Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
  • Lire la suite »

    Partage

    Jeudi 13 octobre 2011 | Mise en ligne à 22h55 | Commenter Commentaires (8)

    Les terres des maires

    Image 1

    On peut toujours compter sur des maires de banlieue pour empêcher les choses de tourner rond. Quelques maires des Laurentides plaident pour le dézonage de terres agricoles afin de pouvoir assurer le développement de leur municipalité. Dit autrement, ils veulent avoir les coudées franches, n’avoir de permission à demander à personne, pour continuer de construire des quartiers résidentiels, des parcs industriels, des centres commerciaux.

    Cette nouvelle offensive pour transformer des terres agricoles en zones urbanisées s’est transportée ces dernières semaines dans les audiences publiques organisées par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et qui portent sur le Plan métropolitain d’aménagement et de développement. Le PMAD, pour faire court, est le plan que se donnera la CMM lors des 20 prochaines années pour planifier comment elle accueillera de nouveaux habitants. Plusieurs recommandations reposent sur une approche de développement durable.

    Les maires des Laurentides ont de grosses réserves concernant le plan de match proposé. Ils s’opposent énergétiquement au gel de demandes de dézonage de terres agricoles pour les cinq premières années du PMAD. Injuste, soutiennent-ils, puisque cela les empêchera de croître, leur territoire ne comptant presque plus de terrains en zone blanche (là où la construction est permise). Accepter un tel moratoire, craignent-ils, freinerait leur développement, fort soutenu depuis deux décennies, soit dit en passant.

    Ils ont probablement raison. Le problème, c’est que leur analyse ne tient pas compte de l’intérêt collectif.

    La démographie de la grande région de Montréal augmentera lors des 20 prochaines années. L’Institut de la statistique du Québec estime qu’au cours de cette période, 320 000 nouveaux ménages (530 000 personnes) s’installeront dans ce vaste secteur qui englobe tout ce qu’on peut compter de municipalités dans le quadrilatère que forment St-Jean-sur-Richelieu, Sorel-Tracy, Mirabel et Salaberry-de-Valleyfield. Il est logique de croire que la très grande majorité de ces gens travailleront à Montréal.

    Une planification est donc cruciale pour les accueillir tout en limitant les conséquences sur le réseau routier et l’environnement et pour améliorer l’offre de transport en commun. Le plus simple, économique et logique: encourager ces nouveaux ménages à s’installer le plus près possible de leur emploi.

    Pour y arriver, les experts consultés par le CMM recommandent de densifier les zones urbaines existantes. Ça veut dire que les municipalités devront bâtir sur les terrains déjà disponibles en zone blanche. On veut ainsi éviter que des quartiers ne poussent ici et là sans réel plan de développement.

    Les avantages de cette approche sont importantes: accès à des réseaux de transport en commun déjà existants, réduction du nombre de véhicules sur les routes, baisse des émissions de gaz à effet de serre.

    Les maires des Laurentides n’ont pas vraiment tort d’accuser les élus montréalais de mettre des bâtons dans les roues de leur développement. Cependant, ils font fi d’une réalité évidente: l’étalement urbain coûte des milliards de dollars aux contribuables.

    Dès qu’un ménage dont les membres travaillent à Montréal choisit de s’installer en banlieue, ça engendre des coûts pour la société: construction de routes, de ponts, d’hôpitaux, d’écoles. Ça ne s’arrête pas là. Ensuite, le contribuable doit payer pour de nouvelles infrastructures d’aqueduc et d’égout, des arénas, des terrains de jeux, de soccer, des centres communautaires. Et qu’importe que des subventions soient versées pour payer tout ça; on oublie que ces subventions sont financées par les citoyens de tout le Québec.

    Il faut mettre fin à cette folie en mettant en place un véritable plan de développement économique qui se veut durable. C’est ce qu’essaie de faire la CMM.

    On ne peut certainement pas se fier aux maires de banlieue pour reconnaître l’urgence d’un tel changement de philosophie. La planification désordonnée de leur municipalité depuis 20, 30 ans s’est faite au prix du sacrifice de très bonnes terres agricoles.

    Hormis les maires des Laurentides, une seule organisation croit qu’il faut continuer d’empiéter sur les terres agricoles pour faire place au progrès: l’Association provinciale des constructeurs d’habitation du Québec.

    Est-ce cela qu’on appelle un conflit d’intérêts?

    photo archives La Presse


    • À tous les jours on se fait rabattre les oreilles pour que l’on planifie notre sécurité monétaire pour l’avenir.

      Quand les Ti-Jos connaissants qui nous dirigent planifieront-ils l’avenir nutritionnel de la communauté?

      C’est ça, détruisez tous sur votre passage pour ériger des immeubles en béton, forer des puits de gaz!

      Ça rapporte de l’argent mais un jour, nous en paierons le prix fort.

      Encore une fois, les Dieu Argent et Ego ont parlé!

      Pour une fois, faites donc travailler vos méninges pour régler intelligemment les problèmes!

      Les terres agricoles du Québec devraient être protégées jalousement et ce, sans contremis.

    • Bonjour,

      Votre texte contient tellement de mensonges, d’inexactitudes et d’erreurs de faits que ca en est aberrant de le voir en ligne sur ce site. Faute de temps, je me contenterai de ne soulever que les principaux:
      “Quelques maires des Laurentides”
      Il s’agit de 3 MRC des Laurentides et de deux de la région voisine, Lanaudière. Quelques centaines de milliers de personnes de plus…

      “plaident pour le dézonage de terres agricoles”
      En fait ils plaident pour le maintien de leurs compétences actuelles en matière d’aménagement du territoire”

      “ils veulent avoir les coudées franches, n’avoir de permission à demander à personne, pour continuer de construire des quartiers résidentiels, des parcs industriels, des centres commerciaux”
      Rien de plus faux. Il existe la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) qui exerce cette compétence de très bonne façon. Ils demandent de ne pas ajouter une couche bureaucratique de plus par dessus.

      “Cette nouvelle offensive pour transformer des terres agricoles en zones urbanisées.”
      Les représentations visent le maintien des compétences actuelles des MRC métropolitaines.

      “Ils ont probablement raison. Le problème, c’est que leur analyse ne tient pas compte de l’intérêt collectif.”
      Ils font parti du collectif… La couronne nord de Montréal est une constituante de la Communauté métropolitaine de Montréal et paie des factures considérables à la Ville centre.

      “Il est logique de croire que la très grande majorité de ces gens travailleront à Montréal.”
      Avec le plan actuel qui est centré sur l’unicentrisme vers MTL vous avez raison. Le développement polycentrique qui a fait le succès économique de bien des métropoles permettrait quant à lui tellement autre chose.

      “les experts consultés par le CMM”
      Il y a des experts en faveur de l’approche de la CMM et d’autres beaucoup plus mitigés.

      “Les maires des Laurentides n’ont pas vraiment tort d’accuser les élus montréalais de mettre des bâtons dans les roues de leur développement”
      Bonne idée, plutôt que de se dynamiser pour essayer de remonter le classement catastrophique de la CMM au niveau économique (32/33), mettons des bâtons dans les roues de nos secteurs de la CMM qui se portent bien.

      “Dès qu’un ménage dont les membres travaillent à Montréal choisit de s’installer en banlieue, ça engendre des coûts pour la société: construction de routes, de ponts, d’hôpitaux, d’écoles. Ça ne s’arrête pas là. Ensuite, le contribuable doit payer pour de nouvelles infrastructures d’aqueduc et d’égout, des arénas, des terrains de jeux, de soccer, des centres communautaires.”
      Vous oubliez de dire que le citoyen qui ne peut plus s’installer dans la Couronne nord, donc dans la CMM n’aura pas plus les moyens et le goût de vivre sur l’Ile… l’histoire nous démontre qu’il s’installe dans une seconde et une troisième couronne, qui elle ne contribue pas financièrement à la CMM et qui surtout génère des besoins de services bien plus éloignés.

      “Il faut mettre fin à cette folie”
      Parmi les 33 agglomérations comparables en Amérique du nord, notre CMM se classe en tête de peloton à 3 niveaux: la densité, la protection du territoire agricole et le transport collectif. Pour ce qui est de la création de richesse, nous somme 32e sur 33…. mais ca oublions ça et continuons de travailler sur la même chose.

      “La planification désordonnée de leur municipalité depuis 20, 30 ans s’est faite au prix du sacrifice de très bonnes terres agricoles.”
      Depuis 2001 sur la Couronne nord de Montréal, 1/4 de 1% des terres agricoles ont été dézonés pour l’urbanisation. Durant cette période, la population a considérablement augmentée… si ca ce n’est pas de la densification, je me demande bien ce que c’est.

      “Hormis les maires des Laurentides, une seule organisation croit qu’il faut continuer d’empiéter sur les terres agricoles pour faire place au progrès: l’Association provinciale des constructeurs d’habitation du Québec.”

      Également tellement faux
      Plusieurs autres organisations remettent le projet de PMAD en question en tout ou en partie: Chambres de commerce, cégep, centre de recherche en agriculture, SADC, CRE, CLD et plusieurs autres. Même le Gouvernement du Québec, dans son avis formel, remet en question de nombreux éléments notamment méthodologiques.

      La morale de cette histoire, avant de vomir votre opinion en ligne, renseignez-vous donc sur les faits svp.

      Marie-Chantal Bouchard

    • Cher Mme Marie=Chantal Bouchard

      J’ai une petite question pour vous, où le modèle de développement polycentrique fut implanter et peut-il servir d’exemple pour ce qu’on peut faire pour Montréal? L.A.?

      J’aimerais aussi remettre en contexte le fait que Montréal soit la ville la plus densifié en Amérique. C’est un fait mais Montréal le doit beaucoup plus au fait que c’est la plus vieille grande ville d’Amérique, donc beaucoup plus dense.

      J’aimerais que vous m’expliquiez le lien que vous faites entre l’étalement urbain et la croissance économique. En effet vous dites que nous sommes les plus dense mais les moins performant économiquement comme si l’un était relié à l’autre.

      Autre question, les villes et les MRC dissidentes, représentent quel pourcentage de l’agglomération Montréalaise?

      Vous avez des droits très bien les Montréalais aussi, dont celui de choisir de vivre en ville et de ne pas se faire ensevelir par un flot de voiture qui augmentent année sur année.

      Bernard Théroux
      Hochelaga

    • “Le développement polycentrique qui a fait le succès économique de bien des métropoles “…
      Succès basé sur un modèle destructif et pour lequel il y aura un prix à payer un jour. Votre jupon dépasse, je dirais même que c’est la garde robe au complet que l’on voit ici.
      Une petite étude de L’IEDM ou de L’Institut Fraser avec ça ?

      Pierre Denis

    • «Le problème, c’est que leur analyse ne tient pas compte de l’intérêt collectif.»

      Exactement!

    • @ pamaxim

      Message intéressant qui apporte à la discussion à mon avis. J’ai cependant quelques questions et commentaires:

      «Depuis 2001 sur la Couronne nord de Montréal, 1/4 de 1% des terres agricoles ont été dézonés pour l’urbanisation. Durant cette période, la population a considérablement augmentée… si ca ce n’est pas de la densification, je me demande bien ce que c’est.»

      J’aimerais bien savoir d’où vous tenez vos chiffres? Ce sont des chiffres qui couvrent 2001 jusqu’à quand? Le dézonage s’est fort probablement fait au dehors de cette période. Le 0,25% peut alors se transformer en bien plus que cela. Aussi, ce qui compte ce n’est pas la proportion de terres zonées agricoles qui est perdue mais ce qui reste. En effet, l’inverse (zoné non agricole vers agricole) n’existe pratiquement jamais. Ce qui fait que le potentiel de terres agricoles ne fait que diminuer, lentement mais surement.

      Pour ce qui est de la densification, je vais vous dire de quoi il en ressort. Il n’y en a pas beaucoup pour la simple et bonne raison que le développement (urbain, agricole, etc.) s’est fait au détriment des milieux naturels. Je sais de quoi je parle, je suis originaire de la Rive-Sud. Pour vous en convaincre, vous n’avez qu’à regarder les images satellites de Google maps. Dans la grande région de Montréal, pour les surfaces terrestres, j’estime qu’il reste approximativement 15% de milieux naturels. C’est à peine mieux pour les régions de la Montérégie et la vallée du Saint-Laurent.

      Le pire, c’est que les images sur google maps datent probablement de quelques années et que ça diminue encore.

    • Les municipalités qui s’étalent retirent les revenus des taxes de ces nouvelles construction mais n’ont aucunement à assumer toutes les autres dépenses liées à ces développements puisqu’elles relèvent du gouvernement : construire ou agrandir des écoles, des CPE, des antennes de CLSC, ajouter du transport scolaire ou collectif, améliorer et élargir des routes. L’État se trouve ainsi à récompenser l’étalement urbain.

      Un jour, il faudra que les élus locaux et les collectivités soient totalement responsables des conséquences de leurs décisions. Que le pallier local (ville ou commission scolaire) soit tenu de fournir les locaux (écoles, CPE, CLSC) et que les ministères ne fournissent que les services. On verra alors s’il y aura encore autant besoin de dézoner des terres agricoles !

      Certains villages en voie de dévitalisation ont sauvé leur école en reprenant l’immeuble en main. Ils ont gardé des classes actives, utilisé des locaux pour des services municipaux ou des activités communautaires et des équipements comme la bibliothèque ou le gymnase, sont devenus accessibles à tous.

      Cela force les décideurs locaux à faire un usage multifonctionnel de ces édifices (inoccupés presque trois mois par année) alors que, présentement, des commissions scolaires doivent se départir de certaines écoles (bâties à coup de millions dans des quartiers résidentiels) lorsque la clientèle décline, après parfois seulement 10 à 12 ans.

      Vivre en banlieue est un choix personnel (et local) ; alors les conséquences et les coûts devraient l’être aussi.

    • Je me souviens avoir consulté, voilà quelques années, le plan de développement de ma ville d’origine. Ah que c’était rassurant de voir des zones “agricole exclusive”, “agricole perpétuelle”, “réserve nature”, “zone conservée”, etc. De beaux mots poétiques. Toutefois, le zonage municipal ne semble pas être autre chose que des bonnes intentions passagères. Il s’est construit des quartiers entiers dans ces zones soi-disant “perpétuelles”.

      D’ailleurs, municipalités utilisent l’arme fiscale pour expulser les agriculteurs. La recette est simple: vous passez les services sur les rangs et montées agricoles (égouts, pluviaux, aqueduc, pavage, voire même des pistes cyclables, trottoirs, lampadaires, autobus), puis agumentez à des niveaux astronomiques le taux de taxation. Les agriculteurs fuient, les terres sont vendues à la va-vite et on fait de bonnes affaires avec les copains entrepreneurs ou notaires (qui se permettent même parfois de spéculer). Un quartier se développe. (J’ai constaté ce stratagème à plusieurs reprises à Mont-Saint-Hilaire, où l’on a rasé 5 vergers en 2 ans à cause de pressions fiscales suivant l’ajout d’infrastructures en milieu agricole.)

      Bref le zonage agricole devrait être un engagement territorial et fiscal de la part des municipalités; cet engagement devrait être solidement encadré par le MAMROT, qui ne semble pas prendre son rôle au sérieux (une vraie passoire).

      Voir l’affaire des “zones protégées” qui disparaissent mystérieusement à Mascouche (quoi, personne ne se souvient si la zone 501 a déjà été “verte”? c’est une joke?). Quand les villes attirent des nouveaux résidents avec un gros boisé naturel, puis mettent la hache dedans pour construire des semi-détachés, on se rend compte que c’est vraiment n’importe-quoi le zonage. (Voir l’affaire de la zone 501 à Mascouche)
      http://www.letraitdunion.com/Vie-municipale/Mascouche/2011-07-19/article-2665492/La-zone-501-du-Coteau-est-ouverte-au-developpement-a-Mascouche/1

      L’étranglement des parcs et des zones vertes est aussi une stratégie utilisée pour le dézonage. La muncipalité construit des quartiers tout autour d’un boisé ou d’un milieu humide, puis rogne graduellement. Dans certains cas, il y a assèchement de la zone ou déclin du milieu naturel… quand ce n’est pas un ruisseau qu’on canalise en amont ou qu’on détourne pour faire pourrir un étang. Un boisé ainsi encerclé se retrouve donc propulsé du jour au lendemain en “zone urbaine”, avec justifications à l’appui. Hop, on bétonne.

      Finalement, l’argument économique. Depuis quand un boisé ou une forêt nécessite des millions de dollars pour sa “conservation”? C’est pourtant l’argument avancé par les promoteurs et les autorités municipales pour raser certains espaces verts, alors qu’il suffirait de ne pas y toucher! D’autres arguments s’y ajoutent: le boisé ou le milieu humide n’est pas exceptionnel, il n’est pas unique, il est mal situé, etc. Le promoteur se présente en bon citoyen corporatif, promet de conserver une partie de la zone, promet une piste cyclable ou quelques petits parcs, etc. Et on sort alors un joli mot fort hypocrite: “valorisation”.

      Jasez un peu avec le journaliste Gilles Bordonado, monsieur Laliberté, vous allez voir que les entourloupes de zonages sont aussi courantes (sinon plus?) sur la rive-nord qu’à Granby!

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    avril 2014
    L Ma Me J V S D
    « mar    
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    282930  
  • Archives

  • publicité