Le Grand Parleur

Archive du 27 janvier 2011

Jeudi 27 janvier 2011 | Mise en ligne à 15h48 | Commenter Commentaires (9)

Cultiver la dépendance financière

Ferme Miner

On ne cultivera pas seulement des légumes à la Ferme Héritage Miner. On y cultivera aussi une philosophie de dépendance financière. Un bien lourd héritage pour les contribuables de Granby.

Le reportage de ma collègue Marie-France Létourneau aujourd’hui (ici) nous apprend que la Ville de Granby a déjà pompé l’équivalent de 542 000 $ (dont 275 000 $ en argent) dans ce projet communautaire. Le malheur est que ça ne s’arrêtera pas là. La Ville devra continuer d’y injecter des billets pour que le projet voit le jour. Elle devra payer une partie des coûts pour retaper la vieille grange et rénover de fond en comble la maison qui abritera les bureaux de l’organisme ($$$). Et quand tout ça sera fait, la Ville devra allonger encore des milliers de dollars, année après année, pour assurer sa survie.

Soyons franc: cette ferme communautaire ne génèrera jamais assez de revenus pour s’autofinancer. Peu importe la qualité, la variété et l’originalité des produits vendus dans son futur café-boutique, ça ne lui permettra pas d’atteindre une autonomie financière. Analysez le projet sous l’angle qui vous plait, des subventions seront toujours nécessaires pour que l’organisme continue d’offrir des services et organiser des activités. Il est donc surprenant d’entendre la présidente du conseil d’administration de l’organisme, Joanne Lalumière, une femme pourtant brillante, parler de retombées économiques.

Non seulement la Ferme Héritage Miner vivra au crochet de la Ville, son administration trouvera le moyen de croître au fil des ans. Il y a fort à parier que son personnel rémunéré passera de deux employés à quatre, cinq, six. C’est souvent comme ça dans le monde des organismes sans but lucratif; il se crée beaucoup d’emplois…grâce à des subventions. Le premier objectif de toute organisation est d’assurer sa pérennité. Elle trouve donc les moyens de justifier sa pertinence. C’est ce que les administrateurs de la Ferme Héritage Miner feront le temps venu.

En entrevue hier, le maire Richard Goulet laissait entendre que la Ville devait investir dans le projet pour le «débloquer» dans les autres instances gouvernementales. Parce que Granby injecte de l’argent, a-t-il dit en substance, les gouvernements supérieurs feront de même. Possible.

Les sources de subventions sont fort nombreuses au Québec et au Canada. On a rarement vu toutefois un ministère, une fondation ou tout autre entité qui accorde des subventions garantir un appui financier à long terme aux organismes bénéficiaires. En ce sens, on imagine mal comment la Ferme Héritage Miner pourra poursuivre ses activités sans leur aide. La Ville détient la solution: la brancher sur le respirateur artificiel de son budget.

L’idée même d’une ferme en ville étonne. On veut dans le fond montrer aux citadins comment un jardin se cultive. On veut aussi leur faire voir de près des vaches et d’autres animaux de la ferme. Voilà un concept intéressant pour un quartier comme Rosemont à Montréal. Pas à Granby qui, dans les faits, se trouve entourée de fermes.

Il suffit de rouler quelques kilomètres au nord, à l’est, à l’ouest et au sud pour croiser une ferme. On y trouve même des kiosques en bordure de route où on peut se procurer légumes, petits fruits, œufs et toutes sortes de produits du terroir et d’artisanat.

Si on regarde bien, on peut même apercevoir des vaches laitières dans les champs!

photo Janick Marois

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