
Le transport en commun demeure la meilleure façon de se déplacer dans l’île de Montréal. Mais malgré une hausse du nombre d’utilisateurs du métro et des autobus ces dernières années, la Société de transport de Montréal peine à convaincre les banlieusards des rives nord et sud d’avoir recours à ses services. Un des problèmes est que l’organisme rate de belles occasions pour leur démontrer l’efficacité de son réseau. En fait, on devrait plutôt parler d’un sens de l’organisation qui lui fait défaut.
Deux exemples récents de la carence de la STM en terme de planification:
1. Hier matin, 4600 coureurs, accompagnés de leur familles et d’amis, se sont rendus dans l’île Ste-Hélène pour prendre part à deux courses, un 5 km et un demi-marathon. Quand ils ont commencé à quitter l’île, c’était le bouchon pour entrer dans la station de métro Jean-Drapeau. Raison: un seul guichet pour acheter des billets était ouvert…
La date de cet événement sportif était connu des autorités de la STM depuis l’automne.
2. Lors du Jour de la Terre, le dimanche 22 avril, les dirigeants de la STM ont également étalé au grand jour leur incapacité à réagir. Les stations de métro de Longueuil et Montmorency à Laval ont été paralysées par des dizaines de milliers de gens qui voulaient se rendre au centre-ville de Montréal pour participer à la grande marche. La STM n’a pas ajouté suffisamment de rames de métro pour répondre à cette demande inhabituelle pour un dimanche. Elle n’a pas non plus cru bon ajouter des autobus sur son circuit entre la station de métro de Longueuil et le centre-ville. L’horaire prévu, c’est-à-dire un autobus à l’heure, a été maintenu.
Plus de 150 000 personnes ont participé à la marche du Jour de la Terre à Montréal. La date de cette manifestation est connue une année à l’avance.
Ajuster l’offre de services lors d’occasions spéciales n’a rien de nouveau pour la STM. Elle le fait lors de tous les matchs des Alouettes pour transporter des partisans de l’équipe du centre-ville jusqu’au stade Percival-Molson. Elle l’a fait aussi lors des deux spectacles de U2 l’été dernier sur l’ancien site de l’hippodrome de Montréal. Comment expliquer alors les deux ratés des deux derniers week-ends?
On peut dire sans se tromper que bien des coureurs d’hier et des manifestants du Jour de la Terre utilisent habituellement leur automobile pour se rendre à Montréal, que ça soit pour le travail ou pour d’autres raisons. Mais compte tenu de la nature des activités qui les amenaient ces fois-là à Montréal, ils ont décidé de prendre le transport en commun.
Pensez-vous que le service offert par la STM les a convaincus de recourir plus souvent au transport en commun pour se déplacer vers Montréal?
Probablement pas.
Puisqu’on investit des dizaines de millions de dollars tous les ans dans la STM, on est en droit de s’attendre à ce qu’ils optimisent ce financement public. Ça inclut bien planifier son offre de services.
photo La Presse
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