On sait que les activités agricoles polluent nos lacs et nos rivières. On sait aussi que nos municipalités contribuent à leur mauvaise mine en déversant des eaux usées. Ce qu’on ne sait pas toutefois, c’est l’ampleur des impacts des chantiers de construction sur la santé de nos cours d’eau. On a tout intérêt à s’y intéresser.
Voici des photos prises jeudi dernier près de la rivière Yamaska Nord dans le secteur du parc national de la Yamaska alors que Dame nature avait oublié que nous étions encore en janvier. Le temps doux et des averses de pluie ont fait fondre la neige et gorgé d’eau les fossés menant à la rivière. Ce qui est particulier dans ces photos, c’est la couleur de l’eau qui arrive du fossé et qui se jette dans la Yamaska.
Cette eau est chargée de terre. Elle provient d’un projet résidentiel situé à quelque 200 mètres de là. Les promoteurs du projet Les Boisés du vignoble ont fait abattre des centaines d’arbres pour y construire un chemin de terre et des fossés de chaque côté, comme on en voit le long de tous les chemins en milieu rural. Le sol a été mis à nu sur une très grande superficie. Soulignons que tout le secteur se trouve dans une bonne pente. La pluie venue, tous les ingrédients sont réunis pour provoquer le ruissellement et l’érosion de ce vaste terrain et l’envasement de la rivière plus bas. L’équation est simple: ruissellement = érosion = sédiments = phosphore = pollution de nos cours d’eau.
On ne tient pas à critiquer seulement ces promoteurs — quoique l’idée de construire un quartier en face d’un parc de la Sépaq défie le bon sens le plus élémentaire. C’est un exemple. On pourrait en découvrir des dizaines et des dizaines d’autres en visitant des chantiers par temps de pluie ou lorsque la neige fond.
Les chantiers de construction nuisent à nos cours d’eau. La Communauté métropolitaine de Québec, où coule la rivière Saint-Charles, également très polluée, l’a bien compris. Aussi, l’organisme, qui regroupe la Ville de Québec et ses 25 banlieues, agit depuis quelques années pour contrôler les eaux de ruissellement.
Une des mesures mises en place concerne les entrepreneurs en construction (résidentiel, commercial et industriel). Sur chacun de leurs sites, ils doivent recouvrir les sols mis à nu ainsi que leurs amoncellements de terre ou d’autres matériaux. Ils doivent aussi installer tout autour des sites des barrières pour empêcher l’eau de ruisseler. Le but: garder toute la terre sur les sites.
Les maires dont les municipalités sont dans le bassin versant de la rivière Yamaska auront à réfléchir sur les gestes posés par leurs collègues de la CMQ. Le 31 mai, ils participeront aux états généraux sur la sauvegarde de la rivière Yamaska. L’événement a un seul but: qu’on cesse, une fois pour toutes, de polluer la Yamaska.
Plusieurs suggestions seront proposées. Certaines sont évidentes (respect et élargissement des bandes riveraines, fin des surverses). Elles nécessiteront des engagements politiques et économiques fermes. D’autres sont controversées. Comme contraindre les entrepreneurs à faire leur part.
Nous verrons alors le sérieux de nos élus à gérer le développement en respect de l’environnement.
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chip
5 février 2013
04h55
Le jour où les promoteurs et les entrepreneurs en construction vont se soucier de l’environnement, le Pape se sera déjà mis au pole dancing.
N’importe qui est assez allumé pour comprendre qu’il ne faut pas enlever les arbres et les végétaux sur un terrain en pente à cause de l’érosion qui s’en suit. Mais les promoteurs et les entrepreneurs ne semblent pas le savoir. Ou s’ils le savent, ils s’en foutent complètement.
C’est à qui alors à mettre ses culottes? Les conseils municipaux? Le MEQ? Les citoyens? All of the above?
syl20_65
5 février 2013
10h14
B’en non, vous vous trompez. Ces spéculateurs sont tout à fait responsables et n’ont rien à se reprocher. Seul la main du dieu marché peut les punir et les remettre à l’ordre. N’ont-ils pas le droit de créer leur propre richesse en faisant payer les contribuables.
En attendant, ce sont les contribuables qui doivent mettre leurs mains de travailleuirs dans leur poche pour en extraire l’argent durement gagné afin de payer pour la merdouille que les spéculateurs dits investisseurs laissent devant, à côté et derrière eux. Y’a rien de nouveau sous le soleil.
Sylvain Pelletier