Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Vendredi 31 août 2012 | Mise en ligne à 22h53 | Commenter Commentaires (3)

    Confiance et croyance

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    Disons-le sans gant blanc: la rivière Yamaska est l’affluent le plus pollué du fleuve St-Laurent. Et nos politiciens en sont grandement responsables. Ils n’ont jamais eu le courage d’intervenir pour qu’on cesse d’y jeter toutes sortes de merdes.

    Donc quand on entend les aspirants candidats pour le poste de député de Granby parler de la sauver, on veut y croire, mais… C’est d’autant plus difficile d’imaginer qu’ils pourront y arriver quand certains d’entre-eux ne savent pas de quoi ils parlent ou n’ont jamais jusqu’ici manifesté d’intérêt pour cet enjeu. On les invite à se la fermer, à s’informer puis à véritablement s’impliquer pour relever cet énorme défi.

    Réglons la question des états généraux. Oui, maintes études et consultations ont été menées par le passé sur l’état de la rivière. Oui, des solutions (complexes et simples) ont été suggérées pour lui donner une chance de respirer un peu; on a planté des dizaines de milliers d’arbustes dans les bandes riveraines, des agriculteurs ont fait appel à des agronomes pour la gestion de leurs engrais.

    Tous ces efforts sont formidables. Insuffisants, cependant. La Yamaska est tout aussi polluée qu’avant parce qu’on n’a rien fait de draconien encore pour reprendre le contrôle.

    Le but des états généraux est de se mettre en mode action. Finalement. La consultation — oui, c’est vrai, habituellement ce type d’exercice ne vise qu’à acheter du temps pour le gouvernement et débouche sur un cul-de-sac — doit permettre de cibler deux, trois actions à poser pour avoir un impact rapide et d’ampleur sur la santé de la rivière.

    Il est toujours périlleux d’associer des politiciens à des causes parce qu’on doit leur faire confiance. Parfois, ils donnent de bons coups de main en ouvrant les bonnes portes, comme on dit en politique. Cela dit, on les sait aussi capables de semer des embûches pour empêcher un projet de se réaliser, manquer de bravoure pour poser des gestes qui déplairont ou encore d’en faire une récupération politique, comme en campagne électorale…

    Dans le cas de la rivière Yamaska, toutefois, la participation des politiciens est incontournable. Parce qu’intervenir sérieusement en faveur de la rivière Yamaska nécessitera des mesures qui heurteront certainement les plus grands pollueurs. Les agriculteurs en premier lieu (rejets de pesticides et de fertilisants) et les municipalités (rejets d’eaux usées).

    On voit mal comment s’atteler à la dépollution de la Yamaska sans exiger de meilleures pratiques agricoles et la modernisation des usines municipales d’épuration des eaux usées. L’État doit donc les aider financièrement et exigé qu’ils cessent leur pollution.

    Les futurs députés (le bassin versant de la Yamaska englobe une dizaine de circonscriptions), les différentes MRC (une douzaine) et les ministères concernés (MAPAQ, MTQ, MAMROT, MDDEP) participeront-ils pleinement au défi?

    Tout ça reste à voir. Mais on ne berce pas d’illusions.

    •••

    Revenons sur les pee-wee du débat des candidats mercredi dans Brome-Missisquoi.

    Un sympathisant péquiste a nargué le député sortant Pierre Paradis. Il lui a demandé pourquoi son chef n’était pas venu faire campagne à ses côtés depuis le déclenchement des élections.

    Tiens, c’est bien vrai. Mais plusieurs candidats du PLQ sont en difficulté. On imagine fort bien que le nom de M. Paradis ne figurait pas au haut de la liste du premier ministre.

    Dommage que personne n’a posé la même question au candidat du Parti québécois, Richard Leclerc. Comment se fait-il que Mme Marois ne soit pas passé dans le coin?

    M. Leclerc est quand même deuxième dans les intentions de vote, comme l’indiquait notre sondage mercredi.

    Voilà une bonne question qu’on devrait se poser dans le camp péquiste…

    •••

    N’oubliez pas d’aller voter. Même si dans certains cas, votre vote ne vaut rien…

    Un jour, peut-être, deviendrons-nous une vraie démocratie avec un système électoral basé sur le vote proportionnel. M’enfin!

    Suivez-moi sur twitter: @Grand_parleur


    • Pour revenir sur les pee-wee, il y a une distinction à faire entre une visite de Jean Charest dans Brome-Missisquoi et une visite de Pauline Marois. M. Paradis est député de B-M depuis 32 ans et il se trouve en difficulté. M. Leclerc, selon des sondages extrapolés, non scientifiques et largement diffusés par les réseaux sociaux devait être 3e derrière la CAQ et le PLQ. Ce n’est que le 29 août, le jour du débat que votre journal, le seul qui avait les moyens de faire un sondage au niveau de B-M, s’est décidé à le sortir. Il était bien tard dans la campagne. Il faut se rappeler aussi que le PQ n’a jamais remporté le comté de B-M. donc, ce n’était sûrement pas dans les plans, au début de la campagne, que Mme Marois vienne visiter le comté.

      Une remarque sur les pee-wee du débat. Cette appellation est quelque peu exagérée. Les citoyens ordinaires n’ont pas la formation d’un journaliste chevronné et leurs questions peuvent paraître simplistes mais ce n’est pas en les prenant de haut que les citoyens voudront s’impliquer plus à l’avenir.

    • Tiens, justement, ça tombe bien, mon vote ne vaut absolument rien (dans mon comté).

      Effectivement, trop souvent, voter ne sert à rien. Le meilleur exemple étant celui de circonscriptions où il est entendu et su longtemps à l’avance que le candidat untel récoltera à lui seul une majorité absolue de l’ensemble des suffrages exprimés (e.g. des circonscriptions libérales montréalaises, des circonscriptions péquistes saguenéennes). Que donne-t-il de perdre son temps ou de faire perdre celui d’autres personnes en pareil cas?

      Et, OUI, ils ont raison ces jeunes (et non jeunes) arguant que voter n’est pas l’essence ou le meilleur du processus démocratique. La délibération s’avérant infiniment plus importante. À preuve, c’est ainsi que fonctionnent et procèdent les assemblées et caucus les plus sérieux ou les plus féconds, s’achevant d’ailleurs la plupart du temps par des consensus. Alors que voter seulement, ça, ça ne requiert pas la tête à Papineau. On peut même voter en ne l’ayant plus sa tête. Et ça mène où ça mène. À l’impasse actuelle, par exemple. Car impasse il y a.

      Si, en effet, le PQ allait former un gouvernement majoritaire, s.v.p., avec moins du tiers des voix, quelle sorte de «démocratie» serait-ce-’ça’? Il est déprimant de voir non seulement pareille chose exister mais de constater en sus qu’on s’en accommode, le tolère et ne réclame pas que ce soit prestement corrigé convenablement.

      Enfin, on a inventé l’«”argument”» (!) que voter servirait au moins maintenant à monnayer en partie le parti ou le candidat qu’on préfère, soi. Voyons donc! Il s’avère incommensurablement moins coûteux et plus écolo d’acheminer autrement son p’tit deux à ceux qu’on privilégie que de le leur (faire) octroyer au moyen de la votation. Onéreuse pas à peu près celle-là. Faites le calcul.
      denis beaulé

    • Mais non M. Laliberté, Le pays est runné par les ayathollas écolos. C’est d’ailleurs à cause d’eux qu’on a des problèmes. Enfin, si certains blogueurs de la Presse le disent, c’est surement vrai…

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