenir compte de nouvelles réalités terrain. On en est là avec le centre de tir.
D’autres maisons se construiront dans ce secteur. Le terrain où se trouve le centre de tir pourrait en accueillir également. La vente du terrain, dont l’évaluation municipale s’élève à 168 000 $, pourrait aider le centre à être relocalisé dans un endroit plus propice.

Le couple Lefebvre-Bourge a obtenu 10 000 $ de la cour en guise de dédommagement. Quel pourrait être le montant à payer par Granby Multi-Sports au terme d’un recours collectif des citoyens du quartier ?
Il appartient à la Ville de Granby de respecter ses citoyens et de corriger le tir.

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Jeudi 27 octobre 2016 | Mise en ligne à 8h31 | Commenter Aucun commentaire

Incurie et aqueduc

Le ministère de l'Environnement autorise la construction de réseaux d'aqueduc privés, mais se pousse quand des problèmes surviennent. photo archives La Voix de l'Est

Le ministère de l'Environnement autorise la construction de réseaux d'aqueduc privés, mais se pousse quand des problèmes surviennent. photo archives La Voix de l'Est

Apprendre coûte parfois cher. Cette vérité de La Palice touche les citoyens de Granby. Ils verront 2,25 millions de dollars de leur argent s’envoler parce qu’une précédente administration municipale s’est commise auprès d’un promoteur immobilier proposant un projet qui, dès le départ, était au mieux douteux.

La Ville versera ce montant à Joël Neault parce qu’elle a décidé de ne pas prolonger son réseau d’aqueduc au bout de la rue Fréchette pour desservir les terrains de son futur projet immobilier. L’homme d’affaires est d’avis que le précédent conseil s’est engagé à ce que la Ville desserve ses terrains. Il a intenté une poursuite de 11,5 millions de dollars à titre de compensation pour ses pertes encourues. Le présent conseil, voulant éviter tout risque d’être condamné, lui a sagement offert de régler ça en dehors d’une salle de cour.

Ça n’empêche pas que cette affaire masque une incroyable incurie du ministère de l’Environnement mêlée d’une naïveté navrante de l’ancien conseil, dont quelques membres siègent encore, notamment le maire Pascal Bonin.

Dans les faits, l’objectif premier du prolongement du réseau d’aqueduc était de fournir de l’eau potable aux 29 ménages de la rue Fréchette. Le puits qui alimente le réseau privé d’aqueduc, construit par M. Neault, s’est tari en 2009, les privant d’eau potable. Autre fait : la Ville est intervenue, à la demande du ministère de l’Environnement, pour s’assurer que les citoyens touchés peuvent avoir accès à de l’eau. Depuis, le puits est fréquemment rempli par des camions-citernes d’eau provenant de l’usine de filtration de la Ville.

Cette saga trouve ses origines dans la décision du ministère de l’Environnement au début des années 2000 de permettre à M. Neault de construire un réseau privé d’aqueduc pour son projet les Verrières Saint-Alexandre. Une première dans l’ancien Canton de Granby pour des maisons, m’a expliqué mercredi Yvan Degré, inspecteur de la municipalité à cette époque. L’administration du maire Louis Choinière privilégiait plutôt des terrains de 3000 mètres carrés avec puits. «C’est plus simple pour une municipalité qui n’a pas d’aqueduc quand tout le monde a son propre système», a-t-il dit. «C’est moins contraignant» en cas de problème, a-t-il ajouté.

Le Ministère a donc permis à M. Neault d’aller de l’avant avec son projet immobilier comprenant un réseau privé d’aqueduc. Moins de dix ans plus tard, le puits ne fournit plus assez d’eau. Entre à nouveau en scène le ministère de l’Environnement qui demande à la Ville par ordonnance d’intervenir. D’abord, elle s’assure régulièrement de remplir le puits. Puis, elle commence une prospection d’eau dans le sous-sol du secteur. En dépit de ses efforts et de dizaines de milliers de dollars investis, elle ne trouve aucune nouvelle source capable d’alimenter le réseau d’aqueduc.

La seule solution possible était de prolonger le réseau de la ville à partir du boulevard David-Bouchard vers, rappelons-le, les terrains et maisons construites et vendues par M. Neault. Une distance de deux kilomètres sépare les deux réseaux d’aqueduc. Coûts estimés par la Ville : plus de 7,3 millions $.

Le promoteur Neault y voit la solution parfaite. Il pourrait alors poursuivre son projet immobilier en vendant des centaines de terrains desservis par l’aqueduc de la Ville. Reste à savoir qui aurait payé pour les deux kilomètres de tuyaux et d’excavation.

La règle d’or dans le monde municipal est que les riverains assument au minimum la moitié de la note. Petit problème ici : ils ont tous des puits qui fonctionnent parfaitement…
Le conseil a finalement réalisé l’iniquité du scénario et a abandonné en février le projet. Mais le mal était fait puisque le promoteur, avec l’assentiment du conseil en 2012, avait commencé à lotir ses terrains. Dans une résolution, le conseil indiquait que les terrains seraient desservis par ses réseaux d’aqueduc et d’égout… Une erreur majeure causée par un manque de prudence et de réalisme de l’administration municipale.

Ce mauvais film porte la signature du ministère de l’Environnement. D’abord pour avoir permis la construction d’un réseau d’aqueduc privé, puis pour avoir exigé que la Ville fournisse de l’eau aux familles concernées et enfin pour l’avoir laissée tomber dans la recherche de solutions. Malgré une responsabilité évidente dans ce fiasco, le Ministère ne déboursera pas un sou des 2,25 millions de dollars versés au promoteur…

Ce n’est pas la première fois que le ministère de l’Environnement pellette un tel problème dans la cour d’une municipalité. C’est même devenu son motus operandi. On l’a vu à Brigham où des problèmes de qualité de l’eau ont été signalés dans un réseau privé d’aqueduc dont le propriétaire ne veut plus s’occuper. Et c’est ce qui se trame dans le secteur de West Brome où le propriétaire des terrains d’un parc de maisons mobiles est incapable de payer pour réparer son système d’égout. Dans les deux cas, le Ministère s’en est lavé les mains, refilant la responsabilité de corriger le tout aux municipalités.

L’imputabilité est un concept qui lui échappe!

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Mercredi 3 août 2016 | Mise en ligne à 15h43 | Commenter Un commentaire

Bâtir sur ses échecs

La Ville de Bromont doit continuer d’investir dans ce créneau, pense Pauline Quinlan, malgré le fiasco – elle n’aime pas le mot – des JEM 2018. «Ça n’a pas fonctionné. On doit regarder en avant et organiser d’autres événements.» photo Catherine Trudeau

La perte des Jeux équestres mondiaux n’hypothèque pas l’avenir du site olympique de Bromont, assure Pauline Quinlan. L’endroit demeure un des piliers sur lequel la Ville poursuivra son développement touristique et économique, soutient la mairesse.

On n’est pas habitué à l’échec à Bromont. Quand on le fait remarquer à Mme Quinlan, elle hésite, réfléchit quelques secondes puis répond que ce n’est pas vrai. Le projet de ville branchée s’est soldé par un échec, m’a-t-elle dit. Ça m’a surpris. J’ai toujours cru au contraire que l’ambitieuse idée de déployer un réseau à travers la ville de Bromont pour que les citoyens, commerçants et industriels aient un accès Internet s’était avérée un vif succès au début du siècle, alors que cet outil commençait à susciter de la curiosité. Certes, on peut parler de réussite, m’a-t-elle expliqué en entrevue la semaine dernière, mais le projet a bien failli ne jamais se matérialiser.

À l’époque, Bromont avait vu la candidature de Shawinigan — alors dans la cour du député fédéral et premier ministre Jean Chrétien… — être retenue par Industrie Canada afin de développer un modèle à suivre pour doter le monde municipal d’Internet. La déception était vive à l’hôtel de ville, se rappelle Mme Quinlan. Investir autant de temps et d’efforts pour se retrouver les mains vides, c’est frustrant, dit-elle. Mais pas décourageant, a-t-elle ajouté d’emblée. Le projet était à ce point novateur et bien pensé qu’il ne pouvait être simplement abandonné. Suffisait de trouver une autre avenue.

Le gouvernement québécois commençait à s’intéresser au phénomène de l’Internet. Forte de ses contacts, la mairesse a obtenu un rendez-vous avec Bernard Landry, alors ministre des Finances. Quelques heures après avoir expliqué les objectifs et paramètres de la ville branchée et ses maintes retombées économiques au ministre péquiste, Mme Quinlan a reçu confirmation que l’État investirait dans le projet.

L’important au terme d’un échec, c’est de rebondir, selon Mme Quinlan. Elle utilise l’histoire du projet de ville branchée comme analogie avec la situation dans laquelle se trouve le site équestre olympique. L’idée de faire venir la planète équestre à Bromont en 2018 était bonne, affirme-t-elle. Ça se jasait depuis 2006 dans le milieu bromontois. En 2009, le projet apparaissait dans son programme électoral. « Nous avons tout pour réussir », insiste-t-elle alors qu’elle me faisait faire le tour du vaste parc équestre de la rue de Gaspé. L’International Bromont battait son plein. On y a croisé des gens de la Floride, de la Virginie-Occidentale, de l’État de New York, de l’Ontario. Tous encensaient l’organisation, les installations, le site. « J’adore la Fête du chocolat, mais elle attire une clientèle québécoise. Les compétitions équestres, c’est de l’argent qui arrive d’ailleurs et qui entre dans notre région », souligne-t-elle.

Investir dans ce créneau

La Ville doit continuer d’investir dans ce créneau, pense Mme Quinlan, malgré le fiasco — elle n’aime pas le mot — des JEM 2018. « Ça n’a pas fonctionné. On doit regarder en avant et organiser d’autres événements. »

Que s’est-il passé dans les coulisses du petit monde équestre de Bromont pour que la Ville perde cette prestigieuse compétition ? La mairesse tente d’éluder la question. Lorsqu’on insiste, soulignant la tension entre le comité organisateur des JEM et la Société d’agriculture du comté de Shefford, qui gère le site, elle ouvre timidement son jeu. « La relation était difficile. On l’a vu », dit-elle. « Il y a eu des manquements, c’est certain », a-t-elle ajouté sans les nommer.

Bien qu’elle aurait aimé intervenir pour redresser le tout, ce n’était pas son rôle, ni celui du conseil. « Notre travail était d’accompagner les organisateurs pour qu’on obtienne les Jeux. On les a obtenus. On s’est engagés à faire notre part financièrement (2 millions de dollars ont été promis), mais notre responsabilité s’arrêtait là. »

La mairesse refuse de parler de conflit entre les deux organismes. Pas question non plus de jeter le blâme sur quiconque. Elle conteste cependant les critiques, dont les miennes, dirigées vers son conseil pour son suivi des activités de la SACS que la Ville subventionne à coups de 150 000 $ par année depuis 2011. Jamais de deniers publics n’ont été versés sans une sérieuse analyse de pièces justificatives, insiste-t-elle.

Jeudi dernier, Mme Quinlan soutenait que la Ville ne romprait pas ses liens avec la SACS. Ses dirigeants ont à cœur le sport équestre et font une belle promotion pour Bromont, a-t-elle expliqué. La situation financière de l’organisme, qui supporte des hypothèques de 2,5 millions de dollars en plus de faire face à des hypothèques légales de 472 000 $, ne l’inquiète pas. « Oui, ils ont des dettes. Mais les actifs sont très importants », signale-t-elle, faisant référence aux 8,5 hectares appartenant à la SACS et à ses installations pour les chevaux.

Dans toute cette affaire, Mme Quinlan déplore plus que tout le négativisme des opposants à la tenue des JEM 2018 à Bromont. « Nous sommes capables de grandes choses. Dommage qu’on ait vu seulement les problèmes et pas les solutions. Nous venons de vivre un échec ; nous n’aurons pas les jeux. Mais il faut s’en servir comme tremplin et continuer de développer notre site équestre. »

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