Le Grand Parleur

Archive, janvier 2013

Mardi 22 janvier 2013 | Mise en ligne à 17h33 | Commenter Commentaires (14)

Les bécosses du maire

Image 5

La Ville de Granby va dépenser un demi-million de dollars pour doter son centre-ville de toilettes publiques. Des citoyens s’y opposent, jugeant la dépense exagérée. C’est l’équivalent des coûts de construction d’un « six logements », a imagé l’un d’eux.

Des commerçants du centre-ville et des citoyens réclament un bloc sanitaire, soutient le maire Richard Goulet. Aussi, dit-il, elles vont être utilisées par les gens qui fréquentent le marché public (16 samedis dans l’année) et le terminus du transport en commun. Il a également déjà évoqué les usagers de la future place publique.
Peu de villes offrent ce « service » dans leur centre-ville. Montréal n’a pas de toilettes publiques au centre-ville. Québec non plus. Ça ne veut pas dire que c’est une mauvaise idée. Quand on y pense un peu, on peut trouver quelques raisons pour défendre le projet.

Une idée intéressante, donc. Le hic : le conseil municipal s’est fait dire non par une bonne partie de la population. Les élus l’ont oublié.

En janvier l’année dernière, 2817 citoyens ont signé un registre pour exiger la tenue d’un référendum sur un règlement d’emprunt de 21,7 millions de dollars. L’argent allait servir à quelques gros projets d’infrastructures, dont 3 millions de dollars pour aménager une place publique (munie de toilettes) dans le stationnement de la place Johnson, un projet cher au maire Goulet.

Les 2817 signataires s’inquiétaient de l’endettement rapide de la Ville et jugeaient que certains projets n’étaient pas prioritaires. Et dans cette espèce de règlement d’emprunt fourre-tout, l’aménagement d’une place publique au centre-ville était directement visé.

Le conseil a retiré son règlement d’emprunt. Il en a présenté un autre, de 7,1 millions de dollars, après avoir biffé quelques-uns de ses projets, dont la place publique. Le nouveau règlement d’emprunt a été accepté par la population.

Quiconque suit un peu l’actualité granbyenne ne peut conclure qu’une chose : la construction d’un bloc sanitaire à un jet de pierre de la place publique est une manière de faire indirectement ce que le conseil de Ville ne peut faire directement.

En entrevue après la « révision » de son règlement d’emprunt, M. Goulet avait laissé entendre qu’il n’abandonnait pas son projet, malgré le refus clair exprimé par ses citoyens. Le projet est « loin d’être oublié », a-t-il dit, assurant qu’il reviendra au « moment opportun ».

Créer le « moment opportun » est facile pour des élus municipaux. L’astuce : puiser 500 000 $ dans le fonds général de la Ville pour se payer des toilettes publiques. Pas de règlement d’emprunt, aucune possibilité pour les contribuables de s’y opposer.

Cette façon de procéder, après avoir essuyé un refus citoyen, est antidémocratique. C’est du cynisme à l’état pur.

Québec devrait revoir le processus de règlements d’emprunt des municipalités en limitant le nombre de projets par règlement lorsque plusieurs millions de dollars sont demandés. L’ensemble des projets présentés peut être acceptable aux yeux des citoyens. Mais que faire quand un ou deux propositions leur apparaissent déraisonnables ? Le système actuel ne leur offre que deux choix : oublier leurs principes en laissant passer le règlement ou tout bloquer.

C’est un procédé archaïque dont nos élus municipaux s’accommodent très bien pour faire avaler des couleuvres à leurs concitoyens.

On reconnaît les qualités de fonceur de M. Goulet. Cette facette de sa personnalité, malheureusement, est souvent reléguée à l’arrière-plan par son entêtement à avoir raison, à avoir le dernier mot, et ce en dépit, rappelons-le, de la volonté citoyenne.

Ce débat de bécosses illustre bien ce qui cloche dans ce conseil municipal : son refus de véritablement consulter la population et son manque de transparence dans les projets à l’étude.

Tout ça commence à sentir très mauvais.

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (14)  |  Commenter cet article






Jeudi 10 janvier 2013 | Mise en ligne à 19h05 | Commenter Commentaires (20)

Dénigrer la science

Image 1

Pourquoi s’en trouvent-ils encore dans nos sociétés pour dénigrer la science? Malgré des études, on prétend que l’Homme n’est pas responsable des changements climatiques. On dit aussi que l’amiante ne cause pas le cancer. Ou que la pêche commerciale ne menace pas des espèces halieutiques. Dès qu’il est question de science, certains vivent encore au Moyen-Âge.

Les scientifiques s’intéressent à ces phénomènes depuis longtemps. Ils les ont étudiés sous toutes leurs coutures, analysés de toutes les façons possibles. Leurs conclusions, autant les causes de ces problèmes que leurs effets, font l’objet de larges consensus. Et pourtant, leur travail est contesté.

On ne cherche pas longtemps pour comprendre pourquoi des conclusions scientifiques sont attaquées: elles bousculent des intérêts économiques. C’est vrai pour les changements climatiques, pour l’amiante et pour l’industrie des pêches.

La semaine dernière, en faisant une recherche sur l’étude que le parc national de la Yamaska effectuera sur les perchaudes du réservoir Choinière, je suis tombé sur des reportages du Nouvelliste de Trois-Rivières. Des collègues du quotidien relataient la controverse entourant le moratoire de cinq ans sur la pêche à la perchaude dans le lac Saint-Pierre, cette portion élargie du fleuve Saint-Laurent entre Sorel-Tracy et Trois-Rivières.

Une étude scientifique conclut que le stock de perchaudes est anormalement bas. Pierre Magnon, biologiste à l’Université du Québec à Trois-Rivières et président du comité de surveillance, mis sur pied pour protéger la ressource, est catégorique: les perchaudes disparaîtront d’ici 2014 si rien n’est fait. C’est ce comité qui a convaincu le ministre des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) d’imposer un moratoire.

Ça n’a pas fait l’affaire de tous, bien entendu. Les pêcheurs commerciaux du lac Saint-Pierre sont d’avis que les scientifiques ont tout faux. Les données des chercheurs sont mauvaises, estime le président de leur association, Jean Lévesque. Il est tout aussi catégorique: le lac est plein de perchaudes.

Cet automne, M. Lévesque a insisté pour qu’une nouvelle étude soit réalisée et propose que son organisme recueille les données… Aussi, suggère-t-il au MRNF d’abattre des cormorans, ces volailles raffolant trop de ces petits poissons. Enfin, il exhorte le ministre à lever le moratoire, rappelant qu’il « y a une industrie de 5 millions de dollars en jeu».

Ça ne vous rappelle pas la catastrophe de la morue? Dans les années 90, des experts ont mis en garde le gouvernement fédéral contre la surpêche de morue dans l’est du Canada. Leurs données faisaient état d’une baisse dramatique des stocks de ce poisson. Il fallait, pressaient les scientifiques, protéger la ressource en restreignant la pêche commerciale, très intense dans le secteur.

Les pêcheurs s’y sont vigoureusement opposés. La baisse des stocks de morue était en grande partie attribuable aux populations de phoques, ont-ils plaidé, pas seulement à l’intensité de la pêche commerciale.

Ottawa n’a rien fait. L’industrie s’est écroulée. Des milliers de pêcheurs ont perdu leur gagne-pain, des usines de transformation de poissons ont fermé.

Pour en revenir aux perchaudes du lac Saint-Pierre, le MRNF a quand même maintenu le moratoire… après avoir considéré les demandes des pêcheurs.

La défense d’intérêts financiers fait qu’il n’est pas surprenant que des individus ou des groupes lancent des attaques contre la science. Quand les tirs proviennent de l’État, c’est autre chose. Depuis quelques années, le gouvernement fédéral a sabré les projets de recherche au sein de ses ministères et de ses institutions en plus de limiter les données que peut recueillir Statistique Canada lors des recensements. Clairement, on ne porte pas la science en haute estime chez les conservateurs.

La preuve scientifique dérange, selon Yves Gingras, sociologue des sciences. En entrevue dans le plus récent numéro de L’actualité, M. Gingras s’en inquiète grandement. «(…) depuis le XVIIe siècle, on sait qu’on ne peut gouverner un pays sans institutions scientifiques parce que l’État a besoin de données fondamentales et objectives pour assurer la santé de sa population et la sécurité de son territoire.»

Ces recherches en vue d’établir des politiques publiques, soutient le professeur Gingras, ne peuvent être menées par des organismes privés. Le privé, par la force des choses, ne peut garantir la collecte de données objectives. Un doute subsistera toujours sur la crédibilité des conclusions, pourrait-on dire.

Les impératifs économiques doivent faire partie des discussions. Mais lorsqu’une ressource est menacée, même si les données sont contestées, peut-on courir le risque de continuer de l’exploiter comme avant? Le développement durable ne nous enseigne-t-il pas les vertus économiques d’une consommation responsable de nos ressources?


Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (20)  |  Commenter cet article






Mardi 8 janvier 2013 | Mise en ligne à 23h35 | Commenter Commentaires (3)

Sports et classes sociales

Image 5

Intéressante étude sociologique sur les classes sociales et leur sport de prédilection.

Voici les observations (traduites de l’anglais):

1. Les pauvres en milieu urbain jouent au basketball.

2. Les personnes qui s’occupent d’entretien s’adonnent aux quilles.

3. Les employés cols bleus ne jurent que par le football.

4. Le sport préféré des superviseurs est le baseball.

5. Les gens qui ont des postes de cadres intermédiaires aiment le tennis.

6. Tandis que le golf est l’occupation préférée des cadres supérieurs.

Après analyse, la conclusion est frappante:

Dès qu’on monte dans la structure corporative, nos «balls» rapetissent.

Autre observation:

Il y a sûrement des milliers de gens au sein du gouvernement qui jouent aux… billes!

* Vous aurez compris qu’il s’agit d’une blague.

Merci à Patricia pour celle-ci.

Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur

Lire les commentaires (3)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    septembre 2010
    L Ma Me J V S D
    « août   oct »
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    27282930  
  • Archives

  • publicité