Voici le pire ennemi du recyclage: l’image de bacs bleus vidés dans un conteneur à déchets. Ça découragerait n’importe qui de faire un effort de recyclage.

On a vu ça hier après-midi au Tour du Lac Brome, l’un des plus prestigieux événements de courses au Québec.
C’était la 34e année que l’événement avait lieu. Les différentes épreuves du week-end ont attiré 4000 coureurs. Un record. On peut certainement ajouter un autre millier de personnes venues les encourager. Ça fait pas mal de monde.
Trente-quatre ans donc et les organisateurs ne sont pas encore foutus d’avoir un système de collecte pour récupérer les milliers de bouteilles d’eau qu’ILS distribuent, les milliers de cartons, de cannettes de bières et des dépliants promotionnels que LEURS commanditaires donnent. C’est honteux!
C’est en contradiction directe avec le message que ce genre d’événement est supposé véhiculer: l’importance de saines habitudes de vie.
La course, c’est formidable pour garder la forme. Mais à quoi bon avoir la forme si notre environnement en paie le prix? Recycler une bouteille d’eau, des cannettes et du carton, y a-t-il quelque chose de plus simple à faire? Courir est certes plus difficile…
Ça ne peut être une question d’argent. Si on se fie aux frais d’inscription minimums exigés (quelques semaines avant les épreuves), on calcule que les coureurs ont versé près de 110 000 $ aux organisateurs.
Combien coûte un conteneur de recyclage? Environ 350 $ pour la location et la livraison, m’a expliqué cet après-midi un entrepreneur spécialisé dans ce domaine. À ça, il faut ajouter 35 $/la tonne pour traiter les matières. Bref, on ne parle pas d’une facture exorbitante pour les organisateurs de l’événement pour agir de manière responsable.
Deux suggestions pour les organisateurs du Tour l’année prochaine:
1. Mettez des bacs bleus (pour le recyclage si vous vous posez la question) et des bacs noirs (pour les vrais déchets) côte-à-côte. Et demandez à la Ville de Lac-Brome d’étendre sa collecte sélective, le temps d’un week-end, à votre événement;
2. Au lieu de l’eau embouteillée, une véritable plaie environnementale, offrez aux participants une bouteille d’eau réutilisable et prévoir des réservoirs sur le site pour les remplir (sur le parcours, on peut continuer de donner des gobelets d’eau aux coureurs, quitte à les récupérer par la suite par terre).
Et rêvons un peu: pourquoi ne pas utiliser des assiettes et des ustensiles biodégradables? Qu’ils cherchent, ça existe.
Ça ne les intéresse pas! Eh bien qu’ils cessent d’utiliser des bacs bleus. Parce que les gens associent cette couleur au recyclage. D’ailleurs, on les voyait samedi et dimanche allant d’un bac noir à un bac bleu en faisant le tri de leurs déchets. En ce sens, les organisateurs se donnent une image verte, alors que c’est davantage de la fausse représentation.
L’opinion publique force nos entreprise à agir de manière plus responsable quand il est question d’environnement. Elle devrait être tout aussi exigeante à l’endroit des organisateurs d’événements sportifs et culturels d’envergure. Quand on exige jusqu’à 60 $ pour participer à une telle activité, on s’attend à ce que l’organisation fasse preuve de responsabilité.
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