Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Mardi 9 avril 2013 | Mise en ligne à 17h33 | Commenter Commentaires (5)

    Contaminés par le hip hop

    Image 6

    «Tu m’as bloqué sur facebook
    Et maintenant tu vas mourir»
    (You blocked me on facebook, And now you’re going to die)
    — Knife Party (toutes les paroles ici)

    «Je suis une maladie vénérienne comme une saignée de menstruation»
    (I’m a venereal disease like a mentrual bleed)
    — Lil Wayne (toutes les paroles ici)

    Ces paroles sont puisées de deux chansons de hip-hop. Elles ont résonné de manière glauque sur des rythmes répétés samedi soir et dimanche après-midi à l’aréna Léonard-Grondin de Granby, où le Club de patinage artistique présentait son spectacle annuel. La conceptrice du spectacle Nancy Coutu a eu l’idée de faire côtoyer des numéros de danse hip-hop à ceux de patin. Une très belle initiative de mixer les deux sports. Son erreur est de ne pas avoir supervisé le choix des chansons. Elle a laissé cette responsabilité à la jeune entraîneure de ce groupe d’adolescents. Le résultat était choquant.

    « Ce sont des chansons très populaires, que les jeunes aiment », a d’abord expliqué Mme Coutu. « Les gens font la part des choses », a-t-elle dit lorsqu’on lui a cité quelques paroles de ces chansons. De toute manière, selon son analyse, 80 % des gens ne comprennent pas l’anglais.

    Il est vrai que le taux de bilinguisme n’est pas très élevé dans la région. Mais peu de gens, particulièrement les adolescents, ignorent ce qu’est Facebook et ce que « die » veut dire.

    Plus tard au cours de l’entretien, quand on lui a énuméré nombre de mots et d’expressions à caractère sexiste et de mauvais goût contenus dans les chansons choisies, Mme Coutu a indiqué qu’elle aurait dû s’intéresser de plus près aux choix musicaux. Car en plus d’être la conceptrice du spectacle de patinage artistique, elle est propriétaire de l’Agora de la danse, une école de danse du coin. « La plupart des chanteurs de hip-hop, ce n’est pas adéquat ce qu’ils chantent », reconnaît-elle. « Ce n’est pas nécessairement de bon goût », a-t-elle ajouté. « Le hip-hop, ça parle mal des femmes, des Noirs et des policiers. C’est ce que les jeunes écoutent de nos jours. »

    Puis, le lendemain, Mme Coutu nous a rappelé. Son école, a-t-elle insisté, est sensible aux paroles des chansons de hip-hop. Pour cette raison, elle censure la musique utilisée lors de ses spectacles ou compétitions. En aucun temps, assure-t-elle, son école ne fait l’apologie de la violence.
    Mme Coutu, craignant une « chasse aux sorcières » dont son école ferait les frais, nous a mis au défi de visiter les autres écoles de hip-hop. Nous constaterions, dit-elle, que les chansons trash tournent beaucoup. Elle a probablement raison.

    Réglons immédiatement une chose ici : les danseurs et danseuses ont offert de belles prestations ce week-end. De leurs mouvements et acrobaties se dégageait une vraie passion pour ce sport. Comme parents, on s’attend cependant à ce que leurs entraîneurs ne les contaminent pas avec des chansons vulgaires. Ces jeunes sont des modèles pour nos enfants. Ce qu’ils disent, font et écoutent a une grande influence sur eux.

    Parce que le danger est là quand on parle de hip-hop. Les deux chansons citées ici sont construites avec d’autres paroles ordurières. Toujours insultant pour les femmes. Les « bitch » succèdent aux « sluts », aux « fuck », aux « shit », au sens figuré et propre dans ce dernier cas. Du grand art !

    Le problème, et il est majeur, c’est d’exposer nos jeunes à de telles paroles. Les spectacles du week-end mettaient en vedette des préadolescents et des adolescents. Des enfants aussi jeunes que quatre ans également ! On a clairement manqué de jugement.

    On ne suggère pas ici de recourir à la censure. Tout le monde a le droit d’aimer la musique de son choix. Personne n’a le droit, cela dit, d’imposer ses goûts à un grand public guère rompu à une telle musique. Encore moins durant des spectacles d’enfants.

    Dans une perspective plus large, les messages véhiculés par ce type de chansons influencent nos enfants. Alors que les directions d’école, les enseignants, les éducatrices de services de garde, les surveillants travaillent tous à éliminer l’intimidation à l’école, les messages de ces « artistes » annulent leurs efforts.

    En cette ère où être sur Facebook semble impératif pour les jeunes, comment peuvent-ils « faire la part des choses » en entendant un groupe populaire chanter, peu importe le contexte, « You blocked me on Facebook, And now you’re going to die » ? Comment réagissent-ils lorsque leurs musiciens préférés usent de langage violent et vulgaire à l’endroit des femmes ? Cela ne conditionne-t-il pas nos garçons à percevoir les femmes comme des morceaux de viande ?

    Peut-être suis-je vieux jeu, mais une telle banalisation de cette violence verbale, autant de la part d’adultes que de musiciens, nous renvoie l’image d’une société détraquée.

    Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur


    • Le choix des chansons est probablement douteux pour un spectacle avec des jeunes. Il ne faut pas mettre tous les artistes hip hop dans le même paquet. Certains rappeurs vont utiliser des propos choquant pour passer un message et attirer l’attention.

      Il y a des chanteurs hip hop québécois avec des paroles plus songé et le rythme des chansons est tout aussi bon. C’est dommage qu’au Québec, on parle seulement de hip hop quand c’est négatif. Booba devait faire un spectacle à Montréal, mais il a été retourné chez lui à cause de son dossier criminel. Booba était déjà venu au Canada auparavant. Pourquoi lui interdire de venir maintenant ?

      Vous avez là un très bon point. Il existe sûrement des milliers de chansons hip hop dont les paroles sont percutantes et les rythmes entrainants. Pourquoi piger alors dans des chansons au langage ordurier pour monter un spectacle?

      Les responsables des écoles de danse ont des responsabilités. Celui du bon goût, par exemple.

      Grand parleur

    • Ma premiere réaction c`est de trouver ca drole !
      Puisqu`on tolere ces chansons car c`est de l`art avec un grand A pourquoi nous insurger si ces chansons sont jouées en public ? Pourquoi alors tolérons nous que ces pieces soient dans les I-pods de nos jeunes ?

      Comprennez moi bien je suis à 100 % d`accord avec vous et je suis de ceux qui censureraient ce genre musical simplement parce qu`il glorifie une culture et que ce faisant il la propage.

      Mais la réalité je crois c`est que concretement c`est une tempête dans un verre d`eau. Va pour la sensibilisation des acteurs dans cet évenement mais je ne crois pas que l`école soit responsable, que les jeunes comprennent les paroles et surtout pas leur portée et qu`on parviendra un jour à ne pas exposer des trop jeunes face à toutes les abominations visuelles et auditives que la vie en société en 2013 nous impose.

    • Cher M. Laliberté,

      J’ai pris connaissance de votre article sur le spectacle de patin et sur le fait qu’on ait pu y entendre de la musique Hip-Hop qui selon vous était déplacée(selon vous biensur). Votre commentaire m’a troublé et m’a mis en colère. J’étais moi aussi à ce spectacle et à tous ceux de l’Agora de la Danse depuis 4 ans et rien dans ce que j’ai pu entendre ne m’a choqué ou frisé les oreilles. Je suis mère de 2 enfants et belle-mère de 2 autres enfants, j’ai donc un peu de bagage pour savoir si ces quelques mots ou phrases on pu être néfaste d’une façon ou d’une autre. Moi même et 3 de mes enfants dansons à l’Agora de la Danse et jamais je n’ai senti que nous étions perturbés ou influencés par quelques paroles de chansons. Nous sommes des gens intelligents M. Laliberté et nous savons faire la part des choses contrairement à vous il semblerait.

      Vous avez ciblé une phrase, un mot et vous en avez fait votre cheval de bataille. Avez vous seulement pensé à tous ces enfants, ces parents, ces entraîneurs qui travaillent avec acharnement pour présenter le fruit de leur travail. Il y a tellement de média aujourd’hui pour transmettre des préjugés. La télévision, le cinéma, internet….ces mêmes chansons sont écoutées sur Facebook, à la radio et autre. Pensez-vous que nous soyons des parents totalement inconscient? Mon grand de 14 ans danse du Hip-Hop et d’autre danses avec l’Agora. Il est passionné et il n’est pas devenu un délinquant, un adolescent grossier, ou qui intimide les autres. C’est un danseur amoureux de la musique et qui sait se servir de sa tête. Vous avez sali le travail de tout ces jeunes, ces professeurs et ces parents.

      Je suis consciente que certaines chansons ne sont pas de bon goût mais moi j’ai confiance en la jeunesse et en leur intelligence. Mon fils danse sur des chansons de Hip-Hop( et en passant il comprend les paroles) et c’est un jeune un homme équilibré et très bien dans sa peau. Vous accusez des personnes qui s’investissent auprès des jeunes jour après jour.

      Je trouve très regrettable votre façon de jugez les gens et leur capacité à penser par eux même. Pensez-vous sincèrement que si nous n’avions pas confiance en Mme Coutu ( en son jugement) et à ses professeurs, nous laisserions nos enfants passer des heures à danser? Vous direz surement que j’ai un parti pris, oui surement. Pour tous ces enfants, ces parents, ces professeurs….j’ai un parti pris M. Laliberté parce que j’aime mes enfants et que je n’accepterai jamais que quelqu’un mette en doute leur capacité à devenir des adolescents épanouis.

      Mon fils dansait à ce fameux spectacle de patin et il fait parti de tous spectacles de l’Agora. Je suis fière de lui et des autres jeunes qui au lieu de traîner dans les rues à faire je ne sais quoi, utilisent leur temps de façon intelligente. J’ai éduqué mes enfants avec une ouverture sur les autres. Ils savent ce qui est bien ou mal. Ce qui est de la fiction ou pas. Ils ne traitent pas les femmes comme des morceaux de viande et n’intimident pas personnes.

      Jamais je n’aurais pensé que quelqu’un de ma génération puisse encore imputer à des chansons les problèmes des adolescents. N’avez vous jamais été jeune M. Laliberté? Jamais n’avez vous écouté de musique que vos parents n’aimaient pas? Bizarre, moi oui!

      Les responsables des écoles de danse ont des responsabilités c’est certain mais certainement pas celle d’élever nos enfants à notre place. Je crois sincèrement que la personne qui manque de jugement en ce moment est la personne qui se permet de juger sans savoir, de critiquer sans voir et je dénigrer le travail et les efforts des autres.

      Mme Coutu et ses professeurs auront toujours ma confiance et mon appui et je suis convaincu M. Laliberté que bien d’autres parents seront de mon avis. Alors que vous reste-t-il à faire???? A part peut-être reconnaître que finalement, il y pire dans la vie ces que quelques mots …

      Vous avez le droit à votre opinion, madame. Comme j’ai le droit à la mienne. Cela dit, pourquoi choisir des chansons contenant du langage ordurier pour monter un spectacle? Ce ne sont pas les chansons qui manquent pourtant. La question de fond est là.

      Contrairement à ce que vous écrivez, je ne dénigre pas les efforts des organisateurs du spectacle, ni des participants. Sauf celui de Mme Coutu. Elle a fait preuve d’un grand manque de jugement en ne s’assurant pas que la musique choisie ne soit pas offensante. De son propre aveu, lors de compétitions, son école doit censurer certaines paroles contenues dans des chansons. Pourquoi ne pas l’avoir fait à ce spectacle conçu pour le grand public?

      Oui, j’ai déjà été jeune. J’ai même déjà écouté des chansons flyées. Mais je n’ai jamais imposé mes goûts aux autres. Aussi, je m’intéresse de près à la musique qu’écoute mes enfants. Et j’espère ne jamais banaliser la violence verbale comme c’est le cas ici.

      Grand parleur

    • je suis un “jeune” de 13 ans et je voudrais vous expliquer que se qui sorte de ses chanson rap sont la plupart du temps malhonnête mais ce que vous dite est a moitié faux
      je m’explique : comme les autre de mon age j’écoute de la musique et regarde la télé. j’ai de très bonne note et de bonne relation sociable même si j’écoute du rap et du hip-hop mais vous avez un peu raison sur le faite que cela PEU entraîner l’abus d’alcool et de drogue mais c’est se qui ce passe dans les banlieues.
      avant de finir. je voudrait prévenir que pour je répète : “ça parle mal des femmes, des Noirs et des policiers.” oui mais pas toute les musiques (par exemple: Ulysse de Ridan que j’ai étudié en cour de musique comme quoi.)donc faite juste attention a ce que vos enfants dit et non les rappeur

    • Je suis tout à fait de votre avis, moi de même j’écris des petites tounes hip hiop dans mes temps libres, il est vrai par exemple qu’il nécéssite beaucoup d’efforts pour écrire des paroles censé, et je dois avouer que pafois j’Mutilise du language grossier. Pour vous donner un idée mon style est un mélange des Everly Brothers, BB King et un peu de Garou (avant son trip francais)…je devrais peut être aller faire un tour à Grandby l’an prochain, habituellement on refuse de me payer pour mes spectacles et à quelques reprises j’ai dû débourser mon argent pour jouer.

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