Le Grand Parleur

Archive, mai 2012

Jeudi 31 mai 2012 | Mise en ligne à 16h07 | Commenter Commentaires (20)

La compassion des jeunes

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Il ne fait pas bon être un jeune ces temps-ci. De vrais parias, si l’on se fie aux diatribes dont les jeunes, les étudiants surtout, font l’objet dans les lettres d’opinion qu’on reçoit presque quotidiennement à La Voix de l’Est. Si leurs nombreux dénigreurs étaient au pouvoir, on pourrait penser que la Loi 78 aurait également inclus l’interdiction d’être… jeune.

La lettre d’une dame de Waterloo publiée mercredi illustre à quel point nos plus vieux concitoyens entretiennent une certaine hargne à l’endroit des jeunes. Mme Girard s’inquiète grandement de voir un jour les «jeunes rois» diriger les affaires de l’État. Auront-ils, une fois en poste, la compassion envers leurs aînés, se demande-t-elle. Elle en doute, soulignant leur côté «JE VEUX-JE VEUX-JE VEUX».

Mme Girard a bien raison de se faire du tourment à l’idée que les jeunes d’aujourd’hui prendront éventuellement des décisions pour l’ensemble de la société. Et il est fort à parier que les politiques qu’ils adopteront feront grincer des dents leurs aînés. On pourrait voir ça comme un retour d’ascenseur, mais pas dans le sens d’un retour de faveurs. Ça serait plutôt pour nous remettre la monnaie de notre pièce.

Pourquoi nos jeunes nous ménageraient-ils? La société qu’on leur lègue fuit de partout. On parle de la première génération d’Occidentaux dont le niveau de vie sera inférieur à celui de leurs parents. Tout ça s’explique par des décennies de décisions guidées par des objectifs électoralistes allant à l’encontre des intérêts des jeunes. On ne peut leur demander de toujours encaisser les coups sans s’attendre à ce qu’ils finissent par se choquer.

Nos leaders ne considèrent pas suffisamment les jeunes. L’ampleur de la dette publique est une démonstration éloquente de l’irresponsabilité de la classe politique envers les générations qui nous suivent.

Les chiffres sont étourdissants.

Dès la fin de l’année 2012, le gouvernement du Québec estime que sa dette atteindra 183,8 milliards de dollars. Dans le budget déposé ce printemps, on apprenait que Québec dépensera 7,5 milliards de dollars en intérêts seulement pour rembourser notre dette. Ça accapare 10,8 % du budget total de la province. Le pire est que la dette augmente année après année…

Le portrait est encore pire, selon les calculs de l’Institut économique de Montréal (son compteur de la dette est une vision d’horreur). La vraie dette publique du Québec, qui inclut celles de nos hôpitaux, universités et commissions scolaires, est de 250 milliards de dollars.

Mais les jeunes n’ont pas à s’en faire, estiment certains marchands de bonheur. Quand on prend en considération la proportion de la dette publique dans l’ensemble de l’économie, en la comparant avec le produit intérieur brut, ça relativise les choses. Autrement dit, on continue de créer de la richesse.

On aura beau calculer la dette dans tous les sens, la comparer à la hausse des ventes de bonbonnes de poivre de Cayenne à Montréal ou aux chances du Canadien de remporter la coupe Stanley, un fait demeure: quelqu’un devra un jour ou l’autre payer. Notre société a décidé que ça serait les jeunes.

Si les gouvernements se préoccupaient autant des jeunes qu’ils l’affirment, pourquoi n’administrent-ils pas équitablement les affaires de l’État en se préparant pour les retraites massives des baby-boomers?

Pourquoi ne pas hausser immédiatement l’âge de la retraite au lieu d’attendre 10 ans? Pourquoi ne pas hausser immédiatement les cotisations des travailleurs à la Régie des rentes du Québec? Pourquoi ne pas hausser les cotisations des travailleurs au Régime de pension du Canada?

Pourquoi? Parce que les vieux électeurs (45 ans et plus) font et défont des gouvernements.

Nos élus de toutes les couleurs préfèrent donc refiler les factures aux jeunes, beaucoup moins nombreux, moins influents donc.

On pose la question: pourquoi devrions-nous nous attendre à de la compassion des jeunes alors que nous hypothéquons leur avenir?


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Mercredi 30 mai 2012 | Mise en ligne à 10h32 | Commenter Commentaires (26)

Bannir le carré rouge

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Reportage intéressant du collègue Pascal Faucher ce matin. On y apprend que la direction du collège du Mont-Sacré-Coeur à Granby, un établissement privé de niveau secondaire, interdit à ses élèves de porter le carré rouge qui symbolise la lutte contre la hausse des droits de scolarité à l’université. Idem pour son personnel.

Motif de l’interdit: la neutralité du collège dans ce débat et le souhait d’éviter «toutes situations conflictuelles», a indiqué son directeur général, Claude Lacroix.

Il n’y a pas 36 façons d’expliquer cette décision. On appelle ça de la censure.

Question: n’est-ce pas l’un des rôles de nos institutions scolaires, même celles du privé, de développer le sens critique de nos jeunes?

Après, on leur reproche de ne pas s’intéresser à la chose publique.


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Mardi 29 mai 2012 | Mise en ligne à 15h12 | Commenter Commentaires (2)

Toujours envie de sauter en parachute?

Voici un saut en tandem qui a failli tourner à la catastrophe en Californie. Le harnais de Laverne Everett a mal été mis et la dame de 80 ans est presque passée à travers où elle aurait plongé à sa mort. Son instructeur l’a retenue tant bien que mal jusqu’à temps que les deux atterrissent.

Ouf!


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