Le Grand Parleur

Archive, août 2012

Vendredi 31 août 2012 | Mise en ligne à 22h53 | Commenter Commentaires (3)

Confiance et croyance

Capture d’écran 2012-08-31 à 22.50.05

Disons-le sans gant blanc: la rivière Yamaska est l’affluent le plus pollué du fleuve St-Laurent. Et nos politiciens en sont grandement responsables. Ils n’ont jamais eu le courage d’intervenir pour qu’on cesse d’y jeter toutes sortes de merdes.

Donc quand on entend les aspirants candidats pour le poste de député de Granby parler de la sauver, on veut y croire, mais… C’est d’autant plus difficile d’imaginer qu’ils pourront y arriver quand certains d’entre-eux ne savent pas de quoi ils parlent ou n’ont jamais jusqu’ici manifesté d’intérêt pour cet enjeu. On les invite à se la fermer, à s’informer puis à véritablement s’impliquer pour relever cet énorme défi.

Réglons la question des états généraux. Oui, maintes études et consultations ont été menées par le passé sur l’état de la rivière. Oui, des solutions (complexes et simples) ont été suggérées pour lui donner une chance de respirer un peu; on a planté des dizaines de milliers d’arbustes dans les bandes riveraines, des agriculteurs ont fait appel à des agronomes pour la gestion de leurs engrais.

Tous ces efforts sont formidables. Insuffisants, cependant. La Yamaska est tout aussi polluée qu’avant parce qu’on n’a rien fait de draconien encore pour reprendre le contrôle.

Le but des états généraux est de se mettre en mode action. Finalement. La consultation — oui, c’est vrai, habituellement ce type d’exercice ne vise qu’à acheter du temps pour le gouvernement et débouche sur un cul-de-sac — doit permettre de cibler deux, trois actions à poser pour avoir un impact rapide et d’ampleur sur la santé de la rivière.

Il est toujours périlleux d’associer des politiciens à des causes parce qu’on doit leur faire confiance. Parfois, ils donnent de bons coups de main en ouvrant les bonnes portes, comme on dit en politique. Cela dit, on les sait aussi capables de semer des embûches pour empêcher un projet de se réaliser, manquer de bravoure pour poser des gestes qui déplairont ou encore d’en faire une récupération politique, comme en campagne électorale…

Dans le cas de la rivière Yamaska, toutefois, la participation des politiciens est incontournable. Parce qu’intervenir sérieusement en faveur de la rivière Yamaska nécessitera des mesures qui heurteront certainement les plus grands pollueurs. Les agriculteurs en premier lieu (rejets de pesticides et de fertilisants) et les municipalités (rejets d’eaux usées).

On voit mal comment s’atteler à la dépollution de la Yamaska sans exiger de meilleures pratiques agricoles et la modernisation des usines municipales d’épuration des eaux usées. L’État doit donc les aider financièrement et exigé qu’ils cessent leur pollution.

Les futurs députés (le bassin versant de la Yamaska englobe une dizaine de circonscriptions), les différentes MRC (une douzaine) et les ministères concernés (MAPAQ, MTQ, MAMROT, MDDEP) participeront-ils pleinement au défi?

Tout ça reste à voir. Mais on ne berce pas d’illusions.

•••

Revenons sur les pee-wee du débat des candidats mercredi dans Brome-Missisquoi.

Un sympathisant péquiste a nargué le député sortant Pierre Paradis. Il lui a demandé pourquoi son chef n’était pas venu faire campagne à ses côtés depuis le déclenchement des élections.

Tiens, c’est bien vrai. Mais plusieurs candidats du PLQ sont en difficulté. On imagine fort bien que le nom de M. Paradis ne figurait pas au haut de la liste du premier ministre.

Dommage que personne n’a posé la même question au candidat du Parti québécois, Richard Leclerc. Comment se fait-il que Mme Marois ne soit pas passé dans le coin?

M. Leclerc est quand même deuxième dans les intentions de vote, comme l’indiquait notre sondage mercredi.

Voilà une bonne question qu’on devrait se poser dans le camp péquiste…

•••

N’oubliez pas d’aller voter. Même si dans certains cas, votre vote ne vaut rien…

Un jour, peut-être, deviendrons-nous une vraie démocratie avec un système électoral basé sur le vote proportionnel. M’enfin!

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Mercredi 29 août 2012 | Mise en ligne à 19h16 | Commenter Commentaires (4)

Tactique et peur libérales

Photo débat BM

Pierre Paradis est vraiment dans le trouble. Disparu, le grand sourire qu’il arbore habituellement. Ce matin, avant le débat entre les candidats dans Brome-Missisquoi, le député libéral sortant affichait une mine soucieuse.

Preuve que la course dans la circonscription est corsée, M. Paradis passe à l’attaque. Il a brandi la menace d’un référendum advenant l’élection d’un gouvernement du Parti québécois et a dit craindre que la Coalition avenir Québec ne prenne pas le parti du Canada dans l’éventualité d’un plébiscite sur la souveraineté du Québec. Bref, il a repris à son compte une vieille tactique de peur libérale.

Ces mises en garde de M. Paradis sont du déjà-vu dans la famille. Son frère Denis, alors député libéral fédéral, en a lancé de semblables lors des élections de 2006. Un sondage CROP-La Voix de l’Est-Info 690 venait de le placer derrière le bloquiste Christian Ouellet dans les intentions de vote (37 % contre 29 %). « Je fais un appel solennel à tous ceux qui croient au Canada : il ne faut pas diviser le vote fédéraliste, ça favorise le Bloc. Votez avec votre raison », avait-il alors affirmé pour s’accaparer le vote des conservateurs (établi à 21 %).

Son appel n’a pas été entendu. Celui de son frangin le sera-t-il ?

Mauvaise formule

Pas facile de tenir un débat avec neuf candidats. La formule retenue par les dirigeants de la chambre de commerce de Lac-Brome n’a pas permis d’en apprendre beaucoup sur leurs intentions. Les questions étaient formulées à deux participants à la fois, les empêchant de démarrer un débat ou un échange soutenu. Pire, on a entendu trop de réponses impertinentes à des questions pourtant très précises. On pense d’emblée à la lutte contre le décrochage scolaire, à la diversification des sources de revenus des municipalités.

Heureusement, les gens dans l’assistance ont pu s’adresser directement à certains candidats.

Le maire de Dunham, Jean-Guy Demers, a demandé aux trois principaux candidats (CAQ, PLQ et PQ) si la Société des alcools du Québec devait réserver 10 % des présentoirs dans ses succursales à des produits québécois. Quelque 2000 emplois au Québec sont liés à l’industrie, a-t-il rappelé, soulignant que les produits viticoles ontariens étaient très visibles et en abondance dans les magasins du pendant ontarien de la SAQ.

M. Paradis et le caquiste Benoit Legault ont dit être d’accord pour faire plus de place aux produits viticoles québécois. Mais seul le représentant du parti québécois, Richard Leclerc, s’est engagé à trouver une façon d’amener la SAQ à faire la promotion des vins du Québec. « Ça me choque quand j’entre dans une succursale de ne pas voir nos produits », a-t-il dit. « On va s’attaquer à ça. »

Le vieillissement de la population a fait l’objet d’une intervention d’une citoyenne. Comment encourager de jeunes familles à venir s’installer dans la circonscription ? M. Paradis a le mieux résumé l’enjeu et surtout ce qu’il faut faire pour renverser la vapeur : créer des emplois, des places en garderies, maintenir les écoles de villages ouvertes, offrir des congés de taxes municipales pour les jeunes familles qui achètent une première maison. Gros contrat, toutefois.

Militants pee-wee

Message aux militants péquistes et dans une moindre mesure aux caquistes : s.v.p., ne prenez pas les gens pour des imbéciles avec vos questions plantées. Au lieu de poser des questions à votre candidat pour essayer de le faire bien paraître, confrontez plutôt vos idées et opinions avec celles des candidats des autres partis. C’est l’essence même d’un débat.

Vous vous êtes ridiculisés en demandant à M. Leclerc s’il allait être un député présent. On comprend que c’était une porte ouverte pour que votre poulain critique l’assiduité du député Paradis aux travaux de la commission sur l’agriculture où il siège en tant que président. Aussi, l’invitation faite à M. Legault de répondre en anglais pour s’assurer qu’il serait capable de bien communiquer avec la communauté anglophone était tout aussi ridicule. (On tient à rassurer les électeurs anglophones : l’anglais du candidat de la CAQ est parfait — ses années passées à travailler à Boston ont laissé de belles traces.)

De telles tactiques sont l’oeuvre de pee-wee. Et elles peuvent éclater au visage de son candidat. Quand Peter White a demandé à M. Legault si le fait de ne pas vivre dans la circonscription (le caquiste demeure à Granby) allait nuire à son travail, il a involontairement poussé son candidat dans un piège. M. Legault a répondu en substance que c’est un avantage de vivre aux limites de la circonscription puisqu’il pourra exercer une équité entre les municipalités de sa circonscription, évitant d’en favoriser une au détriment d’une autre. Il a donné l’exemple du député sortant Paradis qui manigancerait en coulisse pour empêcher l’ouverture d’un établissement public de santé pour personnes âgées à Cowansville pour permettre l’ouverture d’un tel établissement à Bedford, son fief.

M. Legault est un homme charmant et intelligent. On lui pardonne ce ridicule spin politique. Cette fois-ci.

photo Alain Dion

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Mercredi 29 août 2012 | Mise en ligne à 6h25 | Commenter Commentaires (2)

Le Paradis perdu

Photo Paradis

Il est assez clair que le Parti libéral du Québec n’enlignera pas un quatrième mandat consécutif. Depuis le début de la campagne électorale, il traîne dans les sondages derrière le Parti québécois et la Coalition avenir Québec. La seule question qui reste en suspens est de savoir quelle sera l’ampleur des dégâts au PLQ le 4 septembre au soir. Ils s’annoncent énormes.

Disons les choses franchement : si Pierre Paradis, comme l’indique notre sondage de ce matin, est en voie de perdre la circonscription de Brome-Missisquoi qu’il détient pour le PLQ depuis 1981, combien de sièges les libéraux conserveront-ils mardi prochain ? Une vingtaine ? Presque tous dans l’île de Montréal ?

Notre sondage Segma-La Voix de l’Est, réalisé durant le week-end auprès de 601 répondants, accorde 27 % des voix au candidat Paradis. Le représentant de la CAQ Benoit Legault est en tête avec 32,4 %. Il est talonné de près par Richard Leclerc du PQ à 30,6 %.

Ces résultats m’étonnent. Beaucoup en fait. On anticipait une course serrée — ce à quoi le libéral Paradis n’a pas souvent été habitué dans sa carrière —, mais avec le vétéran député en tête.

Surprenant donc, parce que Pierre Paradis est comme un député indépendant au sein du PLQ. On aurait pensé que les électeurs seraient sensibles à son côté dissident. Il est le seul député libéral, faut-il rappeler, qui a refusé d’endosser le projet de loi 78, cette loi matraque et infâme qui brime des droits individuels. Tous ses collègues libéraux, parmi lesquels plusieurs avocats comme lui, ont joué aux dociles moutons en adoptant la loi.

Le député Paradis est également le seul libéral qui a appuyé le ministre de l’Environnement Thomas Mulcair, en 2005, pour s’opposer à la privatisation du mont Orford. Tous les autres députés-moutons du PLQ ont voté en faveur, bâillonnés par la ligne de parti.
On sait qu’il n’y a pas d’amour perdu entre le député Paradis et son chef, Jean Charest. Les deux sont en brouille depuis l’arrivée de l’ancien chef conservateur chez les libéraux en 1998. Malgré une grande expérience ministérielle et une popularité dans tous les coins du Québec, M. Paradis a été écarté des différents cabinets.

En dépit de son indépendance d’esprit, de ses prises de position contraires aux ordres de son parti, de son franc-parler, les électeurs pourraient congédier leur député.

Tout n’est pas perdu pour M. Paradis. Pour reprendre un cliché cher aux candidats en retard dans les sondages, le vrai sondage, c’est le jour du vote. Dans le cas de M. Paradis, c’est bien vrai. Non seulement son résultat se situe dans la marge d’erreur du sondage (4 %), mais il peut miser sur la meilleure organisation électorale des candidats en lice. On peut se monter une bonne équipe après 31 ans de service à l’Assemblée nationale. Aussi, il peut compter sur le vote des électeurs anglophones et des personnes âgées. Ces deux groupes votent. Ça pourrait lui permettre de souffler la victoire in extremis à ses adversaires.

L’apprentissage de Bonnardel

Photo Bonnardel-Débat

Le député sortant est toujours avantagé dans un débat avec des gens qui souhaitent le remplacer. Encore plus quand il arrive de l’opposition. C’est plus facile, on s’entend, de bien paraître quand on n’a pas à défendre des erreurs de gouvernance ou des choix politiques difficiles.

François Bonnardel a donné un bel aperçu de l’étendue de son apprentissage de politicien hier soir en se mesurant aux six autres candidats dans la circonscription de Granby. Le candidat de la CAQ a bien manié les chiffres et les statistiques, a défendu son bilan avec aplomb, a contrôlé ses émotions quand les échanges se corsaient ou lorsque des partisans des autres candidats le conspuaient, a fait preuve d’une belle assurance.

Il a clairement gagné le débat.

Ses engagements sont clairs : faire le ménage dans l’État (Hydro-Québec, les agences de santé et les commissions scolaires), récupérer les millions de fonds découlant de cet exercice, les investir dans les services de santé et d’éducation et commencer à rembourser la dette. La CAQ propose un véritable électrochoc.

Mais l’approche tronçonneuse est-elle réaliste ? Ne risque-t-on pas de provoquer des guerres avec tout ce que le gouvernement compte de syndicats et de commettre des erreurs en envoyant trop d’employés à la retraite ?

« Il y a moyen de faire mieux », a répété tel un leitmotiv M. Bonnardel. Le 4 septembre, a-t-il résumé, les électeurs auront le choix entre « ne rien faire », comme le proposent le PQ et le PLQ, ou essayer « de changer les choses. »

On s’attendait à plus des candidats du PQ et de Québec solidaire, deux bonnes têtes.

Le péquiste Luc Perron a eu de bons moments. Son plaidoyer pour un Québec souverain aurait plu à Pierre Bourgault, une idole de jeunesse. Mais il s’est quelques fois montré trop agressif à l’endroit de M. Bonnardel. Particulièrement lorsqu’il expliquait pourquoi il privilégierait un CHSLD de 225 lits au lieu du projet de 66 lits sur les planches à dessin depuis 2007.

Éric Bédard, de QS, a paru mal à l’aise durant le débat. Assis à côté de M. Bonnardel, il semblait intimidé par son adversaire. Dommage.

Petit mot sur le candidat libéral Guy Gaudord. Comment se fait-il qu’après 17 ans comme commissaire scolaire, il ne puisse répondre à une question portant sur le décrochage scolaire, mais réussit le tour de force de mentionner le Plan Nord ?

On lui colle un gros E!

photo Maxime Sauvage et Janick Marois, La Voix de l’Est

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