Le Grand Parleur

Archive, mars 2012

Lundi 19 mars 2012 | Mise en ligne à 16h42 | Commenter Commentaires (17)

Couper pour développer

ZComment développer à Granby

Voici comment, en 2012, on développe des quartiers résidentiels dans nos municipalités au Québec: en rasant presque tous les arbres.

Vue d'ensemble du site

Vue d'ensemble du site 2

Ces photos ont été prises hier après-midi dans le développement de l’entrepreneur Michel Duchesneau sur la rue Quévillon à Granby. Où on trouvait pas plus tard l’automne dernier des centaines d’érables et des conifères, on ne compte plus maintenant qu’une trentaine d’arbres debout. Désolant.

Le secteur a ceci de particulier qu’il est collé sur une zone humide. L’entrepreneur a maximisé la superficie disponible de ses lots en allant les accoter, si on peut dire, sur la zone humide où passe le ruisseau Quévillon. C’était l’un des derniers ruisseaux à Granby encore à l’état sauvage.

Zone humide 1

Zone humide 2

Notons que l’entrepreneur n’est pas en situation illégale. Sa marge de recul respecte la réglementation provinciale des dix mètres prévus pour la bande riveraine (quoi qu’à certains endroits…). Ça ne veut pas dire que la zone humide ne souffrira pas de cette urbanisation, surtout que le terrain a été remblayé par des tonnes de terre jusqu’où débute la zone humide.

L’idée ici n’est pas de faire passer M. Duchesneau pour un saccageur de la nature. Le problème vient du fait que tous les promoteurs immobiliers ont ce vieux réflexe d’éliminer tout ce qui pousse sur leurs terrains. Ça empêche leurs équipements de circuler, disent-ils. Vrai que les équipements requis pour dynamiter le roc, préparer les terrains pour y passer des tuyaux, construire des rues et ériger des maisons sont imposants. Mais de là à tout raser! On manque d’imagination… et de bon vouloir.

Les entrepreneurs assurent, pour se défendre d’être anti-écologiques, que des centaines d’arbres seront replantés. Ça ne change pas la réalité; on ne peut remplacer des arbres matures par des fouets de quatre ou cinq pieds de haut. La nature — nous tous par ricochet — perdons largement au change.

La mode est au développement durable. Or, ce genre de développement n’a rien à voir avec ce concept devenu avec le temps galvaudé dans le vocabulaire de nos élus.

On aborde la question du couvert forestier et des zones humides aujourd’hui parce que les dirigeants de la Ville de Granby en discuteront amplement demain soir. Ils présenteront, lors d’une rencontre d’information (à 19h à la salle du conseil), les milieux naturels qu’on retrouve sur le territoire de la Ville.

Un relevé des milieux naturels estime que Granby compte 51 km2 de milieux naturels boisés et humides (5100 hectares). C’est l’équivalent de 33 % de la superficie de la Ville: 25 % en boisé et 8 % en milieux humides, peut-on lire dans un très beau document préparé par la Ville en collaboration avec Nature-Action Québec et la Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute-Yamaska.

Malheureusement, tous ces efforts pour protéger nos milieux naturels sont destinés à l’échec si la Ville ne revoit pas sa philosophie de développement résidentiel. Il ne suffit pas d’encourager les propriétaires des terrains où se trouvent des milieux naturels à les protéger. Il faut impérativement baliser les «méthodes de travail», si on peut les appeler ainsi, des entrepreneurs pour que le saccage cesse.

Le cas de la rue Quévillon n’est qu’un triste exemple parmi d’autres. Allez-voir le développement dans l’est de la Ville, près de la piste cyclable. Un peu plus et le promoteur offrait des maisons sur pilotis!

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Jeudi 15 mars 2012 | Mise en ligne à 16h12 | Commenter Commentaires (62)

Viande et intolérance

Image 3

Vous mangez de la viande halal ou casher sans le savoir. Et puis après ? Un petit bras vous a-t-il poussé dans le front après avoir avalé votre hamburger la semaine dernière ? Sentez-vous que l’entrecôte mangée durant le week-end vous rapproche d’une conversion à l’islam ou au judaïsme ?

Vrai qu’il y a quelque chose de très dérangeant dans cette histoire de viande halal et casher qui sort de nos abattoirs. Mais ce n’est pas la possibilité que nous en mangions sans le savoir qui cause du tracas. Ce qui est choquant, c’est plutôt que ça semble indisposer bien des honnêtes chrétiens.

Les Québécois, comme tous les Nord-Américains, sont de très gros consommateurs de viande. De toutes sortes de viande : porc, bovin, poulet. On devrait donc savoir deux ou trois choses sur la provenance de ces animaux. Ce n’est pourtant pas le cas.

Qui d’entre vous s’est déjà informé de la façon dont les animaux destinés aux rayons de viande de nos épiceries étaient abattus ? Qui s’est déjà rendu dans un abattoir pour constater de visu comment on mettait les bêtes à mort ? À peu près personne. On en conclut que ça ne fait pas partie de nos préoccupations.

Mais dès qu’on apprend que des animaux ont été abattus suivant des rituels religieux musulmans ou juifs, on se découvre soudainement un grand intérêt pour ce qui se passe dans les abattoirs. Tout ça n’a sûrement rien de catholique, se dit-on.

Sentez-vous cette odeur ? C’est celle de l’intolérance !

Nous n’allons plus dans nos églises pour pratiquer notre foi. Mais on plaide le respect de nos valeurs dans les abattoirs, comme l’a fait le député du Parti québécois André Simard, porte-parole de l’opposition pour l’agriculture.

M. Simard — un vétérinaire dans la vraie vie avant de tomber dans le purin de la politique du populisme — estime que les consommateurs québécois sont en droit de savoir comment leur viande a été préparée. Il propose un étiquetage religieux des produits. Le député essaie, comme le président français Nicolas Sarkozy et la candidate du Front national Marine LePen, de rallier l’appui de ses concitoyens de souche en utilisant la peur des autres. Bravo !

Marquons un temps d’arrêt, si vous le voulez bien.

Comme consommateurs, qu’est-ce qui importe vraiment : que votre filet mignon porte le sceau halal ou casher ou qu’il soit de bonne qualité ?

Peut-on commencer par savoir exactement ce que contient la viande qu’on nous vend avant de mettre des étiquettes expliquant comment les animaux ont été abattus ? N’est-ce pas plus pertinent si on veut savoir exactement ce qu’il y a dans nos assiettes ?

La réalité est qu’on ne sait pas grand-chose des aliments qu’on consomme. Où sont inscrits sur les produits qu’on achète les noms des organismes génétiquement modifiés que l’industrie alimentaire utilise dans sa production ? Où sont les listes des hormones de croissance injectées dans les animaux destinés aux boucheries ? Et celles des pesticides répandus par les producteurs céréaliers et maraîchers ? Quelqu’un les a vus ?

On semble plus se soucier des impacts de cette fausse nouvelle sur notre foi chrétienne inexistante que des impacts sur notre réelle santé physique des aliments douteux qu’on mange.

On sait une chose de nos abattoirs : ils sont régis par des normes sévères de l’Agence canadienne d’inspection des aliments pour éviter des contaminations de toutes sortes. C’est tout ce qui importe.

Et peut-on arrêter de parler d’accommodements raisonnables dans cette affaire ? Ça n’a rien à voir. Abattre des animaux selon des rituels religieux est une décision commerciale prise par des dirigeants de l’industrie alimentaire dont les patronymes sont tout ce qu’il y a de plus pures laines. On ne commencera pas à accuser les communautés musulmanes et juives de complot. Ces communautés n’imposent rien aux autres Québécois.

illustration Delucq

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Mardi 13 mars 2012 | Mise en ligne à 12h28 | Commenter Commentaires (8)

La propagande du NPD

Les conservateurs ne sont pas les seuls à utiliser l’argent des contribuables pour faire de la propagande. À preuve le dépliant du député néo-démocrate de Rosemont-La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice.

Image 3

Le jeune député invite les résidants de sa circonscription à lui écrire pour connaître leurs opinions sur les compressions budgétaires annoncées par le gouvernement Harper. Pour les aider dans leur réflexion, M. Boulerice leur soumet un choix pour le moins tordu.

Le voici:

Les compressions budgétaires sont la priorité du gouvernement de Stephen Harper. Tony Clement, le président du Conseil du Trésor, a récemment parlé de compressions de près de 8 milliards $ pour le budget qui sera voté à la fin du mois.

Êtes-vous d’accord pour dire que la principale priorité du Budget 2012 doit être:

1 – la création d’emplois, la protection des services gouvernementaux et du régime public de pension.
2 – la diminution des programmes sociaux pour financer — entre autres — les baisses d’impôts aux grandes compagnies, l’achat de soixante-cinq f-35 (avions de guerre qui coûteront de 15 à 30 milliards de dollars) et la construction de nouvelles prisons.

Image 4

Et le tout peut être envoyé sans frais (en fait, vous payez par l’entremise de vos impôts) à Ottawa à M. Boulerice.

Image 5

Les députés ne devraient-ils pas travailler à aider et à informer leurs concitoyens au lieu de se livrer à de telles opérations de propagande?

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