Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Mardi 23 août 2011 | Mise en ligne à 18h31 | Commenter Commentaires (7)

    Les miracles du clapet

    Image 1

    Reçu hier la lettre de la Ville de Granby m’annonçant qu’elle ne se considère pas responsable des deux refoulements d’égout dans le sous-sol de ma propriété survenus les 22 et 26 juillet. Les 445 autres citoyens qui réclament des dédommagements ont eu la même réponse. Pas de surprise puisque le maire avait affirmé jeudi dernier en conférence de presse que les deux averses subites et intenses étaient l’œuvre du Créateur.

    Le dernier paragraphe de la missive est cependant intéressant. Sur un ton frôlant la moralisation, la Ville rappelle que les propriétés doivent être munies de clapet pour prévenir les refoulements d’égout, comme l’exige sa réglementation. Elle laisse ainsi entendre que des propriétaires ont fait preuve de négligence en n’équipant par leur maison de clapet. Ce dispositif aurait empêché leur sous-sol de se transformer en lac intérieur, comprend-t-on entre les lignes.

    La vérité est que les maisons de plusieurs sinistrés étaient munies de clapet. Certaines, comme celle d’une propriétaire de la rue Laval Sud, en disposaient même de trois (un pour le drain de plancher, un autre pour la sortie de la laveuse, un autre pour la toilette). Efficace, le clapet? Un énorme conteneur se trouvait encore la semaine dernière dans l’entrée de la dame; elle n’avait pas encore terminé le ménage de son sous-sol. Clapet, vous dites?

    Devant des sinistrés hier soir, lors de l’assemblée du conseil, le maire Richard Goulet s’est dit désolé de leur sort. Il a affirmé que la Ville investissait des millions de dollars chaque année pour moderniser son réseau de tuyaux souterrains, blâmant indirectement les anciennes administrations pour leur chiche philosophie en cette matière. Mais la Ville, a-t-il expliqué, ne peut les dédommager puisqu’elle administre l’argent de l’ensemble des contribuables granbyens. Offrir des dédommagements équivaudrait à un manque d’équité envers les autres payeurs de taxes, a indiqué M. Goulet en substance.

    Le même argument peut être vu par l’autre lorgnette: les sinistrés paient les mêmes taxes, mais ne profitent pas de la même qualité d’infrastructures que les autres citoyens. Ne serait-ce pas là également un manque d’équité?

    Malgré ce que la Ville affirme, elle est responsable de ses infrastructures. Elle doit veiller à leur entretien, s’assurer que les travaux correctifs soient exécutés et surtout planifier efficacement leur modernisation. Si les propriétaires ont des responsabilités, la Ville en a aussi. Elle devrait être responsable de payer pour les pots cassés.

    Ça nous amène au fameux rapport de Teknika-HBA. La firme d’ingénierie, au terme d’une analyse du réseau d’égout, a dressé en 2009 la liste des endroits où la Ville doit intervenir en priorité. Les trois premières rues nécessitant des travaux prioritaires: Notre-Dame, Robinson Sud et Laval Sud. Aucune des trois, où se trouvent plusieurs propriétés inondées, n’apparaît dans le Plan triennal d’immobilisations 2011-2013.

    À quoi servent les études si on ne les utilisent pas, demandait avec acuité le conseiller Pascal Bonin aux lendemains des deux averses.

    La Ville ne s’est toujours pas expliquée sur cette étude qu’elle a commandée.

    Profitons-en pour féliciter les sinistrés. Ils ont su s’exprimer avec civisme hier soir lors de l’assemblée du conseil, malgré leur stress, leurs pertes financières importantes et l’inquiétude qui les ronge chaque fois que le ciel s’assombrit.


    • Ville aux multiples fontaines et parsemée aussi de multiples clapets mais l’important pour les toutrisques serait de voir l’ Act Of God dans une section du zoo. Au fait, l’ont-il déjà capturé ?!

    • Desolee pour vous tous… N’y a-t-il pas une compagnie d’assurance privee qui assure les refoulement d’egout? Je crois que c’est Allstate….

      Mais comme solution presente, ne serait-ce pas possible de prendre un recours legal contre la ville? Surement…

      La negligence de la ville sachant qu’un probleme existait… Un bon juge verra…

      Adressez-vous collectivement au niveau provincial et a la cours du Quebec…

      Et demandez la demission du maire de la ville….

      Bon recours…

      Louise D.

    • Le clapet n’est pas 100% infaillible – il faut le vérifier de temps à autre – mais en général, il empêche efficacement les refoulements. Lors de refoulements sur ma rue, mes voisins avaient un mètre d’eau dans leurs sous-sol tandis que moi je n’avait qu’une petite flaque sans conséquences autour du drain de plancher.

      Trois clapets en parallèle au lieu d’un seul sur l’égoût principal augmente les risques d’innondation. La défaillance d’un seul clapet suffit pour laisser entrer l’eau.

      Par contre, aucun clapet – même celui de M. Bonin – n’est en mesure d’endiguer l’incompétence crasse d’une administration municipale.

    • «La Ville ne s’est toujours pas expliquée sur cette étude qu’elle a commandée.»

      Si vous avez cette étude entre les mains, pourquoi vous, ou un autre journaliste de votre quotidien, ne confrontez pas notre maire et le conseil avec cette donnée? Pourquoi ne pas avoir confronter le maire avec les propos du conseiller Bonin? Pourquoi avoir accepté d’attendre 1 mois avant que le maire daigne faire une conférence de presse pour informer la population?

      Croyez-vous vraiment que le maire va vous téléphoner de son propre chef pour vous dire: «Oups! On a pris des mauvaises décisions. Désolé!»

      Je ne comprends pas comment vous et vos confrères et consoeurs peuvent se contenter d’un simple «pas de commentaire», de banales excuses ou des beaux chiffres garrochés sans savoir d’où ils proviennent et que vous n’avez jamais de questions plus poussées pour tenter de faire sortir nos élus de leur zone de confort. Pour moi du journalisme, c’est plus que de rapporter les paroles comme un vulgaire perroquet.

      Dans le cas du tunnel Ville-Marie, je n’aurais pas voulu être dans les souliers de Sam Hamad. Pour les refoulements d’égouts à Granby, Richard Goulet doit être en train de se rouler par terre, mort de rire, de voir à quel point ç’a été aussi facile de passer au travers de cet épisode. (Je n’ose pas utiliser le mot «crise», car pour lui ça n’en était pas une.)

      Bonjour M. O’Breham,

      Les questions ont été posées au maire et à la direction générale. Ils ont choisi de ne pas répondre. Je les ramène sur le tapis.

      Cela dit, ils ne sont pas obligés de répondre à nos questions. On s’attend à ce qu’ils assument leurs responsabilités, mais on ne peut leur tordre le bras. C’est aux citoyens à juger de leur mutisme.

      Grand parleur

    • M. Laliberté,

      Merci de votre réponse. Mais pour que les citoyens puissent juger du mutisme de nos élus, encore faut-il qu’ils soient au courant que vous avez posé des questions! Écrivez-le dans vos articles: «Nous avons posé la question au maire, mais il n’a pas voulu répondre.»

      Personnellement, je sais que les choses sont bien différentes derrière les portes closes de ce que l’on veut nous laisser croire; avec le fontionnement du conseil, ça ne peut pas faire autrement. Depuis que je suis impliqué dans ces dossiers municipaux, j’ai discuté avec 4 conseillers ou ex-conseillers qui m’ont confirmé mes craintes face au fonctionnement du conseil. Malheureusement on ne sent pas cette main de fer qui gère notre ville et le peu de réflexion apporté avant de prendre des décisions lorsqu’on lit les articles des journaux locaux.

      En lisant l’article suivant (qui avait fait la première page en disant que Granby était citée en exemple pour la transparence), ça laissait l’impression que Granby est une ville exemplaire à tous les niveaux. Cet éditorial nous rappellait encore comment le maire était heureux de voir sa ville citée en exemple, comme si c’était le résultat de son dur labeur. Or, la transparence à Granby, c’est vrai pour les fonctionnaires et ce, depuis bien avant Richard Goulet, mais pour l’administration Goulet (les élus), on repassera. Il aurait été bien que vous balanciez cet article de façon à ce que les citoyens puissent juger du mutisme de nos élus actuels. Lorsque Richard Goulet «émet des réserves» parce qu’il veut que les prises de décisions restent à huis-clos, c’est le temps de faire des éditoriaux pour dénoncer le mutisme de nos élus.

      Si certains croient que le conseiller Bonin parle beaucoup, dites-vous que ce n’est que la pointe de l’iceberg!

    • Quoi de mieux que le retour de vacances du Grand Parleur pour nous ramener le blogger O’Breham. Délectable de le voir dire au journaliste comment faire leur travail. Je ne pensais pas qu’il avait besoin d’eux avec son blog très courru!
      Concernant sa notion de pointe de l’iceberg, je dirais plus que c’est un petit glacon dans un grand verre d’eau d’INDIFFÉRENCE et qui est en train de fondre…. Il n’a pas encore réalisé que dans sa verve habituelle: les chiens jappent la caravane passe….

    • J’habite une partie de Shawinigan ou que les gens ont des fosses sceptiques. Donc un système complètement fermé et aucun dégats a signaler, même si hier il a mouiller des clous de 6 pouces.

      Juste deux pompes de puisards pour évacuer l’eau qui va dans les “pits”.

      Et quand il pleut a verse faut juste surveiller pour pas manquer d’électricité, sinon la génératrice part et bingo.

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