Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Mardi 4 septembre 2012 | Mise en ligne à 22h47 | Commenter Commentaires (14)

    Un beau cadeau à Legault

    Photo Legault

    Les électeurs québécois ont offert un beau cadeau ce soir à François Legault. Ils lui permettent de faire ses preuves comme leader, de mieux peaufiner les éléments clés de son programme politique et de préparer son équipe à un jour, peut-être, diriger le Québec.

    Il faut aller au-delà des mathématiques pour bien mesurer la performance de la Coalition avenir Québec. Sa vingtaine de sièges dans un contexte de gouvernement minoritaire du Parti québécois lui donne la balance du pouvoir. C’est un pouvoir énorme.

    La première ministre Pauline Marois devra régulièrement consulter la CAQ pour assurer la survie de son gouvernement. M. Legault pourra monnayer son appui en exigeant que le PQ modifie certaines de ses politiques en y ajoutant des ingrédients saveurs caquistes.

    S’il joue bien ses cartes — et on le sait bon stratège malgré sa déclaration insensée la semaine dernière qu’il pourrait faire tomber rapidement un gouvernement —, M. Legault choisira le moment où les électeurs seront à nouveau appelés aux urnes. C’est un luxe que les deux vieux partis, comme il les appelle, n’ont pas.

    Mario Dumont n’a pas reçu un tel cadeau en 2007. Son équipe de néophytes est passée d’incognito à Opposition officielle en l’espace d’une soirée en remportant 41 circonscriptions. Le chef de l’Action démocratique du Québec n’a pas su tirer avantage de la situation. Il a multiplié les gaffes. La population a rapidement réalisé la faiblesse de sa députation. La catastrophe.

    L’ADQ est arrivée trop vite dans les rangs de l’opposition, était mal préparée pour la joute parlementaire et comptait trop de touristes sur ses banquettes. Les électeurs les ont dépouillés de presque tous leurs sièges l’année suivante en les reléguant dans un des recoins de l’Assemblée nationale. Les gens aimaient bien Mario Dumont, mais ne voyaient pas en lui le chef d’un gouvernement.

    Le même cadeau empoisonné aurait pu être offert à François Legault. Imaginez-le un instant dans les souliers de chef de l’Opposition officielle avec ses verts députés derrière lui? Une catastrophe appréhendée.

    Maintenant, les caquistes pourront prendre le temps de bien réfléchir à leurs idées, mais surtout à mieux les expliquer aux Québécois. Ils devront revoir quelques engagements. Celui de donner un médecin de famille par personne en un an, par exemple, une promesse carrément irréalisable et irresponsable. Ils pourront aussi mettre plus de viande sur leur idée d’abolir les commissions scolaires ou de dégraisser Hydro-Québec.

    Revoir les structures des commissions scolaires et celles de HQ sont d’intéressantes propositions. On aimerait savoir, cependant, comment la CAQ entend s’y prendre et surtout savoir quels seront les effets de ces mesures. Malgré les nombreuses questions posées sur ces sujets lors de la campagne, on attend encore des réponses avec du contenu.

    Beaucoup de travail en perspective, donc, pour les caquistes. Sauront-ils être à la hauteur ou devra-t-on leur coller l’étiquette de losers de l’ADQ?

    L’art libéral

    On a toujours tendance à enterrer le PLQ. Après neuf ans aux commandes de l’État, après une série de scandales impliquant des membres de son gouvernement, après une manipulation éhontée de notre système démocratique à des fins partisanes, après un programme électoral rachitique, les journalistes et chroniqueurs avaient vendu leur peau. On s’est trompés. Encore.

    Ce parti est un modèle à suivre pour les formations politiques vraiment intéressées à prendre le pouvoir. Le PLQ est très bien organisés et ses militants sont disciplinés (traduction: ils sont discrets quand les sondeurs les contactent, mais se rendent voter en grand nombre).

    Les autres partis peuvent-ils en dire autant?

    Ça explique que le PLQ, en dépit d’un tsunami record de mécontentement de la population, réussisse à élire 48 candidats. C’est du grand art.

    On ne peut qu’être en admiration. Sincèrement.

    photo Alain Dion La Voix de l’Est

    Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur


    • Je suis tellement d’accord avec la lecture que vous faites de la situation! C’est quand même étonnant que certains y voient une défaite pour Legault. Pour moi, c’est lui le grand gagnant de tout cela pour les raisons que vous donnez. Belle analyse! Lachez pas!
      R. Ducharme (un compatriote estrien).

    • Gagnant=PLQ
      Perdants= Les sondeurs

      Les sondeurs se sont-ils vraiment trompés? On sait que les militants du PLQ sont discrets dans les sondages. Le politologue Pierre Drouilly a calculé que leurs résultats doivent toujours être majorés de quelques points de pourcentage pour bien refléter l’humeur du moment. Les sondages accordaient 26, 27 % au PLQ. Le parti a terminé avec 31 %.

      Pas si à côté de la plaque que ça, ne diriez-vous pas?

      Grand parleur

    • Félicitations pour votre analyse très réaliste des résultats de l’élection du 4 septembre 2012… Vos confrères devraient s’inspirer de votre analyse…
      Habitant au Saguenay, je demeure excessivement sceptique sur la mentalité, qui ne semble pas avoir évolué depuis 40 ans, et je me permets de citer une phrase qu’un animateur-radio avait déjà cité: ”Au Saguenay, mettez un cochon sur la bannière péquiste et les gens vont élire le cochon”…Le maire Tremblay a bien raison de prier, je suis persuadée que le Saint-Esprit s’est découragé et n’a jamais franchi le Parc des Laurentides…

    • M.Laliberté:
      …….On ne peut qu’être en admiration. Sincèrement……..

      Vous admirez ce qu’est devenu le PLQ depuis 1998?
      Et bien, pas moi.

      Pourrait-on savoir pour qui la morte de Sherbrooke a voté par anticipation?

      Louise April(Laloue)

      Je n’admire pas l’oeuvre politique du PLQ, mais son organisation ainsi que la fidélité et la discipline de ses militants.

      Grand parleur

    • Pour les sondeurs, c’est plutôt la transposition en nombre de sièges pour chaque parti et en plus comté par comté qui a induit bien des gens en erreur.

      Si on se contentait de dire à partir de ce minuscule échantillon les chiffres que vous répétez en incluant la marge d’erreur et en disant que vous 95% de chance d’être dans cette marge. Il y en aurait pas vraiment de problème mais les sondages auraient moins parlé. Sauf qu’ils les ont fait parlé mais en ne mettant pas assez en garde les gens.

      Vous souvenez d’Alain Bonnier quand il faisait des prédictions sur le hockey et les séries dans La Presse ? Il n’en faisait jamais une avant d’avoir une assurance très élevée…

      Bryan Breguet défend son modèle en disant que s’il avait eu les bons pourcentages cela aurait donné des projections pas si mal.

      http://www.tooclosetocall.ca/

      Il montr quand même un tableau prédisant 66 sièges au PQ, 33 au PLQ, 24 à la CAQ et 2 à QS.

      Voyons donc…

      Insister beaucoup,beaucoup sur l’intervalle dans ce temps là et même si le chiffre du milieu dans votre loi normale est selon vous le plus probable, gardez-vous une petite gêne et insistez pour dire qu’il reste encore 5% de probabilités qu’il y ait plus ou moins de sièges.
      Bien sûr, clea serait moins parlant mais plus précis.

    • Sur le site de votestrategique.com, il y a plusieurs projections par comté ridicules mais c’est bien certain lorsque vous prenez un mince échantillon dans toute la province et que vous voulez répartir cela dans chaque comté… c’est presque mission impossible.

      Alors vous donne des chiffres prédisant 41% du vote au PQ, 27% au PLQ et 24% à la CAQ par exemple. Devinez quel parti à gagner l’élection dans ce comté ? La CAQ. Avec 32,67%, le PQ, 32,43% et le PLQ 27,42%.

      Tiens pour le PLQ, c’est juste mais pour la CAQ et le PQ, c’est un écart beaucoup trop grand.

      Ou encore prenz Laurier-Dorion ou QS en se fiant à ses chiffres pouvait croire être réellement dans la course. Sait-on jamais si plusieurs avaient vu l’avance des libérauc ils auraient peut-être voté PQ même en détestant le vote stratégique.

      Dans le premier omté où le PQ semblait entrer facilement ou presque cetains ne sont peut-être pas allés voter, ils ont eu tort bien sûr mais ils étaient aussi mal informés. D’autres peuvent avoir voté QS, ON ou VERT en faisant un vote de coeur en se disant que la CAQ entrerait pas.

    • Sondage du 3 septembre…

      http://forumresearch.com/forms/News%20Archives/News%20Releases/29853_Quebec_Elections_Poll_(Forum_Research)_(20120903).pdf

      Franchement, donnez 36% au PQ et disons plus ou moins 2 % pour aarrondir et prétendre être sûr à 95% de ce qu’on dit… C’est tout simplement prendre les gens pour des valises. Votre échantillon est à la fois trop petit et non représentatif. Vous ne méritez pas la note de passage à votre examen de statistiques d’un cours suivi au Cégep. Ils ont même osé prédire 72 sièges au PQ.

    • Ëtre en admiration devant un parti politique qui dispose AUTOMATIQUEMENT d’une quarantaine de députés lorsqu’il s’en va en élection en raison du vote anglophone, c’est avoir exagéré un peu fort sur le café.

      Ça doit être autre chose parce que je ne bois pas de café.

      Regardez bien la carte électoral; le PLQ n’a pas automatiquement une quarantaine de circonscriptions en raison du vote anglophone. Certes, nos compatriotes anglophones habitent plusieurs coins du Québec, mais pas en grand nombre. Les libéraux doivent convaincre une grande proportion de francophones pour gagner dans les Cantons-de-l’Est, en Estrie, en Outaouais, dans la région de Québec.

      Ce que j’admire de ce parti, c’est leur organisation, leur capacité de marquer de points dans l’électorat, si vous préférez, et leur aisance à faire sortir le vote. Il faut leur donner ça, non?

      Grand parleur

    • Il y a un article très intéressant dans La Presse de ce matin: “Le milieu québécois des affaires demande au nouveau gouvernement péquiste minoritaire de revoir certaines de ses promesses électorales qui risquent, selon eux, de nuire aux investissements et à la compétitivité de la province.” L’inquiétude du milieu des affaires est légitime et je n’ai aucun doute que la CAQ saura freiner les ardeurs du PQ, ce qu’elle est en mesure de faire en détenant la balance du pouvoir. Le vrai pouvoir, quoi. C’est Legault qui va mener au Québec et ce, tant et aussi longtemps qu’il le jugera utile. Quand la démonstration sera faite que la CAQ est un parti terre-à-terre, équitable et efficace, elle pourra aspirer au pouvoir. Le temps joue en sa faveur.

    • En effet, M. Legault détient un instrument de pouvoir plus qu’intéressant.
      Qu’en fera-t-il?
      Ajoutera-t-il de la crédibilité à son parti? En nuançant et temporisant les promesses faites au cours de la présente campagne?
      Ou bien, comme une certaine ADQ (41 députés et 30% des voix, en 2007), va-t-il multiplier les bourdes en insistant sur les abolitions drastiques (contraignantes et radicales) qui font leur particularité?
      On verra.

    • Monsieur Laliberte, j’ai vu de grand premier ministre diriger cette province, les Jean Lesage, Daniel Johnson(PERE), Robert Bourassa, Rene Levesque, je crois que monsieur LEGAULT a du potentiel, c’est ce que les QUEBECOIS ne voient pas presentement.

      Cette province baigne dans un deficit de 250 milliard de $….TOUT LE MONDE SE FERME LES YEUX… LEGAULT a ose dire qu’il couperait….toute suite la GAUCHE a reagie, les QUEBECOIS sont perdus politiquement… l’ ETAT VA LES SAUVER…la Vache a LAIT , VA CONTINUER a FOURNIR..

      on l’a vu dans la mentalite etudiante, cela doit arreter, les gens doivent se prendre en main, OU EST L’ENTREPRENEURSHIP….. bientot nous allons devoir faire face a notre fiscalite, le REVEIL VA ETRE BRUTAL… cela est malheureux……. comment peut-on rever a l’independance lorsque nous avons pas un traitre sous pour ce gratter le derriere… franchement ….

    • @ chip

      Le problème du milieu des affaires, c’est qu’ils ne pensent qu’à eux (ils sont loin d’être les seuls remqrquez). On ne doit pas les ignorer mais il n’y a pas qu’eux dans la société…

      De toutes façons, il est normal d’élaborer les projets avec les intervanants. Ça s’appelle des bonnes pratiques de gestion (en d’autres termes, faire de la gestion de projets comme du monde). Par exemple, il ne faut pas imposer une hausse de frais très importante à un groupe sans, au préalable, les faire participer au processus. Ils peuvent décider de ne rien faire ou de se rebifer…

    • @tonyverdechi: la seule raison d’être d’une entreprise est de payer des dividendes à ses actionnaires. La seule raison d’être d’un actionnaire ( d’un homme d’affaires, quoi), c’est de faire du fric en faisant des affaires. Si l’état leur met des bâtons dans les roues, les affaires peuvent en souffrir, de même que la R&D, l’embauche, la création de richesse collective, l’exportation, etc., etc., etc. Eh oui, les gens d’affaires ne pensent qu’à eux. Pas vous?

    • @ chip

      Vous m’avez mal compris. Le problème n’est pas qu’ils ne pensent qu’à eux (et, non, je ne pense pas qu’à moi mais je suis une espèce en voie de disparition…). Le problème serait de leur accorder toute notre attention et d’acquiescer à toutes leurs demandes sans penser aux autres.

      M’étonnerait beaucoup que ces mêmes personnes acceptent l’inverse.

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