Le Grand Parleur

Archive, novembre 2011

Vendredi 25 novembre 2011 | Mise en ligne à 9h02 | Commenter Un commentaire

Prendre le temps de créer

Une magnifique vidéo à visionner pour ceux et celles — les patrons surtout — qui exigent des résultats en peu de temps.

Merci à Isabelle pour le lien.

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Mercredi 16 novembre 2011 | Mise en ligne à 16h34 | Commenter Commentaires (26)

Se méfier de la SQ

Image 2

Des municipalités québécoises, qui cherchent par tous les moyens d’économiser de sous, songent à fermer leur service de police et faire appel à la Sûreté du Québec. La proposition est alléchante: Québec défrayera 43 % des coûts de la SQ.

La police coûte cher: les salaires des policiers et de leurs patrons, leurs avantages sociaux, leurs équipements, les véhicules, les postes de police, etc. D’où l’intérêt des municipalités d’abandonner les uniformes bleus au profit du kaki de la SQ.

Une nouvelle loi québécoise à l’étude, le projet de loi 31, donnerait la possibilité aux villes de 50 000 habitants et plus de recourir aux services de la SQ.

Une loi similaire, adoptée en 2001, offrait le même choix aux villes de 50 000 et moins. Il faut cependant dire que le gouvernement leur avait forcé la main. Ou bien elles investissaient beaucoup d’argent pour doter entre autres choses leur corps de police de services d’enquête et d’équipements très dispendieux, ou bien elles mettaient la clé sous la porte de tout ça et passaient un appel aux gens de la SQ.

C’est ce que plusieurs municipalités, après de savants calculs, ont fait. De 109 corps de police municipaux en 2002, il n’en reste plus que 33, selon les données du ministère de la Sécurité publique.

Plusieurs municipalités regrettent aujourd’hui d’avoir sauté dans le bateau de la SQ. Suffit de se rendre à n’importe quelle assemblée municipale, dans n’importe quelle municipalité qui jadis avait son corps de police, pour se rendre compte que les citoyens, et les élus, ne sont pas satisfaits des services rendus par la SQ. Vraiment pas satisfaits.

Dans cette mer de critiques, les gens ne remettent pas en question la compétence des policiers de la SQ. Non. Ils se demandent simplement où ils sont. Bonne question.

On sait cependant où se trouvent les policiers de la Ville de Bromont. Partout. Malgré sa petite taille (7396 résidants), Bromont demeure une des seules «petites» municipalités qui a conservé son service de police. La mairesse Pauline Quinlan s’en félicite chaque jour. «On a fait un choix et on a fait le bon choix», m’expliquait-elle hier soir en marge de l’assemblée des maires de la MRC de Brome-Missisquoi.

Difficile d’imaginer que Mme Quinlan puisse regretter son choix. Son travail l’amène à travailler avec ses 20 autres collègues de la MRC dont les municipalités sont toutes desservies par la SQ. Ils pestent souvent contre la SQ. On peut parier un petit 2 $ qu’ils envient tous la mairesse de ne pas avoir cédé.

En 2010, le service de police de Bromont, qui compte 19 policiers, a coûté 2,9 millions de dollars à la Ville. Ça en vaut la peine, assure Mme Quinlan. Pour une foule de raisons: visibilité des policiers, rapidité d’intervention, respect des limites de vitesse — c’est sûrement l’un des endroits dans tout le Québec où les automobilistes sont les plus disciplinés. On comprend les gens de faire gaffe: l’an dernier, les policiers bromontois ont distribué pour 400 000 $ de contraventions. Disons que leur vigilance permet d’amortir ce qu’ils coûtent à la Ville.

Pendant ce temps-là, la Ville de Lac-Brome est nostalgique. Elle a abandonné son corps de police en 2001, trop cher à maintenir.

Bonne décision? Voyons voir. Coûts en 2010 de Lac-Brome pour les services de la SQ (qui ne garantit aucunement qu’une auto-patrouille soit sur son territoire en tout temps): 1 948 000 $.

C’est une facture indécente pour une municipalité, aussi riche soit-elle, avec une population de 5686 habitants.

Un dernier point. Québec financera-t-il toujours 43 % des coûts de la SQ, s’interroge Mme Quinlan.

Excellente question. Surtout que la loi interdit aux municipalités insatisfaites de remercier la SQ et de repartir leur service de police ou d’être desservies par des services municipaux de police limitrophes. Appelons ça des clients… captifs.

Si on ne parlait pas de la SQ, tout ça ressemblerait à une forme d’escroquerie!

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Jeudi 10 novembre 2011 | Mise en ligne à 14h57 | Commenter Commentaires (16)

Courageux et malhabile

Photo Bonnardel

On doit saluer le courage de François Bonnardel de remettre en question le versement de milliers de dollars aux Innus de Mingan parce qu’Hydro-Québec construit un barrage hydroélectrique sur la rivière Romaine, sur leurs terres. Dans une communauté aux prises avec des problèmes d’alcoolisme, de consommation de drogues et de jeu compulsif, était-ce la bonne chose à faire, se demande avec raison le député de Shefford.

En vertu d’une entente en 2009 entre Hydro-Québec et cette communauté autochtone de la Côte-Nord, la société d’État a versé 5 millions de dollars dans un fonds spécial pour financer des projets pour «la réalisation de projets à caractère économique, récréotouristique, social et culturel». De cette somme, elle a laissé aux élus de Mingan un montant de 2,4 millions de dollars à dépenser de manière discrétionnaire. Ils ont opté pour la distribuer aux quelque 500 membres de leur communauté. Les jeunes ont reçu deux chèques de 1500 $, les adultes deux chèques de 3000 $.

Une grave erreur, estime M. Bonnardel. «Il faut aider ces communautés», a-t-il affirmé la semaine dernière à l’Assemblée nationale où le député de l’ADQ interrogeait le gouvernement sur cette affaire. «Et ce n’est certainement pas en leur disant: “Faites ce que vous voulez avec l’argent, nous, on s’en lave les mains, on s’en fout.” C’est immoral.»

Immoral, en effet. Très malhabile aussi de la part d’Hydro-Québec d’avoir permis une chose pareille. On aurait facilement pu attacher quelques conditions à l’octroi de cette compensation financière, sans tomber dans le paternalisme d’un organisme étatique dirigé par des Blancs qui dictent aux autochtones quoi faire.

Mais revenons aux chèques. Plusieurs Innus ont sûrement utilisé l’argent à bon escient pour améliorer leurs conditions de vie. Mais on n’a pas besoin d’un doctorat en sociologie pour imaginer que d’autres pourraient s’être servis de leur «subvention» pour sombrer encore davantage dans leurs problèmes. C’est le genre de choses qui peut survenir dans une communauté autochtone où 40 % des gens ont des problèmes de toxicomanie et d’alcoolisme et 30 % ont des problèmes de jeu compulsif, selon des données relevées par Hydro-Québec elle-même.

Les comparaisons sont souvent boiteuses, mais il est bon de se rappeler qu’Hydro-Québec s’est montrée beaucoup plus directive avec son programme de compensations des municipalités qui n’ont rien pu dire du passage de la ligne Hertel-des Cantons sur leur territoire au début des années 2000. Les municipalités devaient présenter des projets très précis pour obtenir des subventions.

Plusieurs d’entre elles ont utilisé l’argent pour construire des pistes cyclables, des terrains de jeux et de sports. Le but du programme de compensation d’Hydro-Québec était que toutes les communautés visées puissent profiter des projets réalisés. En ce sens, le programme a été une réussite.

Ce ne sont pas les besoins qui manquent dans les communautés autochtones. L’argent des compensations auraient pu servir pour une foule de choses: de l’aide aux jeunes pour terminer leurs études secondaires (embauche de psychoéducatrices, d’orthophonistes, d’orthopédagogues, etc.), des bourses pour qu’ils entreprennent des études collégiales et universitaires, des programmes de lutte à l’analphabétisme, lutte à l’alcoolisme, à la toxicomanie, au jeu compulsif.

Racistes les propos de François Bonnardel? Non. Un peu malhabiles, peut-être. Cela dit, peut-on vraiment contester le fond de son message? Et peut-on, comme le font des ministres libéraux qui réclament des excuses du député, chercher à faire diversion pour faire oublier la bourde d’Hydro-Québec?

Toute vérité n’est pas bonne à dire, dit le proverbe. Clairement, ce n’est pas le cas ici.

photo Alain Dion

Merci de débattre sur un ton respectueux.

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