Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Mardi 22 janvier 2013 | Mise en ligne à 17h33 | Commenter Commentaires (14)

    Les bécosses du maire

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    La Ville de Granby va dépenser un demi-million de dollars pour doter son centre-ville de toilettes publiques. Des citoyens s’y opposent, jugeant la dépense exagérée. C’est l’équivalent des coûts de construction d’un « six logements », a imagé l’un d’eux.

    Des commerçants du centre-ville et des citoyens réclament un bloc sanitaire, soutient le maire Richard Goulet. Aussi, dit-il, elles vont être utilisées par les gens qui fréquentent le marché public (16 samedis dans l’année) et le terminus du transport en commun. Il a également déjà évoqué les usagers de la future place publique.
    Peu de villes offrent ce « service » dans leur centre-ville. Montréal n’a pas de toilettes publiques au centre-ville. Québec non plus. Ça ne veut pas dire que c’est une mauvaise idée. Quand on y pense un peu, on peut trouver quelques raisons pour défendre le projet.

    Une idée intéressante, donc. Le hic : le conseil municipal s’est fait dire non par une bonne partie de la population. Les élus l’ont oublié.

    En janvier l’année dernière, 2817 citoyens ont signé un registre pour exiger la tenue d’un référendum sur un règlement d’emprunt de 21,7 millions de dollars. L’argent allait servir à quelques gros projets d’infrastructures, dont 3 millions de dollars pour aménager une place publique (munie de toilettes) dans le stationnement de la place Johnson, un projet cher au maire Goulet.

    Les 2817 signataires s’inquiétaient de l’endettement rapide de la Ville et jugeaient que certains projets n’étaient pas prioritaires. Et dans cette espèce de règlement d’emprunt fourre-tout, l’aménagement d’une place publique au centre-ville était directement visé.

    Le conseil a retiré son règlement d’emprunt. Il en a présenté un autre, de 7,1 millions de dollars, après avoir biffé quelques-uns de ses projets, dont la place publique. Le nouveau règlement d’emprunt a été accepté par la population.

    Quiconque suit un peu l’actualité granbyenne ne peut conclure qu’une chose : la construction d’un bloc sanitaire à un jet de pierre de la place publique est une manière de faire indirectement ce que le conseil de Ville ne peut faire directement.

    En entrevue après la « révision » de son règlement d’emprunt, M. Goulet avait laissé entendre qu’il n’abandonnait pas son projet, malgré le refus clair exprimé par ses citoyens. Le projet est « loin d’être oublié », a-t-il dit, assurant qu’il reviendra au « moment opportun ».

    Créer le « moment opportun » est facile pour des élus municipaux. L’astuce : puiser 500 000 $ dans le fonds général de la Ville pour se payer des toilettes publiques. Pas de règlement d’emprunt, aucune possibilité pour les contribuables de s’y opposer.

    Cette façon de procéder, après avoir essuyé un refus citoyen, est antidémocratique. C’est du cynisme à l’état pur.

    Québec devrait revoir le processus de règlements d’emprunt des municipalités en limitant le nombre de projets par règlement lorsque plusieurs millions de dollars sont demandés. L’ensemble des projets présentés peut être acceptable aux yeux des citoyens. Mais que faire quand un ou deux propositions leur apparaissent déraisonnables ? Le système actuel ne leur offre que deux choix : oublier leurs principes en laissant passer le règlement ou tout bloquer.

    C’est un procédé archaïque dont nos élus municipaux s’accommodent très bien pour faire avaler des couleuvres à leurs concitoyens.

    On reconnaît les qualités de fonceur de M. Goulet. Cette facette de sa personnalité, malheureusement, est souvent reléguée à l’arrière-plan par son entêtement à avoir raison, à avoir le dernier mot, et ce en dépit, rappelons-le, de la volonté citoyenne.

    Ce débat de bécosses illustre bien ce qui cloche dans ce conseil municipal : son refus de véritablement consulter la population et son manque de transparence dans les projets à l’étude.

    Tout ça commence à sentir très mauvais.

    Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur


    • Je te contredis à propos de Québec. Il y a plusieurs toilettes publiques dans les stationnements de la SPAQ un peu partout au centre-ville (hotel de ville et place d’youville, notemment). Le coût doit être loin de 500k$ pour quelques unités par contre, et elles sont placées dans des endroits très fréquentés. On s’en sert pas tous les jours, mais quand on en a besoin, on est foutrement content qu’elles soient là.

      Les terminus d’autobus du RTC ont aussi des toilettes accessibles au public.

      Au pire, qu’ils fassent comme en Europe et qu’ils chargent “de la shot”.

      Je fais allusion à des toilettes publiques comme on retrouve en Europe, c’est-à-dire de petits pavillons construits sur le trottoirs ou tout près. On ne parle pas ici de toilettes dans des stationnements publics ou dans des terminus d’autobus.

      D’ailleurs, en y pensant bien, ça pourrait être une alternative intéressante et surtout moins coûteuse de faire en sorte que les habitués du centre-ville utilisent les toilettes du nouveau terminus d’autobus construit à moins de 100 mètre de là.

      Grand parleur

    • «C’est un procédé archaïque dont nos élus municipaux s’accommodent très bien pour faire avaler des couleuvres à leurs concitoyens.»

      Le procédé n’est pas le problème. La question importante à se poser est la suivante: Pourquoi est-ce que des élus – qui représentent les citoyens – voudraient faire un projet que les citoyens ne veulent pas? Qu’ont-ils à gagner?

      Au contraire,. Le procédé leur permet d’aller quand même de l’avant malgré la volonté des citoyens.

      Qu’ont-ils à gagner, demandez-vous. Bonne question. Ce que ça démontre, cependant, c’est une attitude hautaine envers les citoyens.

      Grand parleur

    • Juste en passant si à 500 k$ on peut avoir une maison qui a vraiment de la gueule et qui est raccordée au sanitaire et au potable je ne vois pas pourquoi ils ne peuvent pas se faire bâtir des chiottes à coûts plus raisonnable.

      Mais ceci étant dit c’est bien pratique d’en trouver lorsqu’on en a besoin, sinon faut aller au McDo, c’est à ça que ça sert…

    • TOILETTES QUAND TU NOUS TIENS

      Excellente analyse de la situation M. Laiiberté, ont reconnaît facilement le grand enthousiaste
      débordant de notre conseil à dépenser les deniers public, à juste titre comme vous le mentionné
      la population s’est prononcée en janvier dernier sur ce projet NON à l’emprunt, NON
      à la place public à été le verdict. La saga sur l’expropriation du terrain du studio n’est même pas
      terminer et on veut encore dépenser dans ce secteur sans connaître la finalité des poursuites
      juridiques. La situation est des plus déplorables après nous avoir imposé la commission Mailhot
      Goulet sur l’endettement à Granby, pour faire contre poids au registre et désarmorcé la gronde
      populaire, une parodie qui a accoucher d’une souris quoi, on doit encore faire face à cette suffisance et cette arogance c’est déconcertant.Les Granbyens à l’automne 2013 pourront
      s’inspirés des concessionaires d’auto, et faire une vente de débarras pour faire place à des nouveaux modeles on ne s’en portera que mieux.

    • ”Pourquoi est-ce que des élus – qui représentent les citoyens – voudraient faire un projet que les citoyens ne veulent pas?”

      C’est une erreur de d’utiliser ”LES citoyens” et ”VOLONTÉ CITOYENNE ”pour défendre ce point de vue. On parle de 2817 citoyens sur un total de 63433 ( chiffre de 2011 ) qui réclament un référendum qui soit dit en passant est une dépense importante qui pourrait être utilisé pour le projet. Je ne suis pas contre les référendum populaire mais à un certain moment, il faut laisser les élus faire leur travail. De plus, personne ne peut prétendre du résultat final de ce référendum.

      Évidemment, ceux qui sont contre n’ont aucune gêne à squatter les toilettes des marchands et des restaurants du coin. Une fois de plus, on constate que le ”pas dans ma poche mais dans celle de l’autre” est en vigueur.

      ”je ne vois pas pourquoi ils ne peuvent pas se faire bâtir des chiottes à coûts plus raisonnable”

      Ils appellent ça le marché. Si vous savez comment faire pour moins cher, dites-le, ils seront très heureux d’entendre votre proposition.

      ”Montréal n’a pas de toilettes publiques au centre-ville.”

      Oh boy…vous n’êtes pas souvent venu à Montréal. Bien qu’il n’y ait pas de toilettes dites publiques, il y a des dizaines de centre commerciaux ou les toilettes ne manquent pas. Comparer le centre ville de Montréal à celui de Granby est un peu douteux. Vous ne croyez pas?

      La dessus, bonne chance au Granbyen pour leur histoire de toilette.

      On parle de toilettes publiques, pas de toilettes de commerces (restaurants ou autres). Montréal n’en a pas au centre-ville. On peut utiliser votre argumentaire et inviter les personnes au centre-ville à utiliser les toilettes des commerces. La rue Principale est bordée de plusieurs restaurants.

      Vous avez raison de dire qu’on ne peut deviner le résultat d’un référendum sur une dépense publique. Raison de ne pas faire cette dépense contestée. Si le conseil était le moindrement courageux, le projet de place publique serait soumise à un référendum. Ce qui est anti-démocratique ici est que les élus font fi des résultats du registre et vont de l’avant avec le projet par étapes.

      Grand parleur

    • Un demi-million pour des chiottes?!? L’art de flusher le cash du contribuable…

    • toute ville le moindrement civilisée devrait avoir des toilettes publiques , avez vous déjàa poigné envie de chier dans le métro de Montréal , bonne chance

    • @grandparleur

      Il y a une différence entre les petits commerces qui ne sont pas équipés pour recevoir les quidams qui veulent aller aux toilettes et les toilettes du centre Eaton. Au centre-ville de Montréal, il n’est pas nécessaire d’investir un petit commerce pour aller aux toilettes. Il y a suffisement de toilettes publiques au centre-ville pour qu’on ait pas besoin de construire de vespasienne non plus.
      Ce que j’exprime c’est que les gens qui ont besoin d’aller aux toilettes à Granby se butent sur des affiches: Toilettes pour nos clients seulement” et c’est normal. Si j’avais un commerce, je ne voudrais pas que mes toilettes deviennent LA toilette du centre-ville. Il n’y a pas de tels écritaux sur les portes du centre Eaton ou de la place Alexis-Nihon.
      Cette dépense est contesté par une infime minorité. La majorité ne demande pas de référendum; la majorité ne conteste pas le projet. Est-ce qu’on peut parler de démocratie quand une minorité provoque un referendum alors que la majorité, qui paiera aussi pour le referendum, n’en a que faire?
      Mais bon, c’est débat interne et comme je ne suis pas de Granby, je n’ai pas vraiment droit au chapitre.

      Bonne chance aux Granbyens pour leurs toilettes.

      Comment pouvez-vous affirmer qu’il s’agit d’une minorité (pour aménager une place publique) alors qu’aucun plébiscite n’a été organisé sur la question?

      Grand parleur

    • ”avez vous déjàa poigné envie de chier dans le métro de Montréal ”

      Il y a des toilettes dans la plupart des stations de métro. Il s’agit de demander la clé aux changeurs.

      ”Un demi-million pour des chiottes?!? L’art de flusher le cash du contribuable…”

      Et combien devrait coûter des toilettes publiques? Vous avez une idée? Si les élus pouvaient les faire gratos, ils le feraient. Mais comme nous sommes devenus dépendants donc à la merci de l’entreprise privée, les élus doivent suivre le fameux marché….de la collusion.
      Appeller un plombier pour déboucher vos toilettes et il vous en coûtera facilement plus de $200.00. Même chose pour un électricien qui charge 4 heures minimun de travail pour changer une ampoule. C’est ça la dépendance.

    • Quand vous parlez de manque de courage au sein du conseil vous conviendrez avec moi que cette qualité ne fait pas légion depuis près de dix ans avec les gens en place. L’intimidation, le manque
      de conviction ou tout bonnement la confortable impression d’être bien instalé et indélogeable
      contribue sûrement à cette situation. Je crois que les Granbyens on soif de respect, promesse
      qui de toute évidence n’a pas été aux rendez-vous.

    • 2817 citoyens sur les 63433 ont signé le registre. 4.44%, il me semble que c’est une minorité. On fera payer un referendum par la majorité pour satisfaire une minorité. Combien coûte un referendum municipal?
      Nétant pas concerné par les toilettes de Granby, je me retire du débat. Merci et à bientôt.

      Un référendum coûte environ 200 000 $.

      Mais là n’est pas la question. Quand un conseil veut réaliser un projet en empruntant, il doit tenir un registre auprès des citoyens. C’est eux qui paient, c’est donc à eux de donner leur accord. Ça ne veut pas dire que les citoyens s’opposeraient à l’emprunt. Mais ça, on ne le saura jamais parce que le conseil n’est pas allé au bout de l’exercice. Il a préfère morceler le projet et le réaliser à la pièce en prenant l’argent dans le fonds général. Les citoyens n’ont rien à dire.

      Qu’est-ce qui est pire?

      Tenir un référendum sur un projet de 3 millions de dollars (en fait, c’est beaucoup plus élevé que ça puisqu’on ne parle que de la partie à financer) ou faire preuve d’astuce pour arriver quand même à ses fins même si on doit tromper la population?

      Grand parleur

    • @syl20_65
      Si c’est pour 1 bâtiment situé sur les terrains de la ville, et que ce bâtiment n’a pas à respecter des normes architecturales restrictives, je crois oui qu’ils comptent très large.

      C’est juste des toilettes. Ça ne coûte pas plus cher faire 4 murs + 1 toit avec des toilettes sur une dalle de béton que de faire un chalet 2 étages avec sous-sol. À moins de passer par une firme d’ingénierie style cRoche qui va faire un beau bunker en béton avec un système de chauffage/clim/aeration sur du 600 V contrôlé par un bel automate.

      Je n’en démords pas, ça ne devrait pas coûter aussi cher, surtout que l’hiver le bâtiment est fermé. Bien entendu à Granby les gens sont en bonne santé financière et ce projet est une goutte d’eau dans le budget. C’est comme s’acheter une Cadillac parce qu’on a l’argent pour s’en payer une, besoin d’une voiture ou d’un standard ?

      Chose certaine à une époque les élus s’impliquaient dans les projets ce qui leur permettait d’économiser et de tempérer l’ordre de grandeur, aujourd’hui ils mandatent. C’est ça la vraie plaie.

    • M.Laliberté, bon matin.

      Je ne suis pas concernée par ce projet, je ne le connais pas.
      Malgré tout, je vais me permettre une remarque…..

      D’accord ou pas avec ces toilettes, il y a un coût présentement et
      suivra un autre coût pour l’entretien et l’environnement futur de
      ces toilettes…….$$$$$$$$$ au fil des ans.

      Je me souviens des toilettes publiques du centre-ville de Joliette…
      Commodes oui, mais un trou à troubles de tout acabit.
      Drogues et autres …….beaucoup d’interventions policières…..
      Et le soir, il était risqué de se présenter autour des toilettes publiques.

      Est-ce que les commerçants sont conscients du risque?
      Est-ce qu’ils voudront payer pour cette surveillance policière accrue?

      Plusieurs marchés publics ont des toilettes mobiles considérant la courte saison.

      Enfin, c’est aux gens de Granby que la décision appartient.
      Louise April(Laloue)

    • Pas besoin de toilettes publiques quand t’as des Tim Horton’s, des McDo et autres foodcourts du genre…

      Cout’donc… Ça travaille pour qui un maire?

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