Le Grand Parleur

Archive du 9 novembre 2012

Vendredi 9 novembre 2012 | Mise en ligne à 17h47 | Commenter Commentaires (3)

D’un dogme à l’autre

Afficheur Cowansville

Ceci est un afficheur électronique. C’est le nouvel outil de communication de nos administrations municipales. La Ville de Cowansville vient de l’installer en plein centre-ville, à l’angle des rues Rivière et du Sud. Elle s’en sert pour communiquer toutes sortes de messages à ses citoyens et aux visiteurs. Coût: 66 605,02 $ (incluant l’achat, l’installation et les incontournables taxes).

La Ville de Granby a le même souci d’informer ses citoyens et tous les gens qui passent dans le coin. Elle aussi aura recours à un afficheur électronique. En fait, elle en achètera cinq — oui, oui cinq — qu’elle placera dans des endroits stratégiques. Les travaux ont débuté pour les installer. Coût du projet: 637 000 $ (ça fait 127 400 $ l’unité).

Cette comparaison illustre assez bien la propension du conseil municipal de Granby à acheter toujours le nec plus ultra des bébelles. Pourquoi regarder à la dépense quand les coffres sont pleins?

Et ils déborderont dans la prochaine année. De un, on apprend que le surplus anticipé cette année atteindra 2 millions de dollars. De deux, l’entrée en vigueur du nouveau rôle d’évaluation, en hausse de 8 % en moyenne le 1er janvier 2013, rapportera 4,2 millions de dollars de plus en impôt foncier à la Ville.

Le maire Richard Goulet a déjà annoncé ses couleurs. Le taux de taxation, fixé à 80 ¢ par 100 $ d’évaluation depuis 2001, restera inchangé. C’est du déjà-vu pour les contribuables de Granby depuis l’avènement de M. Goulet à la mairie en 2005. Quand la valeur des propriétés a augmenté de 31 % en 2007, il a maintenu le taux de taxation. Il a fait de même en 2010 lorsque le rôle triennal d’évaluation a cru de 18,5 %. En ajoutant les 8 % de 2013, la valeur des propriétés aura explosé de 57,5 % en huit ans (de 69,9 % si on ajoute 2004). Les comptes de taxes des Granbyens ont suivi cette même trajectoire ascendante, sans connaître de répit.

La Ville de Granby doit poursuivre son développement et moderniser ses équipements souterrains, nous dit-on. Et pour y arriver, elle a besoin de revenus. D’où le maintien du taux de taxation à 80 ¢. Le maire Goulet, en septembre dernier, parlait de cette rentrée d’argent de 4,2 millions de dollars comme étant de «l’oxygène pour continuer sans augmenter les taxes.»

On ne peut être contre le développement. Mais le pousse-t-on trop loin? Se réalise-t-il trop vite? En 2005, alors qu’il venait d’être élu, M. Goulet a pris une ville dont la dette était de 260 738 $. On estime qu’elle atteindra 81 millions à la fin de la présente année.

Jusqu’où augmentera-t-on ce passif? Restera-t-il de «l’oxygène» aux contribuables pour payer tout ça? Ou se fiera-t-on encore aux générations futures pour s’occuper de l’addition?

Les Granbyens aiment les extrémistes. Ils sont passés d’une administration municipale (trop) pingre à une administration (trop) dépensière. Du dogme Duchesneau du «payons cash», ils se retrouvent maintenant à l’autre bout du spectre, au dogme Goulet «d’utilisons la carte de crédit populaire».

Les deux philosophies mènent à des culs-de-sac. Quelqu’un peut-il nous ramener au centre?

photo Alain Dion


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