Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Vendredi 24 août 2012 | Mise en ligne à 18h05 | Commenter Commentaires (12)

    Une (autre) cage à homards

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    Pauline Marois vient peut-être de perdre les élections. Elle a tout le moins plombé ses chances de victoire nette. Ses explications sur les limites des référendums d’initiative populaire, à savoir que la décision d’appliquer ou non le résultat de tels plébiscites serait la prérogative de l’Assemblée nationale, ne convainquent guère. Les faits sont là: un gouvernement majoritaire du Parti québécois pourrait reconnaître un vote en faveur de la souveraineté du Québec suite à un référendum demandé par 15 % de la population.

    Les assurances données par Mme Marois à l’effet que ces référendums seraient seulement consultatifs manquent de sérieux. Pourquoi une formation politique, dont l’article 1 apparaissant dans son programme depuis sa fondation en 1968 — pas l’article 38, mais bien sa raison d’être — revendique la création d’une nation québécoise indépendante, raterait une telle occasion de réaliser son objectif?

    Il ne faut pas perdre de vue que notre système parlementaire calqué sur celui des Britanniques accorde des pouvoirs immenses au parti qui détient une majorité. En ce sens, majoritaires, les péquistes pourraient être tentés d’explorer la voie d’un référendum d’initiative populaire sur la question de la souveraineté. De consultatifs, ces exercices de démocratie directe pourraient se transformer en référendums contraignants. Surtout si la question porte sur l’indépendance du Québec et que le résultat est positif.

    Telle est la latitude d’un gouvernement qui détient une majorité de sièges en chambre.

    Le Parti québécois nous a habitués au flou sur le processus d’accession à la souveraineté. Les plus vieux se rappelleront de la question-fleuve posée en 1980 par le gouvernement de René Lévesque sur la souveraineté-association. Elle comportait tellement d’éléments et de détours que des politologues soupçonnent des électeurs de s’y être perdus (59,56 % des électeurs ont rejeté la proposition, 40,44 % l’acceptant).

    Puis en 1994, alors que le PQ préparait son deuxième round référendaire, le premier ministre Jacques Parizeau a comparé lors d’une discussion privée les Québécois à des homards qui une fois dans la cage ne pourraient reculer et accepteraient l’indépendance du Québec. La métaphore exposait la stratégie de négociation que Québec allait imposer à Ottawa pour jeter les bases d’une nouvelle entente de partenariat. Le fédéral allait assurément refuser le modèle, calculait M. Parizeau, moussant alors le nationalisme des électeurs québécois juste avant un autre référendum. Une astuce, avait résumé le PM.

    On a beau retourner la question de tous les bords et de tous les côtés, on voit mal l’avantage du PQ d’attendre un deuxième mandat pour organiser un référendum sur l’indépendance du Québec. Comment Mme Marois, et là on fait la supposition qu’elle remporterait le scrutin du 4 septembre prochain, réussirait-elle à convaincre les électeurs de lui donner un deuxième mandat pour qu’elle puisse tenir un référendum?

    Pas question de lancer la machine référendaire, promet Mme Marois qui offre aux Québécois d’élire un bon gouvernement. René Lévesque avait promis la même chose en 1976…

    •••

    De retour d’un petit périple de quatre jours au Saguenay-Lac-St-Jean, pays de mon enfance. Chaque été, les progrès réalisés sur la route 175 sont impressionnants. Il ne reste que quelques kilomètres de route à construire pour que Chicoutimi et Québec — séparés par 200 kilomètres de montagnes peuplées de noirs conifères, de rivières et de lacs sauvages — soient liés de façon permanente par une autoroute à quatre voies.

    Ce projet titanesque est une ode à la détermination des Bleuets. Ils se battent depuis des décennies pour obtenir leur route à quatre voies. On réalise en parcourant la route du parc des Laurentides, comme on surnomme la 175 bien qu’il s’agisse d’une réserve faunique, l’énorme poids politique des Saguenéens et des Jeannois. Énorme, il n’y a pas d’autres mots.

    Un poids politique énorme donc pour convaincre Québec et Ottawa de dépenser des centaines de millions de dollars pour une autoroute qui ne devrait accueillir d’ici 2020 que 7400 véhicules par jour, selon les prévisions du ministère des Transports. En 2002, lors du début des travaux, 4800 véhicules circulaient sur la 175.

    Pourtant, les normes du même ministère établissent que 8000 véhicules par jour doivent utiliser une route avant de la modifier pour en faire une artère à voies séparées.

    Un gros poids politique, je vous dis.

    Tout ce long détour pour vous parler du boulevard David-Bouchard (route 139). Une étude de la firme Genivar, commandée par le Ville de Granby, concluait en 2009 que cette entrée de ville vivait 74 heures de congestion durant l’été en raison des visiteurs en route vers le Zoo de Granby.

    Question: a-t-on vraiment les moyens de dépenser des dizaines de millions de dollars, comme le proposent certains candidats, pour construire un boulevard à quatre voies entre l’autoroute 10 et le jardin zoologique parce qu’on éprouve des problèmes de circulation deux, trois semaines dans l’été?

    Pourquoi pas une solution plus économique et verte? Un stationnement incitatif dans le parc industriel, par exemple, avec des navettes pour amener les touristes au Zoo en coupant à travers la Ville.

    On utilise déjà le terrain du magasin Zellers comme stationnement quand celui du Zoo déborde. Mais quand on refoule les visiteurs vers ce stationnement, le mal est déjà fait, le bouchon de circulation sur David-Bouchard trop gros, ingérable. Le fait est que ces véhicules n’auraient jamais dû se rendre aussi loin. Pourquoi les amener aussi proche quand on connaît les limites de l’artère?

    Le maire Goulet a fait valoir un bon point en affirmant que Granby est la seule grande ville du Québec qui n’est pas desservie par une route à quatre voies en provenance d’une autoroute. Mais on oublie que trois autres routes provinciales traversent Granby: la 112, la 137, et la 241 (boulevard Pierre-Laporte). Les utilise-t-on efficacement pour amener des gens au Zoo?

    C’est plate à dire, mais c’est une bonne chose dans ce cas-ci que notre poids politique n’est pas comparable à celui des Saguenéens…

    photo Robert Skinner, archives La Presse

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    • Un peu de calme SVP. Dans les faits, la présence des RIP ne changera pas grand-chose si le PQ est au pouvoir. Pourquoi? 850 000 signatures seraient très difficiles à aller chercher et ne pourraient s’obtenir que s’il y avait une nouvelle vague souverainiste comme celle qu’il y a eu à Meech. Les “purs et durs” sont beaucoup moins nombreux que l’on croit (ils sont minoritaires chez les membres du PQ qui compte 90 000 membres). Croire qu’il y aurait des masses de purs et durs potentiels en dehors du PQ est illusoire. Comme le dit Jean-François Lisée, s’il y avait 850 000 purs et durs, cela ferait longtemps que le Québec serait indépendant. Mais si une vague souverainiste survenait alors que le PQ était au pouvoir, il ne serait pas nécessaire d’utiliser un tel mécanisme, car il pourrait déclencher un référendum tout seul, pourvu qu’il soit majoritaire.

      Cependant, si le PQ faisait adopter cette procédure et qu’il ne pouvait réaliser la souveraineté durant son passage au pouvoir, les RIP pourraient prendre de l’importance s’il y avait une nouvelle crise comme celle de Meech. Les souverainistes pourraient alors profiter de cet outil pour exercer une pression en faveur d’un référendum même si les libéraux ou la CAQ étaient au pouvoir comme ils n’ont pas pu le faire en 1990-92. La procédure pourrait aussi être utile si le PQ était au pouvoir, mais minoritaire pour pouvoir forcer la main à un des partis d’opposition (sans doute la CAQ) et tenir un référendum, mais encore là, il faudrait que cela corresponde à une cague de fond pour que cela puisse réussir (il faudrait qu’une majorité de Québécois soient favorables à la tenue d’un tel référendum, ce qui ne pourrait survenir que si la souveraineté était en avance dans les sondages.

    • Meech et Charlottetown sont des crises provoquées par le P.Q.
      Nous savons tous que ce qui vient du Fédéral est mal, mauvais et abject.
      Le P.Q. ne négociera JAMAIS avec le Fédéral
      car cela irait à l’encontre de son projet: La Sécession.
      Il faut tout faire pour que ça ne marche pas et prouver ainsi
      la nécessité absolue de la Sécession.
      L’ennemi public numéro UN du P.Q.
      c’est le Fédéral.

    • Selon moi, aucun parti n’a la bonne approche sur la question nationale. Normalement, chaque parti devrait dire clairement qu’il n’y aura pas de propagande pour ou contre l’indépendance et que c’est une question trop importante pour que la décision soit influencée par la propagande. Ils doivent dire aussi clairement qu’il n’y aura pas de référendum tant qu’il y a moins de 50% de souverainistes selon les sondages mais qu’ils s’engagent à organiser un référendum s’il y aura plus de 50% de souverainistes selon les sondages.

      Autrement dit, ils doivent transmettre un message claire que la volonté de la majorité des québécois sera toujours respectée quelle qu’elle soit, et que cette volonté est plus importante que l’opinion du parti, que la question nationale se situe à un autre niveau, ce n’est pas comme se positionner à gauche ou à droite pour une élection.

      Chaque parti peut avoir normalement des membres souverainistes et fédéralistes en même temps. Sinon, est-ce que ca veut dire qu’au lieu d’avoir 3 courants politiques principaux (gauche, centre, droite), nous on devrait toujours avoir 6 ?

      Je pense que tous les partis auraient plutôt à gagner avec une telle approche, mêler le débat gauche – droite avec le débat souveraineté – fédéralisme ne fait qu’éloigner des catégories importantes de l’électorat. Se sont des débats à des niveaux très différents, le débat souveraineté – fédéralisme n’a pas sa place dans une campagne électorale selon moi.

      Mais actuellement personne ne transmet clairement ce message. Ils donnent l’impression de se sentir plutôt obligés de se positionner pro ou contre l’indépendance ou ils ne savent pas quoi dire sur le sujet.

      Malheureusement il semble que pour la plupart des individus c’est beaucoup plus important que leur opinion individuelle sur la question nationale soit respectée, très peu de gens pensent que l’essentiel est que l’opinion de la majorité soit respectée. Pour les souverainistes ce qui compte le plus c’est de ne pas perdre un référendum alors que pour les fédéralistes le plus important est de ne pas entendre parler de référendum, personne n’est intéressé en premier lieu que la volonté de la majorité soit respectée.

    • J’en perds complètement mon latin sur la question des RIP. Si je vous comprends bien, un simple RIP pourrait être interprété par les Péquistes comme un feu vert pour l’indépendance? Le cas échéant, Madame Marois provoquerait une guerre civile et Harper enverrait l’armée. Du homard et du caribou… du braconnage, oui! Pour ma part, je considère que le projet souverainiste est louable mais qau’il est trop important pour n’être l’apanage que d’un seul parti, à plus forte raison le ramassis de pseudo-intellos de gau-gauche manipulateurs qu’est le PQ. Oui à un référendum, un vrai, qui sera géré par une commission neutre composée d’individus de tous les horizons. Tous les partis concernés – incluant le Canada – devront préalablement s’engager à en respecter le résultat. Un tel référendum sera suivi d’un moratoire de 50 ans, indépendance ou pas.

      Sur une éventuelle route à quatre voies entre la 10 et le zoo, je suis d’accord avec vous qu’une navette ferait amplement la job. J’habite Dunham et je vais régulièrement à Granby. À part des feux de circulation désespérément lents qui gèlent littéralement la circulation, je n’y ai jamais vu d’embouteillage en direction du zoo.

    • Question: a-t-on vraiment les moyens de dépenser des dizaines de millions de dollars, comme le proposent certains candidats, pour construire un boulevard à quatre voies entre l’autoroute 10 et le jardin zoologique parce qu’on éprouve des problèmes de circulation deux, trois semaines dans l’été?

      Pourquoi pas une solution plus économique et verte? Un stationnement incitatif dans le parc industriel, par exemple, avec des navettes pour amener les touristes au Zoo en coupant à travers la Ville.

      sérieusement voudriez vous sous taper une navette incitatative vert écolo si vous aviezdeux carosses trois kids et les lunchs qui viennent avec parceque la nourriture au zoo est soit infecte ou hors de prix , qui hurlent qui veulent voir les éléphants , qu ils ont envie de pipi et autre

    • Ne sous-estimons pas le 15% d’électeurs requis pour un RIP.

      Le noyau dur du PQ représente de 15% à 20% des électeurs. Ce qu’ont concocté MM Drainville et Lisée est assez ingénieux.

      La Chef du PQ et la Chef du Gouvernement ne pourrait même pas stopper cette machine une fois en marche. On a vu cette semaine comment Pauline Marois a du reculer; du jamais vu dans l’histoire de la politique, un Chef qui se fait remettre à sa place durant une campagne électorale. Mais il y a pire, demandez à 10 péquistes le sens de cette clause de leur programme, vous allez avoir 10 versions différentes.

      René Lévesque a lutté toute sa carrière pour empêcher une telle chose; chaque congrès était une bataille rangée.

      Soyez honnêtes chers péquistes ne venez pas dire que les RIP ne veulent rien dire. Ou si c’est le cas, rayez çà de votre programme. Vous essayez d’embarquer les québécois contre leur gré dans la souveraineté, ensuite vous faites des leçons de démocratie à tout le monde.

      Je respecte que vous vouliez faire l’indépendance, faites-le honnêtement. Est-ce qu’on bâtit un pays sur des tours de passe-passe ?

    • Seul un fédéraliste peut parler ainsi. Vous êtes fédéraliste.
      L’idée d’un référendum vous fait peur. Ce n’est pas le cas des souverainistes. Et il y a bien assez de souverainistes pour que le PQ gagne cette élection.
      Si la souveraineté advenait, vous ne serez pas pris dans une cage. Vous pouvez quitter le Québec. Vous pouvez aussi quitter préventivement. On s’en remettra!

    • Ça représente bien la logique du PQ: que ceux qui ne pensent pas comme eux s’en aillent ! À croire que le Québec vous appartient.

      Cessez donc de classifier toout le monde en fédéraliste ou souverainiste. On peut très bien être fier d’être québécois et vouloir vivre dabs une fédération que le monde entier envie.

      Est-ce la faute du fédéral si on a des problèmes en santé, éducation, corruption, infrastructures, la dette accumulée ? Ce sont tous des domaines sur lequel le Québec a pleine juridiction. Cessez donc de mettre la faute sur les autres. La réalité c’est que le Canada remet en impôt plus que ce que paie le Québec; et qu’en plus nous recevons $8 milliards de redevances des autres provinces. Pas trop mal pour des gens qui chiâlent constamment !

    • @ovni,

      Portrait classique d’un souverainiste aveugle. Vous n’avez pas peur d’un référendum, même dans l’éventualité d’un troisième refus? Pour vous, cet exercice n’a aucune conséquence? C’est vous que j’inviterais à quitter le Québec; on pourrait peut-être enfin commencer à s’occuper des vraies choses, plutôt que de courir après des chimères.

      En 2012, les souverainistes veulent un pays “juste parce que”. Ils ne sauraient même pas quoi en faire, et vous le démontrez très bien.

    • @ovni: bon sang que j’aimerais avoir autant de certitudes que vous dans la vie! Même Ma’me Marois a déjà dit que l’indépendance serait suivie de 5 années de turbulence. Rappelez-vous comment Landry l’a ramenée à l’ordre. Elle lui a obéi et elle s’est reprise en disant que l’indépendance serait suivi de 5 années d’effervescence.

    • @ovni :Avant de conseiller aux atres de quitter le Quebec
      pk n’utiliseriez pas vous même votre ”ovni” pour le quitter
      soyez sans crainte …on s’en remettra

    • Donc, si j’amasse 850 000 noms pour abolir les frais de scolaritées, il va y avoir un référendum?
      Si j’amasse 850 000 noms pour abolir la TVQ, il va y a voir un référendum?
      Si j’amasse 850 000 noms pour abolir les frais de garderies, il va y a voir un référendum?
      Si j’amasse 850 000 noms pour privatiser la SAQ, il va y avoir un référendum?

      5 ans de turbulance que disait Mme Marois, 5 ans de chaos……

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