Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Vendredi 7 décembre 2012 | Mise en ligne à 12h14 | Commenter Commentaires (9)

    Improvisation, amateurisme et déconnexion

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    Les analystes aiment beaucoup porter un jugement sur les 100 premiers jours d’un nouveau gouvernement. Ça donne le temps à la nouvelle équipe aux commandes de donner le ton et le rythme de son mandat. C’est toutefois une période trop courte pour opérer un sérieux coup de barre.

    Difficile donc analyser l’œuvre du gouvernement de Pauline Marois. Il va falloir attendre un peu plus. On peut néanmoins juger de la préparation des péquistes à faire face aux défis du pouvoir. Et elle est très en deçà des attentes; on y note de l’improvisation, de l’amateurisme et une déconnexion du vrai monde.

    L’affaire André Boisclair, comme il est convenu de l’appeler, est symptomatique du mal qui afflige trop de nos dirigeants politiques: prendre soin des leurs. Pour eux, il n’y a pas de mal à récompenser les gens qui ont servi le parti. Pour plusieurs de ces valeureux militants, des postes de toutes sortes sont disponibles dans des ministères, dans des sociétés d’État (Loto-Québec, la SAQ etc.) et dans des organismes étatiques (Commission municipale, CPTAQ, BAPE, etc.). Des postes, vous pouvez être certains, toujours très, très bien payés avec des avantages sociaux auxquels peu d’entre nous avons accès. Pourtant, nous assumons 100 % de la facture. Ce népotisme politique est indécent.

    Si les valeureux militants ont les aptitudes et la formation pour occuper de telles fonctions dans l’appareil public, qu’ils postulent. Au terme de tests et d’entrevues, s’ils ont la tête de l’emploi, leurs compétences seront reconnues. On mettra alors moins en doute le fait qu’ils ont obtenu le poste grâce à leurs connaissances et non à leurs contacts.

    On n’a pas à craindre pour M. Boisclair. Le type est intelligent, éduqué, charismatique et possède un bon bagage d’expérience de travail. Lorsque qu’un futur gouvernement non-péquiste le dégommera avec une généreuse prime de départ (tout est prévu pour les gens qui occupent ces postes), il ne devrait pas chômer longtemps. Un bon libéral ou caquiste le remplacera avant d’être remercié à son tour. Et ainsi va le système.

    La nomination de Daniel Breton comme titulaire du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs s’est révélée une erreur d’amateur. Comment Mme Marois a-t-elle pu confier un poste aussi important à un homme dont le jugement est à ce point déficient? Tout le monde a droit à l’erreur, de rouler un peu trop vite, par exemple. Mais un grand excès de vitesse? Conduire malgré un permis suspendu? Une fraude à l’assurance-emploi? Plusieurs non-paiements de loyer?

    Qui fait les enquêtes auprès des candidats-ministres chez le PQ? L’inspecteur Cluseau?

    L’improvisation résume bien aussi ce premier bilan de l’équipe péquiste. En dépit d’engagements précis en campagne électorale, Mme Marois a fait marche arrière sur la mise en place d’un système des redevances minières basé sur les ressources exploitées et non plus sur les profits des entreprises minières. La première ministre a aussi manqué de leadership pour mettre définitivement fin au placement syndical dans le secteur de la construction. Et elle nous impose une taxe santé.

    Habituellement, quand on se retrouve sur les banquettes de l’opposition, c’est le temps de refaire le plein d’idées, de les peaufiner et de préparer leur mise en oeuvre. C’est surprenant que dix années de remue-méninge aient débouché sur autant de projets aussi mal pensés.

    Les beaux discours et les énièmes accusations que le gouvernement libéral sortant est responsable du gâchis des finances publiques ne changent rien au fait que les péquistes ont bâclé leurs devoirs. Ça explique les volte-face à répétition depuis leur élection.

    C’est une vérité de la Palisse, mais rappelons-le quand même: il n’y a aucune alternative à la planification.

    photo Presse Canadienne


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    • Des postes, vous pouvez être certains, toujours très, très bien payés avec des avantages sociaux auxquels peu d’entre nous avons accès. Pourtant, nous assumons 100 % de la facture. Ce népotisme politique est indécent.

      encore drôle qu il n y ait pas plus de monde qui veulent de ces jobs

    • Je suis tellement d`accord avec vous que j`ai peine à comprendre cette déconnexion qui pourtant a été tres bien dénoncée par ceux que forcément on peut appeller la plebe.

      Inutile de discuter les décisions car elles ne feront jamais l`unanimité mais c`est bien plus l`esprit qui entoure la classe politique qui est tres éloquente. Ainsi, il est clair que personne ne sait comment faire de la politique autrement et comment faire en sorte que pour chasser le naturel…

      Pendant que d`un coté des coupures sont exigées ,de l `autre on invite monsieur Boisclair à l`assiette au beurre.
      Celui qui semblait vouloir défendre la veuve et l`orphelin au sein de son nouveau parti n`est finalement rien d`autre qu`un jappeur négatif sans perspective ni vision.
      Et puis ceux à la recherche d`un chef seraient prêts à élire le bras droit de celui qui fut évinvé du pouvoir par son mépris et son arrogance ?

      On a souvent nié le combat des générations que semblait mettre en évidence le printemps érable mais n`est ce pas évident maintenant que ceux qui furent élus pour regagner notre confiance ne sauraient faire autrement que ce que des décennies au parlement ont inculqué en eux comme des droits acquis?
      Pour moi la conclusion c`est qu`on en est qu`au début et que des années de gouvernement minoritaire seront obligatoires afin que la génération au pouvoir passe la responsabilité à des responsables plus jeunes,moins encrassés et plus sincerement tournés vers le bien des générations futures.

    • Boisclair est passé à un cheveu de devenir le gigolo officiel du Québec. On y a échappé de peu mais je parie que ce n’est que partie remise pour autant qu’il soit rappelé de NY pendant que le Gouvernement Marois est encore au pouvoir, donc dans pas longtemps.

      Quant aux virements de bord de ma’me Marois, difficile de ne pas être admiratif car elle nous donne la vraie mesure de l’expression “virer sur un dix cennes”. Encore plus que Charest, ce qui n’est pas peu dire!

    • Je Ne sais quelle mouche t’a piquée hier ,ta critique envers le parti québécois se révélé hargneuse méprisante et surtout incomplète . Ils ont présenté 15 projets de loi dont 9 ont été adoptés . Le plus important étant celui portant sur le financement des partis politiques ( adopté à l’unanimité ) ,. Un budget rigoureux a été présenté et adopté . Le gouvernement a mis fin au nucléaire et a l’amiante . Toi qui es sensible à l’environnement et la rectitude politique je ne comprends pas ton Attitude dans ta critique gouvernementale . Même Francois Bonardel a trouvé des éléments positif dans les 100 premiers jours . Je trouve ton analyse mauvaise ou tu fais passer ton aversion au PQ sans tenir compte des actions et des gestes posés par ce gouvernement .
      Votre note pour votre éditorial de ce matin 10% tout au plus ,car c’est carrément de la démolition et même les oppositions y trouvent du positif à ces 100 premiers jours
      D’habitude j,apprécie tes éditoriaux ,celui-ci c’est ton plus mauvais ,tu manques carrément de nuance et de jugement ….

    • Honnêteté, transparence et action.
      C’est la théorie du verre à moitié plein ou à moitié vide, selon que l’on est pessimiste ou optimiste.
      Pour ma part je vois un gouvernement qui a remis le Québec en marche, qui en 3 mois en a fait plus que les libéraux en 9 ans qui a réussi malgré son statut minoritaire et l’acharnement de certains média à remettre le Québec sur les rails du progrès et de la paix sociale.
      On a présenté 15 projets de loi, dont 9 furent adoptés. Ceux-ci concernent la mise en échec de la corruption, le financement des partis politiques, les élections à date fixe, le placement syndical, ( sur ce point vous errer dans votre édito) et la charte de la langue française en autre.
      On y ajoute l’abrogation de la loi 78, l’annulation de la hausse des droits de scolarité, la fermeture de la centrale Gentilly-2, l’annulation du prêt à la mine Jeffrey, la modulation de la taxe santé et l’annonce de 28,000 places en garderie.
      En plus de la présentation d’un budget pour mettre de l’ordre dans les finances publiques après tant d’années de laisser aller et de dépassement de coûts. Depuis l’élection du parti Québécois, les enquêtes de l’UPAC se sont accélérés, des maires auparavant protégés par les libéraux, ont démissionnés, la commission Charbonneau va de l’avant et le ministre Sylvain Gaudreault fait un travail de titan dans le domaine des municipalités et du transport.
      En campagne électorale les partis politiques font des engagements pour la durée de leur mandant, soit 4 ans, on ne peut honnêtement demander à un parti d’y répondre en quelques mois, surtout s’il est minoritaire. Moi je pense que quelqu’un qui est capable de corriger le tir, surtout publiquement comme vient de le faire Mme Marois dans le cas Boisclair est la marque d’un caractère fort et intègre et ça me rassure pour la suite des choses.

    • Avec un titre comme celui-la, j’etais sur que vous parliez du maire Goulet et de ses sbires !

    • @reinemere – êtes-vous certain(e) que les enquêtes de l’UPAC se sont accélérées juste depuis l’élection du Parti québécois? Les raids, oui, certes! Mais les enquêtes?

      Combien de fois madame Marois et son équipe devront-ils rectifier le tir au lieu de réfléchir avant d’agir?

      Ce n’est pas le nombre de projets de loi en peu de temps qui est signe de progrès.

    • Gouverner c’est prévoir. Les péquistes ont mené une campagne électorale totalement déconnectée de la réalité financière du Québec. Ils ont fait des promesses qu’ils savaient irréalistes, parce que jamais je ne croirai que Marois, Marceau, Bédard ignoraient que la dette était à 215G$. Ils ignoraient aussi que les revenus de l’état sont bien en dessous des dépenses de programmes. Ils ne savaient pas que les redevances attendues des minières sont les plus élevées d’Amérique. Ils ont perpétué le gel des frais de scolarité pourtant déjà très bas. Ils nous ont menti, laissant croire que les mesures sociales chromées dont nous bénéficions étaient abordables et pouvaient progresser. Face à la réalité, ils ont reculé. Du coup, ils ont déçu une bonne partie de leurs partisans, tout aussi déconnectés que le parti politique qu’ils élisent. Si gouverner c’est prévoir, le PQ a beaucoup de travail devant lui: redevenir crédible.

    • je regarde aller nos élus=élues ,et on dirait que ces personnes ne savent pas comment gérer leur position de vainqueurs, ils-elles agissent comme des enfants qui viennent de sortir des écoles et qui font des expériences sur tout ce qui bouge,parfois c’est rafraichissant de voir leur ferveur en la croyance que nous allons avoir-enfin-notre pays,mais souvent ce sont des oeuvres d’amateurs,et pour Madame Marois ,ce n,’est pas sa première expérience en politique, elle doit avoir appris à gérer les incontournables de la vie moderne,sinon, on va trouver le temps long,

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