Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Jeudi 26 janvier 2012 | Mise en ligne à 19h56 | Commenter Commentaires (7)

    Les déceptions de Duceppe

    Photo Duceppe

    Gilles Duceppe n’est pas le seul déçu de la tournure des événements. Bien des Québécois le sont amèrement. Leur déception ne tient pas du fait que l’ancien chef du Bloc québécois ne dirigera jamais le Parti québécois. Non. Ils sont plutôt déçus de découvrir des facettes cachées du leader souverainiste.

    Pendant de nombreuses années, M. Duceppe a torpillé sans relâche les libéraux pour leurs manquements éthiques en matière de financement des partis politiques. Il a fait ses choux gras du scandale des commandites en se montrant impitoyable envers les libéraux qui ont manigancé tout ce stratagème pour remplir leurs coffres. Il s’est montré tout aussi dur avec les conservateurs dans la foulée de leur tentative de cacher des dépenses électorales au directeur général des élections.

    En l’entendant critiquer de la sorte ses adversaires fédéralistes, en rappelant sans cesse les dérives éthiques des deux grands partis, on ne pouvait que conclure qu’il lavait lui-même plus blanc que blanc. Il appert que ce n’est pas tout à fait le cas ; M. Duceppe vivait dans une maison de verre.

    Payer le directeur général de son parti à même les fonds de la Chambre des communes est une faute impardonnable. M. Duceppe a beau se défendre en affirmant que des fonctionnaires du Parlement n’y voyaient pas de problème, le geste est éthiquement indéfendable. Le directeur général d’un parti s’occupe d’activités incompatibles avec le travail des parlementaires : recrutement de membres, financement, rassemblements. Est-ce normal que les citoyens canadiens, par l’entremise de leurs impôts et taxes, financent les activités des partis ? Non.

    Il aurait été plus sage que le directeur général du Bloc québécois, et ce, nonobstant ce que font les autres formations politiques, soit payé à même l’argent amassé par le Bloc québécois. Cela aurait évité à M. Duceppe une attaque contre son intégrité et une triste fin de carrière.

    Bien des gens ont accusé La Presse d’assassinat politique à l’endroit de M. Duceppe. Les souverainistes ont été rapides à rappeler les errements des libéraux et des conservateurs pour ce qui est de l’utilisation des deniers publics à des fins partisanes. Ils essaient de noyer le poisson. Les médias ont traité longuement des manigances des grands partis à cet effet. En attaquant La Presse, les militants ratent le message : M. Duceppe a joué au même jeu que ceux qu’il a dénoncés pendant toute sa carrière.

    Cet épisode rappelle que la famille péquiste est dysfonctionnelle. Comment les citoyens peuvent-ils faire confiance à une formation politique dont le passe-temps consiste à trouver des moyens d’éliminer ses chefs ? Aussi, trop de ténors péquistes semblent travailler à l’avancement de leur carrière, à nourrir leurs ambitions sans se soucier des impacts de leurs gestes et décisions sur leurs concitoyens.

    En plus, bien des députés péquistes sont des poltrons. C’était vraiment pathétique d’en entendre la semaine dernière dire du bout des lèvres que Mme Marois était leur chef et qu’elle avait leur confiance. Comme appui tiède, on peut difficilement faire mieux. Pas assez fidèles pour épauler leur chef, pas assez courageux pour réclamer publiquement un changement de garde ou pour se ranger derrière Gilles Duceppe, trop occupés à soupeser les risques associés à l’un ou l’autre de ces choix et de ses effets sur leurs chances de réélection. Et dire que ces gens aspirent à diriger le Québec et un jour rassembler les Québécois autour de leur projet de souveraineté… Minable !

    Gilles Duceppe est de cette trempe de politiciens. Il a pourfendu ses adversaires sur le terrain de l’éthique alors que ses agissements étaient également condamnables. Il a travaillé en coulisse avec ses sbires pour couler Pauline Marois alors qu’il était incapable en public d’affirmer qu’il voulait diriger les troupes.

    On dit que la politique est sale et qu’on doit jouer des coudes pour avancer. Mais on pensait que M. Duceppe était au-dessus de ces façons de faire. La réalité est qu’il a tout d’un politicien moderne, mais très peu d’un politicien modèle. Il nous a déçus.

    photo Alain Dion


    • Avant toute chose, à noter que je ne suis membre d’aucun parti politique. C’est un regard neutre de la situation que j’essaie de poser.

      Première des choses, en mon sens M. Duceppe a bien fait l’objet d’une campagne de salissage. L’information est sortie à un moment qui arrangeait trop bien certaines personnes. Et l’information en mon sens arrangeait aussi un journal comme la Presse qui avait l’opportunité de taper une fois de plus sur le mouvement souverainiste comme il aime généralement le faire. Je ne pense pas que ce soit un secret pour personne.
      Le problème cependant est que la Presse n’a franchement pas fait un gros travail de recherche car qu’on le veuille ou non, il existe une ambiguïté dans la loi actuelle. Un bon travail de journaliste l’aurait au moins relevé et ne se serait pas contenté d’aller voir l’adversaire pour avoir son opinion.

      Deuxième des choses, on donne l’impression que le Bloc a volé de l’argent au contribuable. Certains vont jusqu’à le comparer la situation au scandale de commandites! Alors que dans les fait, du moins c’est ce que j’en ai compris, on parle ici de l’utilisation du budget que M. Duceppe a reçu. A ma connaissance, la Presse n’a pas très clairement expliqué le problème. En gros la question est ce savoir si l’argent qu’il a reçu devait être dépensé exclusivement pour des activités parlementaires, ou s’il pouvait l’utiliser aussi à des fins partisanes. D’une façon ou d’une autre, je suis certain que ce budget aurait été utilisé, l’histoire tourne donc simplement à savoir s’il avait le droit de l’utiliser à cette fin.
      Il n’y a donc aucun réel détournement d’argent, on tourne autour d’une subtilité dans l’utilisation de cette argent et dont la réglementation qui régie son utilisation est très mal écrite. Sérieusement ce n’est vraiment pas un gros scandales quand on compare aux commandites ou aux tricheries des conservateurs (le fameux in & out) lors d’élections! Bref il y a une volonté de salir M. Duceppe comme si on était dans une histoire équivalente ce qui en mon sens n’est vraiment pas le cas.

      Troisième problème, à ce que j’ai compris, aucun député du Bloc ne pourra participer à l’enquête du Bureau de régie interne de la Chambre des communes et en plus ça se fera à huis clos. Compliquer d’expliquer de faire valoir ton point de vue quand tu ne peux pas y participer. Et en plus quand ce sont tes adversaires qui te juges (et qui se cachent dans un huis clos), ça ne laisse pas beaucoup de chance.

      Finalement, dans tout bon système judiciaire, une réglementation mal écrite bénéficie normalement à la personne accusée. On a beau essayer de donner un “esprit” à une réglementation ou une loi, si elle est mal écrite, elle demeure mal écrite!

      Personnellement, je suis d’avis qu’il devrait clarifier cette réglementation pour mieux délimité ce que les parties ont droits de faire, mais une décision condamnant M. Duceppe et le Bloc, m’apparaîtrait sérieusement comme une décision purement partisane qui n’a pas sa place dans une état de droit!

    • Bien d’accord avec le fond.

      Ce que je m’explique mal, par contre, c’est que parallèlement à cette affaire, il y a un certain ministre conservateur qui a détourné 50 millions pour son comté et qu’il n’y a pas d’enquête dans ce cas. Ça laisse un arrière-goût assez désagréable.

      Duceppe a manqué d’éthique c’est évident. Quant à Clement, il semble que cela ne soit pas grave. Il est toujours ministre (responsable du Trésor -faut le faire-) et n’a fait l’objet d’aucune réprimande.

      Il mérite le même traitement que Duceppe.

    • Un modèle. Oui, modèle de fuyard, fugitif. Aussi modèle de peureux et chialeux. Lors même qu’il gagnait, en effet, au lieu de sourire ou de l’apprécier positivement, il ne laissait, en ses discours (immédiats), de continuer de rager ou vociférer (comme Ryan, gagnant, au référendum de 1980). Insupportable! Puis, enfin, non satisfait de sa dégelée, pourtant éloquente de mai dernier, il n’en croyait pas moins encore être LE Sauveur d’un Québec égaré ou perdu, selon lui, sans lui. Eh bien, dommage, mais, depuis une bonne quinzaine d’années, c’est d’être délivré, définitivement, de tels spécimens qui, à l’évidence, se révélera[it] salutaire pour la nation et la population.
      denis beaulé
      p.s. PEU IMPORTE son degré de «culpabilité», point de vue légal/illégal, en la présente affaire, ç’aura été “anyway” faire preuve de manque de jugement flagrant, ainsi que de souverain mépris du «peuple», que de (faire) financer, comme il l’a fait (faire), quelque chose d’aussi éminent envers quoi celui-ci a manifesté à maintes reprises, un demi-siècle durant, n’en point vouloir.

    • Typiquement Québecois. On ne pense qu’à se manger la laine sur le dos au lieu de se tenir et travailler ensembles. Cette tare serait encore plus évidente dans un Québec indépendant; Ce serait région contre région, régions contre le centre, clocher contre clocher. Le Québec fonctionnerait comme le PQ, avec toute la subtilité d’un panier de crabes.

    • Dans un certain jargon, on dit: “L’arroseur arrosé”. En présence d’un arroseur professionnel comme ce fut le cas pour monsieur Duceppe, faut-il se surprendre que par certaines découvertes, il se fasse arroser copieusement. L’Évangile a un exemple sublime à ce propos. Que celui qui n’a pas péché, lui jette la première pierre et on connaît la suite.

      Monsieur Duceppe a eu vingt longues années devant lui et il semble bien qu’en prenant son bain le samedi soir, il ait oublié (pas volontairement j’espère . . .) de récurer certaines parties et un bon jour, la crasse a fait son oeuvre à la fois visuelle et olfactive . . .
      Gilles Pelletier, Québec

    • Pendant le scandale des commandites, la presse écrite et électronique et le Bloc ont été impitoyables à l’égard des Libéraux fédéraux. Quand des allégations sont faites au sujet de la soi-disant corruption du gouvernement libéral de Jean Charest, la presse écrite et électronique et le PQ sont impitoyables à son égard. Pourquoi devrait-on accorder le bénéfice du doute (ce dont n’ont pas bénéficié et ne bénéficient pas le PLQ et le PLC) à Gilles Duceppe? Deux poids, deux mesures!

    • Étrange coïncidence que ça tombe maintenant, alors que pendant toutes ces années, pas même la vérificatrice générale du Canada ne l’ait vu passer! La Presse aurait tu cette nouvelle pendant toutes ces années? Elle aurait mis un journaliste sur ce dossier pendant la période des fêtes? Voyons donc!

      Est-ce qu’un ancien premier ministre Libéral n’aurait pas usé de ses contacts pour faire sortit ce pétard mouillé au moment opportun?

      M. Duceppe, je crois que vous ne devez pas baisser les bras, Mme Marois se dirige directement dans un mur, peu importe qu’elle soit en béton ou pas, ça risque de faire très mal au parti Québécois si elle demeure en poste jusqu’à la prochaine élection.

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