Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Jeudi 7 février 2013 | Mise en ligne à 16h18 | Commenter Commentaires (4)

    Un mauvais film

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    Au rythme où vont les choses, on va se retrouver avec une autre saison érable d’ici peu dans les rues de Montréal. C’est ce qu’annonce le scénario que le ministre de l’Éducation supérieur Pierre Duchesne est en train d’écrire. Sa décision d’augmenter les droits de scolarité dans les universités avant même la tenue du Sommet sur l’enseignement supérieur nous plonge dans un film qu’on a déjà vu. Un très mauvais film.

    La mémoire est une faculté qui oublie, dit-on. Ça semble pire chez les politiciens. Les libéraux ont fait la même bourde en 2011 dans ce dossier. La ministre de l’Éducation d’alors, Line Beauchamp, avait amorcé une rencontre avec les acteurs du milieu, comme on le dit dans le monde politique, sur le financement des universités en annonçant que son gouvernement allait augmenter les droits de scolarité. Les leaders étudiants ont prestement quitté la rencontre. Ils ont fourbi leurs armes pendant un an et lancé des assauts durant tout le printemps. On s’en rappelle tous.

    Le ministre Duchesne n’a rien appris (ou compris) de ce triste épisode. Il nous pousse vers un autre affrontement dont on se remet à peine.

    Pourquoi convie-t-on des gens pour discuter du financement des universités si la principale conclusion a déjà été tirée? Le ministre Duchesne a beau assurer les leaders étudiants qu’ils pourront faire valoir l’option de la gratuité scolaire durant le sommet, ceux-ci ne sont pas dupes; ils savent que tout a déjà été décidé et que les droits de scolarité seront indexés au coût de la vie. Le ministre l’a confirmé à quelques reprises.

    Disons-le d’emblée: la gratuité scolaire, dans le contexte de l’état de nos finances publiques, apparaît comme étant une utopie. Les étudiants ont cependant le droit de penser qu’elle est réalisable, d’expliquer leur raisonnement et de démontrer comment l’État pourrait s’y prendre pour atteindre ce but. Tout comme les recteurs ont le droit de proposer des hausses draconiennes des droits de scolarité pour engranger autant d’argent que les universités ailleurs au Canada. Ils peuvent eux aussi présenter leurs arguments, et ce même si cette suggestion semble insensée parce qu’elle aurait comme conséquence de vraiment nuire à l’accessibilité des jeunes au milieu universitaire.

    Quand on croit en une idée, on doit la plaider, la confronter à d’autres et l’exposer à la critique. De ces débats naissent souvent des compromis. C’est l’essence même de la chose politique, celle pratiquée avec ouverture d’esprit et respect des idées d’autrui. C’est aussi comment on fait avancer une société.

    Débattre et réfléchir, n’est-ce pas le dessein d’un sommet? Ça paraît pourtant si simple à comprendre. La Coalition avenir Québec, qui est en faveur d’une hausse des droits de scolarité, insiste pour que tout soit mis sur la table. Même l’option de la gratuité scolaire, soutient la CAQ.

    Ce grand remue-méninges sur l’avenir de nos universités, que promettait non sans fierté le Parti québécois depuis son élection en septembre, souffre déjà d’un manque de crédibilité. Encore une fois, la machine, incarnée cette fois-ci par le ministre de l’Éducation supérieur, écarte les jeunes du processus en infantilisant leurs idées.

    N’est-il pas préférable d’écouter les jeunes dans une enceinte où les débats sont sereins que de les voir prendre la rue pour se faire entendre?

    Au ministre de décider.

    Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur


    • Je suis tout à fait d`accord avec vous au sujet de la suite des choses. Pourtant ,apres des mois de manifestations on pouvait enfin penser que les partis allaient se parler et prendre les décisions qui s`imposent et ce, dans un interet commun.

      Or, rien n`est plus loin de la réalité. On se dirige vers un autre cul-de sac. Mais je me demande si il ne serait pas plus sage de remettre ce sommet à plus tard parce qu`en même temps qu`on parle de revoir les facons de faire dans le ministere de l`éducation , on entend des acteurs de la génération au pouvoir nous dire qu`ils nous ont fourrés avec plaisir et que en réalité ils n`avaient pas le choix ni l`avantage de ne pas aller avec le systeme.
      Je crois que ces deux réalités,celle du conflit étudiant et celle de la commission Charbonneau donne des arguments aux étudiants et faussent automatiquement toute perception de bonne volonté à changer les choses.

      Je crois qu`il faut faire le ménage partout mais qu`il faut attendre un peu que la commission Charbonneau soit terminée. Pas certain que les recteurs ,politiciens et autres cravatés peuvent vraiment être crédibles actuellement.

    • Vous dites: ¨Quand on croit en une idée, on doit la plaider, la confronter à d’autres et l’exposer à la critique. De ces débats naissent souvent des compromis. ¨ Mais dites-nous donc quand vous avez entendu des propos du genre de la part des étudiants depuis un an particulièrement en ce qui concerne l’idée de ¨compromis¨?

    • Bon, retour des carrés rouges en vue, c’est ça? On veut l’argent des autres, de gré ou de force?

      Va t’on finalement appeler l’armée cette fois-ci ou bien va t’on avoir le droit a des manifs jusqu’a l’été?

      T. Rightman

    • Vous écrivez “Pourquoi convie-t-on des gens pour discuter du financement des universités si la principale conclusion a déjà été tirée”. Si vous croyez qu’il s’agit là du principal problème de l’enseignement supérieur au Québec, vous rejoignez la mentalité des jeunes enfants gâtés qui n’ont de regard que pour leur nombril, et qui n’ont pas encore compris (ils le feront un jour… il séchera bien, ce nombril!) que tout se paye dans la vie.

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