Le Grand Parleur

Archive de la catégorie ‘*%!#* de journalistes’

Jeudi 7 mai 2015 | Mise en ligne à 13h26 | Commenter Commentaires (2)

Liberté à risque

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La liberté de la presse est à risque. Elle l’a toujours été. Elle le sera toujours. Parce que les intérêts (politiques, fiscaux et d’images) d’une minorité de personnes privilégiées sont incompatibles avec les intérêts de la majorité. La protection de leurs acquis, systèmes, avantages et combines expliquent qu’elles oeuvrent pour faire des embuches aux journalistes.

Chaque fois qu’on nuit aux journalistes, un autre droit fondamental, plus large celui-là, en pâtit: le droit du public à l’information.

Dimanche marquait la journée mondiale de la liberté de la presse. Si au Québec les journalistes ne risquent pas de se faire abattre, kidnapper ou battre comme c’est le lot malheureusement dans trop de pays, ils doivent être tenaces pour faire leur travail. Car les empêcheurs de tourner rond rôdent.

En 23 ans de carrière, j’ai vu comment leurs stratégies se déclinent. Elles prennent la forme de menaces, mais surtout de pression. Parfois elle est subtile, d’autres fois moins. J’y ai goûté à l’automne 1994. J’avais signé quelques reportages sur l’enquête de la Commission municipale du Québec sur le maire de Boisbriand, Michel Gagné. L’organisme enquêtait sur une série d’allégations de malversation de sa part et du conseil municipal, notamment l’achat d’un terrain de la Ville via un prête-nom. Le maire aurait aussi usé de son influence auprès de fonctionnaires pour le prolongement des réseaux d’égout et d’aqueduc vers des terrains appartenant à son fils et d’autres personnes.

J’avais obtenu, par la Loi d’accès à l’information, les factures des avocats de M. Gagné payées par la Ville pour le défendre devant la CMQ. Environ 30 000 $, si je me rappelle bien. J’en ai fait un reportage. Mais à quelques semaines des élections, ça n’a pas plu au maire. Ce dernier a appelé l’éditeur du journal.

Un autre bonze du coin, Me Michel Déziel, m’avait aussi dans sa mire. Cet organisateur politique, farouche adversaire du maire Gagné, n’appréciait pas plus ma couverture de son poulain à la mairie. Il a passé quelques coups de fil à mon éditeur.

Ces pressions ont fait mouche; j’ai été viré.

Quelques années plus tard, M. Gagné était condamné par la Cour du Québec pour abus de confiance. Et Me Déziel, après avoir été nommé à la Cour supérieure, a entendu son nom résonner à la Commission Charbonneau. Il a par la suite reconnu avoir servi d’intermédiaire à la firme Dessau pour remettre environ 30 000 $ à un parti municipal de Blainville, un geste illégal en vertu de la loi sur le financement des partis politiques. Le conseil de la magistrature a décidé de ne pas le sanctionner…

Ce sont des cas extrêmes et rares, on s’entend. N’empêche, quand des élus ou des gens de leur entourage ou quiconque empêchent les journalistes de faire leur travail, c’est qu’ils préfèreraient qu’on parle d’autres choses. Pourquoi? C’est notre travail de le découvrir.

La profession de journaliste est fort simple: informer les gens sur ce qui se passe autour d’eux. Ça inclut les bonnes et les moins bonnes nouvelles. Dans ce dernier cas, notre travail est difficile parce que trop de personnes cherchent à nous dicter ce qui est d’intérêt public et ce qui ne l’est pas.

• Des directeurs généraux de municipalités se croient investit de l’autorité de nous interdire d’aborder certains sujets dans nos pages
• Des maires, des députés et des ministres choisissent de nous rappeler ou non selon les dossiers que nous souhaitons aborder avec eux
• Des entreprises retirent leurs publicités quand nous traitons de sanctions leur ayant été imposées ou si elles font fait l’objet de critiques de citoyens

Toutes ces pressions n’ont qu’un seul dessein: nous faire taire.

Nos sociétés démocratiques peuvent-elles se permettre un fléchissement de la part des journalistes?

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Lundi 13 avril 2015 | Mise en ligne à 13h57 | Commenter Commentaires (14)

Le malaise PKP

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C’est le titre en une du dernier numéro du trente, le magazine de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Le malaise provient du fait que M. Péladeau aspire à diriger le Parti québécois puis le gouvernement du Québec alors qu’il est propriétaire d’un des plus importants groupe de presse au Québec. Dans notre petit monde de journalistes, ça ne passe vraiment pas. Ce que je m’explique mal, c’est le choix des photos pour illustrer l’entrevue. Les dirigeants du trente ont fabriqué de toute pièce un autre malaise.

Le reportage signé par le journaliste Alain Saulnier est fort intéressant (il n’est pas accessible sur internet, mais la vidéo l’est). M. Péladeau se révèle un peu plus. Mais que s’est-il passé dans la tête des dirigeants du magazine lorsqu’il fut temps de choisir les photos pour illustrer l’entrevue? Car, disons-le franchement, leurs choix sont douteux. On y montre M. Péladeau avec de drôles d’expressions faciales. Difficile de ne pas s’interroger sur les desseins de ces choix.

Voici certaines des photos:

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Il existe une règle en journalisme, malheureusement non écrite, de ne pas utiliser des photos qui font mal paraître les gens. Elle est sûrement méconnue des dirigeants du trente.

PKP n’aime pas particulièrement les journalistes. Il faut dire que son style de gestion des relations de travail alors qu’il dirigeait Quebecor a mené à plusieurs lock-out très médiatisés. Ça ne lui a sûrement pas plu et ça pourrait expliquer son attitude à l’égard de journalistes.

Les photos choisies par le trente lui donnent d’autres raisons de ne pas nous blairer. C’est assez étrange d’un magazine qui traite de journalisme. Ça apporte de l’eau au moulin de nos (nombreux) détracteurs. Avec un tel traitement journalistique, pouvons-nous prétendre être objectifs à l’égard de M. Péladeau? Le trente nous a tiré dans le pied!

Je me demande ce que le Conseil de presse conclurait de ce choix de photos.

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Lundi 4 août 2014 | Mise en ligne à 14h54 | Commenter Commentaires (2)

L’agonie de la presse écrite

Deadline est un photo-reportage du photographe Will Steacy sur l’agonie du vénérable Philadelphia Enquirer.

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À méditer.

Merci au collègue Maxime Massé de me l’avoir signalé.

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