Le Grand Parleur

Archive du 1 août 2012

Mercredi 1 août 2012 | Mise en ligne à 17h01 | Commenter Commentaires (16)

Sauver la démocratie

L’enjeu de la campagne électorale n’est pas la crise étudiante. Ce n’est pas non plus le développement économique. Ni l’état de nos hôpitaux. Le véritable enjeu porte plutôt sur la confiance des électeurs envers notre système démocratique. Parce qu’à l’instar de leur confiance, il craque de partout.

On n’a plus confiance dans le financement des partis politiques. Les preuves sont là: les deux grands partis politiques (PLQ et PQ) obtiennent des dons de la part de compagnies, ce qu’interdit la loi. Ils le font par l’intermédiaire de prête-noms qui travaillent dans des compagnies intéressées à obtenir des contrats de l’État. Des dizaines de milliers de dollars sont ainsi amassés chaque année. Même la CAQ a eu recours à ce stratagème l’automne dernier avant d’être officiellement un parti.

Lors de la campagne, tous les partis politiques devront nous dire ce qu’ils entendent faire pour assainir leur financement. Peut-être devrait-on interdire les dons politiques des individus, les campagnes et les activités de financement des partis. On pourrait le remplacer par un financement public, basé sur le nombre de vote obtenu à la précédente élection.

On n’a plus confiance non plus dans le jugement du premier ministre — peu importe le parti au pouvoir — pour décider quand les élections doivent être déclenchées. Cette prérogative du chef du gouvernement grotesque. C’est un pouvoir beaucoup trop important à laisser entre les mains d’une seule personne. Les citoyens n’ont pas à faire les frais d’un vil calcul partisan — comme ça semble être présentement le cas — pour pouvoir exercer leur droit fondamental de se prononcer aux urnes.

Il est temps que l’Assemblée nationale du Québec, comme l’a fait la Colombie-Britannique, adopte une loi pour la tenue d’élections à date fixe. Là-dessus aussi, on veut entendre les intentions des partis.

Toutefois, pour que la population reconstruise sa confiance envers notre système politique, la question du mode de scrutin doit être revue. Le vote uninominal à un tour, un héritage de notre passé de colonie britannique, crée des distorsions malsaines. Comment un parti qui récolte 35 % des voix peut-il se retrouver avec 60 % des députés en chambre et former un gouvernement majoritaire?

C’est un système anti-démocratique, qui dépasse toute logique et qui décourage la participation citoyenne. Moins de 47 % des électeurs se sont prévalus de leur droit de vote lors des dernières élections provinciales en 2008. On est rendu aussi abstinent dans la matière que les États-Uniens. Plutôt gênant.

Chaque vote devrait compter. Et chaque parti politique devrait obtenir des sièges selon la proportion des votes reçus. C’est la meilleure façon de faire en sorte que tous les citoyens soient représentés à l’Assemblée nationale. Parce pour l’heure, le vote des libéraux de Saguenay ne vaut rien, ni celui des péquistes dans NDG, ni celui des caquistes dans Hochelaga, ni ceux de Québec Solidaire et des autres partis peu importe où ils se trouvent au Québec. Les idées, les aspirations, les rêves de tous ces gens ne sont portés par aucun représentant du peuple. Aucun.

On entendra parler de santé dans les prochaines semaines. De développement économique. D’accès à l’éducation. D’environnement. On se croise les doigts qu’on entendra également parler de démocratie, de gestes qu’on peut poser pour la sauver. Parce qu’elle est sérieusement amochée.

Bonne campagne!

J’accueille tous vos commentaires, idées et mêmes vos critiques ☺ à michel.laliberte@lavoixdelest.qc.ca

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