Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Lundi 25 février 2013 | Mise en ligne à 21h14 | Commenter Commentaires (2)

    Décevant Jean Cournoyer

    Image 6

    On a un faible pour l’animateur Jean Cournoyer. Son ton, son vocabulaire de l’homme de la rue et sa facilité de débattre en ondes, d’abord à CKVL puis à CKAC, en ont fait une figure populaire auprès des Montréalais. L’homme politique qu’il a été dans le premier gouvernement de Robert Bourassa devait être tout aussi intéressant, se disait-on.

    Eh bien non. Son autobiographie, Dans le feu de l’action (Les Éditions de l’Homme), lancé l’automne dernier, déçoit par son manque de contenu. L’oeuvre tombe à plat.

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    C’est dommage. Dommage car Cournoyer a été ministre du Travail au début des années 70, une période fort mouvementée alors que le Québec traversait de fortes intempéries en matière de relations de travail. Les grèves et les lock-out, tous deux nombreux, secouaient toute la société.

    L’auteur dresse une longue liste des conflits, de leurs racines, des acteurs en scène, des points en litige, des lois régissant le travail. Il donne un bon aperçu de l’ambiance de l’époque. Voilà qui est parfait pour quiconque se contente de la surface des choses. Mais pour ceux qui s’intéressent aux réalités des coulisses, aux discussions entre les dirigeants politiques, les responsables syndicaux et patronaux, aux tractations, c’est trop mince. Surtout pour une personne qui a nagé dans l’antre du pouvoir.

    On aurait dû se douter que l’œuvre allait décevoir. Dès les premières pages, Cournoyer explique avoir eu l’idée d’écrire ses mémoires lorsque sa belle-mère lui a remis un cartable plein de découpures de journaux de l’époque où il parcourait le Québec pour régler des conflits. Il ne fait appel à aucun document interne ou confidentiel pour étoffer son propos, aucun verbatim des échanges au conseil des ministres, aucune information tenue secrète depuis tant d’années. C’est pourtant a cela qu’on s’attend d’autobiographies d’anciens politiciens.

    Il y a pire: Cournoyer doute de l’intelligence de ses lecteurs. Quelques-uns de ses chapitres et sections commencent par des dictons. On voit ça dans plusieurs bouquins politiques. Mais il accompagne les dictons… d’explications. Ouf!

    On trouve aussi des paragraphes insignifiants étranges. Le pire est celui qui concerne Jean Lapierre, celui qui deviendra son co-animateur à CKAC:

    «Ce que Lapierre et moi avions en commun, c’était que nous avions vécu notre enfance près de l’eau. Lui aux Îles-de-la-Madeleine, moi à l’embouchure du lac Saint-Pierre près des îles des Sorel. Cependant, quand il pensait à la pêche, il avait en tête les morues, les harengs et les saumons alors que moi, je pensais aux barbotes, aux perchaudes et aux crapets.»

    Reouf!

    Les autobiographies sont l’occasion pour certains de régler des comptes. Cournoyer ne se gêne pas de griller l’ex-député péquiste Robert Burns, des chefs syndicaux, en particulier Marcel Pépin et Michel Bourdon de la CSN. Il tient des propos durs à leur endroit.

    Il est aussi question d’André «Dédé» Desjardins. Sur ce brigand, responsable du saccage du chantier de la baie James et abattu il y a quelques années par la mafia, l’ancien ministre du Travail ne formule presque aucune critique ni ne lui accole de sobriquet digne de sa sombre oeuvre syndicale.

    Un dernier point. La relecture est cruciale dans le monde de l’édition. Et pas seulement la grammaire, les accords et la syntaxe. Le contenu aussi. En page 301, cette perle sur le référendum de 1995: «(…) 50,56 % de la population répondirent non, alors que 40,4 % répondirent oui.»

    Pour la petite histoire, le oui avait récolté 49,4 %.

    Une anecdote pour M. Cournoyer?

    photo Radio-Canada


    Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur


    • On voudrait aimer monsieur Cournoyer mais quelque chose nous en empêche ,du moins nous empêche de lui faire aveuglément confiance. Il a des amis qu`il veut protéger même si on sens qu`il voudrait tout dire. Il s`arrête au point ou on le sait lui même frustré de la situation.

      En fait, un des passages que vous citez illustre bien cette situation . Andre Desjardins un brigand !! Le vrai qualificatif est sans doute plus dur et moins coquet. Mais rectitude politique oblige et respect envers les défunts…Et Hop ! L`histoire est adoucie et la vérité protégée…

      M. Cournoyer n’écrit pas «brigand» à propos de Desjardins. C’est le terme «poli» que j’utilise.

      En revanche, on ne trouve dans le livre aucune critique vraiment dure contre ce bandit. Ce qui, on en conviendra, est étonnant quand on connaît un peu la feuille de route de cet ancien syndicaliste.

      Grand parleur

    • Oui, très décevant ce Cournoyer.

      Moi c’est pendant Gomery que M.Cournoyer m’a tellement déçue.

      Lors de son témoignage Chrétien, avait dit à Gomery que TOUT
      était permis lors du référendum 95.
      Pour Chrétien tout était justifié pour que le référendum ne passe pas.

      M.Cournoyer invité à donner son opinion sur le témoignage de Chrétien,
      avait dit comprendre Chrétien.
      M.Cournoyer appuyait Chrétien dans la fraude, la triche, le vol d’un résultat.
      M.Cournoyer comprenait la prise de position de Chrétien……!!!

      Oui,Cournoyer est très décevant.
      Louise April(Laloue)

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