Le Grand Parleur

Archive, avril 2011

Vendredi 29 avril 2011 | Mise en ligne à 21h34 | Commenter Commentaires (14)

De candidats-poteaux à députés?

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On pourrait bien assister lundi à un étonnant changement de garde. Non pas du côté du gouvernement, mais bien de l’opposition officielle. Les sondages des deux dernières semaines permettent de croire que les néo-démocrates pourraient prendre la mesure des libéraux. Le meilleur indice que l’intérêt des électeurs pour les néo-démocrates grandit est que les autres partis — alertés par leurs sondages internes et pointages — ciblent leurs attaques contre certains de leurs candidats-poteaux.

Les candidats-poteaux, vous dites? Ce sont ces candidats dispersés ici et là sur le territoire, dans des circonscriptions jugées ingagnables, qu’on mandate pour porter le message du parti. Toutes les formations politiques en ont. Le candidat-poteau, c’est le conservateur qui essaie de se faire élire dans Laurier-Ste-Marie. C’est celui qui porte les couleurs libérales dans Chicoutimi-Le Fjord. C’est l’autre qui défend les valeurs du Bloc québécois dans Westmount-Ville-Marie. Ce sont presque tous les candidats du Parti vert peu importe où ils se trouvent.

Les candidats-poteaux existent parce que les partis tiennent coûte que coûte à présenter des candidats dans toutes les circonscriptions au pays. Le Canada en compte 308. Ça fait beaucoup de candidats à trouver. Et puisque ça se bouscule rarement pour faire campagne dans une circonscription perdue d’avance, les formations politiques ne sont donc pas toujours très regardantes, comme on dit. Elles recrutent parfois à peu près n’importe qui ou confient à de fidèles partisans trouvés ailleurs dans la province ou parmi le personnel politique de leurs députés le mandat d’aller à l’abattoir.

Ça ne veut pas dire que ces gens sont sans talent, qu’ils n’adhèrent pas aux valeurs de leur parti, qu’ils sont dépourvus d’idées, qu’ils ne feraient pas de bons députés. Tiens, les candidats conservateurs dans Brome-Missisquoi et Shefford, Nolan Bauerle et Mélisa Leclerc seraient sûrement de très bons représentants pour la région à Ottawa. Voilà de jeunes gens talentueux et articulés qui ne demandent qu’à s’impliquer auprès des leurs. Toutefois, personne ne les croient capables de gagner. Pas lors de cette élection, en tout cas. Et probablement qu’ils ne gageraient pas leur paie — d’attaché politique conservateur — sur une éventuelle victoire de leur part.

Les néo-démocrates aussi ont des candidats-poteaux. En fait, hormis Thomas Mulcair dans Outremont et peut-être deux ou trois autres candidats qui se sont signalés lors des dernières élections fédérales en 2008, on peut considérer tous les candidats du NPD au Québec comme des poteaux.

Habituellement, les candidats favoris dans les circonscriptions ne se soucient guère des candidats-poteaux. Ils rigolent avec eux avant des débats, les félicitent pour leur campagne. Mais ils perdent leur gentillesse quand les candidats-poteaux apparaissent tout d’un coup dans le rétroviseur. C’est extrêmement rare, mais c’est ce qui se dessine pour les candidats du NPD au Québec.

C’est l’opinion publique qui les propulse sur l’écran radar des électeurs. C’est fort l’opinion publique. Pas toujours rationnelle, cela dit, mais très fort. Tellement fort, qu’une candidate néo-démocrate qui a passé la dernière semaine de sa campagne électorale en vacances à Las Vegas pourrait lundi soir être élue députée. Le jackpot, pour rester dans la thématique!

Les adversaires du parti de Jack Layton s’acharnent depuis quelques jours sur Ruth-Ellen Brosseau, la candidate du NPD dans Berthier-Maskinongé, une circonscription qui chevauche les régions de Lanaudière et de la Mauricie. On ne remet pas seulement en question les priorités d’horaire de Mme Brosseau, mais aussi le fait que cette résidante de Gatineau ne maîtriserait pas très bien le français, chose assez étonnante lorsqu’on veut représenter une circonscription francophone à plus de 95 %.

Si la tendance se maintient, plusieurs candidats néo-démocrates seront élus au Québec dans deux jours. Combien seront prêts à assumer leurs nouvelles fonctions? Combien réaliseront ce que les électeurs attendent d’eux?

On pourrait revivre le cauchemar de l’ADQ en 2007. Le parti de Mario Dumont avait fait élire 41 de ses candidats, devenant l’opposition officielle. Plusieurs candidats n’avaient pas le physique de l’emploi, pour rester poli. Un an plus tard, après une série de gaffes d’amateur, l’électorat a mis les troupes adéquistes en débandade.

Le parc de candidats néo-démocrates pourrait-il aussi nous réserver de telles déceptions?

photo archives La Presse

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Mardi 26 avril 2011 | Mise en ligne à 11h40 | Commenter Un commentaire

Les trésors cachés du CINLB

Superbe journée hier pour profiter du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin.

Comme d’habitude, les randonneurs ont pu admirer plusieurs canards branchus et colverts, des pics-bois, des geais bleus. On a même pu épier un rat musqué qui mangeait une petite collation.

Croisé aussi plusieurs amateurs de photographie armés de caméras munis de longs objectifs et de trépied. Parmi ceux-ci, Robert Beaudry. Le Monsieur a du flair pour la photographie. Voici une de ses belles captures du printemps au CINLB: un vison d’Amérique.

Image 2

Il a capté le mammifère le samedi 9 avril, à 13h11 pour être très précis, alors que l’animal se faufilait discrètement entre les végétaux du marais, près de la passerelle.

On peut voir ses autres réussites ici.

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Samedi 23 avril 2011 | Mise en ligne à 0h56 | Commenter Commentaires (6)

Le libéral Paradis à l’université des rêves

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Autre semaine, autre proposition farfelue d’un candidat du Parti libéral dans la région. Après la suggestion de Bernard Demers, candidat libéral dans Shefford, de construire une autre route pour relier les autoroutes 10 et 20, c’est maintenant Denis Paradis, candidat libéral dans Brome-Missisquoi, qui tombe dans l’ivresse d’une campagne électorale et des promesses illusoires. L’ancien député et ministre s’engage à travailler pour doter Lac-Brome d’une université. Rien de moins!

Il rêve d’un campus qui accueillerait des étudiants canadiens et d’ailleurs dans le monde et plein de professeurs venus leur enseigner leur savoir. La future université fera tellement sensation qu’elle devra construire des résidences étudiantes pour héberger tous ces jeunes cerveaux à la recherche de connaissances.

On remercie M. Paradis pour ses idées. Mais une université, ce n’est pas un Tim Horton. Ça ne s’ouvre pas comme ça. On peut être en faveur de la décentralisation des études supérieures, mais il y a d’autres façons de rapprocher les formations universitaires des clients en région. L’Université de Sherbrooke essaie de le faire avec le cégep de Granby-Haute-Yamaska. Ça se limite pour l’instant à des cours d’administration et de langues — on espère que l’offre de cours sera diversifiée à très court terme.

La centralisation n’a pas que de mauvais côtés. En éducation, la masse démographique favorise l’implantation et le développement d’établissements collégiaux et universitaires. On ne peut donc s’attendre à ce que des municipalités de 6000 habitants aient chez-elles une université.

Des besoins criants existent dans la circonscription que M. Paradis aimerait reprendre. Il doit faire preuve d’une meilleure écoute. Il apprendrait alors que ce n’est pas une université qui fait défaut à Lac-Brome, mais bien les outils pour attirer de jeunes familles.

La municipalité fait chou blanc depuis quelques années en la matière. Son programme de congé de taxes municipales jumelé aux efforts des commerçants du coin qui offraient des rabais de toutes sortes aux futurs propriétaires (taux hypothécaires concurrentiels de la caisse Desjardins, frais de notaires coupés, escomptes au magasin Rona, etc.), n’a convaincu aucun jeune ménage de venir s’y établir en se faisant construire une maison de moins de 200 000 $.

Pendant ce temps, des baby-boomers s’installent dans la municipalité, les deux écoles primaires ont de moins en moins d’inscription et la très, très grande majorité des employés des Emballages Knomwton, le plus gros employeur en ville, vivent ailleurs.

Alors de là à parler d’y installer une université… Ce dont a besoin la petite municipalité, c’est d’un renouveau démographique. Un peu de sérieux, M. Paradis!

•••

Petit train ira loin, pourrait-on conclure de la semaine qui s’achève. Tout le monde, sauf les conservateurs, croit qu’un service de train de passagers reliant Sherbrooke et Montréal serait viable. Un tel projet serait populaire auprès des travailleurs et favoriserait même le tourisme, plaide-t-on de part et d’autres.

C’est vrai qu’un service ferroviaire pour passagers s’inscrirait dans une véritable logique de développement durable de transport. Mais tout ça sonne redondant. Lors des deux dernières élections fédérales (2006 et 2008), autant les bloquistes que les libéraux se sont engagés à travailler sur le projet. Le député sortant, le bloquiste Christian Ouellet, nous dit qu’une étude de faisabilité sera prochainement effectuée pour étudier le tout.

Cinq ans plus tard, on parle encore d’études. C’est pas croyable! Si on écoute attentivement, on entend déjà le projet déraillé! On aura probablement un nouveau pont Champlain avant qu’un train passagers passe dans le coin. C’est tout dire.

•••

Christelle Bogosta aurait-elle misé sur le mauvais cheval? Le sondage Segma/La Voix de l’Est publié aujourd’hui ne lui confère qu’une avance de 6 % sur Pierre Jacob (32 % contre 26 %), le candidat néo-démocrate qui l’a remplacée à pied levé suite à sa défection surprise dans le camp bloquiste.

Tout est mathématiquement possible au NPD pour s’emparer de Brome-Missisquoi. Il reste une bonne semaine de campagne et la progression des troupes Layton au Québec dans les intentions de vote ne semble pas s’essouffler. Mme Bogosta a cependant un atout dans sa manche pour succéder au député bloquiste, Christian Ouellet: une équipe électorale aguerrie.

M. Jacob ne peut miser sur un groupe aussi organisé et comptant autant de personnes pour «travailler le téléphone». Faire sortir son vote risque d’être l’obstacle qui le sépare d’une victoire inattendue.

Le Bloc pourra-t-il cependant s’en sortir lors de la prochaine élection?

photo Cité universitaire de Paris

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