Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Lundi 9 décembre 2013 | Mise en ligne à 16h25 | Commenter Commentaires (5)

    De bons employés, nos députés?

    photo La Presse

    photo La Presse

    Le travail de député provincial mérite-t-il un salaire de 136 000 $ par année ? C’est ce que recommande un comité de travail — composé de non-élus— dans son rapport présenté aux parlementaires à la fin du mois de novembre.

    Pour l’heure, les 125 députés de l’Assemblée nationale empochent un salaire de base de 88 186 $. De base, parce que les émoluments des députés augmentent lorsqu’ils siègent sur une commission ou s’ils occupent une fonction parlementaire (ministre, secrétaire parlementaire, whip de leur parti, par exemple). C’est trop peu d’argent compte tenu de leurs responsabilités, pense Claire L’Heureux-Dubé qui a présidé les travaux du comité ad hoc.

    Parallèlement à cette hausse de salaire de 47 814 $ (55,48 %), l’ancienne juge de la Cour suprême du Canada recommande aussi de doubler à 32 000 $ les allocations de dépenses des députés. Les bonis s’arrêtent cependant là pour les élus. Le groupe de Mme L’Heureux-Dubé suggère en effet de rendre leurs allocations imposables (étonnant qu’on n’y ait pas pensé avant), d’éliminer leurs primes en cas de départ sans raison valable (relève du gros bon sens), de revoir à la hausse leurs contributions à leur régime de retraite (bienvenue dans le monde des mortels) et de réduire leurs rentes une fois qu’ils auront pris leur retraite politique (terminée la pension Rolls-Royce!).

    Tous ces changements se feraient à «coût nul», assure Mme L’Heureux-Dubé consciente de l’impopularité de ses propositions auprès de la population. C’est donc dire que les contribuables ne feraient pas les frais de cette réforme puisque mettre la hache dans les conditions méga-ultra-super-généreuses (rien n’existe de tel ailleurs dans le secteur public et certainement pas dans le secteur privé) des députés permettrait de payer leur hausse de salaire et d’allocation de dépenses. Quatre 25 ¢ pour un dollar, autrement dit.

    On veut bien que nos députés obtiennent de bons salaires. Leurs responsabilités sont lourdes à porter. Aussi, on leur demande d’imaginer, de réfléchir et de travailler ensemble pour mettre en place des politiques et des lois pour améliorer le sort de leurs concitoyens.

    Travailler ensemble. Tout le problème de nos élus est là. S’il est vrai que nos députés à Québec bossent fort, ils déploient plus d’énergie à veiller à leurs intérêts et à ceux de leur parti qu’aux nôtres.

    L’étude du projet de loi sur les mines, qui se déroule aujourd’hui en commission parlementaire en mode accélérée, nous rappelle que les partis politiques participent rarement au progrès fut-il social ou économique. Pour eux, tout est une question de calculs, dans tous les sens possibles, de leurs intérêts: les péquistes pactisent pour s’accrocher au pouvoir, les caquistes, alarmés par de mauvais sondages, collaborent pour éviter une campagne électorale, les libéraux cherchent à faire durer le processus d’étude de cette loi tant attendue pour, encore et toujours, embarrasser le gouvernement de Mme Marois.

    Résultat: aucun élu ne travaille avant tout pour les Québécois, si ce n’est Québec Solidaire.

    Donc, revenons à notre question de départ: nos élus méritent-ils un salaire de 136 000 $ par année? Sur papier, oui. Dans les faits…

    Habituellement, un employeur consent des augmentations substantielles de salaire à ses employés lorsque deux conditions sont réunies: quand ses employés se donnent réellement à l’ouvrage et quand l’entreprise se porte très bien financièrement. La deuxième condition est souvent tributaire de la première. Au Québec, soyons honnêtes, on n’a ni l’une, ni l’autre.

    Ça nous porte à émettre une hypothèse: la performance de nos députés, présents et passés, expliquerait-elle l’état de nos finances publiques? Un tout autre débat.

    Sujet délicat que celui du salaire de nos élus. Comme n’importe quel patron, en tant que contribuable, on veut payer le moins possible et en obtenir le plus possible. Combien vaut le travail d’un député, donc?

    Nos députés ramènent à la maison tous les ans en moyenne 41 594 $ (47,17 %) de plus que le travailleur à temps plein au Québec. Son salaire est de 46 592 $ (avant impôts), selon Statistique Canada. Imaginez le malaise si celui des élus est haussé à 136 000 $.

    Certains avancent comme argument qu’offrir de meilleurs salaires à nos députés à Québec permettra d’attirer des candidats plus compétents lors des prochaines élections. Vraiment?

    À Ottawa, le salaire de base des députés de la Chambre des communes est de 160 200 $ — une kyrielle d’autres primes de milliers de dollars sont rattachées à certaines responsabilités. Peut-on vraiment affirmer que le calibre des 308 députés qui siègent dans la capitale impressionne?

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    • Un salaire de 120,000$ pour un député est-ce raisonnable? C’est l’équivalent du salaire d’aujourd’hui, 88,000 + 16,000 non imposable qui devient 32,000 si imposable, donc 88,000 + 32,000 = 120,000. Donc tout est fait pour présenter ce salaire pour qu’il paraisse le plus bas possible pour justifier une hausse injustifiée. En passant le député ne ramène pas 41,594$ à la maison mais 61,600 + le 16,000 non imposable. La différence entre le 61,600 et le 41,594 est que le premier est le taux effectif et le deuxième le taux marginal qui est perçu seulement sur les derniers dollars.
      Michel caron

    • non , il ne meritent meme pas leur salaire actuel , tout simplement pcq ils ne travaillent pas pour nous , mais pour leur petits interets , comme vous le dite si bien , en fait c’est pas une augmentation que je leur donnerais , mais plutot un mecanisme de destitution acceleree pour leur commetants , et je ferais interdire egalement qu’un depute soit soumis a la ligne de parti , il ne travaille pas ni ne represente le parti , mais les citoyens et la ligne de parti n’est rien de moins qu’un detournement de cette pseudo democracie de banane

    • Augmenter leur salaire, aucun problème…et, si nous voulons attirer les meilleurs. Faudrait, par contre, corriger certaines exagérations, comme: Population du Québec, 8 millions, 125 députés, un député pour 64 000 électeurs. Population de l’Ontario, 13,5 millions, 107 députés, un pour 126 000 électeurs.

      Maintenant, juste à appliquer la règle de “3″ et voilà une super belle augmentation; le 132 000$ devient pratiquement “dérisoire”.

    • L’argument de la compétence m’indispose réellement. On prétend vouloir attirer des gens compétents. Compétents en quoi? Quiconque débute en politique n’a comme compétence que sa seule habilité à convaincre les électeurs. Personne, à priori, ne connait le boulot de député. Si on veut être rationnel et équitable, le salaire de député (et de ministre) devrait être assujetti à ses performances et à sa durée. Donc, comme pour tous les autres travailleurs, tu performes, on t’augmente. Tu dures dans tes fonctions, tu reçois un salaire à l’avenant. Quant au régime de retraite, l’équivalent des grandes sociétés privées suffirait selon moi. Devenir député est un privilège et ne devrait jamais constituer une sinécure.

    • @jeani

      C’est Mike Harris qui a réduit le nombre de députés en Ontario, il y en avait plus avant. Il n’y a pas de M. Harris au Québec, alors ça va rester à 125 au Québec.

      C’était brillant de confier ce comité à Claire L’H-D…C’est clair qu’elle allait proposer une augmentation!

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