Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Mercredi 12 février 2014 | Mise en ligne à 14h26 | Commenter Commentaires (5)

    Tours de passe-passe

    photo Janick Marois La Voix de l'Est

    photo Janick Marois La Voix de l'Est

    Bell Mobilité envisage de construire deux tours cellulaires dans le secteur champêtre de Bolton-Est, près de lac Memphrémagog. La multinationale en érigera une autre près du majestueux mont Pinacle à Frelighsbrug. Vidéotron a toutes les autorisations pour en élever une près de la bucolique route Pierre-Laporte à Brigham.

    Le nombre de tours cellulaires a explosé ces dernières années dans les MRC de la Haute-Yamaska, Brome-Missisquoi, Acton et Rouville. Un recensement effectué par La Voix de l’Est en janvier 2013 a permis d’en identifier 63. À ce nombre, il faut en ajouter une demi-douzaine construite l’année dernière. L’installation de tours s’est accélérée. Depuis 2005, une trentaine ont été érigée dans les MRC mentionnées ci-haut. D’autres s’ajouteront cette année.

    La réalité est implacable : la demande des consommateurs pour profiter d’un service internet haute vitesse et de la téléphonie cellulaire exige des infrastructures modernes. Et dans le monde des télécommunications d’aujourd’hui, de telles infrastructures passent par des tours pour relayer les ondes. Le CRTC, l’organisme fédéral responsable de gérer les ondes et les permis, oblige même les grandes compagnies de communications sans fil à offrir leurs services dans toutes les régions où la densité de la population est suffisante. D’où ces projets de tours qui semblent sans fin.

    Le progrès ne s’arrête pas. On peut cependant l’encadrer pour maximiser ses effets bienfaisants et minimiser ses impacts négatifs, comme la pollution visuelle créée. Ce n’est malheureusement pas ce qui se passe dans l’industrie des communications sans fil. Elle se démarque plutôt par une navrante improvisation dans le déploiement de ses réseaux internet et cellulaires. L’absence de planification fait que les compagnies implantent des tours une par une sans tenir compte d’un plan d’ensemble. Et pas question de collaboration entre elles pour partager des tours; elles tiennent à avoir les leurs.

    Bref, c’est le Far West. Et les municipalités, pourtant responsables de l’aménagement de leur territoire, ne disposent d’aucun outil pour faire échec à ces bêtises. Elles assistent impuissantes à la multiplication de ces hautes structures de métal dans leur paysage.

    Bien sûr, les porte-parole de Vidéotron, Rogers, Bell Mobilité et Télus assurent que les règles du CRTC sont respectées. Des consultations publiques sont organisées à l’intention des citoyens potentiellement concernés. J’écris potentiellement parce que le CRTC exige que les gens dont la maison se trouve dans un rayon de trois fois la hauteur de la tour proposée doivent être contactés par la compagnie qui souhaite en implanter une près de chez eux. Par exemple, si la tour mesurera 30 mètres, les citoyens habitant dans un rayon de 90 mètres du lieu où elle sera installée doivent recevoir à leur adresse une invitation à participer à une consultation publique. Quant aux autres citoyens du secteur… Bof!

    La définition de «consultation publique» d’Industrie Canada ne peut que susciter le cynisme. Dans une vraie consultation, l’opinion des gens consultés est considérée et peut mener à des modifications du projet présenté. Quand des compagnies de téléphonie cellulaire en organisent, on devrait plutôt parler de séance d’information. Le scénario est toujours le même: voici ce que nous allons faire, vous voilà informés, les travaux commencent dans deux semaines.

    On pourrait croire qu’Industrie Canada veille au grain. Eh non ! L’organisme ne demande aucun plan, aucune étude des entreprises des lieux choisis où ériger des tours. Il n’exige aucune preuve qu’elles ont étudié la possibilité d’installer leurs antennes sur des tours existantes afin de limiter leur nombre. Aussi incroyable que ça puisse paraître, Industrie Canada n’a aucune idée combien de tours cellulaires existent…

    Ça ne fait pas sérieux. C’est à se demander à quoi sert Industrie Canada.

    Les municipalités pourraient s’assurer qu’un processus sérieux précède toute construction de tours cellulaires. Il faudrait pour cela qu’Ottawa ouvre ses antennes.

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    • Une partie du problème pourrait être réglé tout simplement en installant des tours qui semblent être autre chose. Au cours mes voyages je remarque depuis longtemps que même dans les pays bien plus pauvres que nous les tours ont l’apparence d’un arbre, au premier coup d’oeil. J’ai vu ça en Tunisie, en Turquie, au Maroc et en Namibie. Je veux bien admettre que c’est facile de camoufler une tour dans un palmier artificiel, mais chez nous nous avons des Pins Blancs qui peuvent atteindre des hauteurs de 40 à 60 mètres, donc assez hautes pour être utilisés comme tour. De cette manière les paysages se font moins massacrer.

    • Hein! Un pin blanc de 60 mètres, il faut que je vois cela! Un pin blanc atteint habituellement 30 mètres et exceptionnellement 50 mètres dans des conditions super idéales … certainement pas sur des collines ou autres hauteurs.

      Pour ce qui est du partage des tours, il faudrait que cela soit une obligation pour les compagnies et de plus qu’il y ait de réelles consultations lors de l’implantation de ces antennes surdimensionnées. Mais, étant donné que le client, détenteur de ces petits outils (cellulaires) fera pression pour l’installation, peu importe l’endroit, ces compagnies auront toujours des alliés indéfectible…

    • Tant qu’à y être, on pourrait combiner la communication et la production d’énergie: une tour de cellulaire coiffée d’une éolienne. ;)

    • @jeani
      13 février 2014
      19h34

      Il me semble que vous n’avez pas compris l’essentiel de mes propos, peut-être que je ne me suis pas exprimé assez clairement.

      Oui, aujourd’hui nous ne trouvons plus des pin blancs immenses, mais à l’arrivée des Européens sur notre continent il y en avait beaucoup. Dans les documents en ligne que j’ai consulté je trouves des chiffres de 40 à 60 mètres (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pinus_strobus) et même de 70 mètres (http://en.wikipedia.org/wiki/Pinus_strobus)

      Mais l’essentiel de mon message concerne le fait qu’ailleurs on tente de camoufler des tours de transmission en les faisant passer au premier coup d’oeil comme un palmier par exemple. Chez nous, un palmier dans le paysage serait assez bizarre, non? Alors, pourquoi pas fabriquer une structure qui ressemble à un pin blanc géant, même si le lieu n’est pas propice pour avoir un arbre véritable de cette taille. Une telle structure serait certainement moins dérangeant dans le paysage qu’une tour métallique peint en rouge et blanc. Pour la sécurité des avions, bien sûr les tours camouflées en arbre ont des lumières clignotantes pour avertir des aéronefs par exemple.

      Malheureusement il n’est pas possible de poster des images sur les blogues de La Presse, si non ça me ferait plaisir de vous montrer des exemples que j’ai photographié dans plusieurs pays.

    • @meutedeloups

      Écrire: “pourquoi pas fabriquer une structure qui ressemble à un pin blanc géant” et “nous avons des Pins Blancs qui peuvent atteindre des hauteurs de 40 à 60 mètres, donc assez hautes pour être utilisés comme tour”, vous en conviendrez avec moi que le message n’est pas du tout le même.

      Mais, en ce qui concerne l’essentiel de vos propos, je suis tout à fait d’accord; il me semble qu’il serait sûrement possible de camoufler ces tours sans âme, en utilisant la méthode que vous préconisez.

      Pour ce qui est de wikipedia, une ressource rapide pour obtenir de l’information; je ne crois pas que l’on peut s’y fier les yeux fermés. Pour ma part, je trouve plus fiable mon livre “Les arbres indigènes du Canada par R.C. Hosie produit par le Service des Forêts d’Environnement Canada. L’on mentionne qu’il peut atteindre dans des conditions d’exception la taille de 53 mètres; ce qui n’est pas trop loin de votre 60 mètres. Seulement 7 mètres … mais ça commence à faire pas mal de pieds.

      Parlant de photo, je pourrais éventuellement vous partager, par l’intermédiaire du Grand Parleur, une photographie du pin de mon enfance (près de 6 décennies); lui, il est immense et de toute beauté.

      Au plaisir, meutedeloups!

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