Le Grand Parleur

Archive du 14 mars 2011

Lundi 14 mars 2011 | Mise en ligne à 14h02 | Commenter Commentaires (4)

Mauvais choix de carrière pour les agriculteurs

Cochon

Les agriculteurs n’ont rien compris. En lieu et place d’élever des porcs, de traire des vaches ou de cultiver la terre, ils auraient mieux fait de devenir agronome, avocat, comptable ou banquier. Parce que peu importe le contexte économique, ces gens-là se font payer!

C’est probablement la conclusion que plusieurs agriculteurs ont tiré la semaine dernière en sortant de l’assemblée de créanciers des Élevages B & F Boulay. On a déjà parlé de cette faillite sur ce blogue (ici). Pour résumer l’affaire, rappelons que le producteur de porcs de St-Césaire en Montérégie croule sous une dette de 16,1 millions de dollars. De cette gigantesque créance, 6,6 millions de dollars sont dus à 147 entreprises, dont une grande majorité sont de petits entrepreneurs agricoles de la région.

Lors de l’assemblée donc, ces agriculteurs ont appris avec stupeur qu’alors qu’ils devaient mettre une croix sur les dizaines de milliers de dollars que leur devaient les Élevages B & F Boulay, l’agronome mandaté par la Banque Nationale pour aider l’entreprise à se redresser empochait 60 000 $, que la firme d’avocats mandatée par la Banque Nationale pour conseiller l’entreprise en obtenait 80 000 $ et que le syndic de faillite mandaté par la Banque Nationale chargeait plus de 80 000 $ pour ses services. Et tous ces honoraires étaient assumés par l’entreprise en faillite à même ses (maigres et derniers) deniers…

Les petits entrepreneurs agricoles ont également appris lors de cette assemblée que la Banque Nationale avait chargé plus de 400 000 $ à l’entreprise en divers frais administratifs.

L’entreprise en faillite a donc «consacré» plus de 620 000 $ en frais de toutes sortes. 620 000 $! Tout cet argent n’a servi à créer aucune richesse. Des pousseux de crayons grassement payés l’ont utilisé à noircir de chiffres d’interminables formulaires, à produire d’inutiles analyses et à gaspiller des milliers de feuilles de papier. Pour rester dans la thématique, ils ont généré du fumier administratif!

Tiens, un autre chiffre comme ça: 700 000 $. C’est le montant que les Élevages B & F Boulay devaient verser aux créanciers non garantis selon l’entente de règlement acceptée l’année dernière. L’entreprise n’en a payé que la moitié… Peut-être que si la Banque Nationale et ses consultants avaient été moins gourmands…

«C’est difficile pour une entreprise en difficulté de s’en sortir. Imaginez quand vous avez en plus à payer tous ces frais», a affirmé Bruno Boulay, le patron des Élevages B & F Boulay, en entrevue au terme de l’assemblée.

Il a bien raison.

Remarquez, ça ne dégage pas M. Boulay de ses responsabilités les plus élémentaires. L’homme d’affaires a manqué de courage en ne se présentant pas lors de la première assemblée des créanciers. Cause de son absence: il était en Floride, en vacances avec des membres de sa famille…

Son entreprise doit 6,6 millions de dollars à plein de petits producteurs agricoles et M. Boulay se permet de sauter par-dessus une assemblée des créanciers — annoncée deux semaines auparavant — pour s’offrir des vacances. C’est indécent!

Pendant que M. Boulay se reposait dans le Sud, plusieurs de ses créanciers rencontraient leurs institutions financières. Certains devront remettre les clés de leurs fermes tandis que d’autres mettront des années à se rétablir financièrement.

Les Fritch de Upton, qui louaient leurs porcheries aux Boulay, perdent plus de 120 000 $ dans l’aventure. Martin Noël, un jeune producteur de Roxton Falls, ne reverra jamais les 35 000 $ que les Élevages Boulay lui doivent pour ses porcinets. C’est le cauchemar pour plusieurs anciens fournisseurs des Élevages B & F Boulay.

Ah, j’oubliais: les familles Fritch et Noël ne comptent pas prendre de vacances prochainement…

photo Danièle Francis

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