Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Vendredi 29 avril 2011 | Mise en ligne à 21h34 | Commenter Commentaires (14)

    De candidats-poteaux à députés?

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    On pourrait bien assister lundi à un étonnant changement de garde. Non pas du côté du gouvernement, mais bien de l’opposition officielle. Les sondages des deux dernières semaines permettent de croire que les néo-démocrates pourraient prendre la mesure des libéraux. Le meilleur indice que l’intérêt des électeurs pour les néo-démocrates grandit est que les autres partis — alertés par leurs sondages internes et pointages — ciblent leurs attaques contre certains de leurs candidats-poteaux.

    Les candidats-poteaux, vous dites? Ce sont ces candidats dispersés ici et là sur le territoire, dans des circonscriptions jugées ingagnables, qu’on mandate pour porter le message du parti. Toutes les formations politiques en ont. Le candidat-poteau, c’est le conservateur qui essaie de se faire élire dans Laurier-Ste-Marie. C’est celui qui porte les couleurs libérales dans Chicoutimi-Le Fjord. C’est l’autre qui défend les valeurs du Bloc québécois dans Westmount-Ville-Marie. Ce sont presque tous les candidats du Parti vert peu importe où ils se trouvent.

    Les candidats-poteaux existent parce que les partis tiennent coûte que coûte à présenter des candidats dans toutes les circonscriptions au pays. Le Canada en compte 308. Ça fait beaucoup de candidats à trouver. Et puisque ça se bouscule rarement pour faire campagne dans une circonscription perdue d’avance, les formations politiques ne sont donc pas toujours très regardantes, comme on dit. Elles recrutent parfois à peu près n’importe qui ou confient à de fidèles partisans trouvés ailleurs dans la province ou parmi le personnel politique de leurs députés le mandat d’aller à l’abattoir.

    Ça ne veut pas dire que ces gens sont sans talent, qu’ils n’adhèrent pas aux valeurs de leur parti, qu’ils sont dépourvus d’idées, qu’ils ne feraient pas de bons députés. Tiens, les candidats conservateurs dans Brome-Missisquoi et Shefford, Nolan Bauerle et Mélisa Leclerc seraient sûrement de très bons représentants pour la région à Ottawa. Voilà de jeunes gens talentueux et articulés qui ne demandent qu’à s’impliquer auprès des leurs. Toutefois, personne ne les croient capables de gagner. Pas lors de cette élection, en tout cas. Et probablement qu’ils ne gageraient pas leur paie — d’attaché politique conservateur — sur une éventuelle victoire de leur part.

    Les néo-démocrates aussi ont des candidats-poteaux. En fait, hormis Thomas Mulcair dans Outremont et peut-être deux ou trois autres candidats qui se sont signalés lors des dernières élections fédérales en 2008, on peut considérer tous les candidats du NPD au Québec comme des poteaux.

    Habituellement, les candidats favoris dans les circonscriptions ne se soucient guère des candidats-poteaux. Ils rigolent avec eux avant des débats, les félicitent pour leur campagne. Mais ils perdent leur gentillesse quand les candidats-poteaux apparaissent tout d’un coup dans le rétroviseur. C’est extrêmement rare, mais c’est ce qui se dessine pour les candidats du NPD au Québec.

    C’est l’opinion publique qui les propulse sur l’écran radar des électeurs. C’est fort l’opinion publique. Pas toujours rationnelle, cela dit, mais très fort. Tellement fort, qu’une candidate néo-démocrate qui a passé la dernière semaine de sa campagne électorale en vacances à Las Vegas pourrait lundi soir être élue députée. Le jackpot, pour rester dans la thématique!

    Les adversaires du parti de Jack Layton s’acharnent depuis quelques jours sur Ruth-Ellen Brosseau, la candidate du NPD dans Berthier-Maskinongé, une circonscription qui chevauche les régions de Lanaudière et de la Mauricie. On ne remet pas seulement en question les priorités d’horaire de Mme Brosseau, mais aussi le fait que cette résidante de Gatineau ne maîtriserait pas très bien le français, chose assez étonnante lorsqu’on veut représenter une circonscription francophone à plus de 95 %.

    Si la tendance se maintient, plusieurs candidats néo-démocrates seront élus au Québec dans deux jours. Combien seront prêts à assumer leurs nouvelles fonctions? Combien réaliseront ce que les électeurs attendent d’eux?

    On pourrait revivre le cauchemar de l’ADQ en 2007. Le parti de Mario Dumont avait fait élire 41 de ses candidats, devenant l’opposition officielle. Plusieurs candidats n’avaient pas le physique de l’emploi, pour rester poli. Un an plus tard, après une série de gaffes d’amateur, l’électorat a mis les troupes adéquistes en débandade.

    Le parc de candidats néo-démocrates pourrait-il aussi nous réserver de telles déceptions?

    photo archives La Presse


    • L’avantage du candidat poteau est qu’il n’a pas d’ascenseurs à retourner à personne au moment ou il est élu.

    • Voilà l’illustration de cette affirmation du philosophe Cioran qui, s’agissant des régimes démocratiques, a un jour écrit que «le vice essentiel (en) est de permettre au premier venu de viser au pouvoir. (….) Il en résulte un pullullement de fanfarons, de discutailleurs sans destin…»

    • Pardonnez moi. Mais Berthier Maskinongé est aussi un comté de la Mauricie. Probablement que la plus grande portion des habitants de la circonscription sont en Mauricie. Demandez à un rédident de Trois-Rivières Ouest, Pointe du Lac, St-Alexis des Monts, St Mathieu du Parc. Si il est un habitant de la Mauricie ou de Lanaudière. Tout ce qui est à l’est de St-Barthélémy, St-Didace, Mandeville est en Mauricie, pas dans Lanaudière.

      Carte du comté: http://www.elections.ca/scripts/pss/Map.aspx?L=f&ED=24008&EV=34&EV_TYPE=1&PC=G0X2P0&Prov=&ProvID=&MapID=&QID=-1&PageID=27&TPageID=

      Vous avez raison. Je corrige l’erreur.

      Merci.

      Grand parleur

    • Et si le Bloc devait etre représenté partout au Canada (ce qui serait normal pour un parti fédéraliste) on manquerait de piquets de cedre aussi !

    • Dans mon comté on vote Bloc depuis des années. Notre député on ne le voit jamais à la télé ni à la radio. Un député poteau. À part Gilles Duceppe et parfois Paquette, difficile de nommer un député du Bloc. Duceppe est bien le seul à parler. Les 40 autres, des poteaux. Alors, poteaux pour poteaux, pourquoi pas des NPD?

    • La région de Québec a cette capacité incroyable de voter aveuglément pour des plantes vertes comme politiciens.

      Les partis plantent des poteaux quand ils ont très peu de chance de gagner, des étudiants ou des petits travailleurs sans diplôme par exemple. C’est ce qu’a fait le NPD en général à travers le Québec. Or une vague subite brouille les cartes. L’ADQ a déjà expérimenté cela et a failli se ramasser au pouvoir avec une majorité de députés totalement incompétents.

      Comment de tels députés peuvent-ils exercer une certaine influence par la suite? Ils savent que, sans le parti, ils ne sont rien. Ils attendent qu’on leur donne des ordres, quoi dire, quoi ne ne pas dire. Mais ces gens sont appelés à voter sur des lois complexes aux implications énormes pour notre société.

      Emplir un parlement de spectateurs payés 150,000$ par année plus avantages et comptes de dépenses, c’est très malsain. Il est dommage que notre système politique ne nous permette pas de voter séparément pour un chef et pour le représentant qu’on juge le plus compétent.

    • Comme dans toute nouvelle vague de députés (comme en 1984 et en 1993 par exemple), il y aura des déceptions, des gens qui ne sont pas à la hauteur. Mais il y aura aussi des surprises, des gens dévoués qui n’avaient que comme seuls défauts de ne pas être connu ou d’être dans un parti jusque là peu populaire.

      Toutefois, il y a une grande différence avec la vague ADQ de 2007. Mario Dumont était pratiquement seul. Le NPD a une longue histoire, près d’une quarantaine de députés et a exercé le pouvoir dans plusieurs provinces. Les nouveaux députés NPD auront sûrement plus d’encadrements que les adéquistes en ont eu. (Pourquoi pas Ed Broadbent comme mentor, par exemple?)

    • Les TéléBLOQuies VS Jack Layton

      http://www.youtube.com/watch?v=7TYcDGyxvGU

    • Un poteau a au moins le mérite de se tenir droit… ;-)

      En politique, l’actualité nous démontre quotidiennement que ce n’est pas nécessairement le cas pour tou(te)s les élu(e)s, que ce soit au provincial, au fédéral, ou au municipal.

    • Au Québec, il y a quelques années, lors de la vague péquiste, un annonceur de radio avait dit: ”Même si on présentait la photo d’un cochon pour le parti, les électeurs voteraient pour le cochon”! C’est pour dire que le tsunami orange suit le tsunami bloquiste… les électeurs surfent…

    • à bharbec

      Pour Ed Broadbent, je seconde! C’est une excellente idée!

      Quant à cette histoire de poteaux, soyons réalistes. À la dissolution de la Chambre (comme disent les analystes politiques), on en comptait plusieurs, dans tous les partis… C’est toujours le cas, à chaque élection.

      En Alberta, présentez n’importe qui en bleu, même Vas-y, tiens, l’affreux bonhomme bleu des publicités du gouvernement, pis y va être élu haut la main!

      Ici, au Québec, on en connaît tous, aux élections provinciales comme fédérales, des comtés où c’est tellement rouge qu’on élirait une boîte à malle! (l’expression est vieille et connue, vous en conviendrez).

      Des poteaux, des candidat(e)s qui ne s’attendaient pas du tout à l’emporter et seront parachutés au gouvernement, quelle que soit leur couleur, on en a toujours eu et on en aura certainement lundi.

      Ils auront au moins le mérite d’être des nouveaux, et de nous donner l’espérance de changements positifs. Vivre d’espoir, c’est mieux que rien…

    • Personnelement, je considère que dans ces cas là, le parachutage est de mise. dans la grande majorité du Québec, on ne vote pas pour le candidat, mais bien pour le partie (et dans ce cas là, le chef). Donc, autant avoir un député compétant. Qu’il vienne de la région ou pas.

    • Il y pire qu’un candidat/député poteau: un ministre poteau! Il n’y a qu’a constater la très faible importance des portefeuilles confiés à des députés québécois par Harper. On peut alors faire le raisonnement suivant: Harper s’est-il senti “obligé” d’inclure des francophones dans son cabinet (visibliblement préférant des anglophones), ne prenant pas de chance il leur a confié des ministères somme toute mineurs. Blackburn aux “anciens combatants”, Verner au “conseil privé”, la bas, ils ne dérangeront pas personne! Il faut dire Maxime Bernier aux affaires étrangères n’a pas trop servi la cause des francophones au cabinet.
      Il sera intéressant de constater si nos électeurs se rappelleront de ces menus détails à l’isoloir!

    • @ alexandrine55

      Vos sympathies conservatrices sont à l’image des interprétations de votre chef, vous faites dire n’importe quoi à n’importe qui. L’expression que vous attribuez à un annonceur de radio est en fait répandue depuis de nombreuses années à Montréal et dans sa région et vise les électeurs des comtés de l’ouest de l’île ou l’on disait que les libéraux pourrait présenter un cochon et qu’il serait élu. Cela n’avait donc rien à voir avec ce que vous appelez le surfing des électeurs mais bien plutôt à la haine qu’ont ces électeurs envers tout ce qui est souverainiste.
      L’erreur magistrale qu’ont commise Gilles Duceppe et ses conseillers, c’est de revenir encore et toujours avec le même thème: Votez pour nous pour empêcher les conservateurs d’être majoritaire. Le problème c’est qu’avec le temps les électeurs ont compris qu’on pouvait aussi empêcher les conservateurs d’être majoritaire en votant massivement pour un autre parti, il suffisait de ne pas élire de conservateur. Ces derniers ne recueillant qu’environ 15% des votes au Québec, il semble bienque l’immense majorité des québécois ne veulent pas de S. Harper, il faudra bien, chère Alexandrine55, que vous vous en rendiez compte.

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