Le Grand Parleur

Archive, juillet 2011

Jeudi 28 juillet 2011 | Mise en ligne à 18h20 | Commenter Commentaires (20)

La culture du bitume

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Voici un billet qui traitera d’asphalte, plus précisément du culte qu’on lui voue, de planification, ou plutôt d’absence de planification, et de développement durable, en fait de contre-développement durable.

L’idée d’amalgamer tous ces thèmes m’est venue à la sortie de Pascal Bonin contre la Ville de Granby. Le conseiller municipal se demande si la Ville n’est pas un peu responsable des eaux usées qui se sont retrouvées à deux reprises ces derniers jours dans les sous-sols de centaines de maisons dont la sienne.

Le mouton noir du conseil soulève plusieurs bons points.

Pendant que les responsables de la Ville blâment Dieu d’avoir déversé autant de pluie — la théorie du Act of God —, Pascal Bonin croit plutôt qu’elle a fait preuve de négligence lors de la planification des améliorations à apporter à son réseau d’égout. Pour appuyer sa thèse, il exhibe un rapport datant de 2009 préparé par le firme Teknika-HBA.

Le document, commandé par la Ville, dresse entre autres choses la liste des segments d’égout où des travaux d’amélioration sont jugés prioritaires. Les trois premières priorités, y lit-on, sont trois rues qui se trouvent dans le quartier du conseiller Bonin — qui est aussi le mien, je m’en confesse: Notre-Dame, Robinson Sud et Laval Sud.

La rue Robinson Sud est névralgique pour améliorer l’évacuation des eaux usées et des eaux de pluie, souligne le rapport. Ses auteurs recommandent à «court terme» de «planifier la mise en place d’un collecteur sanitaire dans l’axe nord-sud pour permettre éventuellement de détourner les eaux sanitaires (…)» qui arrivent du secteur de la rue Bourget, secteur situé dans le Nord de la Ville. On comprend à la lecture du rapport que toute l’eau (usée et de pluie) captée dans le secteur de Bourget descend par gravité dans le secteur de la rue Robinson Sud.

Malgré la clarté de cette recommandation, signale M. Bonin, aucun projet pour améliorer le réseau d’égout dans le secteur de la rue Robinson Sud n’apparaît dans le programme triennal d’immobilisations (le plan de travail de la Ville pour les trois prochaines années) 2011-2013 de la Ville. «À quoi ça sert de commander des études, si on les tablette?», nous a-t-il dit.

On peut en conclure, croit M. Bonin, que la Ville n’a aucun plan précis pour moderniser son réseau d’égout et que d’autres secteurs ont ainsi été ignorés ces dernières années.

Deux autres observations concernant le secteur Robinson Sud, un des plus vieux quartiers de la Ville: l’usine des Aliments Ultima et la Caisse populaire.

Lorsque la Ville a grenouillé en coulisses pour éliminer le parc Richelieu afin de permettre à Agropur (propriétaire de Ultima) d’agrandir son stationnement, elle a omis de demander à la coopérative laitière de prévoir un bassin de rétention des eaux de pluie.

Résultat: en lieu et place d’un grand parc gazonné pour absorber la pluie, on a maintenant un im-men-se terrain de stationnement tout asphalté.

Dans son excitation de voir la certification LEED (bâtiment vert) collée à son nouveau siège-social de la rue Principale (coin de la rue Laval Sud), les dirigeants de la Caisse Desjardins Granby Haute-Yamaska ont oublié d’amenuiser l’empreinte écologique de leur stationnement.

Résultat: en lieu et place d’une aire extérieure capable de gérer les eaux de pluie, l’im-men-se stationnement de l’établissement n’a aucun bassin pour retenir les eaux de pluie en période de fortes averses.

On pourrait identifier pleins d’autres endroits propices à l’accumulation d’eau de pluie. Ces im-men-ses capteurs d’eau ont ceci en commun que tous leurs puisards la redirigent vers les égouts de la Ville. Voilà de beaux exemples de contre-développement durable.

Cette culture du bitume fait en sorte que dès qu’une averse un peu soutenue tombe, le réseau d’égout, que l’on sait à certains endroits fragiles, à d’autres dépourvu de tuyaux pluviaux, ne peut suffire à la demande. D’où les sous-sols inondés d’eaux usées.

Évoquer l’oeuvre de Dieu ne réglera pas le problème.

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Mardi 26 juillet 2011 | Mise en ligne à 17h53 | Commenter Commentaires (6)

Dieu n’aime pas Granby

Inondation 6

Je dis ça parce que pour la deuxième fois en moins de cinq jours, une forte pluie a causé de gros refoulements d’égout. Les sous-sols de plusieurs maisons ont été inondés. Le rapport entre Dieu et les averses? C’est le directeur général de la Ville, Michel Pinault, qui m’a inspiré le lien en affirmant vendredi dernier que la grosse averse de la nuit précédente qui a causé le chaos au service des travaux publics était un «Act of God». Autrement dit, les personnes sinistrées peuvent bien intenter des recours contre la Ville, mais celle-ci ne peut être tenue responsable, estime M. Pinault. Comme c’est commode!

Bon, je reconnais ici un conflit d’intérêts: je devrai faire nettoyer et désinfecter mon sous-sol par une firme spécialisée pour la deuxième fois depuis vendredi dernier. La première fois, le niveau de l’eau souillée a atteint environ 18 pouces au sous-sol. Nous avons, à la demande de ma compagnie d’assurance, tout enlevé au sous-sol: les planchers flottants — c’est le cas de le dire —, les faux planchers, les plinthes de bas de mur, une partie des feuilles de gypse, les cadres de portes, les portes. Tout ça a été jeté dans un conteneur (les compagnies de conteneurs ont fait de bonnes affaires ces derniers jours).

Le représentant de ma compagnie d’assurances viendra voir de visu demain l’étendue des dégâts (nous avons pris rendez-vous vendredi dernier). Que dira-t-il en apprenant que le sous-sol vient encore d’être inondé? Pourrais-je ou devrais-je reconstruire le sous-sol? Plusieurs propriétaires devront se poser ces questions.

Le problème est que Dieu n’est pas responsable de l’état du réseau d’égout ou de sa capacité de débit. Ça, ce sont les responsabilités de la Ville. Évoquer un «Act of God», comme le fait le premier fonctionnaire de la Ville, est un faux-fuyant.

Un «Act of God», c’est une tornade, un déluge, un typhon. Ce n’est pas une averse estivale qui suit une canicule. C’est une expression galvaudée par des gens qui fuient leurs responsabilités.

Quand deux refoulements d’égout, en cinq jours, surviennent exactement aux mêmes endroits, est-on en droit de penser que le problème en est un de tuyaux? Les tuyaux ont-ils été bien installés? Sont-ils libres de tout obstacle? Les puisards ont-ils été nettoyés? Sont-ils adéquats pour répondre aux besoins?

Le gros problème de la Ville est qu’elle est incapable de gérer adéquatement les eaux de pluie. Seulement la moitié de la ville est desservie par un réseau d’égout pluvial. Maintes rues en sont dépourvues. Lors d’averses, les eaux de pluie sont évacuées par l’égout sanitaire, augmentant ainsi son débit. Le réseau ne peut gérer autant d’eau, ce qui provoque des refoulements. D’autres épisodes de sous-sols inondés d’eaux souillées sont à prévoir tant que la Ville n’améliorera pas ses infrastructures souterraines.

Ce n’est pas demain la veille que la Ville prendra ce problème au sérieux. Ma collègue Nancy Beaulieu rapporte dans notre édition d’aujourd’hui le cas d’un couple de la rue Grove dont le sous-sol a été inondé en 2004, 2007, 2010 et puis vendredi dernier (on imagine qu’ils sont encore à éponger l’eau souillée de cet après-midi aussi). En 2007, le couple a obtenu 900 $ de la Ville en guise de dédommagements. Une vingtaine d’autres résidants du coin vivent le même enfer.

La Ville prévoit des travaux correctifs en… 2015. Bravo pour le sens des priorités!

Les autorités municipales vont-t-elles attendre un autre «Act of God» avant de procéder à des vérifications de son réseau aux endroits problématiques?

C’est certainement plus facile que de demander une audience avec Dieu!

photo Marie-France-Lou Lemay

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Lundi 25 juillet 2011 | Mise en ligne à 17h15 | Commenter Commentaires (4)

Le PLC en campagne…

Pancarte Demers

Quelqu’un devrait aviser l’Association du Parti libéral du Canada de la circonscription de Shefford qu’elle a oublié d’enlever une affiche électorale de leur candidat, Bernard Demers. Elle se trouve au coin de la route 235 et de la bretelle d’accès de l’autoroute 10 Ouest.

Au fait, le PLC a-t-il encore des militants dans Shefford? Parce que depuis l’élection du 2 mai, on ne les entend plus. Une espèce menacée, les libéraux fédéraux en région?

Peut-être Denis Coderre pourrait-il envoyer des gazouillis à quelques-uns d’entre eux pour qu’ils aillent enlever l’affiche. Une simple suggestion.

photo Stéphanie Mantha

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