Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘Général’

Jeudi 25 février 2016 | Mise en ligne à 11h07 | Commenter Commentaires (5)

Éducation et plastique

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Bannir les sacs de plastique ainsi que l’eau embouteillée, comme prévoit le faire la Ville de Montréal, fait du sens. Les deux contenants, fabriqués à partir de dérivés pétroliers, causent des torts importants, parfois irréparables, à l’environnement. Les éliminer ne brimerait personne, sauf ceux incapables de changer de vilaines habitudes de vie. Des alternatives simples existent : les sacs et les bouteilles réutilisables.

Mais le temps n’est peut-être pas encore opportun de les interdire. Les consommateurs, en faisant des choix plus judicieux, peuvent réduire considérablement leur empreinte écologique sans que l’État ne se lance dans de lourdes structures administratives pour les bannir. Les progrès sont déjà perceptibles. L’utilisation de sacs de plastique est en forte baisse, note-t-on dans les supermarchés. Les clients du Marché Lambert IGA de Bromont ont recours à des sacs réutilisables dans une proportion de 75 %, rapportait La Voix de l’Est mardi. Ceux du Métro Plouffe de Granby sont 60 % à les avoir sous le bras lorsqu’ils arrivent à l’épicerie. On peut penser que c’est également la tendance dans les autres supermarchés au Québec.

On voit que l’éducation populaire fait son œuvre, mais des gains restent à faire. Augmenter le coût des sacs de plastique dans les épiceries de 5 à 10 ¢ pourrait inciter les consommateurs récalcitrants à les laisser tomber au profit de sacs réutilisables.

C’est plus complexe pour l’eau embouteillée. Il s’agit d’une activité commerciale importante au Québec. Ça peut étonner du fait que de l’eau potable est gratuite — et de bonne qualité — au bout des robinets de toutes les municipalités du Québec, mais les Québécois consomment des millions de litres d’eau embouteillée. Au Canada, en 2009, selon Statistique Canada, les embouteilleurs ont produit 2,29 milliards de litres d’eau pour répondre à la demande nationale. Le quart de cette production s’est retrouvé dans des bouteilles de 250 millilitres à 5 litres. Ces contenants, faits en polytéréphtalate d’éthylène, sont souvent jetés dans la nature.

Le problème est que le choix de ces bouteilles est bien ancré dans les habitudes d’achat des gens. Elles sont en vente partout : à l’épicerie, au bureau, au gymnase, dans les écoles, les arénas, les hôtels de ville, les stations de ski. Bien qu’on puisse les recycler, on les retrouve partout : dans les sites d’enfouissement, les fossés, dans les lacs et rivières et dans les océans. Elles représentent l’un des pires fléaux environnementaux de notre époque.

Comment faire en sorte que ces contenants soient recyclés ? La consigne apparait comme une bonne piste de solution. Le taux de retour des contenants à remplissage multiple comme ceux utilisés pour la bière était de 98 % en 2012, selon Recyc-Québec. Il était de 76 % pour les contenants à remplissage unique (boissons gazeuses, bière). Ces deux types de contenants sont consignés.

Certains consommateurs ne rapportent pas leurs contenants consignés à l’épicerie ou au dépanneur du coin. Ils s’en débarrassent parfois dans la nature. Leur valeur monétaire agit cependant comme incitatif pour qu’ils soient ramassés. On le constate avec les bouteilles de bière.

Bien sûr, il est probable que les embouteilleurs d’eau s’opposeraient à l’imposition d’une consigne sur leurs produits. On entendrait aussi les propriétaires de supermarchés et de dépanneurs, là où les consommateurs apporteraient leurs bouteilles d’eau vides, se plaindre. On devrait alors leur rappeler qu’ils ont une responsabilité sociale des impacts que causent leurs produits sur l’environnement.

Cette approche n’est pas nouvelle. Les détaillants d’équipements électroniques sont tenus d’imposer des écofrais sur les produits vendus. L’argent sert à défrayer le coût de recyclage de ces équipements une fois leur cycle de vie terminé.

Remarquez, une solution toute simple existe pour se débarrasser des bouteilles d’eau à remplissage unique : que les gens investissent une dizaine de dollars et se procurent une bonne bouteille réutilisable de 500 ml ou d’un litre. Ils peuvent l’utiliser au travail et la trainer avec eux lors de sorties. C’est plus économique et certainement plus écologique.

Pour faciliter cette transition, les fontaines d’eau dans les lieux publics, au travail, sur les sites touristiques et sportifs devraient être modifiées pour permettre le remplissage de telles bouteilles. Étonnant qu’on voit si peu de fontaines du genre de nos jours…

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Lundi 1 février 2016 | Mise en ligne à 9h43 | Commenter Un commentaire

Capital forestier

Au nom du développement résidentiel, des coupes à blanc sont permises dans les municipalités. Un autre déboisement a débuté dans les anciennes terres Miner à Granby. Il est temps que les municipalités assurent la protection de leur couvert forestier. — photo Janick Marois La Voix de l'Est

Au nom du développement résidentiel, des coupes à blanc sont permises dans les municipalités. Un autre déboisement a débuté dans les anciennes terres Miner à Granby. Il est temps que les municipalités assurent la protection de leur couvert forestier. — photo Janick Marois La Voix de l'Est

Les municipalités proposent toutes sortes de programmes pour protéger l’environnement. Elles offrent une aide financière aux parents qui optent pour des couches de coton, remboursent une partie des coûts aux citoyens qui changent leur toilette pour une à faible débit et vendent à bon prix des barils d’eau et des bacs de compostage.

Rares sont celles toutefois qui ont des mesures réglementaires protégeant directement l’environnement. On ne retrouve à peu près rien qui encadre l’utilisation de l’eau potable. Très peu de choses sur la qualité de l’air. Peu de lignes également concernant l’intégrité du couvert forestier. Clairement, les municipalités se donnent bonne conscience en distribuant des bonbons verts au lieu de poser de véritables gestes de protection de l’environnement.

Pour l’eau potable, peut-être est-ce en raison de son abondance que nos élus ne semblent pas s’y intéresser. Pour la qualité de l’air, on tient trop à nos services à l’auto. Pour le couvert forestier, leur inaction est plus difficile à comprendre. L’absence de balises et de règles offre une carte blanche aux promoteurs immobiliers. Ceux-ci donnent allégrement dans les tronçonneuses lorsque des forêts ou des boisés urbains se trouvent au travers de leur chemin. Malheureusement, les cas de dérive sont nombreux. Au nom du développement résidentiel — et des taxes foncières —, les coupes à blanc sont permises dans nos municipalités. Ces dernières années, seulement à Granby, des dizaines d’hectares de forêt ont été éliminés pour y construire plain-pieds, cottages, jumelés et maisons de ville. Rares sont les arbres matures ayant survécu.

Le développement des terres Martel, au sud de la ville, nous démontre le manque d’imagination des promoteurs pour conserver quelques arbres matures. Ils ont tous disparu, sauf en fond de terrain. On ne semble connaître dans l’industrie qu’une seule technique de développement : tout raser… puis planter des fouets pour encore là se donner bonne conscience.

La même philosophie de développement aura préséance dans les autres projets projetés sur les anciennes terres Miner. Des travaux préparatoires de déboisement ont d’ailleurs commencé dans la forêt au sud de la rue Robitaille. Des amoncellements d’arbres matures abattus sont visibles du boulevard Pierre-Laporte.

Lors des travaux initiaux de la première phase du projet Les Jardins Quévillon, en plein cœur de la ville, presque aucun arbre n’est resté debout après le passage des bûcherons. La petite forêt sacrifiée pour faire place aux constructions était composée d’érables, de pins et de pruches matures.

La deuxième phase s’annonce aussi désastreuse. La Ville tente de rassurer les citoyens du secteur en établissant des bandes de protection du « couvert boisé » allant jusqu’à 20 mètres au fond des terrains. La sémantique utilisée est exagérée, pour ne pas dire mensongère. Un couvert est un peuplement d’arbres. Ce que propose la Ville est plutôt une rangée d’arbres…

Un citoyen du quartier 2, Richard Dubé, proposait récemment au conseil de doter la Ville d’une « politique pour favoriser les arbres ». Voilà une excellente suggestion. Une telle politique pourrait établir un pourcentage de déboisement selon la superficie des terrains. Elle pourrait aussi exiger des promoteurs de tenir compte de peuplements d’arbres matures dans leurs plans.

Bien sûr, de telles balises compliqueront le travail des promoteurs et des entrepreneurs. Le conseil ne doit pas se laisser distraire par leurs récriminations. Une politique des arbres augmenterait la valeur des terrains, générant des revenus de taxes foncières, réduirait les îlots de chaleur et assurerait une diversité florale et faunique en zone urbaine.

Comment une pratique comme la coupe à blanc peut-elle être interdite dans le fin fond des forêts québécoises, mais être autorisée dans nos boisés urbains ? C’est du délire !
C’est une belle occasion pour le conseil d’intervenir pour assurer une qualité de vie aux citoyens. Le développement durable, ce n’est pas empêcher le développement à tout prix, c’est d’en dresser les limites.

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Lundi 25 janvier 2016 | Mise en ligne à 18h04 | Commenter Un commentaire

Vol d’idées, perte d’identité

photo Alain Dion La Voix de l'Est

photo Alain Dion La Voix de l'Est

La propriété intellectuelle n’existe pas en politique. Si tel était le cas, les coffres de la Coalition avenir Québec seraient pleins de dollars provenant du Parti libéral. Mais dans cette sphère, le plagiat n’est pas prohibé. Il est même encouragé. Quand le parti au pouvoir flaire une bonne idée dans la cour de ses adversaires, il ne fait ni un ni deux et se l’accapare.

Rares sont les bonnes idées qui naissent du côté gouvernemental. Elles émergent plutôt dans l’opposition, là où les élus et les militants de leurs partis ont le temps de réfléchir sur ce qui ne tourne pas rond autour d’eux, et qui possèdent les coudées franches pour imaginer des moyens de redresser la situation. Fut une époque où le Parti québécois proposait des idées novatrices à pleine pelle. C’est maintenant la carte de visite de la CAQ d’être un pourvoyeur d’idées. Le PLQ, lui, fidèle à son style, garde l’œil ouvert pour faire sien tout projet, idée ou suggestion susceptible de l’aider à rester aux commandes.

François Legault dit accepter cette dure réalité. Depuis 2014, le chef de la CAQ a vu les libéraux s’approprier deux des idées maîtresses de sa formation : son plan maritime et sa refonte du système scolaire réduisant le rôle des commissions scolaires en donnant plus de latitude aux écoles et aux parents.

La CAQ lance une nouvelle idée : que Québec investisse 1 milliard par année sur cinq ans pour aider les entreprises manufacturières à moderniser leurs équipements et à améliorer leur productivité. La mesure stimulerait l’économie, créerait des emplois et assurerait des entrées d’argent au gouvernement pour payer les services à la population. Il faut que les Québécois s’enrichissent, soutient M. Legault. Car ils en ont bien besoin, insiste-t-il.

Il s’agit d’un programme étatique de capital de risques, mais qui se ferait à coût nul pour le gouvernement, calcule M. Legault. C’est donc dire que le remboursement des prêts additionnés aux bienfaits économiques feraient que Québec récupèrerait ses investissements. «Des Québécois plus riches, c’est ce que la CAQ va proposer», a-t-il indiqué aux journalistes.

M. Legault, qui se dit « très inquiet de la situation économique » et de l’absence de stratégies du gouvernement libéral pour renverser la vapeur, invite le premier ministre Philippe Couillard à copier son idée. « Je vais l’applaudir », a-t-il lancé lundi aux journalistes, à Bromont, où son caucus est réuni pour préparer la rentrée parlementaire.

Les scribes ont fait peu de cas de sa proposition ; ils ne s’intéressaient qu’à ses réactions sur le recours par Québecor — et son ancien PDG, Pierre Karl Péladeau — aux paradis fiscaux. C’était certes la nouvelle politique du jour. Mais M. Legault n’avait pas grand-chose à dire sur le sujet, renvoyant les journalistes au chef péquiste. « C’est à lui de répondre », a-t-il répété à quelques reprises.

C’est toujours la même rengaine pour la CAQ : la formation est incapable de se faire entendre. L’avenir ne s’annonce guère meilleur. D’abord, notre système parlementaire confine les tiers partis à des rôles secondaires. Puis le système électoral les empêche d’avoir une députation proportionnelle aux votes obtenus. Un troisième obstacle nuit à la CAQ : sa tergiversation identitaire.

Le parti croit avoir choisi le bon cheval en réitérant son nationalisme vis-à-vis d’Ottawa. Reste à savoir comment se montrer exigeant envers le gouvernement fédéral quand on exclut l’indépendance. Où est le bâton pour être pris au sérieux ? Par la force du nombre, répond M. Legault, en entrevue à La Voix de l’Est. « Le bâton, on va l’avoir quand on va rassembler les nationalistes. Présentement, on est divisés. Ça profite aux gens qui font la promotion du statu quo. »

M. Legault est confiant d’arriver à créer une coalition de nationalistes. « On a réussi dans le passé », a-t-il dit citant l’obtention par le Québec de pouvoirs en matière d’immigration, de formation de la main-d’œuvre et des commissions scolaires linguistiques.

Rassembler les nationalistes, c’est l’idée du PQ. Au tour de François Legault de jouer au brigand !

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