Le Grand Parleur

Archive du 7 janvier 2011

Vendredi 7 janvier 2011 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (6)

Des médecins inaccessibles

Non, ça ne s’améliore pas dans le secteur de la santé chez nous. On sait depuis un bon moment déjà que les chances de se trouver un médecin de famille à Granby et dans les environs sont aussi bonnes que de gagner à la loterie. Il appert que trouver une clinique qui offre un service de consultation sans rendez-vous est tout aussi compliqué.

Ma collègue Chantal Vallée rapportait cette semaine que la clinique médicale Robinson ne recevait plus de gens sans rendez-vous autres que les patients déjà suivis par les médecins de l’établissement. Les récents départs de trois médecins ont forcé les dirigeants de la clinique à abandonner leur service élargi de consultation sans rendez-vous. Voilà qui est très inquiétant quand on sait que cette clinique était la seule accréditée Groupe de médecins de famille (GMF) à Granby qui permettait encore aux gens sans médecin de famille d’en consulter un.

Conséquence: ces personnes doivent maintenant se pointer à l’urgence du centre hospitalier de Granby pour être vues. Et à moins que leur état ne soit jugé sérieux, aussi bien dire qu’ils risquent de passer des dizaines d’heures assises à attendre leur tour.

On s’attendrait à une telle situation dans un pays en développement. Au Canada, un pays membre du G8, dont l’économie est l’une des plus stables et des plus solides dans le monde, on s’attend à mieux. Et pourtant…

Les choses risquent d’empirer. Plusieurs médecins se dirigent vers la retraite. Et il semble que de moins en moins de nos futurs médecins rêvent de devenir omnipraticiens: pas assez payant et trop stressant. On les comprend.

Ça augure bien mal pour les gens qui ne sont suivis par aucun médecin. On les compte par milliers dans la région. Un sondage mené en 2007 par la firme Raymond Chabot Grant Thornton, commandé par La Voix de l’Est, estimait que 16 100 personnes dans la région de Granby n’avaient pas de médecin de famille. Et la moitié s’en cherchaient un activement depuis quatre ans.

Les responsables de la santé publique tentent tant bien que mal à trouver des solutions. Ils ont mis au point un système pour aider les patients orphelins — c’est comme ça qu’ils appelaient ceux qui sont sans médecin de famille — vraiment mal en point. Ils finissent par leur trouver un médecin. Mais, nous raconte-t-on, parfois leur état est tel qu’ils exigent beaucoup de traitements, ce qui monopolise beaucoup de temps des omnipraticiens et leur en laisse peu pour accueillir de nouveaux patients sur leur liste.

Et là on ne vous parle pas de ces patients orphelins qui arrivent à l’urgence dans des états vraiment sérieux. Dans de tels cas, certaines interventions surviennent malheureusement trop tard.

C’est ce qui arrive quand on réduit sans cesse les points d’entrée du réseau de la santé. Réagir en aval n’a jamais permis de solutionner des problèmes.

Même les personnes qui sont suivies sont à plaindre. Une médecin qui s’est confiée à ma collègue lui racontait qu’elle a tellement de patients qu’il y a six mois d’attente pour obtenir un examen annuel.

On dit que prévenir, c’est guérir. Consulter un médecin à temps aussi fait partie de la prévention. Mais comment peut-on prévenir la maladie quand nos médecins sont inaccessibles ou croulent sous les dossiers?

Les réponses m’échappent.

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