Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Jeudi 18 octobre 2012 | Mise en ligne à 13h53 | Commenter Commentaires (5)

    Erreur et acharnement

    tarification_CINLB_15

    «On vous l’avait dit», aimerait-on affirmer. On ne le fera pas. La baisse d’achalandage de 36 % enregistrée cet été au Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin est trop désolante pour se féliciter de notre pronostic.

    S’en trouve-t-il vraiment pour s’étonner que le CINLB ait accueilli beaucoup moins de visiteurs depuis l’entrée en vigueur d’une tarification pour les non-résidants de Granby (détenteurs de la carte-loisirs)?

    Ça ne s’explique pas seulement par la chaleur qui a logé dans la région l’été durant, comme le laisse entendre le directeur général du Centre, Mario Fortin. Certes, la recherche de piscines et autres lieux propices à la fraîcheur peut justifier une certaine baisse de fréquentation du parc. Mais la vraie raison, celle que tout le monde le moindrement sensé a comprise quand l’annonce de l’imposition d’une tarification a été faite, est que les gens répugnent à payer 5 $ pour profiter d’un parc municipal.

    Tout aussi exceptionnel soit-il, le CINLB est un parc municipal. Une municipalité ne peut exiger des frais d’entrée dans un de ses parcs. Le CINLB n’est pas un parc du calibre de ceux de la Sépaq. On ne peut le comparer au parc du mont St-Hilaire, ni au Jardin botanique de Montréal.

    La donnée la plus inquiétante dans ce bilan: quatre personnes sur dix tournent les talons en apprenant que des droits d’entrée sont exigés. Et de ceux qui ont décidé de payer, combien reviendront? Ça ne vaut pas 5 $. Pas avec le bois Miner et le parc écologique Jean-Paul Forand à proximité, tous deux gratuits.

    L’argument de l’autofinancement pour justifier des frais d’entrée, celui que l’administration municipale répète depuis deux ans comme un disque qui saute, ne tient pas la route. La Ville est incapable de générer autant de revenus pour l’aréna Léonard Grondin que ce que lui coûte l’édifice à gérer et à entretenir. Idem pour Le Palace.

    Le rôle des villes est d’offrir une gamme de services à ses citoyens. Les parcs en font partie. On ne lui demande pas de faire en sorte que tout ça s’autofinance. C’est déjà couvert dans les taxes municipales que les contribuables paient directement et celles que les locataires paient indirectement via leurs loyers.

    Chaque année, la Ville verse une subvention de 150 000 $ au CINLB. Compte tenu de l’ampleur des lieux, des activités qui s’y déroulent et de sa popularité, on peut dire qu’elle fait une sacrée affaire.

    Le reportage de ma collègue Marie-France Létourneau, publié mercredi, nous apprend que les dons déposés dans la bernache mobile ont chuté de 75 % cet été. Chaque année, le Centre récolte 15 000 $ grâce à elle. Selon les prévisions de la direction, l’imposition d’une tarification permettra éventuellement d’engranger 20 000 $ annuellement.

    Dans les faits, au lieu d’augmenter les revenus, la tarification ne provoque-t-elle pas plutôt un déplacement de revenus? Dans le scénario le plus optimiste, pour quelques milliers de dollars, vaut-il la peine de risquer d’éloigner des visiteurs en leur imposant des frais d’entrée?

    Le gros bon sens dicte que le CINLB abandonne cette politique. L’administration municipale comprendra-t-elle son erreur ou s’acharnera-t-elle à avoir raison?

    Le maire Richard Goulet tient à ce que le CINLB augmente son autonomie financière. On comprend entre les lignes que les efforts de l’organisme à ce chapitre ne l’impressionnent guère. Il marque là un gros point.

    On ne sent pas, en effet, que la direction du Centre fait preuve d’une grande imagination pour trouver de nouvelles sources de revenus. Le potentiel pour un endroit comme le CINLB est pourtant énorme.

    Quelques idées pour le conseil d’administration du CINLB:

    1. Approchez des entreprises de la région (Caisse populaire de la Haute-Yamaska, BRP, IBM, etc.) pour qu’elles deviennent partenaires.

    2. Ajoutez de nouvelles activités payantes à votre calendrier pour célébrer l’Halloween ou la St-Valentin, par exemple.

    3. Organisez des conférences-bénéfices (petit-déjeuner, dîner, souper, 5 à 7) avec des scientifiques, des experts de la nature et de l’environnement ou des personnalités publiques.

    Bref, réveillez-vous! Votre gestion manque de dynamisme. Peut-être le conseil municipal y trouve-t-il une raison de vous souffler dans le cou.

    photo Alain Dion


    Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur


    • Salut Grand Parleur ,ton article sur sur e cinlb montre une fois de plus la disconnection du maire avec les citoyens :le maire décide les conseillers suivent comme des moutons de panurge . Aucune discussion , aucune analyse profonde du dossier n’est effectuée . Voyez par vous même le résultat 40% de baisse dans la fréquentation des lieux mais on persiste dans la mauvaise direction . Charger 5$ pour se promener au cinbl ,c’est trop cher , ça n’a pas de sens . Dans 3 ans la situation sera la même et le maire s’entetera encore pcq il faut qu’il est raison !!!!

    • Personnellement j’ai beaucoup de difficulté a déposer un petit 2$ dans la bernache quand j’aperçois le Taj Mahal de 2 millions qui a été construit!

    • Au Québec on est bon pour faire payer aux citoyens ce qu’ils ont déjà payé et qu’il leur appartient.

    • J’y suis allé cette été. Je suis retourné de bord à l’entrée et je suis rentré par le sentier parallèle à la piste cyclable. Pas question de payer pour marcher dans un bois public peu importe si je suis résident ou non.

    • Très d’accord averc l’ensemble de l’article: déplacement de revenus ni plus ni moins (recettes de la bernache versus baisse des droits d’entrée parce que baisse d’achalandage), mais surtout le fait que les administrateurs semblent manqué mortellement d’imagination! ET je doute qu’il y ait résorbtion de l’achalandage avec le temps comme ils semblent l’affirmer…. Pour ma part, si je venais de l’extérieur, je n’accepterai jamais de payer 5$ pour visiter le CILNLB , je lui préférerai plutôt les sentiers d’interprétation de Shefford ou encore le parc d’interprétation de la nature de Farham… selon moi, à valeur semblable. Aussi les suggestions faites ici pour l’autofinancement me semblent des meilleures. (Ajouter à cela différents niveau de membership versus différents tarifs avec certaines niveau d’avantages)Celles que l’on voit très fréquemment chez différentes OSBL d’envergure quoi… Le c.a. du CINLB a peut-être besoin de rafaichissement ou de vent neuf!

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