Le Grand Parleur

Archive, décembre 2011

Vendredi 23 décembre 2011 | Mise en ligne à 10h04 | Commenter Commentaires (38)

L’argent à Chrétien, l’auto à Gagliano

Certains ont une sacré veine. Cette semaine, Jean Chrétien a obtenu gain de cause devant la Cour fédérale. Ottawa devra verser une indemnité de 200 000 $ à l’ancien premier ministre pour ses frais d’avocat dans la contestation des conclusions de la Commission Gomery pour sa responsabilité dans le scandale des commandites.

Alphonso Gagliano, lui, n’a pu obtenir un tel remboursement. Il faut dire que le juge John Gomery a identifié l’ancien ministre libéral des Travaux publics comme un des architectes de ce stratagème de 300 millions de dollars pour vendre les mérites du fédéralisme aux Québécois dans l’ère post-référendum.

Qu’à cela ne tienne. M. Gagliano a gagné cette semaine une camionnette de 33 500 $ d’un concessionnaire de Cowansville.

La vie est drôlement faite, ne diriez-vous pas?

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Mardi 20 décembre 2011 | Mise en ligne à 18h36 | Commenter Commentaires (31)

La reddition des colonisés

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Qu’est-ce qui est le plus décourageant : que le nouvel entraîneur-chef du Canadien ne parle pas un traître mot français ou bien que des Québécois ne semblent pas indisposés par la chose ?

Voici quelques commentaires recueillis dimanche par mon collègue Maxime Massé lors d’une vox populi sur la nomination de Randy Cunneyworth à la tête du Canadien :

« Ça n’a pas d’importance pour moi. S’il est capable de faire gagner l’équipe et d’aller chercher des victoires, les fans vont être contents. »

« Qu’il parle français ou anglais, ça ne me dérange pas. »

« Je m’en fous en autant que l’équipe fournisse des performances adéquates sur la glace. »

« (…) C’est certain qu’il faut qu’il s’adapte, ce serait important qu’il apprenne le français, mais ça ne me dérange pas en soi. Anglophone ou francophone, tant qu’il fait bien marcher les joueurs sur la glace, c’est ma première préoccupation. »

En résumé, la seule chose qui compte, c’est que le club gagne.

C’est là tout le problème avec ce énième débat linguistique : se faire respecter en tant que peuple francophone, ça ne semble pas important pour une grande partie de la population. Pire, telle une bande de colonisés, elle s’en contrebalance.

Cet état d’esprit fait que des patrons d’entreprise, les dirigeants de l’une de nos plus importantes sociétés d’État et le gouvernement canadien ont les coudées franches pour offrir des emplois et confier des mandats à des unilingues anglophones sans se soucier de la spécificité du Québec, de son fait français, base de sa culture et de son identité.

Oublions un instant The Montreal Canadians et regardons ailleurs chez nous. Comment peut-on accepter que la langue de travail ne soit pas le français à la Banque Nationale et chez Bombardier ? Comment peut-on accepter que de gros bonnets d’une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec ne puissent s’exprimer en français ? Comment peut-on accepter les nominations par le gouvernement fédéral d’un vérificateur général unilingue, de deux juges à la Cour suprême qui ne sont pas bilingues, et du responsable des communications du premier ministre Stephen Harper qui ne parle pas français ?

Le directeur général des Montreal Canadians, Pierre Gauthier, ulcéré des questions des médias portant sur l’unilinguisme de son nouvel entraîneur-chef, a eu cette sidérante réponse : « une langue, ça s’apprend ».

Apprendre le français ! On a aussi entendu ce vœu pieux de tous ces unilingues anglophones embauchés par la Banque Nationale et la Caisse de dépôt et placement. Apprendre le français, c’est exactement ce qu’ont promis de faire les deux nouveaux magistrats de la Cour suprême et le vérificateur général du Canada. L’entraîneur-chef Cunneyworth s’est aussi engagé à s’y mettre…

Tiens, une suggestion : on devrait donner une amende à tous ces unilingues anglophones qui une fois en poste disent qu’ils vont apprendre le français.

Soyons réalistes ! Il est trop tard pour eux ! S’ils avaient vraiment de l’intérêt pour le français, pour faire progresser leur carrière, ils auraient pris des cours bien avant.

Randy Cunneyworth a été embauché en juin 2010 par The Montreal Canadians pour diriger son équipe-école de la Ligue américaine à Hamilton. Pourquoi ne s’est-il pas alors familiarisé avec la langue française ? Ce ne sont pas seulement les joueurs qui sont rappelés des mineures pour se joindre au grand club ; les entraîneurs aussi graduent parfois. Autant se préparer tout de suite, aurait dû se dire Cunneyworth. Il ne l’a pas fait. Parce que comme bon nombre de Québécois, s’est-il sûrement dit, ce n’est pas important.

Cet autre épisode linguistique déchaîne les anti-Québécois ailleurs au Canada. Ils nous salissent à la radio, sur internet, dans les blogues, les médias sociaux. Tout ça parce que des Québécois se tiennent debout en exigeant que le porte-parole d’une institution comme le Canadien soit capable de leur parler dans leur langue.

Est-ce trop demander, en 2011, que les Canadiens ailleurs au pays comprennent notre attachement pour notre langue ? Peuvent-ils accepter que nous voulions la conserver à tout prix ? Comment réagiraient-ils s’ils étaient dans nos souliers ?

On dit que gagner, ce n’est pas tout. Mais se faire respecter en tant que francophone, ça devrait être au cœur des préoccupations de tous les Québécois. Sinon, c’est la reddition des colonisés.

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Jeudi 15 décembre 2011 | Mise en ligne à 16h41 | Commenter Commentaires (17)

La merde des libéraux

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Donnons raison à Stephen Harper: jamais le Canada n’aurait dû signer le protocole de Kyoto. Pas tant pour le fond de l’affaire — le premier ministre reconnaît que la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) représente un enjeu majeur pour l’humanité —, mais plutôt pour la forme. Comment le Canada, se demande M. Harper, a-t-il pu s’engager dans les années 90 à réduire ses GES sans pour autant mettre en place des mesures concrètes pour y arriver?

Les conservateurs n’ont jamais été des champions de la cause environnementale. Certains d’entre eux remettent même en question les conclusions de la communauté scientifique voulant que la température de la Terre se réchauffe à une vitesse alarmante. Cela dit, M. Harper frappe en plein dans le mille en blâmant les derniers gouvernements libéraux pour leur inertie à s’attaquer sérieusement aux GES produits au Canada. «Ils n’ont rien fait», les a-t-il accusés cette semaine à la Chambre des communes alors que les partis de l’opposition attaquaient sa formation politique pour son abandon de Kyoto.

Ce n’est pas la première fois qu’un premier ministre montre du doigt l’administration précédente pour expliquer un problème présent. C’est l’une des stratégies préférées des ministres des Finances partout dans le monde. Sauf que dans le cas du protocole de Kyoto, on ne peut nier que les libéraux fédéraux aient dormi au gaz.

Le protocole de Kyoto a été signé le 11 décembre 1997 par 168 pays, dont le Canada. Son objectif était de réduire de 5,2 % les émissions de six gaz qui provoquent l’effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, dioxyde d’azote et trois substituts des chlorofluorocarbones) sur la base des niveaux enregistrés en 1990. Cet objectif devait être atteint entre 2008 et 2012.

On a attendu quelques années avant que le protocole n’entre en vigueur, soit le 16 février 2005. Ça devait laisser assez de temps aux pays pour se préparer. Certains ont créé des programmes d’aide aux entreprises (subventions, crédits d’impôt et toutes sortes d’incitatifs fiscaux) pour les encourager dans la recherche et le développement de technologies et de moyens pour réduire la production de GES. D’autres ont imposé de nouvelles normes antipollution à leurs entreprises en plus de fixer des cibles à atteindre selon le secteur industriel (transports, extraction des ressources naturelles, etc.).

Le Canada n’a fait ni l’un, ni l’autre. Personne ne s’étonnera que non seulement le plus meilleur pays au monde n’a pas atteint ses objectifs de réduction de GES, le Canada les a plutôt augmentés de 20 %…

Le Canada passait pourtant pour le champion de la lutte aux GES. Les libéraux, alors menés par Jean Chrétien et Paul Martin, se sont allégrement vantés d’avoir entériné le protocole de Kyoto. On a même eu une belle conférence internationale à Montréal où notre ministre de l’Environnement d’alors, Stéphane Dion, s’est attiré les éloges de plusieurs pays et des groupes environnementaux pour avoir réussi à sauver l’accord.

Bref, les libéraux faisaient de belles relations publiques à l’international, mais étaient totalement absents du terrain national. Le Canada paie encore le prix aujourd’hui de leur manque de planification pour préparer le pays à respecter ses engagements pris devant la communauté internationale.

On l’a dit, les conservateurs font peu de cas des GES. On ne s’attend à rien d’eux pour les réduire. L’incompétence des gouvernements libéraux leur donne une belle porte de sortie pour faire fi de leurs responsabilités environnementales.

Il y a pire: le réchauffement de la planète va créer au Canada des occasions d’affaires extraordinaires, entend-on dans le milieu des affaires. La fonte des glaces dans le Grand Nord canadien est déjà perçue par des sociétés pétrolières, gazières et minières comme une bonne chose. La neige fondue, le sol aussi, elles pourront exploiter avec moins d’encombres les richesses du sous-sol nordique.

Les températures en hausse feront également en sorte que la navigation sera chose possible dans le Nord canadien. Parions que le gouvernement fédéral donnera les coudées franches aux entreprises pour développer le Nord au détriment de l’environnement.

Si les conservateurs ont agi comme de «petites merdes» dans ce dossier, comme le prétend le député libéral Justin Trudeau, peut-on s’entendre que les libéraux nous ont laissés dedans?

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