Le Grand Parleur

Archive, septembre 2012

Vendredi 21 septembre 2012 | Mise en ligne à 16h16 | Commenter Commentaires (19)

Courageux gouvernement

On ne pourra accuser le nouveau gouvernement du Parti québécois d’être resté figé sur la ligne de départ. En moins d’une semaine, l’équipe de Pauline Marois a planté le dernier clou dans le cercueil de l’industrie de l’amiante, annoncé la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 et renvoyé toute la question de l’exploitation des gaz de schiste au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

Saluons le courage politique de Mme Marois. Oui, son courage. Ça en prend pour annuler le versement d’un prêt de 58 millions de dollars pour relancer la mine d’amiante à Asbestos. C’est l’équivalent de mettre une croix sur une partie importante de la base économique de cette région.

Quand on considère que l’amiante est au banc des accusés depuis tellement d’années comme cause de toutes sortes de cancers, on s’étonne que le minerai soit encore exploité au Québec. Est-ce par peur de l’industrie ou par incompétence, pourquoi un chef de gouvernement a-t-il attendu aussi longtemps avant de réaliser la dangerosité de l’amiante pour la santé humaine et de cesser d’encourager son extraction?

Les produits d’amiante servent surtout dans le secteur de la construction. Plaider qu’il est possible pour des pays en voie de développement d’utiliser ces produits de façon sécuritaire, comme le font les promoteurs de l’amiante, est une grotesque insulte à l’intelligence. Nos propres entrepreneurs au Québec les boudent. Et ici, on a des organismes comme la Commission de la construction du Québec et la CSST qui inspectent les chantiers et veillent à la sécurité des travailleurs. Ceux dans les pays du Tiers-Monde sont-ils autant protégés contre ce poison mortel que l’on exporte chez eux?

L’État peut maintenant se concentrer à diversifier l’économie de cette région. Ça doit passer par des investissements de millions de dollars dans des PME, à des entrepreneurs avec des projets novateurs, dans des écoles de formation professionnelle et dans des bourses aux jeunes destinés à des études universitaires.

La fermeture de Gentilly 2 découle d’une philosophie énergétique différente de celle des libéraux: le PQ ne croit pas au nucléaire. Et ses députés ont le courage de la dire.

Les risques d’accidents nucléaires sont trop grands, dit-on en substance dans le camp péquiste. Aussi, le Québec produit déjà assez d’électricité pour ses propres besoins et pour ses marchés d’exportation. Pourquoi dépenser plus d’un milliard de dollars pour rénover la seule centrale nucléaire d’Hydro-Québec?

Le vrai drame est celui de la perte des quelque 800 emplois qui dépendent de la centrale. Là aussi, on devra investir pour aider ces gens à se trouver un autre emploi. On discute de la mise en place d’un fonds spécial de diversification économique de 200 millions de dollars.

Ça nous amène aux gaz de schiste et à la déclaration explosive d’une ministre hier à ce propos. «Je ne vois pas le jour où des technologies permettront une exploitation sécuritaire (de ces gaz)», a affirmé Martine Ouellet. Venant du titulaire du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, ces propos auraient suscité beaucoup de réaction. Mais ils viennent de la responsable du ministère des Ressources naturelles…

Traditionnellement, les gens nommés à ce Ministère n’ont d’intérêt que pour l’exploitation tous azimuts de nos ressources naturelles. Ils ne se soucient pas vraiment des impacts environnementaux. Tant qu’on crée des emplois, de la richesse. En ce sens, le discours de Mme Ouellet détonne.

La ministre, une ingénieure qui a déjà été présidente d’Eau secours, ne croit pas que le comité mis sur pied par le gouvernement libéral pour s’assurer que l’exploitation des gaz de schiste dans le sous-sol québécois par processus de fracturation soit sécuritaire et sans danger pour l’environnement puisse remettre un rapport crédible. Trop de gens de l’industrie y siègent, soutient-elle.

Mme Ouellet estime que le BAPE est en mesure de produire une analyse «objective et indépendante».

Voilà une bonne idée. C’est d’ailleurs la mission première du BAPE: étudier tous les aspects d’un projet puis faire rapport au ministre du MDDEP.

L’organisme a été appelé l’année dernière à donner son avis sur cette question. Mais grâce à un tour de passe-passe, le ministre de l’époque, Pierre Arcand, avait menotté les membres du BAPE en leur confiant un mandat pour trouver de quelle façon sécuritaire les gaz de schiste allaient être exploités. Bref, impossible pour eux de conclure, après analyse, que l’exploitation de cette ressource n’était pas souhaitable.

Restons dans notre thématique: le ministre Arcand aurait-il manqué de courage?

photo Le Soleil

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Mardi 11 septembre 2012 | Mise en ligne à 21h09 | Commenter Commentaires (13)

La «petite erreur» du Demi-marathon de Granby

Photo DMD

Voici une fin de demi-marathon que vous ne risquez pas de revoir de sitôt: les huit premiers coureurs, main dans la main, qui se dirigent vers le fil d’arrivée.

Ça s’est passé dimanche lors du Demi-marathon de Granby.

Le hic: aucun n’a officiellement complété la course. Une erreur de signalisation vers la fin du parcours a fait en sorte qu’ils ont pris la mauvaise direction, écourtant d’environ 500 mètres la distance à parcourir. Leur temps n’a donc pas été inscrit. Dit autrement, ces champions coureurs (quelques-uns étaient parmi les favoris pour l’emporter) ont couru pour rien!

Réaction de l’organisation à cette erreur de signalisation (il appert qu’aucun bénévole ne se trouvait en place à une intersection pour diriger les coureurs dans la bonne direction):

«Il y a eu un peu de confusion et c’est de notre faute. On a offert une inscription gratuite pour l’année prochaine pour ceux qui ont été touchés par ce petit problème», a expliqué la directrice générale adjointe de l’événement, Tina Michaud.

«Petit problème» est un énorme euphémisme, ne diriez-vous pas? On devrait plutôt parler de bourde monumentale!

En entrevue dimanche après la course, alors qu’on ignorait ce qui s’était vraiment passé, Mme Michaud a souligné que l’événement avait attiré près de 3000 coureurs (toutes les courses incluses) dont 600 pour le demi-marathon. Elle a vanté son organisme.

«(…) On était bien préparé, on aurait même pu en accueillir encore plus.»

«Bien préparé»? Quelle désinvolture face à une telle gaffe!

Comment une telle erreur peut-elle se produire?

Les gens ont payé entre 45 $ et 65 $ (selon le moment de leur inscription) pour prendre part à cette course. Ils s’attendaient à deux choses: un, que le parcours soit sécuritaire; deux, qu’ils soient bien guidés sur le parcours.

Les coureurs touchés sont des athlètes de haut niveau, qui s’entraînent à l’année longue et qui sont capables de boucler 21,1 km en 1 heure 15 minutes. Ils prennent part à plusieurs courses sur le circuit québécois et toutes comptent pour leur classement. On ne parle pas ici du coureur du dimanche heureux (avec raison) de compléter cinq ou un dix kilomètres.

La direction du DMG affirme n’avoir reçu aucune plainte. On leur recommande de faire le tour des médias sociaux; on parle de ce cafouillage (sur le parcours du 10 kilomètres aussi, semble-t-il).

Soulignons l’esprit sportif du groupe des 8 qui, sachant peut-être qu’ils étaient probablement éliminés, a donné un beau spectacle aux nombreux spectateurs réunis près de la ligne d’arrivée. De la grande classe.

En passant, dommage que l’événement ait produit encore autant de déchets. On comptait plusieurs bacs de recyclage (sincère bravo pour cette amélioration), mais quand utiliseront-ils des assiettes et des ustensiles compostables pour les repas servis aux coureurs?

photo Maxime Sauvage La Voix de l’Est

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Vendredi 7 septembre 2012 | Mise en ligne à 16h12 | Commenter Commentaires (32)

Médias provocateurs

«All separatists should be shot!»

Voilà la réaction — nul besoin de traduire, on a tous compris! — d’un internaute à un éditorial en ligne du Globe and Mail hier. L’équipe éditoriale du quotidien national revenait sur l’attentat commis mardi au Métropolis, insistant que les anglo-Québécois ne peuvent d’aucune façon être associés à ce geste meurtrier perpétré.

Tout a fait d’accord.

L’éditorial rappelle que le Canada est un pays non-violent, une démocratie, comme l’est le Québec, et que les actes d’intimidation politique n’ont pas leur place. «… c’était une attaque sur la croyance canadienne de la primauté de la discussion et du débat, et une famille innocente a payé un terrible prix pour cela», conclut The Globe and Mail.

Tout a fait d’accord.

Ce n’est pas l’opinion de certains internautes. Quelques-uns ont laissé des commentaires hostiles envers la société québécoise dans la section internet leur étant réservée. En raison de la dureté de leurs propos, la direction du journal a fermé cette section en effaçant les commentaires «pour des raisons légales», peut-on lire sur le site web.

Nous avons toutefois pu récupérer le commentaire ci-dessus avant la fermeture de la section. Commentaire isolé? Malheureusement, non. Celui-ci est extrême, mais nombreux sont les commentaires sur les sites des médias canadiens anglais associant les Québécois francophones, le Parti québécois et leurs militants au nazisme, au sectarisme et à tous les autres maux sur la Terre. Ils sont toujours signés sous un pseudonyme, bien entendu. L’ère de l’internet nous a bien démontrée que l’anonymat gonfle le courage du poltron.

Il est difficile de critiquer le travail d’autres médias. On a nous aussi dans la presse francophone des travers. Mais les médias canadiens-anglais ont une certaine part de responsabilité dans le ton et les propos de ces internautes. Leurs reportages et chroniques de sujets tels la Loi 101, la souveraineté et des questions touchant la citoyenneté sont toujours orientés négativement, rarement nuancés.

En ce sens, la Société St-Jean-Baptiste, pas toujours reconnue pour sa fine analyse sociologique des événements, soulève un bon point sur le rôle des médias anglophones dans le climat de tension qui règne au sein de la communauté anglophone dès qu’il est question du PQ ou de la langue française.

Il est probable qu’on ne sache jamais pourquoi Richard Henry Bain a tenté de s’en prendre à la première ministre élue, Pauline Marois. Tentait-il de l’assassiner? Aurait-il été influencé? Souffre-t-il d’une maladie mentale?

Ce qu’on pense, c’est qu’il s’agit d’un geste isolé. La communauté anglophone du Québec n’a rien à y voir, le condamne sans détour et se dissocie de tout acte de violence.

Cela étant dit, on sait également que des déséquilibrés (toutes origines confondus) vivent parmi nous. Des gens qui carburent à la haine. Des gens dont les propos et les écrits excitent d’autres personnes dérangées qui ne comprennent pas les nuances ou les différents degrés d’un argument ou d’une critique. Tout ça peut mener à des drames.

D’où la nécessité des médias de jouer de prudence lorsque vient le temps de mettre des commentaires d’internautes en ligne. Une modération plus serrée des commentaires disgracieux, violents et xénophobes ne brime en rien leur liberté d’expression.

Les médias ont la responsabilité de calmer le jeu. Pas d’attiser les feux en diabolisant des personnalités politiques et en laissant passer toutes les insinuations, vacheries et insultes contre les Québécois peu importe leurs origines.

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