Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Jeudi 14 juin 2012 | Mise en ligne à 16h16 | Commenter Commentaires (8)

    Consigner les contenants de boissons?

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    Recyc-Québec lancera sous peu une étude qui aura un impact majeur sur l’avenir du recyclage dans la province et sur nos mœurs de consommation. L’organisme étatique tente de répondre à la question suivante : devrait-on étendre le système de consigne à des contenants de jus, de vin, d’eau minérale, d’eau et de boissons énergisantes ou continuer de promouvoir leur recyclage par l’entremise de la collecte sélective ? Tout ça vise à augmenter le taux de recyclage de ces produits.

    Pour l’heure, seuls les contenants de bière et de boissons gazeuses sont grevés d’une consigne. Celle-ci varie de 5 ¢ à 20 ¢, selon le matériau du contenant (plastique, aluminium ou verre) et son volume. Notons que la consigne de 5 ¢ passera à 10 ¢ d’ici la fin de l’année, la première hausse depuis l’instauration du système en 1982.

    Ce système prouve depuis plusieurs années son efficacité. En 2011, rapporte Recyc-Québec, des 1,615 milliard de contenants (aluminium, verre et plastique) de bière et de boissons gazeuses vendus, 1,093 milliard a été rapporté chez des détaillants en alimentation, soit 68 %. On le voit, les consommateurs québécois n’hésitent pas à retourner leurs bouteilles et cannettes pour récupérer quelques sous.
    Consigne versus collecte sélective, quel système est le plus efficace ? Pas facile de trancher cette question de fond, surtout pas quand les données nécessaires sont inexistantes.

    Recyc-Québec a une bonne idée du tonnage de produits de plastique, d’aluminium et de verre qui transitent dans les centres de recyclage au Québec. Mais tout est pêle-mêle. On ignore, par exemple, combien de contenants en plastique de jus sont mis sur le marché. On ne sait pas non plus combien sont recyclés par l’entremise des bacs bleus — leur nombre est noyé dans tous les contenants de plastique, du pot de beurre d’arachides au pot de Nutella. On imagine aussi que bien des contenants sont jetés aux poubelles.

    D’où l’étude que commandera Recyc-Québec. Elle devrait déterminer quel est le meilleur moyen pour recycler ces contenants de boissons et ainsi éviter qu’ils ne se retrouvent au dépotoir.
    Recyc-Québec n’est pas le seul à se poser des questions. Des lobbyistes, agissant au nom des détaillants en alimentation, seront très actifs lors des prochains mois dans les corridors du pouvoir à Québec. Ils tenteront d’influer sur le gouvernement pour ne pas que d’autres contenants de boissons s’ajoutent au système de consigne.

    Les dirigeants des chaînes de supermarchés et de dépanneurs trouvent que le système leur coûte déjà cher. C’est à eux que revient la responsabilité d’installer et de gérer des récupérateurs de contenants, ces immenses machines à l’entrée des supermarchés. Inclure la consigne à d’autres produits, jugent-ils, ne fera qu’ajouter à leurs coûts d’exploitation. Ils préféreraient que leurs clients utilisent la collecte sélective organisée par les municipalités pour recycler ces contenants.

    Le problème est que cette approche déresponsabilise les détaillants. Elle va à l’encontre d’une philosophie émergente dans la façon de gérer nos matières résiduelles : la responsabilité des entreprises vis-à-vis les produits qu’elles offrent aux consommateurs. En résumé, leur obligation est de reprendre leurs produits une fois leur vie utile terminée et de voir à ce qu’ils soient recyclés.

    L’Europe est très en avance dans ce domaine. Des signes laissent croire que le Québec se dirige dans cette voie. Depuis l’an dernier, par exemple, les consommateurs peuvent rapporter leurs restes de pots de peinture et leurs huiles usagées chez leurs détaillants. Le 14 juillet prochain, les boutiques de produits d’informatique et de communications (ordinateurs, téléphones cellulaires, piles, etc.) devront avoir mis en place un système pour reprendre leurs produits et s’assurer qu’ils soient recyclés.

    Bien sûr, les prix des produits visés par cette politique risquent d’être haussés pour financer leur recyclage. C’est un mal pour un bien puisque, hélas ! encore trop de consommateurs ne participent pas aux collectes sélectives ou se rendent coupables de surconsommation.

    Espérons que le ministre responsable de Recyc-Québec, Pierre Arcand, ne se détournera pas de cette philosophie de responsabilisation des entreprises. Elle tombe sous le sens.


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    • Non, non et non. Qui va se donner la peine de retourner toutes ces bouteilles à l’épicerie ?
      Et qui va payer les employés et les équipements nécessaires pour processer à tout ça ?
      Et si je n’utilise pas le service, vais-je payer quand même pour les autres qui l’utilisent dans les épiceries ? (hausse légère des prix pour pallier à l’embauche du/des préposés et de l’équipement)

      Mon bac vert (bleu pour la région de Granby) se rempli déjà assez bien avec les bouteilles non-consignées et autres trucs alors laissons ce système en place et tenons nous-en au canettes, bouteilles de bières et bouteilles de plastique pour la consigne. En plus que ca va être une taxe déguisée si l’on se donne pas la peine de retourner (et qui coûte plus cher de faire les démarches que la consigne même).

    • Absolument ! La boisson,le vin,les bouteilles d`eau de Gatorade et le reste. C`est inconcevable que ca ne soit pas déja fait et généralisé. Bien sur que la vraie raison réside dans la capacité des SAQ et des épiciers de gerer tout ce volume mais alors cessez de faire comme si le recyclage était important et prioritaire. Faut s`assumer.

      J`ai fait un test sur moi-même quand j`ai appris que le Québec était à 10 % de son objectif de récup. J`habite dans une maison à appartements et ce n`est que bien apres les résidences uni-familliales que nous fûmes munis de gros bacs bleus. D`ailleurs les bacs ont étés dompés sans informations supplémentaires à nous de découvrir à quoi ils servaient…

      J`ai donc décidé de devenir récupérateur compulsif moi qui était négligeant plus souvent qu`à mon tour. Ce simple exercice à fait en sorte que j`ai facilement doublé le volume de ma récupération. J`en conclue que si les municipalités voudraient vraiment avec un brin de sensibilisation, ils dépasseraient leurs objectifs facilement. Je suis convaincu que la majorité des québécois sont parfois parresseux ou simplement ignorent que tel ou tel produit peut être récupéré. Une fois de plus, on demande aux citoyens de faire l`effort que les commercants ou les municipalités ne sont pas prêts à faire.

    • Ça semble une bonne idée de consigner tous ces contenants pour s’assurer qu’il ne se retrouve pas dans les déchets. Je crois que le consommateur change vraiment ses habitudes quand il est contraint de payer. Toutefois j’opterais pour une taxe sur les déchets, c’est-à-dire que si le résident dépasse par exemple son quota permis (1 sac) il est mis à l’amende. Appelons ça une taxe, une amende, une surcharge, peu importe, elle serait déterminer au nombre de sacs supplémentaires. Je pense que le citoyen s’organiserait pour diminuer ses déchets et se tournerait vers les bacs de recyclage et compost. On atteindrait les mêmes objectifs avec un système déjà en place. Je sais que certaines municipalités fonctionnent déjà de cette façon.

    • Chez moi, tout ce qui est recyclable est recyclé, tout ce qui est compostable est composté. Je parle ici de 100%. Et ça ne prend pas une seconde de plus que de ne pas le faire. Je ne vois pas pourquoi tout le monde ne ferait pas pareil! À chaque fois que j’entends parler d’un projet d’imposition de quoi que ce soit, je constate que la plupart de mes concitoyens ne sont que du bas de gamme d’humains incapables d’atteindre une véritable maturité.

    • @misteryes

      ;) idem ici ,depuis que ma fille est nee on “vote pour les arbres” ,notre petit victory garden nous rend autosuffisant en legume l’ete (pas d’horreurs de fraises de californie a 60g C sur notre table) , en fait ce que je trouve inconcevable c’est qu’une quelconque matière , renouvelable ou pas, ne soit pas recyclable, serieusement. une autre chose que je trouve completement debile c’est que Hydro Quebec n’ai pas un bon programe d’autogeneration pour les particuliers , ca serais autant d’electricitee verte qui serais vendables a nos voisins qui carburent dur au C

    • quand les émetteurs de déchets , si ça se dit , seront responsables de ceux-ci , vous verrez les emballages considérablement diminuer

    • Beaucoup de bons sentiments dans l’idée de généraliser la consigne, mais pas beaucoup d’analyse en profondeur. Chaque type de contenants doit être analysé distinctement pour déterminer le meilleur cheminement qui le concerne.

      Par exemple, à qui pourrait-on retourner les 100 millions de bouteilles de vin que la SAQ et les épiceries nous vendent annuellement? Quand l’embouteillage se fait au Québec, ça peut aller , mais quand elles viennent d’Europe, d’Afrique du Sud ou d’Australie? Juste la gestion des bouteilles vides représenterait des coûts énormes à la SAQ. Comme elle sert surtout de vache à lait pour un gouvernement qui n’arrive plus à contrôler ses dépenses, je pense pas qu’il y aura beacoup d’engouement à ce faire.

      L’idée de récupérer le verre est absurde pour sa part quand on sait que l’industrie de la bouteille (ou de tout contenant de verre) refuse de réutiliser un produit contaminé et préfère repartir de la silice pure. Le mieux serait le réemploi forcé par la SAQ elle-même, en autant que les puristes acceptent l’idée d’avoir une bouteille réutilisée entre les mains! Matière à éducation, ici.

      Autre exemple; la question des bouteilles d’eau est un des plus beaux exemples de création de problème dont on aurait pu se passer. Comment se fait-il que le gouvernement ait autorisé le développement et la multiplication de ce produit, alors que les municipalités dépensent des centaines de millions à chaque année pour nous assurer une eau de qualité au robinet? Création de richesse, je suppose? Comment se fait-il que Recyc-Québec n’ait pas analysé les effets de cette tendance avant qu’elle ne se soit généralisée? Pour ma part, ce qui me sidère, c’est que Recyc-Québec en soit encore au stade des études, alors que la question se pose depuis au moins 15 ou 20 ans…

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