Le Grand Parleur

Le Grand Parleur - Auteur
  • Michel Laliberté

    Gamin, Michel Laliberté rêvait de devenir journaliste sportif. C'était avant le scandale Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul en 1988.
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    Jeudi 27 janvier 2011 | Mise en ligne à 15h48 | Commenter Commentaires (9)

    Cultiver la dépendance financière

    Ferme Miner

    On ne cultivera pas seulement des légumes à la Ferme Héritage Miner. On y cultivera aussi une philosophie de dépendance financière. Un bien lourd héritage pour les contribuables de Granby.

    Le reportage de ma collègue Marie-France Létourneau aujourd’hui (ici) nous apprend que la Ville de Granby a déjà pompé l’équivalent de 542 000 $ (dont 275 000 $ en argent) dans ce projet communautaire. Le malheur est que ça ne s’arrêtera pas là. La Ville devra continuer d’y injecter des billets pour que le projet voit le jour. Elle devra payer une partie des coûts pour retaper la vieille grange et rénover de fond en comble la maison qui abritera les bureaux de l’organisme ($$$). Et quand tout ça sera fait, la Ville devra allonger encore des milliers de dollars, année après année, pour assurer sa survie.

    Soyons franc: cette ferme communautaire ne génèrera jamais assez de revenus pour s’autofinancer. Peu importe la qualité, la variété et l’originalité des produits vendus dans son futur café-boutique, ça ne lui permettra pas d’atteindre une autonomie financière. Analysez le projet sous l’angle qui vous plait, des subventions seront toujours nécessaires pour que l’organisme continue d’offrir des services et organiser des activités. Il est donc surprenant d’entendre la présidente du conseil d’administration de l’organisme, Joanne Lalumière, une femme pourtant brillante, parler de retombées économiques.

    Non seulement la Ferme Héritage Miner vivra au crochet de la Ville, son administration trouvera le moyen de croître au fil des ans. Il y a fort à parier que son personnel rémunéré passera de deux employés à quatre, cinq, six. C’est souvent comme ça dans le monde des organismes sans but lucratif; il se crée beaucoup d’emplois…grâce à des subventions. Le premier objectif de toute organisation est d’assurer sa pérennité. Elle trouve donc les moyens de justifier sa pertinence. C’est ce que les administrateurs de la Ferme Héritage Miner feront le temps venu.

    En entrevue hier, le maire Richard Goulet laissait entendre que la Ville devait investir dans le projet pour le «débloquer» dans les autres instances gouvernementales. Parce que Granby injecte de l’argent, a-t-il dit en substance, les gouvernements supérieurs feront de même. Possible.

    Les sources de subventions sont fort nombreuses au Québec et au Canada. On a rarement vu toutefois un ministère, une fondation ou tout autre entité qui accorde des subventions garantir un appui financier à long terme aux organismes bénéficiaires. En ce sens, on imagine mal comment la Ferme Héritage Miner pourra poursuivre ses activités sans leur aide. La Ville détient la solution: la brancher sur le respirateur artificiel de son budget.

    L’idée même d’une ferme en ville étonne. On veut dans le fond montrer aux citadins comment un jardin se cultive. On veut aussi leur faire voir de près des vaches et d’autres animaux de la ferme. Voilà un concept intéressant pour un quartier comme Rosemont à Montréal. Pas à Granby qui, dans les faits, se trouve entourée de fermes.

    Il suffit de rouler quelques kilomètres au nord, à l’est, à l’ouest et au sud pour croiser une ferme. On y trouve même des kiosques en bordure de route où on peut se procurer légumes, petits fruits, œufs et toutes sortes de produits du terroir et d’artisanat.

    Si on regarde bien, on peut même apercevoir des vaches laitières dans les champs!

    photo Janick Marois


    • La chose la plus triste de cette histoire est que la Ville de Granby – ENCORE UNE FOIS – est en concurrence directe avec une de ses contribuables importantes – le Verger Champêtre! (2300, Rue Cowie).

      SANS AUCUNE SUBVENTION DE LA VILLE DE GRANBY –

      Thérèse Choinière et Mario Mailloux ont un jour décidé de faire partager leur amour de la terre et de la nature au plus grand nombre. Dès lors, vergers, halte champêtre, relais du terroir, boutique spécialisée, mini-ferme, ils ont imaginé toutes les formules pour offrir un espace de nature et de liberté à leurs visiteurs. Petit à petit, les 250 acres de terrain se sont transformées en un domaine de rêve :

      Verger champêtre

      En 2001, Thérèse et Mario vendent des pommes et autres fruits de leurs vergers durant l’automne, puis des sapins pendant la saison des fêtes.

      En 2002, ils construisent une boutique pour vendre des produits issus de fruits de leurs vergers.

      En 2004 à eu lieu la plantation de plus de 500 pommiers.
      Débute alors la production de pâtisseries maison. Une bonne partie des pommes auparavant vendues en vrac prend le chemin des cuisines. Le succès est tel que Thérèse décide de se consacrer entièrement aux activités du Verger champêtre aux côtés de Mario.

      La même année, une mini-ferme voit le jour avec l’arrivée de deux lamas et d’un cheval miniature, auxquels se greffent petit à petit de nouveaux compagnons.

      Verger champêtre participe à la toute première édition de la journée « Portes ouvertes sur les fermes » organisée par l’Union des producteurs agricoles (UPA).

      En 2004, les cultures se diversifient, mais toujours pour vente sur place exclusivement, et 5000 premiers sapins sont plantés. Par la suite, 5000 autres seront plantés chaque année.

      En 2006, un chalet de deux étages est érigé aux abords du lac, sur un site idéal pour organiser des réceptions en plein air, notamment des mariages. Bain à remous, planchers chauffants, équipements dernier cri et vue imprenable sur la nature environnante, il réunit le meilleur de la ville et de la campagne. Ses deux appartements peuvent héberger jusqu’à six personnes.

      En 2009, La petite école du verger ainsi que le centre d’interprétation de la ferme voient le jour.
      Des efforts qui portent leurs fruits!

      « Relais du terroir certifié » et « Ferme découverte certifié » depuis 2007, Verger champêtre a l’ambition de continuer de faire le bonheur de milliers de visiteurs chaque année tout en réussissant à conserver son charme et son âme.

      http://www.vergerchampetre.com/

    • MERCI

      Merci de nous faire part de votre perspicacité journalistique dans ce dossier ,je suis tout à fait
      d’accord avec le tableau que vous dressé de la situation .Un goufre sans fond dans lequel le conseil actuel où M . Breton en tête, dans un élan oratoire des plus persuadé (le pauvre), a bien tenté de nous faire croire à la nécessité d’un tel projet à granby et ce au moment où le conseil devait statuer sur un deuxième versement cadeaux de 275.000 en 2010.En terminant j’ose espéré q’une femme de la qualité et de la trempe de Mme Lalumière s’empressera de prendre ses distances avec cet organisme cousu de fil blanc ,à la solde de quelques oportunisme à la recherche d’une permanence au frais de la ville .

      p.s. continué votre bon travail d’information M.Laliberté, les granbyens en ont bien besoin.

    • Tout a fait d’accord avec granbygirl , j’ai justement donné l’exemple du Verger Champêtre sur un blog. J’y vais une fois par année avec mes enfants aux temps des pommes. Pour 12$ un sac de pomme, tour de la mini-ferme, tour de tracteur et une belle après-midi en famille.

      Il y a également la Ferme Jean Duchesne (www.fermecoqalane.com) à St-Pie que mon ancien CPE de Granby visite une fois par année pour 5$ par enfants.

    • Si la ville fait un déficit et que la province est en déficit, et que le fédéral est en déficit…

      les gouvernements vont donc devoir emprunter avec intérets pour subventionner cette lubie qui concurrence des entrepreneurs/contribuables locaux

      l’argent des autres, on n’en manque jamais hein…

    • M. Lacasse, responsable des communications qualifie la Ferme Héritage Miner de “magnifique”. Sans rien enlever à cette idéologie grano-utopique-subvention-contribuvables ce bel héritage servira qui en bout de ligne? C’est facile d’ériger et matérialiser un rêve à coup de subvention mais en bout de ligne, qui en retire le bénéfice? Bienvenue au royaume des subventions de toutes sortes!

    • Très bonne analyse de la situation en passant! :) Ce qui me fascine c’est que ce genre de projet poursuit sa route et aboutira éventuellement comme bien d’autres de ce genre… Alors comme ça n’importe qui peut partir n’importe quoi. Donc si je comprends bien taxes et impôts servent à n’importe qui, n’importe quoi et n’importe comment.

    • Vous avez découvert un autre aspect de l’administration Goulet subventioner une ferme alors qu’une telle ferme existe déjà sur le territoire de Granby .sans soutient financier . Bientôt les Granbiens subventionneront le centre multisport de Paul Goulet en payant pour des équipes de soccer, de basebal, de volleybal .etc etc Il est temps qu’à Granby les gens s’ouvre les yeux. Car les cordons de la bourse sont grand ouvert aux dépenses de toutes sortes…..Comment un tel centre peut-il exister sans le soutient de la ville et de la commission scolaire……

    • Votre point de vue illustre encore une fois le manque d’analyse de l’administration Goulet avant de faire une dépense. La situation financière est ou était bonne, alors on fait n’importe quoi. Au moins dans ce cas, on ne détruit rien. Dans le cas du golf Miner, la municipalité dépense deux millions et détruit une partie du boisé en coupant des arbres et en dynamitant alors que tous les citoyens de Granby voulaient le garder intact. Ça vaut la peine d’aller y jeter un coup d’oeil pour constater les dégâts.

    • Votre analyse justifie la décision de tous ceux qui étaient contre ce projet qui est et deviendra au fil des ans un gouffre sans fin.

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