Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Vendredi 27 mai 2011 | Mise en ligne à 15h54 | Commenter Commentaires (7)

    Les faux chantres de la libre concurrence

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    Les militants de l’ADQ adorent parler du privé. Ils martèlent sans arrêt que Québec doit céder du terrain aux entreprises privées, mieux outillées et organisées pour offrir des services à la population. Le discours est clair. Certains arguments de la formation politique sont même très bons.

    Mais la politique étant ce qu’elle est, les députés adéquistes perdent, comme ceux des «vieux partis» comme ils aiment les étiqueter, tout sens critique quand les lois de la libre concurrence font qu’ils se retrouvent du côté des perdants. François Bonnardel, nous offre une belle démonstration de ce populisme. Le député de Shefford ne peut se faire à l’idée qu’Hydro-Québec achètera 3,8 millions de compteurs d’une entreprise étrangère au lieu de compteurs Made in Quebec. Il est en «joual vert» contre la société d’État, s’est-il confié hier à ma collègue Marie-France Létourneau.

    Vous aurez compris que la compagnie québécoise qui perd ce beau contrat de 350 millions de dollars, Trilliant Network, est installée dans la circonscription de M. Bonnardel.

    Bien entendu, on aurait préféré qu’Hydro Québec choisisse l’entreprise de Granby. Des retombées économiques majeures et de nouveaux emplois auraient découlé de ce contrat. Malheureusement, c’est la compagnie suisse Landis + Gyr qui a remporté l’appel d’offres. Sa soumission répond à toutes les exigences d’HQ et le prix demandé semble aussi faire son affaire. Que dire de plus?

    M. Bonnardel a beau s’interroger sur la qualité du produit offert par le concurrent européen, il a beau vanter la technologie mise au point par les gens de Trilliant Network — excellente à n’en point douter —, un fait demeure: Landis + Gyr a remporté honnêtement ce concours.

    En politique, on ne peut parler des deux côtés de la bouche. On ne peut vanter les mérites de la libre concurrence, puis remettre en question les résultats d’un appel d’offres parce que son poulain est arrivé deuxième. L’appel d’offres est l’un des seuls outils pour assurer justement que les entreprises rivalisent entre elles lors de l’octroi de contrats publics. Ce processus les oblige à bien aiguiser leur crayon et à produire une soumission collée sur les vrais coûts du contrat. Le système n’est pas parfait, bien sûr, mais c’est le meilleur que nous ayons.

    Il n’y a pas de mal à ce que nos sociétés d’État encouragent nos entreprises. Hydro Québec le fait en les mettant en relation avec ses chercheurs pour les aider à développer certains de leurs produits. Cela dit, le fait d’opérer à partir du Québec ne doit pas être considéré par nos entreprises comme une voie rapide et automatique pour décrocher des contrats publics. Elles doivent suivre le même parcours que toutes les entreprises, autant de leurs concurrentes québécoise que celles installées ailleurs dans le monde, intéressées à faire affaire avec l’État et ses organismes.

    Demander des privilèges au nom du fait que telle ou telle entreprise est québécoise, comme le fait le député Bonnadel, ne garantirait pas que les contribuables en auront pour leur argent. Bien dépenser l’argent des Québécois, n’est-ce pas là un des leitmotivs fétiches de l’ADQ?

    N’a-t-on rien appris du fiasco du remplacement des rames de métro de Montréal? Un appel d’offres ouvert à toutes les entreprises, sans égard de leur provenance, vaudra toujours mieux qu’un système de discrimination envers des boîtes du Québec.

    Que dirait M. Bonnardel si une société d’État à l’étranger, au terme d’un appel d’offres international, favorisait une de ses entreprises au détriment d’une compagnie québécoise? Sûrement plaiderait-il pour que le processus de la libre entreprise fasse son œuvre. Il serait alors conséquent avec ce que son parti prêche.


    • L’ADQ ? C’est un parti qui valorise certes souvent le libéralisme économique mais moins que le Réseau liberté Québec…

      Ce n’est pas un parti surtout ”libéral”, c’est plus un parti ”conservateur” et ce n’est pas pour rien que certains les voient comme des descendants de l’Union Nationale et d’autres comme des héritiers des Créditistes.

      Dans ce dossier ? Ils jouent la carte du nationalisme économique. Ce qui peut être rentable pour des ”conservateurs”. En politique, au contraire tout se calcule en votes et retombées politiques… On est loin de la théorie économique pure au sens classique ou néoclassique.

      L’ADQ est souvent interventioniste. Et il y a plusieurs militants différents chez eux, certains plus néolibéraux, d’autres se disant libertariens mais dans le fond ce sont tous plus ou moins des ”conservateurs”.

    • Un fait reste que les profits faite par l’entreprise québécoise reste généralement au Québec et qu’elle peut être injecter dans l’innovation,l’embauche d’employé,etc.Ca serait bien je crois.

    • @Grand Parleur: «….un fait demeure: Landis + Gyr a remporté honnêtement ce concours….»
      ++++++
      Vous êtes absolument sûr ce cela? Cette firme n’a personne d’inscrit au «Registre des lobbyistes»?

      C’est juste une question. Pas une accusation. En ces temps de brouillard, est-il absurde de sa la poser? Comme le dit si bien Pierre Légaré: «Je dis ça de même».

    • C’est bien beau de vouloir aider nos compagnies locales, mais quand ces compagnies ne se donnent pas la peine de bien faire le travail demandé,,,,est-ce que cela vaut la peine de perdre de l’argent et du temps avec des compagnies de-broches-a-foin ?,,,nous avons vu cela dans bien des cas, le contrat est donné-octroyé a une compagnie de par chez nous, une compagnie bien syndiquée. qui tout -a-coup se découvre une clause de non-faisabilité et retarde le contrat,,et met les patrons dans la marde,,,et que pensez -vous que les patrons et les amis de ces personnes vont faire lors d’un nouveau contrat,,? ils vont chercher ailleurs pour les meme compétences mais sans les ennuis…nonobstant ce qu’en pensent certains syndiqués,,ce n’est pas parce que tu fais partie d’un syndicat que tu es compétent,,,chat échaudé craint l’eau froide…merci

    • Correction de la correction
      Au Québec en 2003 , on a importé pour 84 milliard de dollars en biens et services et on a exporté pour 84,5 milliard, donc on était meilleur de 500 millions. En 2009 on a importé pour 99 milliard et on a exporté pour 80 milliard ,donc on est moins bon de 19 milliards. Le 350 millions représente 1.8 % du 19 milliards et et s’y rajoute. Il va quand même falloir, un jour, retrouver une façon de s’auto suffire.

      350 Millions donné à un canadien qui paie 40 % d’impôts, qui lui donne le 60 % qui lui reste à un autre canadien qui paie 40 % d’impôts, et ainsi de suite, en 10 ans , on a quasiment récupéré le 350 millions. Et après on recommence, pour un autre 10 ans et ainsi de suite. Bon c’est certain qu’il va sûrement y avoir un journaliste qui va prendre un peu de cet argent pour aller à Cayo coco mais en général le 350 millions va se multiplier et se promener au Québec pendant des décennies.

      Avec 350 millions en retour d’impôts sur 10 ans, on peut payer 200 médecins de famille de plus pendant 10 ans

    • C’est bien beau taper sur l’ADQ, qui a sa dose d’opportunistes, souvent importés du PQ/PLQ, mais Charest a exactement fait cela dans le contrat pour renouveler les wagons de métro, non? Écarter une cie étrangère pour favoriser Bombardier si je ne m’abuse?

      Bonjour,

      Vous avez raison. Et je l’avais dénoncé (ici).

      Grand parleur

    • @delsyl

      Désolé de vous contredire mais votre économie est tout croche. Mis à part l’effet direct sur les employés, que l’on donne 350 millions de dollars canadiens à une entreprise canadienne ou à une entreprise étrangère, cela revient au même en termes d’effets indirects : ces dollars ne pourront être échangés que pour des biens et services canadiens (avec tous les effets fiscaux indirects que vous souhaitez).

      Si on paie en monnaie étrangère, c’est pareil : pour obtenir l’équivalent de 350 millions de dollars canadiens en dollars US, il faudra vendre sur les marchés la même quantité de dollars canadiens, lesquels ne pourront être éventuellement échangés que contre des biens ou services canadiens.

      Quant à l’effet direct, octroyer le contrat à une entreprise étrangère signifie que les employés locaux devront faire autre chose. S’ils ne font rien, c’est-à-dire s’ils sont au chômage, on peut argumenter qu’on aurait pu accroître l’activité économique en dépensant localement. Mais le taux de chômage est baisse actuellement…

      Pour avoir plus de médecins, il faut en former davantage. Cela n’a pas vraiment rapport avec la fabrication de compteurs.

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