Le Grand Parleur

Archive, février 2011

Vendredi 25 février 2011 | Mise en ligne à 13h02 | Commenter Commentaires (22)

Syndicalisme et courage politique

Manif

Les syndicats et autres groupes de pression exercent-ils une trop grande influence sur la conduite des affaires de l’État québécois? Oui, selon François Legault. Et ça doit cesser, insiste le fondateur de la Coalition pour l’avenir du Québec. Voilà pourquoi il convie les Québécois à une grande réflexion «non-partisane» sur les moyens à prendre pour «redresser le Québec».

J’avoue bien aimer François Legault. On a là un homme intègre, sincère et manifestement préoccupé par l’avenir du Québec. En plus, il connaît les rouages de la machine gouvernementale. Il a notamment été ministre de la Santé et de l’Éducation lors du dernier règne péquiste (1994-2003). On en déduit qu’il a une bonne idée de tous les trucs qui clochent dans l’appareil et surtout comment les réparer.

En entrevue cette semaine à La Voix de l’Est, M. Legault a parlé à quelques reprises de ses expériences vécues alors qu’il occupait une fonction de ministre. On retient surtout celle-ci, en 2003, alors que le gouvernement de Bernard Landry était sur ses derniers miles, comme on dit, et que M. Legault était titulaire de la santé. Les associations de médecins venaient de manifester à deux reprises dans le stade olympique pour réclamer de meilleures conditions de travail, se rappelle-t-il.

«Les gens autour de moi au Parti québécois me disait ‘’François, es-tu fou? On s’en va en élection. Règle ça n’importe comment, mais règle ça. On ne peut pas avoir des médecins avec des pancartes pendant une campagne électorale’’.

Cet exemple illustre ce qui manque à nos dirigeants politiques, estime M. Legault: le courage de prendre des décisions impopulaires. Il pense pouvoir leur en insuffler en convainquant les citoyens d’appuyer des mesures et des projets pour relancer le Québec, dit-il en reprenant son nouveau slogan.

«Il faut qu’un gouvernement ait un mandat pour que tout de suite élu il puisse faire des changements majeurs. Et à la limite se dire: ‘’je me fous de me faire réélire dans quatre ans’’. Et pour donner à un parti le courage de faire ça, il faut d’abord avoir l’appui de la population. Actuellement, c’est difficile parce que la population est cynique. Donc, on se retrouve dans une situation où les électeurs n’écoutent même plus les politiciens. On vit dans une dynamique où plus rien ne bouge au Québec et on n’a pas d’espoir que ça bouge dans les prochaines années.»

Mais à bien y penser, peut-on vraiment blâmer les syndicats et les groupes de pression d’en demander toujours plus? Le vrai problème n’est-il pas ailleurs? Ne serait-ce pas plutôt le manque de leadership et de courage de nos élus depuis nombre de décennies qui explique que «ça ne fonctionne plus au Québec», au dire de la coalition de M. Legault?

On pourrait faire un lien avec les accommodements raisonnables. Qu’un groupe X ou Y formule une demande, c’est bien leur affaire. On ne peut en effet les critiquer de demander quelque chose. On peut toutefois blâmer la ou les responsables d’acquiescer à ces demandes.

Quand on est au volant, pour reprendre une image chère au premier ministre Jean Charest, n’est-on pas contraint de prendre les meilleures décisions, et ce peu importe à qui ça peut déplaire? L’exemple offert par M. Legault concernant des médecins qui manifestent nous prouve que non.

Du courage oui, mais comment peut-on en greffer ne serait-ce que quelques milligrammes à nos leaders?

Et si on limitait le prochain gouvernement à un seul mandat, disons, de cinq ans? Je lance l’idée.

Bonne réflexion!

photo Frédéric Côté, La Tribune

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Vendredi 25 février 2011 | Mise en ligne à 10h11 | Commenter Commentaires (14)

On s’en sacre, sauf quand ça nous touche

Notre caricaturiste Serge Paquette illustre à merveille notre détachement vis-à-vis l’actualité internationale.

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Mercredi 23 février 2011 | Mise en ligne à 11h54 | Commenter Commentaires (21)

Les réponses de François Legault

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Comme promis, voici les réponses de François Legault à vos questions laissées avant 9h ce matin sur mon blogue. Le créateur de la Coalition pour l’avenir du Québec était de passage ce matin à La Voix de l’Est.

Comment doit se faire l’exploitation des ressources naturelles au Québec?

F.L. : «Ça doit être fait en respect des communautés locales, ça doit être fait en respect de l’environnement, mais on ne peut pas exclure l’exploitation des ressources naturelles en disant ‘’bon, on envoie un signal avec un moratoire (…) aux industries ne venez pas au Québec’’. (…) je pense surtout à Old Harry (ndlr : un gisement de pétrole et de gaz naturel en plein coeur du golfe Saint-Laurent), où on a un potentiel de milliards de dollars par année de redevances, on ne peut pas se permettre, dans un contexte où on a un écart de richesse important — je rappelle toujours que le PIB par habitant est 45 % plus élevé aux Etats-Unis qu’au Québec, ce n’est pas un petit écart — de ne pas l’exploiter.»

Mais sur les gaz de schiste, des dizaines de milliers de citoyens ont manifesté leur opposition à leur exploitation. Certains ont même été surpris qu’on forait à côté de chez eux. Comment parler alors de respect des communautés locales?

F.L. : «Il y a des endroits où c’est accepté et il y a des endroits où ce n’est pas accepté. On ne peut pas dire qu’on va faire du mur à mur. Essayons de voir où c’est accepté et où ce n’est pas accepté, est-ce qu’il y a des compensations à donner, est-ce qu’il y a un cadre, une loi (pour encadrer tout ça). Le BAPE va déposer son rapport dans quelques jours. Il faut être certain qu’on va s’entendre avec l’industrie pour que ça soit bien encadré.»

Concernant la taille du gouvernement québécois: est-il trop gros ou petit?

F.L : «Actuellement, il y a trop de bureaucratie, trop de ressources entre autres à deux endroits, dans les commissions scolaires et les agences de santé, et pas assez dans les établissements locaux, là où on donne des services directs à la population. Mais je ne pense pas qu’au total on doive réduire la taille de l’État.»

Pourquoi avoir mis de côté la question nationale si elle n’est pas réglée?

F.L. : «Parce qu’il n’y a pas d’espoir dans un avenir prévisible de la régler. On ne peut pas paralyser le Québec pendant encore 10 ans en espérant que ça va se régler; moi je n’y crois pas que ça va se régler. Comme le disait Robert Bourassa: ‘’restons maître de notre destin’’. Gardons les deux possibilités ouvertes, c’est-à-dire le renouvellement du fédéralisme ou la souveraineté. Mais mettons ça de côté pour un certain temps et concentrons nous à faire avancer le Québec.»

Dans un Québec souverain, quelles seraient vos politiques de développement économique?

F.L. : «Je ne pense pas qu’on doive travailler à la souveraineté du Québec. Ça divise actuellement les Québécois.»

La souveraineté ne risque-t-elle pas de revenir sur la table et de créer une division au sein de votre nouveau parti politique?

F.L. : «Je ne pense pas. Je ne pense pas parce qu’actuellement, les Québécois peuvent utiliser les pouvoirs qu’on a déjà au gouvernement du Québec. Ils devraient les utiliser davantage que ce qu’on a fait dernièrement pour défendre la Loi 101, pour défendre notre identité. On peut être très nationaliste sans être souverainiste.»

Êtes-vous maintenant fédéraliste?

F.L. : «Écoutez. Moi, ce que je dis, c’est que je suis nationaliste. Je suis nationaliste dans le sens que je veux qu’on défende la nation du Québec d’abord, qu’on reste maître de notre destin. Mais je ne me définis plus comme un souverainiste parce que selon ma définition un souverainiste doit faire la promotion de la souveraineté. Moi je ne pense pas actuellement qu’on doive mettre des énergies de ce côté là.»

Si vous voyez une occasion de réaliser la souveraineté, un moment où les fameuses conditions gagnantes seraient réunies, qu’allez-vous faire?

F.L. : «Je ne les vois pas.»

Vous ne pensez pas qu’elles vont se pointer?

F.L. : «Peut-être. Peut-être dans 12 ans, dans 15 ans. Mais je pense que dans un avenir prévisible, je ne vois pas comment elles peuvent apparaître.»

Ne manquez pas nos reportages demain dans La Voix de l’Est sur cette entrevue avec M. Legault. Il sera question de commissions scolaires, d’agences de la santé, de syndicats, de groupes de pression et de la formation d’un parti politique.

Merci encore pour vos questions.

photo Alain Dion

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