Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Jeudi 13 décembre 2012 | Mise en ligne à 18h23 | Commenter Commentaires (9)

    La paix linguistique municipale

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    If it’s not broken, don’t fix it!

    La langue anglaise regorge d’expressions colorées dont on saisit illico tout le sens. Enfin, c’est le cas pour la plupart des gens. Parce que la compréhension de cette grande vérité de la vie citée ci-haut échappe malheureusement à trop de ténors de la ligne dure en matière de protection de la langue française au Québec.

    Après l’idée farfelue de rendre obligatoire le recours au français dans nos centres de la petite enfance, après cette autre idée de génie d’interdire aux francophones et aux allophones la fréquentation de cégeps anglophones, ils dirigent maintenant leurs canons de l’intolérance vers les municipalités bilingues québécoises.

    Depuis 35 ans, ces municipalités, au nombre de 84 au Québec, communiquent en français et en anglais avec leurs résidants. Leurs ordres du jour, leurs procès-verbaux, leurs avis publics, leurs règlements sont rédigés dans les deux langues et leurs fonctionnaires peuvent répondre aux citoyens en français et en anglais.

    Tout semble fonctionner. Aucun citoyen ne se plaint de la situation, aucune administration municipale n’a entamé de démarches pour restreindre ses communications dans les deux langues, aucune manifestation, de francos ou d’anglos, n’a été organisée pour dénoncer le tout. Une vraie paix linguistique existe dans ces municipalités. Une paix que menacent les purs et durs du Parti québécois.

    Comme le rapportait ce matin ma collègue Véronique Chagnon, le gouvernement péquiste, avec son projet de loi 14 sur la révision de la Charte de la langue française, suggère de retirer le statut de bilingue aux municipalités où le nombre de citoyens anglophones est en bas de 50 %. Ces municipalités pourraient continuer d’offrir des services en anglais, mais elles devraient aussi s’en tenir au français dans ses documents écrits parce que « […] ça n’irait pas dans le sens de reconnaître que la langue officielle du Québec, c’est le français » a expliqué Martin Bilodeau, porte-parole de l’Office québécois de la langue française.

    Dans notre région, deux municipalités sont touchées par le projet de loi : Lac-Brome et Sutton. La population anglophone de Lac-Brome a chuté à 47 %, selon le recensement de Statistique Canada de 2011, tandis que celle de Sutton se situe maintenant à 33 %.

    À Sutton, on n’entrevoit pas vraiment de problème. Les documents municipaux sont rédigés en français et des copies en anglais sont offertes aux personnes qui en font la demande. On répond aussi en anglais aux questions quand l’occasion l’exige.

    La situation s’annonce plus explosive à Lac-Brome. La municipalité de 5609 habitants vit très bien sa dualité linguistique. Une grande partie de sa population est bilingue, dans les assemblées, dans la rue, les discussions glissent souvent du français à l’anglais et vice-versa sans que personne ne s’en offusque. Se faire servir dans l’une ou l’autre des langues dans les commerces de Knowlton, le cœur de la municipalité, n’est pas problématique. Mais surtout, on sent une grande ouverture d’esprit chez les Bromois. Depuis plus de 200 ans les deux communautés ont appris à vivre et à prospérer ensemble. Les francophones ont pris leur place politiquement et économiquement, mais en respectant le riche legs des anglophones à la communauté.

    Retirer le statut de municipalité bilingue à Lac-Brome est une bien mauvaise idée. Si le gouvernement du Québec s’avise de procéder de la sorte, toute la communauté bromoise, anglophone comme francophone, s’y opposera farouchement. Avec raison.

    Le combat de la langue française ne passe pas par des guerres sur le terrain des petites municipalités. Sa promotion doit se faire dans nos écoles, sur nos lieux de travail et dans ces entreprises qui se contrefoutent de nos règlements sur l’affichage.

    Un remaniement de la Charte de la langue française peut s’avérer un exercice utile. Mais, comme le disent si bien nos compatriotes anglophones, on ne répare pas ce qui fonctionne.


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    • LE NOUVEAU SPORT DES JOURNALISTES.

      On le connaît bien, c’est dénigrer le PQ. Il en fait trop, il en fait pas assez, va trop vite, ne remplit pas ses promesses on va même jusqu’à anticiper pour le critiquer à l’avance. A force de crier au loup, on ne vous entendra même plus.

      A travers l’histoire la bilinguisation des individus et des organismes, n’est qu’un passage plus ou moins long, d’une langue vers l’autre. L’autre étant la plus forte. En amérique du nord nous ne sommes que 2% de la population Nos ancêtres se sont battus depuis le 17ième siècle pour nous léguer cette grande culture française.

      La seule question est la suivante? Voulons-nous continuer à vivre en français OUI ou NON? “To be or not to be.” Le reste n’est que de la lacheté ou de l’indifférence.

    • Les Anglos ne forment plus que 8% de la population du Québec. Ce n’est pas parce qu’ils sont hyper présents au centre-ville de MOntréal, que tout le Québec doit être bilingue?

    • Deux municipalités qui démontrent que les deux langues peuvent vivre ensemble dans le respect mutuel, ca semble inacceptable pour certain.

    • Monsieur Laliberté, votre réquisitoire traduit très exactement ce que je pense. Rien à ajouter. Merci!

    • C’est justement parce qu’on est en train de s’angliciser que ça ne fonctionne pas. C’est brisé et il faut le réparer. Que des municipalités aient une autre langue que la langue officielle n’a pas sa raison d’être en 2012.

    • rick1042 : Il n’y a pas de respect quand on anglicise le Québec. Les gens peuvent parler la langue qu’ils veulent chez eux, mais la ville doit être française.

    • Pour garder le pouvoir, le PQ doit fomenter une crise linguistique, même si objectivement sur le territoire qu’on appelle aujourd’hui le Québec il n’y a jamais eu autant de français que maintenant.

    • Cet article est complètement stupide. En effet, en quoi cela gênerait-il les anglophones que toutes les municipalités du Québec ne communiquent plus qu’en français ? Tous les anglophones du Québec sont censés connaître le français, la langue officielle et commune de la province. Le projet de loi 14 est donc frappé du coin du bon sens. Et il devrait même aller plus loin : TOUTES les municipalités québécoises ne devraient communiquer qu’en français, la langue officielle, comme cela se fait dans les autres pays francophones du monde, entre autres en France. Pourquoi donc un anglophone – dont la langue n’est ni nationale, ni officielle au Québec – devrait-il recevoir des services dans sa langue ? Pourquoi donc un Italien ou un Ukrainien ne bénéficieraient-ils pas des mêmes avantages ? Il faut que cessent ces statuts d’exception qui n’ont plus aucune justification. Un anglophone doit, comme les autres, s’adresser en français à la municipalité et accepter de recevoir des documents municipaux en français, langue officielle et commune du Québec.

    • C`est juste ben moche parce que dans l`fond ca se résume en un petit mot: réciprocité. Car c`est bien ce que sous-entends le bilinguisme tel que officialisé par le Canada non ?

      Mais si cela ne réflete pas la réalité ,malheur et misere pour celui ou celle qui ose s`en plaindre.
      Je vois mal comment une loi revampée et renouvelée va changer de quoi si ce n`est que générer de nouvelles étincelles puisque ce sujet est ici ignoré depuis trop longtemps et qu`en dehors de nos frontieres c`est business as usual.

      Mais je vois encore plus difficilement ce qui va changer si nous ne faisons pas respecter le minimum de nos droits tels que protégés par les lois . Afin d`y parvenir commencons par nous respecter nous même….

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