Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Mercredi 1 mai 2013 | Mise en ligne à 16h03 | Commenter Commentaires (11)

    Banissons les partis politiques municipaux

    Devrait-on interdire les partis politiques dans les municipalités? En écoutant Gilles Cloutier, maître organisateur politique, expliquer comment orchestrer illégalement — et avec une facilité déconcertante — une campagne électorale dans une municipalité, difficile de croire qu’un parti politique municipal puisse offrir de l’intégrité. L’appel et le goût du pouvoir risquent de le pervertir.

    Entre 1997 et 2007, M. Cloutier a affirmé cette semaine devant la Commission Charbonneau avoir organisé une soixantaine d’élections «clés en main», comme on les appelle, dans des municipalités. Il a usé de sa recette dans les couronnes nord et sud de Montréal (les Basses-Laurentides et la Rive-Sud).

    Cet architecte de démocraties viciées a longuement énuméré les gestes posés pour propulser ses candidats à la mairie ou pour les maintenir en poste: financement illégal des campagnes, prête-noms pour des contributions politiques, double comptabilité dans les dépenses électorales, production de fausses factures pour blanchir les dons politiques, rétribution des bénévoles. De l’avis de ce spécialiste, près de 80 % des dons versés aux partis politiques municipaux et provinciaux sont faits en contravention des lois sur le financement politique.

    Chaque année, on sursaute lorsque le ministère des Transports présente son calendrier de projets et les centaines de millions de dollars qui seront dépensés pour les concrétiser. Pourtant, les mêmes montants sont dépensés dans le monde municipal. Ensemble, la valeur des contrats accordés par les municipalités se situe également dans les millions de dollars. Une telle manne attire des firmes de génie-conseil, d’avocats, de comptables, de notaires, d’arpenteurs et des entrepreneurs de toutes sortes. Elle attire aussi des individus comme Cloutier qui savent comment aider ces entreprises à en tirer profit.

    Un moyen simple de rendre la tâche difficile à ces spécialistes électoraux serait de bannir les partis politiques municipaux. L’élection des maires se fait au scrutin universel. Mais dans les municipalités où des partis existent, très rares sont les fois où le parti du maire gagnant ne se retrouve pas majoritaire au conseil. Pire que cela, parfois des partis s’accaparent tous les sièges. Quand les électeurs choisissent un candidat pour le poste de maire, ils donnent habituellement aussi leur appui aux candidats de son parti aux postes de conseillers. Ils doivent donc leur élection au maire qui lui est redevable à son organisateur et à ses donateurs dans l’ombre.

    Interdire les partis politiques au niveau municipal, c’est conférer une certaine indépendance à tous les membres du conseil. Ce n’est pas, bien sûr, une garantie qu’ils sauront quoi faire de cette indépendance, qu’ils resteront étanches aux pressions ou aux manipulations. L’idée, c’est de donner aux élus les coudées franches pour participer activement aux décisions et pour bien représenter leurs concitoyens. Encore là, ça ne leur accorde pas un sens inné de la critique. Voilà une qualité essentielle en politique. Elle fait, malheureusement, cruellement défaut.

    Le fait d’élire des candidats indépendants force les maires à exercer un leadership rassembleur basé sur le respect et l’ouverture. Des alliances naturelles entre élus se créent. Aussi peuvent-ils partager des idéologies sur le rôle et responsabilités de la municipalité. De là naissent les discussions et les solutions. C’est l’essence même de la politique, celle de l’art du compromis.

    Dans les partis politiques — peu importe le palier —, ça ne fonctionne pas ainsi. Le système est linéaire: le chef dicte, les soldats suivent et, en coulisses, les organisateurs et leurs clients empochent. Et nous payons…

    Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur


    • Hum, je ne sais pas. La problématique est belle est bien là et il faut une solution. Mais bannir les partis municipaux est-elle la bonne? Si on le fait, ça fait plus de pouvoir pour en haut. Et du pouvoir trop concentré, ce n’est pas bon. J’en sais quelque chose je travaille au gouvernement. D’ailleurs, en dehors de Québec, c’est loin des yeux loin du coeur.

      Je trouve surtout qu’il y a peu de contrôles et de moyens de dénoncer.

    • C’est le maudit financement privé et l’influence de ces groupes d’intérêt dont il faut se débarasser. Même si ce n’est pas parfait, un financement public représenterait une bien meilleure solution que ce qu’on a présentement. En plus, en limitant et en encadrant les dépenses, ça réduirait de beaucoup les horribles et longues campagnes de publicité négative qu’on nous pousse dans la gorge et qui en découragent plusieurs d’alller voter. Et ne parlons même pas ici de notre antique système de représentation uninominal à majorité simple et un seul tour. Ridicule ! À quand le vote proportionnel et une majorité abosolue ?

    • Si tu bannis les partis au municipal, ils vont simplement être une bande de chummys qui se présentent officiellement sans parti, mais qui dans le fond en sont un. Ça va seulement être plus caché.

    • Les villes sont corporatives avant tout, même les contraventions statutaires (sans préjudice)sont commerciales !!! Le pire c’est les moutruches qui les paient sans trop poser de questions !! MDR !!!

    • Je trouve ce dossier tellement absurde!Mettons fin au financement privé,et qu’une enveloppe budgétaire soit allouée au financement électorale.Cela coûterait quelques millions de plus aux contribuables,mais combien d’économie pourrait être réalisée!De toute façon,je n’ai jamais saisi en quoi le financement privé des élections et l’idée de la démocratie-avec un grand ou moyen d-étaient deux concepts qui allaient de pair;tout au contraire,ces deux idées sont totalement opposées.Mais comme autres choses,on ne veut pas changer les façons de faire en politique,et deviner pourquoi.De demander aux gens qui en profitent d’arrêter d’en profiter,ben voyons!Les politiciens ne veulent PAS changer le système,c’est pourtant assez clair.

      Le vote proportionnel…encore une de ces idées qui devraient normalement,dans une démocratie en santé,être obligatoirement mise en pratique.Meeeuuu non,les grands partis perdraient des bancs de députés en adoptant cette mesure,et c’est pourquoi ils ne veulent pas en entendre parler.

      La démocratie?Ouais c’est ça…

    • Hors sujet :

      Les réponses de vos blogues sont en italique Monsieur Laliberté. Très difficile de distinguer votre réponse à un commentaire (si vous voulez en ajouter un, bien entendu).

      De même que les liens des blogues sur cette page et les liens d’archives, ils sont tous en italique.

      Salutations à vous.

      Bonjour,

      Merci de votre commentaire. Je vais dorénavant ajouter une entête à mes réponses pour bien les distinguer des entrées des internautes.

      Qu’entendez-vous par les liens des blogues et des archives?

      Grand parleur

    • elvince vise juste! Nous avons à Granby une bande de Chummy qui se entre eux, dans la ligne de parti fictif du maire.

      Rien d’officiel, juste des “suiveux” qui approuvent la dictature du maire.

    • Grand parleur :

      Une police de caractère reste en italique en permanent (je ne sais pas quelle police de caractère est utilisée …) sur les liens de votre blogue uniquement. Si je fais le même exercice sur un autre blogueur (prenons votre collègue Michel Tassé), les commentaires à ses blogues ne sont pas en italique de même que les liens de ses archives, autres blogues récents du jour, etc …

      Le problème est apparent depuis votre blogue L’iPad et Elisabeth II (18 avril 2013) jusqu’à ce bogue en ce moment. Il est visible sous Internet Explorer 10 et Google Chrome.

      À moins que je suis le seul à voir ce défaut là. Est-ce possible de vous envoyer une capture d’écran ?

      Salutations

      Joel Perron

      Bonjour M. Perron,

      Oui, envoyez-moi une capture d’écran. Mon courriel est michel.laliberte@lavoixdelest.ca

      Grand parleur

    • @ti-mononk

      J’ai le même problème.

      Mathieu Tremblay

    • Informons-nous des candidats: qui sont-ils ? qu’ont-ils fait pour la société? quelles sont leurs valeurs ? suivons-les dans leurs activités? Avec qui se tiennent-ils?
      Recherchons leur C.V. pour savoir à qui nous avons affaire?
      Exigeons des réponses pourquoi les dépassements de coûts (routes, édifices) pourquoi les éternels nids de poule toujours aux mêmes endroits chaque année…?

      Ces nids deviendront-ils des nids d’autruche bientôt?
      Pourquoi avoir enlevé les inspecteurs des travaux routiers?

      C’est ce que je me propose de faire…Finies les folies! les coûts et factures gonflées…
      Après tout je paye avec mes impôts toutes ces extravagances…j’ai le droit de poser des questions. Je suggère à tous les québécois d’arrêter leur indifférence et de
      harceler nos politiciens…

    • Devrait-on banir les partis municipaux ou bien les paris illégaux?

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