Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Mercredi 29 août 2012 | Mise en ligne à 6h25 | Commenter Commentaires (2)

    Le Paradis perdu

    Photo Paradis

    Il est assez clair que le Parti libéral du Québec n’enlignera pas un quatrième mandat consécutif. Depuis le début de la campagne électorale, il traîne dans les sondages derrière le Parti québécois et la Coalition avenir Québec. La seule question qui reste en suspens est de savoir quelle sera l’ampleur des dégâts au PLQ le 4 septembre au soir. Ils s’annoncent énormes.

    Disons les choses franchement : si Pierre Paradis, comme l’indique notre sondage de ce matin, est en voie de perdre la circonscription de Brome-Missisquoi qu’il détient pour le PLQ depuis 1981, combien de sièges les libéraux conserveront-ils mardi prochain ? Une vingtaine ? Presque tous dans l’île de Montréal ?

    Notre sondage Segma-La Voix de l’Est, réalisé durant le week-end auprès de 601 répondants, accorde 27 % des voix au candidat Paradis. Le représentant de la CAQ Benoit Legault est en tête avec 32,4 %. Il est talonné de près par Richard Leclerc du PQ à 30,6 %.

    Ces résultats m’étonnent. Beaucoup en fait. On anticipait une course serrée — ce à quoi le libéral Paradis n’a pas souvent été habitué dans sa carrière —, mais avec le vétéran député en tête.

    Surprenant donc, parce que Pierre Paradis est comme un député indépendant au sein du PLQ. On aurait pensé que les électeurs seraient sensibles à son côté dissident. Il est le seul député libéral, faut-il rappeler, qui a refusé d’endosser le projet de loi 78, cette loi matraque et infâme qui brime des droits individuels. Tous ses collègues libéraux, parmi lesquels plusieurs avocats comme lui, ont joué aux dociles moutons en adoptant la loi.

    Le député Paradis est également le seul libéral qui a appuyé le ministre de l’Environnement Thomas Mulcair, en 2005, pour s’opposer à la privatisation du mont Orford. Tous les autres députés-moutons du PLQ ont voté en faveur, bâillonnés par la ligne de parti.
    On sait qu’il n’y a pas d’amour perdu entre le député Paradis et son chef, Jean Charest. Les deux sont en brouille depuis l’arrivée de l’ancien chef conservateur chez les libéraux en 1998. Malgré une grande expérience ministérielle et une popularité dans tous les coins du Québec, M. Paradis a été écarté des différents cabinets.

    En dépit de son indépendance d’esprit, de ses prises de position contraires aux ordres de son parti, de son franc-parler, les électeurs pourraient congédier leur député.

    Tout n’est pas perdu pour M. Paradis. Pour reprendre un cliché cher aux candidats en retard dans les sondages, le vrai sondage, c’est le jour du vote. Dans le cas de M. Paradis, c’est bien vrai. Non seulement son résultat se situe dans la marge d’erreur du sondage (4 %), mais il peut miser sur la meilleure organisation électorale des candidats en lice. On peut se monter une bonne équipe après 31 ans de service à l’Assemblée nationale. Aussi, il peut compter sur le vote des électeurs anglophones et des personnes âgées. Ces deux groupes votent. Ça pourrait lui permettre de souffler la victoire in extremis à ses adversaires.

    L’apprentissage de Bonnardel

    Photo Bonnardel-Débat

    Le député sortant est toujours avantagé dans un débat avec des gens qui souhaitent le remplacer. Encore plus quand il arrive de l’opposition. C’est plus facile, on s’entend, de bien paraître quand on n’a pas à défendre des erreurs de gouvernance ou des choix politiques difficiles.

    François Bonnardel a donné un bel aperçu de l’étendue de son apprentissage de politicien hier soir en se mesurant aux six autres candidats dans la circonscription de Granby. Le candidat de la CAQ a bien manié les chiffres et les statistiques, a défendu son bilan avec aplomb, a contrôlé ses émotions quand les échanges se corsaient ou lorsque des partisans des autres candidats le conspuaient, a fait preuve d’une belle assurance.

    Il a clairement gagné le débat.

    Ses engagements sont clairs : faire le ménage dans l’État (Hydro-Québec, les agences de santé et les commissions scolaires), récupérer les millions de fonds découlant de cet exercice, les investir dans les services de santé et d’éducation et commencer à rembourser la dette. La CAQ propose un véritable électrochoc.

    Mais l’approche tronçonneuse est-elle réaliste ? Ne risque-t-on pas de provoquer des guerres avec tout ce que le gouvernement compte de syndicats et de commettre des erreurs en envoyant trop d’employés à la retraite ?

    « Il y a moyen de faire mieux », a répété tel un leitmotiv M. Bonnardel. Le 4 septembre, a-t-il résumé, les électeurs auront le choix entre « ne rien faire », comme le proposent le PQ et le PLQ, ou essayer « de changer les choses. »

    On s’attendait à plus des candidats du PQ et de Québec solidaire, deux bonnes têtes.

    Le péquiste Luc Perron a eu de bons moments. Son plaidoyer pour un Québec souverain aurait plu à Pierre Bourgault, une idole de jeunesse. Mais il s’est quelques fois montré trop agressif à l’endroit de M. Bonnardel. Particulièrement lorsqu’il expliquait pourquoi il privilégierait un CHSLD de 225 lits au lieu du projet de 66 lits sur les planches à dessin depuis 2007.

    Éric Bédard, de QS, a paru mal à l’aise durant le débat. Assis à côté de M. Bonnardel, il semblait intimidé par son adversaire. Dommage.

    Petit mot sur le candidat libéral Guy Gaudord. Comment se fait-il qu’après 17 ans comme commissaire scolaire, il ne puisse répondre à une question portant sur le décrochage scolaire, mais réussit le tour de force de mentionner le Plan Nord ?

    On lui colle un gros E!

    photo Maxime Sauvage et Janick Marois, La Voix de l’Est

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    • [Mais l’approche tronçonneuse est-elle réaliste ?]

      Non, selon moi.

      http://www.scfp.qc.ca/modules/nouvelles/nouvelle.php?id=2394&langue=fr&utm_medium=twitter

      Lecture intéressante tout de même sur le cheuf de la CAQ.
      C’est quoi ce double discours….. selon les circonstances?
      Louise April(Laloue)

    • Re: Pierre Paradis. Il est le candidat idéal mais il appartient au mauvais parti. Il a l’intégrité et la franchise de son bord. L’ennui, c’est qu’il représente tout de même le PLQ dont plusieurs électeurs souhaitent la défaite.
      Re: François Bonnardel. Un bon gars doublé d’un bon politicien, il semble aussi tout à fait intègre. Sera-t-il ministrable dans l’éventuelité d’une victoire de la CAQ? Pas sûr. Il traîne avec lui ses origines adéquistes.
      C’est un peu comme une partie de la coupe Stanley qui se prépare pour le 4 septembre. J’ai hâte de voir ça!

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